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Disclamer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : frienship, romance.

Rating : T

Acteurs : Quatre, Trowa, Relena, Zechs, Dorothy, Heero.

Début d'écriture 16/08/2020

Suite de « Il n'y a pas que l'amour que ça tue ! »


Les malheurs de Trowa

Sally Po


AC 207

Trowa reprend sa vie entre le travail et les promenades dans divers parcs. Il se dit qu'il va finir vieux garçon à trop courir derrière l'amour. En plus, il est passé à côté de beaucoup de bonheur simple.

Le temps passe, un mois de plus à vivre pour lui. Et être heureux de ne plus avoir d'horaire à respecter à part pour le travail. Justement aujourd'hui, il doit retourner la terre pour planter une allée de rosier dans une propriété. Il tombe sur un rocher. Il va devoir l'extraire s'il veut que les plantes poussent de façon homogène. Alors il commence à creuser pour la faire sortir du sol au maximum. Il va devoir aller chercher du terreau pour combler l'imposante masse qui doit bien faire soixante centimètres sur quarante.

Comme tout est bien dégagé, Trowa glisse sa bêche sous le rocher et commence à user de tout son poids pour le faire sortir de terre, il a creusé un sillon pour le rouler hors du trou. Il va encore avoir du travail pour remettre tout à niveau, il sourit quand il sent le bloc bouger. Il va en venir à bout tout seul sans devoir demander de l'aide à un collègue. Une perte de temps que n'apprécie pas le patron, même si les heures sont facturées au client.

Un craquement se fait entendre, il se sent partir en avant. Pris dans son élan, il s'empale sur le manche de la bêche qu'il utilisait comme levier. La douleur est atroce. Il ferme les yeux pour mieux la contrôler. Il doit évaluer les dégâts. Il frotte sa main sur le sol, la remonte vers l'origine du mal. Il sent le bout de bois entrer dans sa chair et sa chemise devenir poisseuse. Il préfère ne pas bouger pour ne pas créer d'hémorragie. Mais il doit trouver des secours, crier va lui faire bouger les organes. Il doit sortir son GSM dans la poche arrière de son pantalon. Gardant l'appui d'une main au sol, il dirige l'autre vers l'objet de ses désirs.

Il progresse lentement quand tout d'un coup, il entend hurler hystériquement de la maison. Des pas de course dans sa direction.

— Ne bougez pas, vous êtes transpercé de part en part.

— Ce n'était pas mon intention. Appelez les secours, dit-il aux chaussures dans son centre de vision.

— Madame l'a fait. Encore une chance que la bonne vous a vu. Vous auriez dû crier. C'est arrivé il y a longtemps ?

— Moins de dix minutes.

— Comment pouvez-vous rester comme ça sans bouger?

— Je ne tiens pas à me faire encore plus mal. Trouvez une scie que l'on puisse couper le manche près du fer, lâche Trowa.

— Je crois que les pompiers auront ce qu'il faut, dit l'homme qui ne tient pas à le laisser seul.

Madame lui a bien dit de tout faire pour qu'il ne s'endorme pas et qu'il reste conscient.

Au loin, on entend déjà les sirènes. L'auscultation est rapide. On scie le bout de bois et on couche Trowa sur le côté, le pieu sera ôté sur la table d'opération pour sécuriser les organes et pouvoir intervenir rapidement en cas d'hémorragie.

Alors qu'on va l'anesthésier, la seule chose à laquelle pense Trowa, c'est qu'il n'a pas fini ce travail et qu'il n'a pas prévenu son patron. Va-t-il perdre son emploi pour ces manquements ?

µµµ

C'est bien plus tard qu'il se réveille dans un lit. Une femme lui sourit.

— Docteur, il est réveillé.

Trowa croit rêver quand ce visage apparaît au-dessus de lui ou alors ?

— Je suis mort, baragouine-t-il.

— Non Trowa, tu sais qui je suis ?

— Sally Po.

— Bien, il n'y a pas trop de dégâts. Tu seras vite debout. Aucun organe vital n'a été touché. Tu auras juste une belle cicatrice de plus.

— Une ?

— Tu as raison, deux, sourit-elle.

— Incapacité ?

