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Disclamer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : frienship, romance.

Rating : T

Acteurs : Trowa, Hilde.

Début d'écriture 16/08/2020

Suite de « Il n'y a pas que l'amour que ça tue ! »


Les malheurs de Trowa

Hilde Schbeiker


AC 210

Tel un zombie, Trowa circule dans les rues de L2. À force de tourner à droite, à gauche, il ne sait plus trop où il est. Il s'est fait malmener par des gamins à un moment donné, il n'a même pas réagi. Il s'est rendu compte qu'ils lui avaient volé son portefeuille quand il a voulu prendre une chambre d'hôtel à la tombée de la nuit. Alors il a repris son errance en ressassant ce qui vient de lui arriver.

Épuisé, il a fini par dormir dans des cartons près d'un restaurant, il n'a pas eu trop froid le dos contre le mur qui soutient le four. En plus, il a pu fouiller les poubelles pour trouver à manger.

C'est plus l'instinct de survie qui fonctionne parce qu'il est tellement meurtri dans son âme qu'il n'a plus envie de rien. Pourtant au matin, il se demande ce qu'il fait là et tout lui revient. Comme les larmes qu'il ne peut pas retenir cette fois.

Enfin calmé, il se lève et décide d'avoir une discussion avec Catherine. Si c'est sa sœur, elle ne peut pas le rejeter comme ça ! Il tourne un peu en rond, finit par demander son chemin pour revenir sur la place où le cirque doit être monté. Il y arrive en début de soirée. Il y a d'autres personnes qui sont là. Dans le brouhaha, il les entend se demander s'ils se sont trompés de jour. La place est vide.

Et la douleur revient, l'espoir s'évapore avec toutes les idées qu'il avait eues en revenant vers le cirque. Il n'aura pas sa propre roulotte, il ne pourra pas rester dans le cirque en tant que membre à part entière et pas seulement le petit ami de la directrice. Elle était partie sans une explication, sans penser à son public. Pourquoi vivre, si c'est pour souffrir continuellement.

Alors, il s'assied sur un banc et il attend, il ne sait pas quoi, mais il attend. À la nuit tombée, les gens s'éloignent, prennent peur de son air amorphe. Une vieille dame lui dépose une tartine sur les genoux et s'éloigne avant qu'il ne puisse la remercier.

Il mange sa pitance en réfléchissant. Avant il avait l'esprit trop vide. Il doit trouver du travail et un logement puisque la mort n'a pas l'air de vouloir de lui non plus. Il se relève et cherche un restaurant, il va se proposer pour la plonge, ils en ont souvent besoin, c'est une place ingrate et il peut demander seulement des restes de nourriture comme salaire dans un premier temps et un coin pour dormir dans la cuisine qu'il ne meurt pas de froid.

Les trois premiers restaurants lui ferment la porte au nez, s'ils veulent bien de la plonge contre les restes de nourriture dès qu'il parle du logement ce n'est plus la même chose, alors au quatrième, il change de langage, il ne demande plus qu'à manger les restes contre la plonge. Il trouvera toujours un coin pour dormir contre un mur comme cette nuit.

Après le bonheur qu'il a connu, il a l'impression d'être en enfer. Il n'a plus aucun but, juste ne pas mourir de faim et de froid. Il n'a même plus le temps pour des loisirs. Il avait pensé un moment essayer d'économiser sur les quelques centimes qu'il trouvait sur le sol, mais sans papier, il ne pourra pas acheter une place dans une navette. Sans papier, il n'a même plus accès à son compte bancaire. Il a essayé d'en faire refaire à la mairie, mais on ne le croit pas.

Il tourne en rond sur L2 quand il ne travaille pas, ce qui est rare. Il travaille durant des heures pour une bouchée de pain. Et malgré le mois qui vient de s'écouler, son patron ne lui fait toujours pas assez confiance pour le laisser dormir dans le restaurant. Il l'autorise juste à se rafraîchir dans les toilettes en arrivant et à prendre une douche une fois par semaine. Il lui a trouvé des vêtements et il a accepté de les laver. Ça pourrait être pire.

Il lui faut de l'argent, il doit trouver le moyen d'en gagner plus et de le protéger aussi. Il ne peut pas rester sur L2, il n'est pas à sa place. Il travaille de midi à minuit. Il peut essayer de travailler le matin ailleurs. Le port spatial ce serait bien, encore plus s'il peut monter clandestinement dans une navette pour Sank. Là-bas, il connaît assez de monde qui pourra l'aider.

Quand il se présente, on lui demande des papiers, même pour tenir les toilettes ou laver les sols. Il y a trop d'objets de valeur qui transitent pour qu'on puisse engager n'importe qui. Il finit par se faire jeter comme un malpropre par le service de sécurité.

Où est-ce qu'il va pouvoir trouver un travail rémunéré? Livreur pour une supérette c'est pareil, on lui confie des courses achetées, s'il disparaît dans la nature, ils sont en difficulté.

Quand il finit par demander une petite rémunération en plus de la nourriture, il se fait jeter dehors comme un malpropre avec juste ce qu'il a sur le dos.

Il s'assoit sur un banc, le voilà revenu à la case départ. Il en pleurait. Il vient de perdre six semaines de sa vie. Une fois de plus, il est un vagabond comme quand il était enfant.

Pourquoi Catherine l'a rejeté si violemment, s'il est son frère ? Il ne comprend pas.

— Trowa Barton, c'est toi ? demande une voix féminine.

