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Disclamer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : frienship, romance.

Rating : T

Acteurs : Quatre, Trowa, Relena, Zechs, Dorothy, Heero.

Début d'écriture 16/08/2020

Suite de « Il n'y a pas que l'amour que ça tue ! »


Les malheurs de Trowa

Heero


AC 204

Retourner travailler chez Relena n'est pas évident pour Trowa en sachant qu'elle a parlé de sa vie sexuelle avec ses amies. Seulement, il n'a pas le choix, il doit y aller au moins une fois par semaine pour l'entretien des pelouses, la taille des rosiers et vérifier que tout pousse comme il faut. Une fois par mois, il va voir dans le jardin d'hiver si tout y est bien arrosé.

Il est à peine arrivé qu'il voie Heero venir à lui d'une démarche énergique.

— Pourquoi ce n'est pas toi qui es venu la semaine dernière ?

— J'étais commandité sur un gros chantier.

— Tu diras à ton boss que si tu ne sais pas venir, on ne veut personne. Je ne peux pas mettre un homme à sa surveillance non-stop.

Trowa acquiesce de la tête.

— Où se situait son gros chantier ? interroge Heero.

Il s'est appuyé contre la remorque pour mieux regarder son ancien frère d'armes.

— Chez Dorothy.

Une étincelle de plaisir brille dans le regard de Yuy.

— L'avantage d'être gay et non bi, ricane-t-il pour finir.

— Elle t'a fait des propositions ?

— Oui et du rentre-dedans. Elle est douée de ses mains et de sa bouche, mais rien que de voir son corps. Non, je n'ai pas su.

— Il y a longtemps ? demande intrigué Trowa.

— Quand je suis rentré au service de Relena et que je lui ai dit : « non, je suis gay ».

— Tu crois qu'elle voulait savoir si c'était vrai ?

— Pour quoi d'autre ? On devrait parler du bon vieux temps un soir, propose Heero.

— Je suis libre comme l'air.

— Il faut que je regarde mon planning, c'est bien payé, mais pour les loisirs c'est une autre paire de manches, lâche-t-il en repartant.

Dans les trois jours, Heero reprend contact avec lui, il a un créneau le soir même, Relena n'a pas de sortie prévue et un autre peut faire la surveillance interne.

Ils se retrouvent dans un bar près de chez Trowa. Les discussions vont bon train, ils parlent du passé, du présent, des choses qu'ils aiment.

— Tu vas au cinéma de temps en temps ? demande Heero.

— Rarement, je lis plus que je ne regarde la télévision déjà, admet-il.

— Zut, je cherche quelqu'un pour aller voir un bon film d'action.

— On peut y aller, au moins je ferai autre chose que lire et travailler.

— Merci, libère-toi lundi soir, c'est le jour où j'ai le plus facile de prendre congé.

— Dimanche après-midi, ça ne te tente pas ! essaye Trowa.

— Depuis que tu n'es plus avec elle, je suis de garde.

— Je t'ai facilité la vie alors durant un moment, sourit-il.

— Pour ça, ça ne m'aurait pas déplu que vous restiez ensemble.

C'est vrai qu'il ne s'était absolument pas intéressé aux horaires d'Heero quand il a vécu au château. Il n'a jamais vu un seul garde derrière lui quand il est sorti avec Relena. Yuy a sûrement pensé qu'il était apte à la protéger.

— Elle a un chaperon quand elle sort ?

— Toujours et souvent moi.

— Même avec moi ?

— Non.

— Là, elle a quelqu'un ?

— Chaperon ou amoureux ?

Oui, qu'est-ce qu'il veut savoir ? Le travail de son ami ne l'intéresse pas vraiment, savoir s'il a été remplacé, il s'en doute, il n'a rien d'exceptionnel, il est juste un homme parmi d'autres. Mais oui, il aurait voulu savoir si Quatre ou Relena avait retrouvé l'amour, en ayant peur de la réponse pour son moral. Il se serait encore senti plus insignifiant.

La main d'Heero se pose délicatement sur la sienne, lui faisant relever la tête.

— Elle n'a plus eu d'aventure sérieuse depuis toi et pour ça tu étais le premier.

— Tu fais dans la psychologie maintenant ? lance-t-il sarcastique.

— C'est mon rôle d'additionner un plus un pour trouver la faille des gens, savoir qui est dangereux ou pas.