— Deux bons mois, tu ne peux pas forcer pour l'instant, ne pas trop bouger et avec le travail que tu fais, ça va être difficile. On va t'amener en chambre et je viendrais te voir régulièrement.

Trowa se sentait à nouveau plonger dans le sommeil.

Quand il émerge à nouveau, il y a une autre personne dans sa chambre, un jeune homme avec beaucoup de bandage.

Qu'est-ce qu'il va faire de tout ce temps ? Lire, mais il n'a rien, même pas de vêtements pour se changer. Aucune famille à contacter, lui qui commençait à se faire à cette idée, il trouve ça bien triste et surtout il ne veut pas de ça. Il s'en rend compte, il ne veut pas de cette solitude, il n'a même pas d'amis, même pas de collègue avec qui il s'entend.

Il recommencera à chercher son âme sœur une fois dehors, il ne veut pas mourir seul.

Au bout de deux jours, Sally lui demande lors d'une visite médicale :

— Ça va, tu ne t'ennuies pas ?

— Un peu, encore une chance qu'il y a la TV.

— Je n'ai vu passer aucun de tes frères d'armes ?

— Il doit avoir dix ans que j'ai rompu avec Quatre. Je viens de croiser Wufei dernièrement, mais il voulait surtout que je devienne bouddhiste.

— Pas de nouvelles des deux autres, ils sont pourtant à Sank, je les ai soignés à tour de rôle, sourit-elle.

— J'ai rompu avec eux.

— Pas d'amis ?

— Non.

— Ton patron est passé, le premier jour pour nous fournir des renseignements pour ton accident de travail. Je vais t'envoyer quelqu'un pour des loisirs et j'irai rechercher des affaires chez toi après le travail.

— Merci Sally.

— Il faut bien s'entraider dans la vie. Je repasse tout à l'heure. Prépare tes clefs, si en plus tu es seul, on va te garder un peu plus. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose.

— Fais au mieux.

C'est vrai qu'il est seul dans la chambre maintenant, le jeune homme est parti avec sa famille. On ne lui a pas encore mis un nouveau patient.

Les heures passent lentement. Vers onze heures, une dame de la croix rouge entre en poussant une desserte remplie de livres de toutes sortes sur deux étages.

— Le docteur Po m'a dit de vous donner ceci.

Trowa regarde, c'est un livret de jeux complet avec un stylo bille, crayon noir et gomme.

— Je la remercierai.

— Il y a un ou deux livres qui vous intéressent ?

— J'aime bien les romans historiques.

La dame regarde ce qu'elle a avant de lui proposer plusieurs titres. Ce sont surtout de grands classiques qu'il a déjà lus. Au cinquième, il le prend, il l'a lu durant la guerre celui-là.

— Vous avez un thriller ou un policier ?

Il en lit moins, il y a moins de risque d'en connaître. Il prend le premier qu'elle lui propose. Au moins, il va avoir de l'occupation entre les journaux télévisés et deux, trois émissions qu'il a découvertes.

Il est presque vingt et une heures quand Sally repasse.

— Non, je ne t'ai pas oublié, j'ai eu beaucoup de travail surtout, dit-elle.

— Merci pour la lecture et les jeux.

— Je passe chez toi en rentrant chez moi. Tu veux quelque chose de spécial ?

Trowa lui tend une liste. La doctoresse sourit en voyant que chaque objet à sa place inscrit même le sac de transport.

— Je n'allais pas en plus te compliquer la vie. C'est déjà gentil d'y aller.

Elle lui met la main sur l'épaule et s'en va.

Il doit être huit heures du matin quand Sally pousse la porte de la chambre de Trowa.

— Déjà de retour, s'étonne-t-il.

— Tu vas avoir besoin de vêtements, de tes affaires de toilettes, dit-elle tout sourire.

— Je n'étais plus à quelques heures près.

— Alors comment vas-tu ?

— Ça va, les douleurs sont supportables.

— OK, les infirmières vont t'ôter la sonde pendant les soins.

— Je pourrais me lever ? demande Trowa rempli d'espoir.

— Pas tout seul, mais oui. Je te garde encore cinq jours. S'il n'y a pas de problème, tu pourras sortir samedi.

— Je ne te vois plus ?

— Si bien sûr, mais les patients aiment être au courant, ils guérissent plus vite.