Il relève la tête pour tomber sur une jolie femme avec une coupe à la garçonne dans des cheveux noirs, des beaux yeux bleus qui le regardent.

— On se connaît ?

— Hilde, Hilde Schbeiker. J'étais une amie de Duo. On a combattu ensemble un moment.

— L'ancien soldat d'Oz, réalise-t-il.

— Oui, c'est ça. Qu'est-ce que tu fais là depuis au moins vingt minutes ?

— C'est une longue histoire, soupire-t-il.

— Viens, j'habite plus loin, tu vas me racontez ça devant une tasse de café. Tu as des nouvelles de Duo ? demande-t-elle alors qu'elle le guide dans un dédale de ruelles.

— La dernière fois que je l'ai vu, il était toujours Preventer à Sank.

— Si j'avais su qu'il préférait les hommes, je ne lui aurai pas fait du gringue, rigole-t-elle.

— Il est fameusement maniaque, tu n'as rien perdu, lâche-t-il.

— Tu aimes aussi les hommes ? s'informe-t-elle en ouvrant une porte d'un immeuble qui ne paie pas de mine.

— Si c'est le cas, tu ne m'offres plus un café ?

— Non, bien sûr que non. Je nettoyai les carreaux chez une vieille dame quand je t'ai vu. Tu avais l'air complètement perdu, comme la première fois que je t'ai vu au cirque.

— Je ne me rappelle pas bien cette période, avoue-t-il en la suivant jusqu'au quatrième étage.

— Tu ne m'as pas répondu, dit-elle en introduisant la clef dans une porte.

— J'aime les deux et je suis sorti avec Duo.

— Je m'en doutais un peu pour Duo vu qu'il faut être intime pour découvrir sa petite manie. Viens, entre, fais comme chez toi.

L'appartement n'est pas grand, une chambre directement sur la gauche, une porte fermée aussi sur la gauche, sûrement la salle de bain, il faut longer un long couloir rempli de placard pour arriver dans une pièce de quatre mètres sur cinq avec une cuisine intégrée. Un bar haut délimite l'espace cuisine et le reste, une salle à manger, salon. Un divan sans âge fait face à un club dépareillé. Entre les deux, Trowa voit une table fixée au bar qu'on peut redresser. C'est minimaliste, mais très bien aménagé. Derrière le club, il y a une bibliothèque et un meuble hi-fi sur lequel trône une télévision.

— Tu es bien installée, dit-il.

— On fait ce qu'on peut avec l'espace qu'on a, dit-elle.

Elle se débarrasse de sa veste et Trowa voit un porte-manteau caché dans le coin.

— Oh, tu as même un balcon.

— Oui, il est souvent fermé par peur des intrusions, mais pour sécher le linge c'est pratique. Tu veux une tasse de café ?

— Je veux bien.

Hilde se dirige vers l'espace cuisine et prépare un percolateur en lui demandant :

— Comment es-tu arrivé sur L2 ?

— J'étais avec le cirque. J'allais me marier avec Catherine quand on a découvert qu'on était frère et sœur. Elle m'a jeté dehors.

— Pourquoi n'es-tu pas rentré à Sank ? dit-elle en lui tendant un café noir.

Elle dépose un gâteau, du lait et un sucrier peu après sur une petite table basse qu'elle a dépliée entre eux.

— Je me suis fait voler mon portefeuille.

— Je peux te prêter mon téléphone que tu puisses appeler quelqu'un si tu veux.

— Et qui ? Certainement pas mon ancien patron.

— Tu sais parfois l'orgueil est mal placé. Pourquoi pas Duo ?

— Je n'ai pas son numéro et j'ai oublié mon téléphone dans la caravane avant que Catherine se tire sans explication.

— Je comprends le choc a dû être terrible pour tous les deux.

— Elle était horrifiée, dégoûtée, moi sous le choc de découvrir de la famille dont j'ignorai jusqu'à l'existence.

Hilde se lève et fait le tour, elle vient s'asseoir à côté de lui et met une main sur son avant-bras.

— Je crois que tu as besoin de repos et de reprendre des forces. Tu verras plus clair après dans ta vie.

— J'ai envie de me mettre dans un trou et de ne plus en bouger, je me sens si las.

— Va prendre une douche, je change mes draps, tu vas t'installer dans ma chambre.

— Et toi ?

— Je prendrais le clic-clac, quand j'ai de la visite je laisse toujours ma chambre. Je suis un oiseau de nuit, c'est plus facile ainsi.

— Mais je vais te réveiller au matin, s'indigne Trowa.

— Je ne dors pas beaucoup. Avec cinq heures, j'ai mon compte. Tu as des affaires à récupérer quelque part ?

Trowa secoue la tête.

— Je vais te trouver quelques fringues ne t'inquiètes pas. Ça va aller.

Trowa va sous la douche, il se frictionne comme il faut. Et en sortant, il voit ses vêtements dégoûtants, il n'a pas envie de remettre ça ! Il entend la porte s'ouvrir doucement et une main qui lui tend quelque chose.

— J'ai demandé à mon voisin, il m'a prêté un slip et un pyjama, je vais à la friperie pour acheter le reste.

— Je n'ai pas d'argent, rappelle-t-il.

— On s'arrangera plus tard, dit-elle en fermant la porte.

Puis il entend la porte de l'appartement se fermer. Les larmes coulent sur son visage et elles se mélangent avec l'eau qui s'égoutte de ses cheveux. Il est si vide, ça fait tellement de bien un peu de compassion.