Heero lui caresse la main encore une fois avant de rebondir sur la saison de football, mais Trowa n'y connaît rien non plus, il a l'impression d'être un ignorant par rapport à son ancien frère d'armes.

— Qu'est-ce que tu lis comme roman ? finit par demander Heero.

— Tout ce que je trouve avec une préférence pour le policier et l'historique. Je me fournis dans une boîte à livres près de chez moi.

— Des nouvelles de Catherine ? Ça ne te manque pas ?

— Le monde du cirque un peu, mais voyager tout le temps pas vraiment.

Heero regarde sa montre et par réflexe Trowa fait pareil, il est vingt-deux heures. Yuy sort son portefeuille, paye et se lève.

— On se voit lundi soir devant le cinéma à dix-neuf heures trente.

— On peut manger avant si tu veux ? propose Trowa.

— D'accord, dix-huit heures à la guinguette.

— J'y serai.

Sans se retourner, Heero s'en va de son pas silencieux, le laissant finir sa grenadine à l'eau. Il n'allait pas prendre un café ou un thé à cette heure tardive.

µµµ

Lundi arrive rapidement, Trowa a cherché l'emplacement de la guinguette sur internet, un restaurant près du cinéma, il y entre peu avant dix-huit heures. Il choisit une table et attend en sirotant un verre de jus de pommes. Il observe les lieux, de petites tables de deux ou quatre sont installées à bonne distance pour protéger les discussions, il y a des nappes à carreaux rouge et blanc dessus, des lourdes tentures brunes devant les fenêtres aux petites vitres légèrement teintées.

À dix-huit heures précises, Heero pousse les portes du restaurant, son regard perçant parcourt la salle avant de se fixer sur son rendez-vous. De son pas fluide, il traverse l'espace pour le rejoindre.

— Je ne connaissais pas, c'est rustique, lâche Trowa en guise de bonjour.

— J'en ai parfois marre des endroits bons-chics, bon genre. C'est Duo qui me l'a fait découvrir. En plus, ce n'est pas trop loin du cinéma, dit-il.

Il appelle le garçon et commande une eau pétillante et un plat de spaghetti pour chacun.

— Tu le vois souvent ?

— De temps en temps, il est souvent en déplacement.

— Tout comme toi ! réalise Trowa.

— Oui, on a des boulots énergivores.

— Tu l'aimes, ce n'est pas pour l'argent.

— Un peu plus d'actions me plairaient bien.

— Change alors.

— Peut-être un jour.

Le serveur amène la boisson d'Heero et repart.

— Je ne pourrais pas faire un travail que pour l'argent.

— Ce n'est pas que pour ça ! Je n'ai pas le temps de le dépenser, sourit-il légèrement.

— Si tu veux, tu peux m'inviter, rigole Trowa.

— C'était mon intention.

Le serveur arrive avec les deux assiettes, Yuy paye toutes les consommations directement. Ils pourront ainsi partir quand ils le désirent.

Les discussions reprennent surtout sur le passé, la guerre, les missions, l'impression d'avoir une famille, une drôle de famille, mais le lien est là. Ils le savent tous les cinq, si un appelle et besoin d'aide les autres répondent présents.

— Tu irais même pour Quatre ? demande d'un coup Heero.

— Bien sûr, s'il était en danger.

— Pourtant, tu as refusé de continuer à réaliser ses jardins ? s'étonne-t-il.

— Dis-moi où était le danger ?

— Oui, tu as raison.

Yuy regarde sa montre.

— Il va être temps si on veut être bien placé.

Ils se lèvent en un seul homme et marchent vers la sortie.

— J'ai déposé ma voiture près du cinéma et toi ?

— Je n'ai pas trouvé nécessaire d'en avoir une.

— Je te ramènerai.

— Ça va te faire faire un détour, et j'aime marcher.

Ils continuent d'avancer en silence, comme attendre leurs tours.

La séance est commencée depuis un moment qu'Heero glisse sa main sur la cuisse de Trowa. Alors il se tourne vers lui intrigué.

— Le film te plaît ? lui demande Yuy.

— Oui, amusant et de l'action. Des papys-espions, c'est bien trouvé, murmure-t-il.