Après avoir déjeuné, Trowa attend avec impatience les infirmières. Il a envie de pouvoir se lever, lire dans le fauteuil, il aura moins l'impression d'être malade, il n'a jamais aimé ça.

Il doit être dix heures quand une pousse la porte.

— Vous préférez une toilette au lit ou à l'évier ?

— À l'évier.

— Bien, j'ôte la sonde et on y va. Je dégonfle le ballonnet qui maintient la sonde en place et je tire.

Trowa n'aime pas l'impression, mais c'est de courte durée.

— Je vais jeter tout ça et je viens pour vous aider à vous lever. Je vois qu'on vous a amené des vêtements. Avec une plaie au ventre, il faut éviter les pressions.

— Il y a des pantalons de jogging qu'on peut mettre à la hauteur des hanches, précise Trowa.

— On va voir ce qu'on peut faire. Attendez-moi avant de vous lever.

Elle a dit se lever, alors Trowa redresse le lit pour être assis et faire déjà pendre ses jambes dans le vide. Quand elle revient, elle sourit en disant :

— Impatient ?

Trowa hoche de la tête.

— Bien, on va avancer jusqu'à l'évier. Doucement. Tenez-vous au lavabo. Je vais chercher votre trousse et vos essuies.

Trowa en profite pour remplir d'eau l'évier afin de faire sa toilette. Il sera heureux de ne plus avoir les fesses à l'air et ôter cette blouse d'hôpital.

— Voilà, vous avez tout. Je suis dans la chambre d'à côté.

— Merci.

Une fois seul, il ôte la blouse d'hôpital, il cherche son rasoir et sa mousse, il a une barbe de cinq jours qu'il n'aime pas. Mais avant ça, il se lava rapidement le corps et les parties intimes pour passer un slip. Nettement mieux dans sa peau, il observe sa blessure. Elle n'est pas énorme, de la taille d'un poing bien droite, sûrement fait chirurgicalement. Il passe sa main dans le dos, il y a un pansement et ça lui tiraille dans le ventre alors il arrête son geste. Il regardera chez lui avec un miroir et la glace de sa garde-robe.

Il s'attaque au lavage de son visage et se raser quand l'infirmière revient en disant :

— Ça va, pas trop douloureux, pas de vertiges ?

— Non.

— Ne vous rhabillez pas, j'ai encore les soins aux blessures à faire. Sonnez quand vous avez fini.

Trowa hoche de la tête et reprend son rasage. Une fois propre, il met à sécher son gant de toilette et son essuie, il range le tout dans sa trousse. Il regarde les vêtements qu'il va porter et sonne. En attendant l'infirmière, il s'installe dans le lit pour lire. Il a remonté le drap jusque sur son torse. Dans la position assise, ça tire un rien, mais c'est supportable. Dire qu'il doit encore rester quatre jours. Rien que d'y penser, il soupire. Mais il comprend qu'on ne veuille pas le laisser sortir aujourd'hui, il se voit mal rentrer en transport en commun, il se sent trop faible.

Deux mois d'incapacité, comment va-t-il les meubler ? Surtout sans forcer. Il espère se sentir mieux et pouvoir au moins se promener dans les environs.

L'infirmière arrive avec le matériel pour le soigner, elle le fait en discutant.

Il est à peine installé dans le fauteuil que Sally arrive.

— Tu as meilleure mine, Rébecca m'a dit que les blessures ne s'infectent pas. On continue les antibiotiques encore deux jours et on refait une prise de sang. Mais dans l'ensemble, tu vas bien, tu n'as pas perdu trop de sang. Tu devrais être vite sur pied.

— Je pourrais travailler plus vite ?

— Non Trowa, on a dû couper dans certains muscles pour opérer, il faut leur laisser le temps de se ressouder et cicatriser convenablement pour éviter des déchirures.

Il soupire.

— Tu pourras te promener, ça ne te sera pas interdit. Pourquoi pas voyager, visiter des musées?

— Me promener oui, mais le reste m'intéresse moins.

— Si je ne travaillais moins, il y a beaucoup d'endroits que j'aimerais visiter.

— Tu n'es pas obligée de faire autant d'heures par semaine.