Et si elle voulait du sexe, il n'a pas envie d'en revenir à l'époque de Quatre sans un sou, un vrai gigolo. Alors une fois, essuyé et le pyjama passé, il nettoie la salle de bain et la range avant de se diriger vers la chambre. La fatigue faisant le reste, il sombre dans un sommeil sans rêves.

Il est réveillé par des portes qui claquent dans l'immeuble, il regarde le réveil, six heures du soir ou du matin ? Il n'en sait rien alors il se lève doucement et va à la toilette. Une odeur de café l'attire dans le salon. Hilde est là déjà en train de déjeuner.

— Si tu as récupéré, il y a peut-être une place dans ma supérette.

— Un travail payé ?

— Bien sûr, la manufacture, ce n'est pas le plus marrant.

— Je prends tout ce qui peut me permettre de redémarrer. Ta supérette ?

Hilde éclate de rire.

— Là où je travaille, elle serait à moi, je ne vivrai pas dans ce trou.

— Tu es sûre qu'il y a une place. J'ai demandé du travail presque partout, on m'a refusé parce que je n'avais plus de papier.

— Je me porterai garant. Et on va régler tes problèmes de papier. Tu m'as dit que tu avais fait une prise de sang dernièrement. Tu sais où ?

— Oui.

— Eux ont tes coordonnées prises lors de la prise de sang. Comme en plus c'était une génétique pour le mariage, une deuxième prise de sang et tout sera réglé, lâche Hilde.

— Pourquoi je n'y ai pas pensé?

— Je ne sais pas. Dépêche-toi, on va finir par être en retard.

Le patron d'Hilde est un peu retissant, mais fini par accepter s'il obtient les documents dans les quinze jours. Alors même s'il n'obtient pas les papiers, il tient à prouver qu'il est un bon élément et se met au travail sans en faire de trop. Il ne tient pas à se mettre ses collègues à dos et se fondre dans la masse, c'est ce qu'il fait de mieux.

En rangeant les rayons, il croise plusieurs fois Hilde qui quand elle n'est pas à la caisse fait aussi du réassortiment.

Le patron trie ce qui est sorti des rayons parce que ce n'est plus vendable, parce que c'est abîmé ou arrivé à la date de péremption.

En faisant son travail, Trowa a la surprise de constater qu'il y a un deuxième magasin dans un grand hangar pour les ouvriers avec les invendables mis à prix d'achat, mais qui sont aussi vendus à ce prix aux sans-abri. Il se dit que s'il avait été client, il aurait été dans ce magasin-là plutôt que l'autre. Cela le tracasse tellement qu'il finit par poser la question à Hilde quand ils se rendent au centre de soin.

— Ce n'est pas possible, tu dois soit être un membre du personnel et le patron nous connaît tous, soit avoir un document des services d'aide de L2. Tu n'as jamais été contacté par eux pendant que tu étais à la rue ?

— Non, je travaillais à la plonge de midi à minuit et j'allais dormir derrière les bennes à ordures du restaurant.

— Tu sais que tu pourrais le dénoncer pour t'avoir fait travailler en noir ?

— Il m'a aidé, rétorque Trowa.

— Tu as un sens de la loyauté qui te perdra.

— Il paye à la journée ton patron ?

— À la semaine et ton premier salaire sera versé sur mon compte tant que tu n'en as pas. Tu sais ici l'argent est plus en sécurité sur un compte.

— Et si j'ai besoin de quelque chose ? demande débité Trowa.

Il se trouvait à la merci d'Hilde et il n'aimait pas beaucoup ça.

— Je te prêterais ma carte bancaire, mais ça va être vite réglé. Une fois tes documents d'identité refaits, tu auras à nouveau accès à tous tes comptes, à ton ancienne vie et tu seras libre de faire ce que tu veux.

— Ce n'est pas prudent de donner ta carte ainsi.

— Je ne suis pas stupide. Je ne le fais pas avec tout le monde, sourit-elle.

Tout en marchant, ils sont arrivés au centre. Hilde va expliquer le problème quand elle se ravise. Il est capable de le faire. Alors, elle le pousse en avant. Mine de rien, Trowa apprécie ce geste. Il se lance dans ses explications. La secrétaire vérifie si elle retrouve bien la prise de sang à la bonne date et l'invite à passer de l'autre côté pour une nouvelle prise de sang afin de prouver son identité passée.

— Il y aura trente crédits à payer.

Hilde s'avance et sort sa carte de banque, elle ajoutera ces frais aux autres qu'elle a déjà inscrits sur un papier accroché à un pense-bête. Une fois fait, elle donne aussi son adresse pour l'expédition des résultats.

— Je vais continuer à l'héberger le temps que tout se règle, précise-t-elle.

— Il aurait pu demander à sa sœur, lâche la secrétaire.

— Elle doit avoir moins le sens de la famille que moi celui de l'amitié, sourit Hilde.

Les deux femmes se taisent en attendant le retour de Trowa.

— Vous recevrez les résultats dans cinq jours, précise la secrétaire.

— Merci, dirent-ils avant de partir.

Une fois la porte fermée, Trowa dit :

— On avait dû payer la première fois.

— J'ai payé. Ne te tracasse pas, on réglera ça après.

— De toute façon, tu vas toucher mon premier salaire, lance fataliste Trowa.