— C'est le volume 15 des mêmes acteurs. Ils vieillissent pour continuer, ils ont pensé à ça. Je dois avoir vu les quinze.

— Aucun.

Une demi-heure passe encore avant que la main qu'Heero avait laissée sur la cuisse de Trowa ne remonte vers l'intérieur dans un mouvement lent, mais caressant jusqu'à frôler sa tirette et insister sur cette partie qui gonfle déjà sous les gestes précis.

Trowa vient arrêter son mouvement avant qu'il ne soit vu par d'autres et se penche vers l'oreille de son voisin :

— Tu pourras me reconduire.

La main retourne à mi-cuisse sagement. Ils ont déjà été amants durant la guerre, il a même perdu son pucelage avec Heero. Il ne peut s'empêcher de sourire quand il réalise que ses méthodes pour demander du sexe n'ont pas changé depuis ses quinze ans. Qu'il conduise ou se fasse conduire, Heero avait toujours posé sa main sur sa cuisse puis la remontait. S'il était au volant, il cherchait un petit coin tranquille pour s'arrêter, si c'était Heero, il lui lâchait simplement un OK et Yuy s'arrêtait.

Ils se sont toujours bien entendu, ont le même caractère, ils ont pris tous les deux de la maturité, c'est peut-être la bonne cette fois, finir avec son premier amant.

Trowa ferme les yeux, il est à nouveau en train de s'emballer. Pourquoi veut-il tellement une histoire qui dure ? Un baiser, une attention, il est prêt à tous les sacrifices pour que ça continue. Ce n'est pas logique ni normal comme attitude.

— Tu ne veux pas voir la fin du film ? murmure Heero.

— Si.

— Je peux ne pas te reconduire.

— Ce n'est pas ça.

Un chut derrière eux les fait taire. Oui, ce n'est pas l'endroit pour avoir une discussion. Trowa essaye de se laisser captiver à nouveau par le film. Maintenant qu'il sait que c'est un quinzième tome, il comprend mieux que certaines illusions lui échappent.

Le générique commence à peine qu'Heero se lève, Trowa le suit jusqu'à une berline noire aux vitres teintées qu'il ouvre avant de s'installer dedans. Il laisse le passager s'asseoir près de lui.

— Tu transportes Relena là-dedans ?

Il se rappelle avoir vu cette voiture circuler régulièrement dans la propriété quand il travaille et que Pagan reste souvent au château maintenant.

— Oui, c'est plus discret que sa limousine rose. Pagan n'a plus les réflexes, rétorque-t-il en mettant le contact.

— Il l'a bien pris ?

— Il vieillit.

La voiture s'insère dans la circulation et prend la direction du domicile de Trowa. Ça le fait sourire qu'Heero soit toujours autant au courant de tout, il ne lui a même pas demandé son adresse.

Arrivé devant son immeuble de cinq étages, il se gare, se penche pour le regarder, puis demande :

— Troisième avec ou sans ascenseur ?

— Sans.

— Je plains ceux du cinquième.

— Il y avait un ascenseur, mais il est cassé. Ils n'ont toujours pas réparé depuis six mois.

Heero ouvre la portière et se glisse dehors, rapidement suivi par Trowa. Ce dernier ouvre la marche jusqu'à la porte et l'ouvre. Il commence à monter jusqu'à l'appartement 31. Yuy laisse son regard parcourir les pièces.

— Tu es bien installé.

— J'ai fini par m'y plaire.

Heero s'avance vers lui, le tire à lui et l'embrasse, il recule en le maintenant contre lui jusque dans la chambre. Les vêtements volent, l'emballage d'un préservatif est déchiré. Ç'a toujours été un peu bestial, Heero ne s'encombrant pas de fioriture.

µµµ

En sueur, Yuy se repose sur le torse de son amant.

— Je trouve que tu as fait des progrès depuis notre première fois.

— Je me disais la même chose. Dire que je n'ai jamais dit à Quatre qu'on avait été amants.

— Il t'a dit que nous l'avions été aussi ?

— Non, s'étonne Trowa.

— Alors vous êtes quitte, sourit Heero en laissant ses doigts courir autour d'un mamelon.

— C'était quand ? s'informe Trowa.

Est-ce que son ex-amant lui avait caché plus que la cigarette ?

— Quand je me suis retrouvé avec lui sur cette plage et les Maganacs, pendant la guerre.