— Non, tu as raison, mais ce n'est pas agréable seule.

— J'ai une idée. Tu lèves le pied et je t'accompagne durant ma convalescence.

— Ça reste une idée que je peux exploiter et qui me tente. J'y vais, j'ai d'autres patients à voir.

Trowa est quand même surpris de voir arriver son patron deux jours avant sa sortie, il en est tout intimidé.

— J'ai de tes clients qui me demandent comment tu vas, dit-il en guise de bonjour.

— Je me remets. J'arrive à sortir du lit, mais au prix de douleur.

— La dame chez qui c'est arrivé s'en veut.

— Je lui sonnerai, je suis le seul fautif. Pauvre Berthe.

— Monsieur Yuy est derrière le jardinier qui te remplace, il trouve ça assez gênant de l'avoir sur le dos tout le temps.

— Il faut le comprend, il assume la sécurité de sa patronne. J'ai fait mes classes avec lui, il ne se méfiait pas de moi.

— En tout cas, tu manques à beaucoup de tes clients.

— Ça fait plaisir à entendre.

— Tu en as pour combien de temps en incapacité ?

— Deux mois.

Trowa voit bien que son patron tique.

— Il va falloir que j'engage pour te remplacer.

— Je suis désolé.

— Remets-toi vite.

— Merci patron.

Il le regarde partir avant de prendre son livre. Seulement, il n'arrive pas à se concentrer. Il espère retrouver sa place en sortant d'incapacité. Il soupire un gros coup, il ne sait rien y changer maintenant, alors il s'en tracassera en son temps. Il va profiter de l'instant présent.

Les visites éclairs de Sally lui font plaisir aussi, cela brise la routine de ses journées. Il regarde un peu la télévision, mais il n'a pas tellement de choix de chaînes.

Il est heureux de voir arriver le samedi. Une fois sorti, il devra faire des courses pour manger, mais il va aussi retrouver son appartement.

Sally apparaît comme d'habitude vers dix heures.

— Voici tous les documents, certificat, il faut ôter les fils dans cinq jours chez ton médecin traitant.

— Je ne peux pas repasser ici ?

— Bien sûr, viens vendredi à cet étage et tu demandes au bureau des infirmières.

— OK, et pour les visites des musées ?

— Tu ne plaisantais pas, s'estomaque-t-elle.

— Non.

Sally sourit avant de dire :

— Programme au moins une visite pour samedi prochain.

— Et si on allait en semaine, il y aura moins de monde.

Sally sourit à nouveau et réfléchit.

— D'accord, organise une visite pour jeudi au musée d'art naturel.

— Ce sera fait et merci pour tout.

De semaine en semaine, Trowa et Sally se retrouvent pour une visite. Si la doctoresse repasse rapidement par l'hôpital, il n'est pas rare qu'ils soupent ensemble et qu'ils continuent de discuter de tout et de rien.

Cela fait tellement du bien à Sally qu'à partir de la troisième semaine, elle propose à Trowa de souper plusieurs fois ensemble. De fil en aiguille, le dernier verre finit par se faire soit chez l'un soit chez l'autre. Ils finissent par prendre le petit déjeuner ensemble avant que Sally ne parte travailler.

Grâce à l'avis médical, ils vont même plus loin. Sally n'arrive pas à se rappeler la dernière fois qu'elle a eu un amant régulier, mais ça lui convient parfaitement, comme d'avoir fréquemment un amant. Toute cette partie de sa vie, elle l'a mise entre parenthèses et ça lui a manqué.

Trowa sans s'épuiser a de l'occupation, tenir en ordre leurs deux logements et organiser leurs sorties dans des lieux culturels.

Petit à petit les forces de Trowa augmentent aussi pour son plus grand bonheur. Peu avant la reprise, comme son patron veut un certificat d'aptitude, afin d'être certain que son ouvrier ne court aucun risque, Trowa doit se rendre à l'hôpital pour faire un test d'effort.

Tout en réalisant les exercices, il se rend compte qu'il n'a pas vu passer le temps, lui qui croyait qu'il allait s'ennuyer.

Alors qu'il va chercher ses papiers, sa maîtresse de doctoresse apparaît tout sourire.

— Alors apte pour le travail ?