— Que je te donnerai si ça peut te rassurer sur mes intentions

Elle retient un soupir. Trowa s'en veut, jusqu'ici elle s'est comportée en amie, il n'en a pas tellement l'habitude.

Les cinq jours d'attente se font sur le même acabit, rythmé par le travail, le repos dont Trowa a bien besoin. Hilde dort toujours dans le salon, du moins parfois il se demande si elle dort. Elle est toujours debout quand il va se coucher et elle est déjà quand il se lève.

Ils sont heureux de partager des moments ensemble, de travailler au même endroit. Ils discutent beaucoup de leur vision de la vie, de ce que Trowa va faire quand il aura ses papiers. Pour ça, il n'est pas encore fixé. Il est en train de recommencer une vie ici, alors que là-bas, il n'aura plus rien. Ici, il se fait des amis, alors qu'à Sank il a toujours été seul.

Pour fêter la bonne nouvelle de sa renaissance, Hilde a organisé une petite soirée dans un café avec des collègues. Dans une enveloppe chacun a mis une somme et chacun boit ce qu'il veut jusqu'à ce que la cagnotte soit vide. Trowa choisit une bière puis il se contente de boisson non alcoolisée. Si Hilde s'est lâchée aussi sur la première boisson, elle a le même programme que lui à partir de la deuxième.

— Lundi, tu pourras refaire tes papiers et après ? demande Martine en sirotant son martini.

— Je suis bien ici et dans mon travail. Je vais me chercher un appartement si Hilde vent bien encore m'héberger un peu, répond-il.

— Bien sûr tu ne me gênes pas, tu fais ta part de travail, rétorque-t-elle.

— Tu aimerais peut-être récupérer ton lit, précise Trowa.

— Je dors très bien dans le clic-clac, rassure-t-elle.

— Alors je vais prendre le temps de chercher ce qui me convient.

Dès qu'il aura accès à son compte en banque, il remboursera Hilde et lui payera une quote-part pour le loyer et sa nourriture.

µµµ

Même s'il cherche un appartement, il est bien avec Hilde. Et puis, il y a un autre problème qui se présente, on demande souvent trois mois de fiche de paie en plus de la caution pour prouver qu'on est stable et ça, il ne les a pas, du moins pas encore.

Comme Hilde n'a pas l'air gênée par sa présence, il rétorque au propriétaire :

— J'espère qu'il sera encore libre quand j'aurai le bon nombre de fiches de paie.

Il ne se sent pas coupable de rester encore un peu chez Hilde.

Les mois passent et il a enfin les documents à présenter à un loueur quand il trouve un appartement qui n'est pas loin de son travail, en plus il n'est pas loin du logement de Hilde. Son nouveau chez lui va se situer entre les deux.

Il aime sa nouvelle vie remplie de joie, de camaraderie. Il a commencé comme Hilde à rendre de menus services aux personnages âgées de son quartier, il aide à ramener les courses trop lourdes ou il fait de menus travaux dans leur logement. Ce n'est pas pour de l'argent qu'il le fait, et puis si les vieux avaient eu les moyens ils auraient payés quelqu'un pour le faire, non il le fait pour rendre service et briser leur solitude également et surtout le plaisir du devoir accompli.

Cette mentalité plaît beaucoup à Trowa et c'est pour ça qu'il reste aussi sur L2. Une fois qu'il a en main les clefs de son appartement, il regarde son nouveau chez lui. À part la cuisine équipée, il n'y a rien dedans. La disposition est la même que chez Hilde à croire que les bâtiments ont été conçus sur le même moule. Ce n'est pas qu'il aime son confort, mais tout de même avoir un lit ou un divan pour dormir reste le minimum, des assiettes, des casseroles pour cuisiner aussi.

Il n'a pas fini de le penser qu'on sonne à la porte. Surpris, il va jusqu'à la fenêtre. Il est au troisième étage qui donne sur la rue. Il ouvre la fenêtre et voit Hilde et la bande du magasin. Ils ont tous les bras chargés. Il aurait bien les larmes aux yeux. Il se précipite vers l'interphone pour leur ouvrir.

Il les attend sur le palier et leur montre l'intérieur. Paul et Marc ont les bras chargés d'un clic-clac en mousse. Martine un sac remplit de vaisselle, Roland une caisse avec des casseroles et autres objets. Hilde une table pliante et Solange une chaise.

— Rien n'est neuf, c'est de la récupération à droite à gauche, explique Hilde en lui déposant un baiser sur la joue.

Elle ôte son sac à dos et en sort une paire de draps et une couverture en lui souriant.

— C'est déjà magnifique, je ne sais pas comment vous remerciez, lâche Trowa.

— Viens faire les courses avec moi, on va ramener de quoi faire un spaghetti même s'il faut le manger dans la casserole.

Trowa se laisse entraîner avec un dernier regard pour Hilde. Martine se colle à lui et il n'apprécie pas tellement ça, seulement il ne veut pas se montrer désagréable avec une amie de Hilde.

Les courses sont rondement menées et il y a même un peu plus pour tenir une semaine. Trowa paie sans rechigner avec la récupération de sa carte bancaire, il a aussi repris possession de son avoir, il n'est pas sans rien. Il aurait pu se payer tout ce qu'on lui a offert en se privant, ce qui a encore plus de valeur à ses yeux.

Le repas se prépare dans la bonne humeur, comme de le manger juste après, tous dans la casserole installée à même le sol. La bouteille de vin passe de l'un à l'autre, Trowa n'ayant pas assez de verre. Il va y remédier rapidement pour les prochaines soirées.