Barton respire mieux. Pourquoi cette angoisse alors qu'ils ne sont plus ensemble depuis au moins trois ans.

— On remet ça puis on dort ?

— Tu ne dois pas rentrer au château ?

— Quartier libre jusqu'à six heures demain.

Un autre emballage est déchiré. Après ses efforts, ils s'endorment rapidement.

Trowa est réveillé par l'eau qui coule dans la douche, il regarde l'heure, il est cinq heures trente. Au bout de dix minutes, Heero revient dans la chambre nu comme un ver en train de s'essuyer les cheveux.

— Je te prends un boxer.

— Prends, comme ça tu devras me le ramener.

— Je peux te l'expédier par la poste aussi, mais je préfère te revoir. Je te sonne quand je suis libre.

— Reviens dimanche soir.

Trowa n'est pas certain de vouloir une relation où il doit attendre un coup de fil.

— Je suis de garde jusqu'au lundi matin.

— On peut se faire un ciné lundi soir, tente Trowa.

— J'espère bien pouvoir venir avant, dit-il en l'embrassant.

Heero se redresse, s'habille et s'en va sans se retourner.

Trowa regarde ébahi la porte, puis s'extirpe du lit, attrape un boxer qu'il passe en se dirigeant vers la fenêtre, il écarte les tentures pour voir son amant arriver à sa voiture. Ce dernier se retourne, lui fait un signe de la main et entre dans son véhicule banalisé à la plaque quelconque réalise-t-il. Qui pourrait imaginer que l'ambassadrice de la Terre circule là-dedans ?

Alors que l'automobile s'éloigne, Trowa se repasse les paroles d'Heero. Est-ce qu'il vient de se faire mener par le bout du nez ? Comment pourrait-il venir avant s'il est de garde jusqu'à lundi matin ? Est-ce qu'il n'a été que le coup d'une nuit ? Si c'est le cas, il préfère le savoir. Il n'a même pas son numéro privé, il ne va pas sonner au château pour qu'on lui passe. Qu'est-ce qu'il doit faire ? Attendre, mais il n'aime pas ça du tout.

Le surlendemain, il voit apparaître Heero pendant qu'il travaille.

— C'était bien lundi, il faudra qu'on remette ça.

Barton se sent soulagé, il n'est pas un coup d'un soir. Il l'espère alors il demande :

— Tu cherches que du sexe ?

— Je n'ai jamais vu mon avenir. Il y a trop de variantes dangereuses dans ma vie. Mais non pas que du sexe, un restaurant, un cinéma, un verre, mais certainement pas une mise en ménage.

Au moins les choses sont claires et ça lui convient parfaitement aussi. Sans un geste en arrière, Heero repart, mais Trowa se sent nettement mieux dans sa peau.

µµµ

Dans sa relation avec Heero, il y a du piment, il ne sait jamais réellement quand il va se pointer même s'il le prévient au moins une heure à l'avance quand il a envie d'un restaurant. Quand celui qu'Heero a choisi est trop loin pour qu'il s'y rende en bus ou à pied, son amoureux vient le chercher, mais immanquablement, ils finissent la soirée au lit et Heero s'en va aux petites heures.

Régulièrement, Heero lui ramène un slip qu'il lui a emprunté un matin, en plus toujours propre. Il est même venu une fois frapper à sa porte avec cinq slips à lui en disant :

— Je peux laisser ça chez toi ?

Trowa lui a souri et l'a laissé entrer.

Quand rien n'est organisé avant, il débarque sans prévenir.

Il y a sept mois qu'ils ont une relation plus que suivie qui apporte beaucoup de bonheur à Trowa. Il ne s'enterre plus le soir après le travail, il va au spectacle, au cinéma, au restaurant, choses qu'il n'avait jamais faites depuis Quatre, Relena préférant la tranquillité de son chez-soi pour tout ce qu'elle bouge pour son travail et les visites mondaines obligatoires.

Heero est de bonne compagnie. Trowa est heureux, il se dit qu'il pourrait vieillir ainsi, il aime l'incertitude des jours où il ne sait pas quand son amant va apparaître. Il aime la joie qui le parcourt quand il lui sonne ou qu'il débarque à l'improviste, car il peut rester la nuit. Pas toujours le même jour, ça met du piquant dans son existence.