— On dirait bien. Je viens te chercher pour la pièce de théâtre à dix-neuf heures, sois prête.

— Je le serai, ne t'inquiète pas.

— À tout à l'heure.

C'est une de leur dernière sortie en semaine avec le travail pour tous les deux, ça va devenir plus difficile et le week-end, ils aiment moins, il y a plus de monde.

Dès dimanche soir, Trowa regagne son domicile n'ayant pas de voiture, partir au travail de l'appartement de sa maîtresse serait bien plus compliqué pour lui.

Il est heureux de retrouver ses clients habituels, même si un ou deux préfèrent continuer avec le remplaçant. Du coup, Trowa a une diminution de ses heures, mais pour une reprise, ce n'est pas plus mal, il laisse aussi encore du temps à son corps pour se fortifier.

Par contre mercredi, Trowa se rend compte que Sally ne l'a pas contacté, cela le chagrine un peu, mais elle a toujours tellement de travail. Seulement quand il était en incapacité, elle avait ralenti le rythme et il avait espéré qu'elle le garde pour se voir en soirée. Alors même si ça va lui faire réaliser un long déplacement, il se met en route pour l'hôpital. De toute façon, c'est sûrement là qu'elle est.

— Bonjour, le docteur Po est là ? demande-t-il à l'accueil.

Trowa patiente en regardant autour de lui.

— Elle demande qui la demande.

— Trowa Barton.

La secrétaire de l'accueil fait le message et lui sourit en disant :

— Vous pouvez la retrouver au 417, vous savez où c'est ?

— Oui, merci.

Le 417, c'est la salle d'attente de Sally. Il espère qu'elle est presque vide. Elle y fait des suivis médicaux d'urgence, souvent d'anciens militaires qui préfèrent avoir affaire à un médecin capable de les comprendre.

Arrivé au local, il y a quatre personnes qui attendent, c'est foutu pour aller souper et réaliser une sortie en amoureux.

Au bout de dix minutes, la porte s'ouvre sur Sally, elle lui sourit et fait entrer la personne suivante dans son cabinet et vient près de son amant.

— Tu as un problème de santé, s'inquiète-t-elle directement plus tracassée.

— Non, j'avais envie de te voir.

— J'ai des rendez-vous jusqu'à vingt heures, ça va faire tard pour toi.

— Tu dois manger, viens chez moi, je vais te préparer un spaghetti.

Sally réfléchit à la proposition pour finir elle l'accepte. Elle avait envie de le voir également, elle allait devoir faire des concessions, lui en faisait bien.

Trowa quitte l'hôpital, il avait eu envie de la serrer dans ses bras et l'embrasser, mais elle n'avait même pas eu un petit geste de tendresse pour lui. Est-ce que comme Relena, elle avait honte de l'aimer ? Non, il devait se faire des idées, elle était sur son lieu de travail, c'est tout. Elle n'a jamais fait attention dans les restaurants, les lieux publics.

Il s'arrête dans une supérette pour acheter ce qu'il lui faut pour le repas plus une bonne bouteille de vin. Ils ne vont pas la boire en une fois, mais au moins il aura une excuse pour la garder pour la nuit.

Il est presque vingt et une heures quand Sally sonne chez Trowa.

— Je suis désolée, j'ai eu une cliente de dernière minute. Elle ne se remet pas de sa séparation et régulièrement elle débarque.

— Il n'y a pas de problème, je sais que ton travail est très important pour toi.

— Merci, tu es un ange, dit-elle en l'embrassant.

— Le repas est prêt, viens.

Ils passent une bonne soirée, tendrement enlacés.

Le lendemain soir, Sally apparaît avec le repas pris chez un traiteur vers vingt heures et un petit sac de voyage.

— J'ai passé une tellement bonne soirée que je me suis dit qu'on devrait la renouveler plus souvent. Je ne peux pas te demander de vivre chez moi puisque tu n'as pas de voiture pour rejoindre ton travail.

— Tu veux vivre ici ? s'étonne Trowa.

— Si tu veux bien, si tu en as envie.

— Bien sûr, sourit-il en la prenant dans ses bras.

Il l'aurait bien fait tournoyer rien que pour le bonheur que ça lui apporte. On n'avait jamais fait un geste pareil, quitter son domicile pour lui. Duo l'avait fait, mais il avait une simple chambre dans les communs du bâtiment au QG, pas un bel appartement mieux situé que le sien.