Martine continue ses avances, Trowa finit par jeter des regards désespérés à Hilde, les garçons étant trop saouls pour l'aider. C'est Hilde qui met fin à la soirée en disant :

— Allez les cocos, il est temps pour nous d'y aller, Trowa doit prendre possession des lieux et se serait stupide qu'il se fasse virer dès le premier soir pour tapage nocturne.

— Je vais lui donner un coup de main pour tout ranger, propose Martine.

— Je préfère le faire seul, lâche Trowa.

Martine cligne des yeux en le regardant.

— Je ne te plais pas ?

— Tu n'es pas mon style, je suis désolé, murmure Trowa.

Déclenchant les rires de Paul et Marc. Martine se retourne vexée et s'en va. Les garçons lui tapent dans le dos et à leur tour, ils la suivent. Hilde lui sourit et lui dit à demain avant de partir également.

Il n'a pas envie d'une bête partie de jambes en l'air qui pourrait entraîner autre chose. Et oui, Martine ne lui plaît pas, ni physiquement ni moralement. Il l'a déjà vu faire ce numéro de charme à d'autres. Il n'a pas envie d'une histoire d'amour, il va devenir moine. Il ne veut plus souffrir. Il a été trop près du bonheur pour se laisser encore avoir.

Et puis, parfois on est mieux entre amis qu'en famille. Il suffit de voir la réaction de Catherine et comment Zechs traitait Relena. Il pense à tout ça en rangeant les quelques affaires que ses amis ont amenées dans l'armoire de la cuisine. Il fait sa vaisselle qu'il veut ranger directement, seulement il n'a pas d'essuies. Il devra en acheter demain comme pour la salle de bain. Sur un morceau du sachet de courses, il se fait une liste des choses à acheter en urgence pour être bien installé.

C'est seulement quand tout est en ordre qu'il peut faire son lit et il s'endort rapidement.

Il est heureux de retrouver Hilde au travail, elle lui a manqué à son réveil. Elle vient vers lui en souriant :

— Tu as passé une bonne nuit ? demande-t-elle.

— Oui, et toi heureuse de récupérer ton lit ?

— Je dormais bien dans le salon.

— Tu connais un magasin pour acheter des essuies, des verres ?

— Oui, on ira après le travail. C'est un magasin de saisie et de ventes après décès.

— Je ne veux pas prendre ton temps.

— Je n'ai rien de prévu aujourd'hui, ça va m'occuper, dit-elle.

Puis elle part vers sa caisse et lui a des marchandises à déballer et remettre en rayon.

µµµ

Il aime faire le matin. En général, le patron donne l'horaire qu'on préfère. Il apprécie arriver à sept heures et avoir fini vers quinze heures. Il fait ça durant cinq jours, puis il a deux jours de congé et il recommence. Cet horaire lui laisse la possibilité de faire des choses l'après-midi.

Au début, il avait fait toutes ses démarches. Maintenant, il aménage son petit nid. Mais bientôt, il n'aura plus rien à faire. Comment allait-il passer le temps ? Depuis qu'il avait éconduit Martine, elle lui faisait la gueule. Paul et Marc buvaient un peu trop à son goût et il ne voulait pas s'accrocher à Hilde comme une moule à son rocher.

Maintenant qu'il a tout bien aménagé, il cherche un peu de culture, ce n'est pas ce qu'il y a le plus sur L2. Dans certains magasins de seconde main, il y a des coins librairies, il aime lire parce que ça lui permet de se détendre et de voyager. Alors, durant son temps libre, il parcourt les brocantes et les magasins de seconde main pour trouver de la lecture et quand il a fini un livre, il le dépose sur un banc. Oui, il pourrait le revendre, mais il a l'impression qu'il permet à ceux qui aimeraient lire et n'ont pas les moyens de le faire. Tant pis si on le ramassait seulement pour le revendre. Il fait partie de l'édifice humanitaire de L2. Bien sûr, il continue de donner des coups de main à droite ou à gauche.

Mais il doit bien admettre qu'à la longue il s'ennuie. Il connaît toutes les bonnes adresses, plus besoin de demander à Hilde. Et oui, elle lui manque aussi même s'il la voit durant le travail, ce n'est pas la même chose.

Il se demande s'il y a toujours des soirées, mais qu'il ne serait plus convié depuis qu'il a rejeté Martine.

En fin de journée, il va trouver Marc qui a fini en même temps que lui pour lui poser la question.

— On ne fait pas souvent des trucs ensemble. Je crois qu'Hilde voulait te mettre avec Martine.

— Mais pourquoi ?

— Tu devrais demander à Hilde pas à moi, dit-il en lui donnant une tape dans le dos.

Comme Marc n'a pas tout à fait tort, il se rend jusque chez la jeune femme. Sur le trajet, il espère qu'elle est chez elle. Elle donne si souvent un coup de main à droite ou à gauche. Il sonne et peu après la fenêtre du cinquième s'ouvre, preuve qu'on n'a toujours pas réparé l'interphone.

— Oh ! c'est toi, je t'ouvre.

Rapidement, Trowa avale les escaliers. Elle l'attend à la porte en souriant.

— Que me vaut ta visite ? demande-t-elle en montrant l'intérieur.

Barton s'y engouffre, arrive dans le salon, il se tourne vers elle en disant :

— Pourquoi voulais-tu me mettre avec Martine ?

— Toi, tu as parlé avec Marc.