Durant l'hiver, Trowa a surtout entretenu des jardins intérieurs et aux premiers jours du printemps, il est content de retourner à l'extérieur, de retourner la terre pour la préparer au semis dans certains potagers. Les gens aisés veulent de plus en plus leur coin bio, mais sans vouloir s'en occuper ce qui donne du travail à son entreprise pour le bonheur de son patron.

Si certaines places sont aléatoires, Trowa sait qu'il travaille le mercredi au château Peacecraft, pas toujours le même nombre d'heures, mais il doit y être pour neuf heures au plus tard.

Il doit être dix heures quand Heero arrive vers lui dans sa tenue de travail, veste bleu roi sur chemise blanche, pantalon noir, arme à la ceinture.

Barton lui sourit avant de dire :

— Il y a du travail supplémentaire ?

— Non, tu es libre pour un bowling ce soir à dix-neuf heures. Je devais faire équipe avec Duo, mais il est bloqué en mission à l'étranger.

— Je suis libre. Tu le vois souvent Duo ?

— Un peu comme toi, mais il est aussi souvent en mission ou il finit tard.

— Tu as plus de loisirs qu'au début de notre relation, on dirait.

Il est légèrement vexé, s'il ne voyait pas aussi Duo, ils pourraient se voir plus. D'un autre côté, il trouve ça bien que son homme ne vit pas que pour son travail. Il devrait aussi de temps en temps sortir sans Heero. L'ennui, c'est qu'il n'a pas d'amis. À force de travailler seul, il ne connaît même pas ses collègues.

— Relena sort avec un des gardes que j'ai formés. C'est vrai que ça me laisse du temps, mais j'aime bien tout surveiller.

— Où est-ce qu'on se retrouve ?

— Tu connais Magique Système ?

— Non.

— OK, je passe te prendre à dix-heures trente, lâche-t-il avant de faire demi-tour.

Trowa travaille en réfléchissant, comme souvent. Avec qui pourrait-il boire un verre ? Il ne va pas appeler Quatre, il aurait peur de lui donner de l'espoir. Est-ce qu'il n'a pas le melon qui grandit de penser que son ex n'a pas encore trouvé quelqu'un pour le remplacer en presque quatre ans. Oui, il peut lui téléphoner un autre jour pour savoir ce qu'il devient sur le plan privé.

La journée se passe sans heurts. Il se prépare pour sa soirée sans en faire de trop. Il se redonne un coup de rasoir. À l'heure pile, Heero sonne chez lui. Dans l'interphone, il entend :

— Je t'attends dans la voiture.

Oui, la bagatelle, ça sera pour tout à l'heure, il le sait.

— Tu fais souvent une partie de Bowling ? demande Trowa en montant dans le véhicule.

— Plus ou moins toutes les six semaines.

— C'est toujours Duo qui t'accompagne ?

— Oui, parce que c'est son plaisir.

— Alors pourquoi vas-tu sans lui ?

— On a engagé une somme d'argent au début de la saison, c'est la demi-finale, on ne va pas les laisser gagner par forfait les dix mille crédits du pot, lâche Heero.

— Ils vont accepter un remplaçant ?

— Oui, c'est dans le règlement. Parfois, Duo est venu sans moi quand je ne pouvais pas me libérer.

— Et comment en arrivez-vous à une somme pareille ? demande alors que son amant se gare sur le parking.

— Au début du tournoi, chaque participant engage cinquante crédits. On était deux cents au départ pour cinquante matchs.

— La finale sera dans dix semaines ?

— Oui, répond Heero en sortant du véhicule.

Trowa regarde autour de lui, il voit qu'en face c'est le QG préventer, de l'autre côté, c'est les dortoirs, il y a un grand parc où les soldats font leur entraînement.

— Je comprends mieux, lâche Barton.

— Rassure-toi, il n'y a pas que des Préventers, réplique-t-il en ouvrant la marche.

Ils vont vers un bâtiment qui sert de lieu de détente, dancing, bar, bowling et piscine.

— Ils sont bien installés, constate Trowa.

— Encore une chance, la paie n'est pas si extraordinaire pour les risques encourus.

— Tu es mieux payé, s'informe Trowa.

— Quatre mille crédits nets le mois presque trois fois plus que Duo.

— Je tourne autour des mille cinq cents suivant les missions.