— Je voulais savoir si j'étais évincé de vos petites soirées, avoue un peu penaud Trowa.

— Je ne voulais pas que tu te renfermes. J'ai réalisé que je faisais fausse route avec Martine. Elle est plus salope que je ne croyais. C'était juste une collègue célibataire avant nos sorties.

— Je n'aime pas le rentre-dedans. Sous son regard, j'avais l'impression d'être un morceau de viande.

— Je l'ai vu trop tard. Tu t'ennuyais que tu voulais sortir ?

— Un peu parfois. Il n'y a pas grand-chose sur L2 et encore moins pour visiter.

— C'est un satellite-usine au départ, rappelle-t-elle.

— Depuis le temps, il pourrait avoir de l'amélioration.

— Il est bien trop pauvre pour ça.

Trowa soupire, Hilde vient lui mettre une main sur l'avant-bras pour attirer son attention.

— Tu devrais peut-être retourner sur Terre !

— Pour quoi faire ? Ici j'ai au moins un travail, des gens qui ont l'air de s'intéresser à moi.

— Apprends à être heureux et tu le seras partout.

Trowa réalise qu'il est là son problème. Il veut tellement être aimé, qu'il a oublié de s'aimer lui-même. Comment pourrait-il aimer quelqu'un s'il ne sait pas s'aimer, qu'il ne se respecte pas ?

Il sourit et vient l'embrasser sur la joue, puis il lui dit :

— Tu ne veux pas être ma psychanalyste ?

— Non, mais j'appréciais nos soirées. La maison est vide sans toi.

— Tu me manques aussi beaucoup. On peut se refaire des soirées de temps en temps.

— Commençons aujourd'hui, lâche-t-elle en se levant.

Elle va chercher le jeu de dames qu'elle installe en souriant. Ils en avaient passé des soirées à en faire en discutant. Un grand papier notait le nombre de victoires de l'un ou de l'autre. Ils étaient ex aequo pour l'instant.

— À moins de faire quatre parties, on sera départagé, constate Trowa.

Ils notaient le vainqueur en deux matchs parfois trois quand il y avait une belle.

— À moins, à moins, en quatre parties je peux te battre huit fois.

— Toujours aussi compétitive à ce que je vois.

Ils avaient joué jusqu'à vingt-deux heures, alors Trowa était rentré, chez lui. Il était heureux, regonflé à bloc pour la journée du lendemain.

À partir de ce jour, et au moins trois fois par semaine, les deux amis se retrouvaient pour passer la soirée ensemble. Trowa préférant venir chez son amie. C'est moins dangereux pour lui de rentrer à pied que pour elle, même si elle sait se défendre.

µµµ

Les mois passent, il y a maintenant un an qu'Hilde à découvert Trowa et lui a permis de renaître littéralement. Ils vivent chacun leur vie en étant fort entrecroisés tout de même du fait du travail et des coups de main qu'ils donnent certains soirs à des personnes moins valides qu'eux.

C'est Hilde qui fait le premier pas. Un soir, alors que Trowa va regagner ses pénates, elle l'embrasse sur la bouche à la place de la joue comme d'habitude. Il écarquille des yeux immenses, ce qui fait regretter directement son acte à Hilde.

— Excuse-moi, je n'aurai pas dû, dit-elle en voulant refermer la porte.

Trowa met sa main pour empêcher ce geste.

— Ne regrette rien, je crois, juste que je me refusais ce sentiment ayant peur qu'il ne soit pas partagé et souffrir encore.

Le rouge vient aux joues d'Hilde, alors il lui dit simplement au revoir et il s'en va. Sur le trajet jusqu'à chez lui, il se pose des questions. Est-ce que c'est la bonne ? Et puis, il décide de laisser faire le temps. Tant pis s'il souffre une nouvelle fois. Il a envie de tenter l'aventure parce qu'il est bien près de Hilde, un peu comme Catherine, elle n'a pas besoin de lui, elle a souhaité être avec lui sans raison.

C'est un petit sourire aux lèvres qu'il pousse la porte de son appartement. Et il réalise qu'ils vont devoir discuter de ça aussi. Est-ce qu'ils vont vivre ensemble ? Est-ce qu'elle veut des enfants ?

Il se donne une tape mentale, apprend à vivre le moment présent et surtout demande toi d'abord ce que tu veux pour être heureux toi ?

Et il a envie de dormir avec elle, de se réveiller avec elle, de tout partager avec elle. Elle lui apporte une certaine stabilité par sa force. S'il s'écoutait, il rebrousserait chemin pour lui dire maintenant ce qu'il ressent. Seulement les mauvaises habitudes ont la vie dure et il préfère garder ce petit bonheur que de le perdre déjà. Il ne va pas aller plus vite que la musique.

Le lendemain en arrivant au travail, il embrasse Hilde tendrement. Elle en est ravie, elle se blottit dans ses bras. Ce qui déclenche des sifflets de Marc et Paul et un « pas trop tôt » de leur patron qui passe près d'eux et un directement après « au boulot tout le monde. »

Durant leur pause de midi, ils n'arrivent pas à se quitter des yeux ce qui énerve Martine. Ils l'entendent soupirer, râler. L'ambiance ne va pas être bonne au travail si ça continue.

Dans l'après-midi, Martine qui travaille près de Trowa à ranger des conserves lui demande :

— Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ?

— Ce n'est pas une histoire de plus. Je préfère sa nature effacée, sa droiture, sa gentillesse. Sans vouloir dire que ça te manque. Je me suis attaché petit à petit à son tout. Je ne peux pas te l'expliquer mieux.

Martine lui sourit tendrement.

— En tout cas, c'est beau quand tu parles d'elle. J'aimerai qu'on parle de moi ainsi.

— Arrête de te jeter à la tête de tous les mecs qui passent, ça ne nous donne pas l'envie de te découvrir. On te voit faire et on se demande si tu vas nous rester, lâche Trowa.

Martine ouvre de grands yeux surpris par tant d'honnêteté.

À quinze heures, Trowa et Hilde s'en vont main dans la main. Leurs journées se passent ainsi. Entre le travail et rentrer à deux chez Hilde et parfois des travaux pour l'un ou l'autre. Trowa n'a pas encore dormi une fois chez sa petite amie. Ils n'ont pas tout le temps été sages non plus, mais il a peur de trop insister ou d'aller trop vite, il préfère qu'elle lui demande de rester que de s'imposer. Son orgueil n'y voit que du bon aussi.

Et un jour lors d'une discussion, ça arrive et le prend un peu au dépourvu.

— Mon bail arrive à sa fin, si on aménageait ensemble et qu'on avait un bébé ?

— Tu veux un enfant ! s'étonne-t-il.

— J'ai envie de lui donner ce qu'on n'a pas eu enfant. Un foyer, un monde sans guerre, une vie plus facile. Mais c'est aussi un acte égoïste, je le conçois.

— Ce n'est pas égoïste de vouloir le bonheur de quelqu'un même s'il n'est pas encore là.

— Alors, cherchons un appartement plus grand pour faire les choses dans l'ordre, dit-elle en se lovant dans ses bras.

— D'accord et quand nous l'aurons trouvé, je donnerai également mon renom qu'il nous reste mon appartement si on ne trouve pas dans les temps.

Elle l'embrasse pour sceller l'accord. Dès le lendemain, elle envoie le renon de son bail et ils se mettent à chercher. Ils veulent au moins deux chambres, pas trop loin de leur travail.

Ils n'ont toujours pas trouvé leur bonheur quand Hilde doit quitter son appartement. Elle emménage chez son petit ami et commence réellement l'aventure à deux. Trowa a une légère angoisse. Est-ce que le rêve va basculer maintenant qu'une nouvelle étape dans leur vie est franchie ?

Hilde a bien moins besoin d'heures de sommeil que lui et elle est souvent levée avant lui pour se coucher avec lui. Hilde fait une partie du ménage à ce moment-là en silence, surtout les poussières. Trowa lavera au retour du travail. Il y a le partage des tâches. Aucun des deux n'est un fin cuisinier, c'est souvent des plats tout faits ou à emporter quand ils ne mangent pas des pâtes. Bien sûr, ils essayent régulièrement de faire un enfant. Les joies du couple ricanent Paul et Marc.

Les angoisses de Trowa diminuent, le rêve ne vole pas en éclat comme une bulle de savon, ils sont même encore plus heureux collé l'une à l'autre.

Le bonheur ne venant jamais seul, le jour où ils trouvent l'appartement qui leur convient, Hilde apprend qu'elle est enceinte. Elle n'a jamais été très régulière pour ses menstruations, mais un mois de retard, elle ne devait pas se voiler la face, ça ne pouvait qu'être ça. Elle avait acheté un test de grossesse et il était positif.

Trowa est encore plus au petit soin pour sa compagne, ne la laissant plus porter les courses lourdes dans les escaliers. Ils déménagent avec une bande de copains, de toute façon, ils ne vont pas loin, seulement deux rues plus loin pour un appartement au second étage.

Tout est déplacé sur le week-end, la future chambre du bébé servant de débarras pour ne pas encombrer les autres pièces et permettre une installation plus aisée qui se fait lentement. Chacun voulant trouver la place définitive directement. Et puis ils sont tellement heureux de goûter à leur bonheur qu'ils ne font pas que ça. Ils s'embrassent, se cajolent, s'effleurent chaque fois qu'ils se croisent.

Ils ne veulent pas faire de gros frais non plus, ils tiennent à emmagasiner de l'argent pour subvenir durant la période où Hilde ne pourra pas travailler, de l'accouchement à l'entrée à l'école du bébé. Ils ont déjà décidé que Trowa fera une vasectomie après l'accouchement. C'est bien trop difficile d'élever convenablement un enfant sur L2 d'où la baisse de la natalité sur le satellite et les multiples abandons.

Durant des mois, il aménage l'appartement et la chambre du bébé finit par être prête. Il est temps, Hilde est bien ronde, elle doit être proche du terme d'après ses calculs. La grossesse n'ayant pas de problème, elle n'a pas été se faire ausculter. De toute façon, ce n'est pas courant un gynécologue sur L2 et on ne va le voir qu'en cas de grave problème. Elle a bien consulté une sage-femme réputée dans le quartier et qui a accouché toutes les femmes et sait quand elle doit les envoyer à l'hôpital.

Les douleurs prennent Hilde alors qu'elle finit une petite brassière en tricot. Depuis qu'elle est enceinte, c'est ce qu'elle fait de son temps libre, elle coud aussi des vêtements pour plus tard.

Elle regarde l'heure, il est six heures du matin. Trowa ne va pas tarder à se lever, elle n'ira pas travailler aujourd'hui. Une nouvelle fois, elle espère pouvoir récupérer sa place quand l'enfant ira à l'école.