— Vous appelez ça aussi des missions, sourit Heero en poussant la porte du bowling.

Un brouhaha s'élève ainsi que des cris en voyant Heero.

— Zut, je croyais que je passais en final sans vaincre, lance un jeune homme blond aux cheveux à la porc-épic.

— Non, j'ai trouvé un partenaire. Trowa, je te présente Louis.

— Kay Louis, dit-il en tendant la main.

— Trowa Barton

— Steve Mac Quallany, votre adversaire avec Kay, dit un autre homme grand, mais bien charpenté.

— On a vraiment cru à la victoire avec Maxwell en mission, surtout qu'Yuy n'est jamais venu sans lui, précise Kay.

— Pas si près de la victoire, réplique Heero.

Il met une main dans le dos de Trowa et le pousse vers l'endroit où on loue des chaussures.

— Les boissons et le matériel se paient, le reste est gratuit.

— OK, il faut bien que l'argent rentre.

— Ou ne sorte pas, ça me fait parfois penser au système japonais d'antan à consommer en cercle privé. La cantine n'est pas gratuite même si c'est à un prix modique.

— Tu es bien au courant, s'étonne Trowa.

— Duo a toujours été bavard.

Oui, c'est vrai aussi et Heero aime tout savoir, c'est sa force aussi pour ne jamais se laisser surprendre. Et c'est vrai que la soirée passée avec Duo, il l'avait plus écouté qu'il n'avait parlé. Néanmoins, il ne se rappelle plus trop ce qu'il lui avait dit. Mais c'était de sa faute, il s'était laissé bercer par sa voix sans vraiment écouter. Le regard perçant d'Heero est sur vous quand vous parlez, il le réaliser.

Les chaussures aux pieds, une boisson à la main, Heero et Trowa vont vers les pistes où une femme ou un homme, il ne saurait pas trop le dire commence un discours :

— Les deux demi-finales vont se jouer sur les pistes 2 et 4, les autres sont libres. Que le spectacle commence.

Yuy pousse son amant vers la piste 2 où les deux hommes avec qui ils ont parlé attendent. Comme souvent en public, Heero ne lui marque pas des signes de tendresse. Malgré toutes les lois pour le mariage pour tous, il reste des réfractaires. Et puis, pour vivre heureux, vivons cachés.

En passant devant la piste 4, Trowa en profite pour regarder, il y a une équipe mixte contre deux hommes. Ses yeux parcourent les spectateurs, il n'y a pas beaucoup de femmes, ça reste un métier d'hommes on dirait.

— Trowa !

Ce dernier cligne plusieurs fois des paupières. C'est vrai qu'il ferait mieux de se concentrer. Il s'avance vers son amant.

— Tu dois choisir ta boule, dit celui-ci.

— J'ai l'impression que c'est une histoire cousue de fil blanc cette demi-finale, lance Louis.

— Tu as déjà joué au moins ! s'informe Heero.

— Bien sûr, mais pour le plaisir, pas en compétition.

— OK, nos scores s'ajoutent à la fin de la partie.

— Ce n'est pas une boule chacun sur un même compte ?

— Non, tu aurais préféré ?

— Je ne sais pas, il y a longtemps que je n'ai plus joué.

— Ne te mets pas la pression, dit Heero.

— Je ne veux pas vous faire perdre la cagnotte.

— Si c'est le cas, au fond, on ne perd que cent crédits.

— Il n'y a pas de tour de chauffe ? demande Trowa.

Il vient de voir Louis faire un strike.

— Non, mais aie confiance en toi, dit-il.

Il lui met une main sur l'épaule et va jouer. Une boule, un strike. Ne pas se mettre la pression, le troisième joueur fait aussi un strike. Il n'ose pas regarder vers l'autre piste, mais le bruit des quilles explosées fuse de partout. Il ferme les yeux pour se concentrer. Prends sa boule sur la rampe et lance. Il reste une quille debout, il est le premier à devoir faire un deuxième jet.

Ah non, dans l'autre demi-finale aussi quelqu'un reprend sa boule voit-il en attendant que la verte revienne. Un spare c'est mieux que 9. Mais l'autre piste ce n'est pas leur demi-finale. Il expulse l'air de ses poumons et vise la quille qui vacille avant de tomber. Ouf, il ne va pas faire honte à son amant.

Quand il se rassied, Heero lui dit :

— Tu n'es pas si rouillé

Louis reprend sa boule violette et le deuxième tour commence. Heero et Trowa commandent des boissons non alcoolisées, tandis que Kay et Steve prennent des bières. À partir du cinquième tour, l'alcool à l'air de jouer des tours à leurs adversaires. Louis est le premier à faire 9, suivi rapidement par Steve, Heero oscille entre strike et spare. Trowa n'a pas encore fait un strike, mais toutes les quilles tombent à chaque tour.

— Tu vois, il ne fallait pas paniquer, lui dit Heero avant le dernier tour.

C'est vrai, ils ont déjà 10 points d'avance et si Heero finit par un strike, il pourra relancer deux fois. C'est avec un vrai soulagement que Trowa constate qu'ils ont déjà gagné avant son tour. Ce serait un monde qu'il ne touche pas une seule quille alors qu'il les a toutes renversées jusqu'ici.

Il tire et voit huit quilles tomber, il n'aura pas déçu son amant. Sur l'autre piste, c'est le couple qui a l'air de remporter la victoire.

Il est heureux, fier de lui et maintenant que la pression diminue, il constate que les spectateurs ont décidé de faire des parties sur d'autres pistes. Il vient de sonner vingt et une heures, il ne connaît personne, il espère qu'ils ne vont pas rester.

Il accepte les félicitations des gens présents, mais c'est surtout Heero qui a fait le gros du travail, il n'a pas faibli du début à la fin. Il le voit recevoir aussi des félicitations et des accolades de certains.

Au bout de dix minutes qui lui semblent interminables, son amant vient vers lui en souriant du devoir accompli.

— On y va ?

— Je ne demande pas mieux, rétorque Barton.

Ils font un dernier signe de la main. Une fois dans l'auto, Trowa demande :

— Tu as le temps de monter chez moi ?

— Bien sûr et d'y rester une partie de la nuit, on va fêter ça.

C'est pour ça qu'il apprécie Heero, même s'il ne le voit pas régulièrement, il lui consacre tout le temps qu'il peut. De savoir qu'il en prend un peu pour être avec Duo, lui reste en travers de la gorge, mais c'est lui aussi qui n'a aucun ami avec qui sortir. Il s'en rend compte, il a réellement une vie austère. Il devrait changer ça, mais avec qui ? Le premier qui lui vient en tête reste Quatre.

— Tu es bien silencieux.

— Je le suis toujours, rappelle Trowa.

— Là, on dirait qu'il y a un truc qui te tracasse.

— Quatre a retrouvé quelqu'un ?

— Tu m'en veux parce que je vois Duo de temps en temps !

— Non, ça m'a fait seulement réaliser ma solitude.

— Je n'ai pas entendu qu'il avait quelqu'un de fixe depuis toi. Des amourettes par-ci par-là.

Ce n'est sûrement pas une bonne idée d'aller prendre un verre avec lui. Duo n'a jamais repris contact depuis qu'ils ont bu un pot ensemble. Il a envie de soupirer devant le néant qu'est sa vie sociale. Pourtant, ça ne l'a jamais gêné avant. Il doit arrêter de vouloir rentrer dans un moule. Il aime sa solitude, pourquoi veut-il vraiment faire comme les autres ?

Heero se gare en bas de chez lui et se tourne vers lui en disant :

— Je peux monter ?

— Bien sûr, j'ai réglé mon problème.

— Tant mieux.

Et sa vie reprend son train-train. Heero sonne et passe certains soirs, il reste toujours la nuit et repart vers cinq heures trente du matin. Ils vont au restaurant, au cinéma et repasse par son appartement pour une partie de jambes en l'air. Ils ne parlent jamais de se mettre en ménage. De toute façon, Heero ne peut pas venir vivre chez lui et lui ne veut pas retourner au château, il se sentirait mal à l'aise vis-à-vis de Relena. Et puis, il sait pertinemment qu'Heero serait continuellement sur le qui-vive durant la nuit.

En soirée, quand il est seul, il a du temps pour lire, c'est le principal à ses yeux.

µµµ

Dix mois qu'il est avec Heero, il est en train de réfléchir tout en travaillant chez Relena comme chaque mercredi. Il se demande s'il peut organiser une petite fête pour dans deux mois, si c'est le genre de choses qui plaît à son amant et s'il acceptera de venir quand lui en a envie.