Cela fait des mois que Trowa essaye de la rassurer, de lui dire qu'en cas de problème, ils pourront aller s'installer à Sank, là où ils auront plus de droits, de ne pas se tracasser pour l'avenir. Il était là aussi pour s'occuper d'elle et de l'enfant. Elle va lui faire confiance et se reposer sur quelqu'un pour une fois.

Une nouvelle douleur lui vrille le ventre. Elle regarde l'heure : six heures quart. Une première naissance est toujours plus longue, mais elle sort ce dont elle va avoir besoin pour protéger le matelas autant demander à son homme de l'aider à tout préparer. Après elle sonnera à Rose-Marie, la sage-femme.

Trowa n'aura certainement pas facile de se concentrer au travail aujourd'hui, mais leur patron est un homme bien.

Quand la sage-femme arrive, Trowa essaye bien de rester à l'appartement près de Hilde, mais Rose-Marie lui fait bien comprendre que c'est une histoire de femmes.

Le cœur gros, il se rend au travail, prévient le patron de l'indisponibilité de sa compagne. Après une tape dans le dos de son employé, le boss prend son téléphone pour appeler quelqu'un de réserve.

— Allez, ça va aller, elle n'est pas la première femme à accoucher sinon l'univers serait dépeuplé, rigole-t-il.

D'un geste, il l'expédie au travail, il ne le paye pas pour bayer aux corneilles.

Pour Trowa, c'est la plus longue des journées de travail, il trouve que les heures ne passent pas. Il se tracasse. Est-ce qu'on va le prévenir s'il y a des problèmes ? Ils n'ont pas le droit de garder leur téléphone durant le travail.

C'est presque au pas de course qu'il rentre chez lui. Quand il pousse la porte, il y a des pleurs de nourrisson qui l'accueille. Rose-Marie est toujours là souriante.

— Vous tombez bien le papa, on va vous présenter les petites merveilles.

Trowa se fige, « les » il a bien entendu ?

— Ne faites pas le timide, maman a bien travaillé aussi, ils sont passés comme une lettre à la poste.

Trowa s'avance doucement, Hilde est encore couchée sur le lit dans une espèce de piscine dégonflée. Un bébé au sein et l'autre un peu plus propre déjà habillé dans le lit prévu pour lui, il gigote, mais ne fait pas de bruit.

— On va pouvoir utiliser les deux prénoms, un garçon et une fille, sourit-elle.

— Tu as l'air épuisée.

— Ça n'a pas été une partie de plaisir. C'est plus amusant de les faire que de les faire sortir, ajoute-t-elle.

Les traits de sa compagne se crispent, Trowa paniqué regarde Rose-Marie.

— Le petit bonhomme vient de naître, il y a encore le placenta à évacuer. À tout à l'heure, papa.

Trowa se rend à la cuisine et voit le désordre. Pour s'occuper, il s'attaque au ménage et prépare des pâtes qu'il mettra au four doucement.

— Voilà, j'ai fini, dit la sage-femme en sortant de la chambre.

Elle a un gros sac sur l'épaule.

— On vous doit quelque chose ?

— Elle m'a payé tout à l'heure. Si elle ne se sent pas bien et qu'elle s'évanouit, tu appelles un médecin, mais tout devrait bien se passer. C'est bien d'avoir préparé le repas, elle doit reprendre des forces et faire du lait pour deux.

— Merci.

Trowa la raccompagne jusqu'à la porte. Puis timidement il passe la tête dans leur chambre. Il voit Hilde sourire aux bébés installés tête-bêche dans le berceau. En le voyant, elle lui fait signe d'avancer. La pièce a repris un aspect normal.

— Encore une chance qu'on a pris directement un berceau et pas un couffin, dit-elle.

— Tu auras assez de langes et de vêtements ?

— Vêtements oui, il faudra relaver plus souvent, langes, je vais devoir en refaire. Tu sauras acheter des draps en coton demain en revenant du travail ?

— Bien sûr et je ferai les courses aussi. Il va falloir changer le landau, sourit-il.

— C'est sûr, je ne vais pas savoir sortir sinon. Grégoire et Mélanie sont trop beaux. Quand elle m'a dit : « On va devoir recommencer. » J'ai cru qu'il était mort parce que je ne l'entendais pas pleurer, pas qu'il y en avait un deuxième. J'ai cru que je ne me remettrai jamais de ce coup du sort, avoue-t-elle.

— On aurait peut-être dû consulter pendant ta grossesse, quand je vois que sur Terre, les femmes y vont toutes les six semaines, soupire-t-il.

— Ça ne se fait pas ici, mais bien sur d'autres satellites plus riches. Mais je suis chez moi, je ne me vois pas vivre ailleurs. Je me suis battue pour ça !, rappelle-t-elle.

— Ne t'énerve pas, je sais, on en a déjà discuté, c'est près de toi que je suis heureux, enfin heureux.

Il l'embrasse tendrement. Oui, et maintenant, il a ses bébés que vouloir de plus.

FIN

Chap 10 - accueil

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Fin d'écriture : 31/01/2022

Même si j'ai déjà d'autres histoires finies, je vais mettre une pause dans mes fanfictions, j'ai un roman sur le feu et je n'arrive plus à faire les deux choses en même temps. Dès que j'aurai fini les corrections de la bêta lecture, j'entreprendrais une autre fanfiction.
Merci à tous ceux qui m'ont lu jusqu'ici.