Il redresse la tête, et voit Duo remonter l'allée principale, ce n'est pas la première fois qu'il le voit, il s'est chaque fois dit qu'il avait rendez-vous avec Relena pour régler un problème au ajouter une option à son association « du bio pour tous ».

Maxwell lui fait un signe de la main comme les autres fois, puis il le voit bifurquer vers lui.

— Salut, merci de m'avoir remplacé. Heero t'a dit qu'on avait remporté la cagnotte, il y a quinze jours ?

— Non, il ne m'a rien dit.

— J'ai pas eu le temps de faire le calcul, car après le match, je suis parti en mission.

— Quel calcul ? s'informe Trowa.

— De ta part, ceux qui ont remplacé Heero l'auront aussi. Il faut que je calcule combien de matchs on a faits et ce qu'il rapportait. Mais là je suis impatient de rejoindre mon copain, on doit encore fêter la victoire.

Trowa reçoit ça comme une gifle, mais il doit savoir s'il se monte un bateau.

— Ton copain ?

— Heero, on sort ensemble depuis la mise en place du « du bio pour tous ». Il ne te l'a pas dit ? Pourtant, il m'a dit qu'il sortait de temps en temps avec toi quand je ne suis pas là.

— Il m'a dit qu'il te voyait de temps en temps, c'est tout.

— Bizarre, lâche Duo en se grattant le menton.

Trowa sait déjà qu'il va rompre avec Heero, mais est-ce qu'il doit prévenir Duo ? En tout cas, lui aimerait qu'on lui dise. C'est en voyant arriver Heero au bout de l'allée qu'il se lance :

— Pas tant que ça puisqu'il sort avec moi depuis presque un an.

En voyant la tristesse de Duo, il s'en veut. Puis réalise que ce n'est pas lui le réel responsable. C'est Heero qui a mené une double vie et peut-être plus tout compte fait.

— C'est lui qui prenait toujours les initiatives de vos rencontres ? demande Trowa.

— Oui.

Il voit Maxwell lutter contre les larmes et comprend qu'il est beaucoup plus attaché à Heero que lui ne l'a été. Il est déçu, dégoûté, mais sa vie n'est pas détruite.

— Bonjour, lâche Heero.

Son regard passe d'un à l'autre, cherchant une explication même s'il s'en doute un rien. Il aurait dû aller voir Duo dès qu'il a su qu'il était revenu de mission. Mais Relena avait un rendez-vous à la télévision. Maxwell a dû se dire qu'ils pourraient se voir au retour au château.

— Pourquoi es-tu venu me trouver alors que tu sortais déjà avec Duo ? attaque Trowa.

— Au départ, juste pour boire un verre, réplique l'accusé.

— Et tu as glissé en Trowa la queue en avant par accident, marmonne Duo.

Ses yeux lancent des éclairs.

— Ne sois pas stupide, vous êtes complémentaires. Il aime des choses que tu n'aimes pas, se défend Heero.

— On pouvait aller au cinéma, au restaurant en ami, insiste Trowa.

Il entend Duo déglutir, il a envie de le prendre dans ses bras, de le soutenir pour tout le mal que sa révélation vient de lui faire.

— Oui, on aurait pu, mais là aussi vous êtes complémentaires. Et Duo est souvent absent.

— Ne rejette pas la faute sur moi. Si sexuellement tu voulais autre chose, on pouvait en parler.

— Avec Trowa, c'est l'action pas les paroles.

Barton secoue légèrement la tête avant de dire :

— Ne me relance plus et je suis désolé Duo, si j'avais su, je l'aurai repoussé.

— Merci mec. Et toi, oublie mon numéro aussi, lâche Maxwell en faisant volte-face.

— Et ma part du pactole ? insiste Heero.

— Je te la ferai parvenir, même si tu ne la mérites pas.

Quand Duo a quitté leurs vues, Trowa se tourne vers Heero.

— Le pactole, tu ne pouvais pas lui dire autre chose.

— Comme quoi ?

— Que tu l'aimais, que tu regrettais.

— Je ne regrette rien.

— Tu es encore pire que je croyais. Tu me dégoûtes. Laisse-moi travailler.

À Suivre…

Chap 3 - Chap 5

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