— Et toutes tes affaires dans ton appartement ?

— Pour l'instant je vais le garder. On choisira un autre ensemble qui convient au deux.

Trowa croit que son cœur va exploser, il a fini d'errer à droite à gauche en amour. Cette blessure a été tout à fait salutaire.

Il retrouve le bonheur de se réveiller auprès d'un être aimé, des repas préparés qui peuvent se réchauffer, car Sally ne rentre jamais à la même heure et souvent tard. Même si lui mange plus tôt, il vient à table près d'elle et l'écoute raconter sa journée.

Le temps passe et Trowa s'épanouit, il organise des sorties en amoureux certains week-ends. Des promenades au grand air avec un pique-nique autour du lac, des visites au zoo. Sally y participe avec bonheur et semble apprécier ces moments à deux.

Il y a trois mois qu'ils vivent ensemble quand Trowa propose d'aller sur le marché samedi matin.

— Ce samedi, j'ai des rendez-vous que je n'ai pas su mettre en semaine. Je rentre plus tôt si tu as remarqué, mais ça m'oblige à prendre des patients un jour en plus, dit-elle en se préparant.

— J'irai seul, il faut que tu manges sainement pour tenir le coup, rétorque-t-il un rien déçu.

Il ne sait pas s'il ne préfère pas l'attendre jusqu'à vingt-deux heures, mais l'avoir tout le week-end pour lui. Seulement quand elle rentre tard, ils ont juste le temps de se parler avant d'aller au lit.

Après le marché et avoir entretenu l'appartement, Trowa décide d'aller chercher sa douce pour grappiller du temps avec elle. Il monte au 417 après s'être renseigné au secrétariat, il n'y a plus de patient inscrit.

Dans la salle d'attente, il y a une femme, les cheveux coupés à la garçonne, un mouchoir à la main, elle s'essuie les yeux régulièrement. Il l'a déjà vu, mais où ?

— Bonjour Barton, dit-elle.

Il ne s'est pas trompé, ils se connaissent, mais lui est incapable de se rappeler où et quand.

— Lucrezia Noin, ajoute-t-elle.

Ça par contre lui rappelle de mauvais souvenirs. Enfin pourquoi mauvais, la guerre est loin derrière et la paix bien installée.

— Tu as des problèmes de santé ? interroge-t-il.

— Je me sens tout le temps fatiguée et triste. Cette fois, Sally a fait une analyse de mon sang. Je viens pour les résultats.

— J'espère que tu n'as rien de grave.

— Et toi ?

— Je viens juste rechercher Sally. Je vais lui proposer une promenade en forêt.

— Vous êtes ensemble, geint-elle.

— Oui depuis trois mois maintenant.

— Avec tout ce qu'elle travaille, elle se trouve un mec et moi je n'ai personne, pleurniche-t-elle.

C'est à ce moment-là que la porte s'ouvre sur Sally et un patient qui la remercie chaleureusement avant de partir.

— Lucrezia qu'est-ce que tu fais là ? On n'avait pas rendez-vous ! lâche Sally.

— Tu as un mec et un jeune en plus. Comment fais-tu ?

La doctoresse interroge son compagnon du regard, Trowa rentre les épaules légèrement honteux.

— Je n'ai pas cherché, ça s'est fait comme ça, répond Sally.

— Tu te rends compte que depuis Zechs je n'ai eu personne de plus d'une semaine. Trowa, je suis pourtant jolie, je suis bien faite.

— Si, mais pour faire tenir un couple, il faut plus que de l'attrait physique, lâche-t-il.

— Tu vois, Trowa est d'accord avec moi, si tu ne prends pas tes médicaments contre la dépression, si tu ne vas pas voir la psy pour parler de tout ça, tu n'en sortiras jamais. Ça ne me dérange pas que tu viennes pour parler de temps en temps en fin de journée, mais ce n'est pas mon rôle premier. Je soigne plus les corps que les âmes même si c'est un tout, ajoute Sally.

— Tu me jettes dehors là ! s'estomaque Lucrezia.

— Tu vois bien que mon copain est là. J'ai aussi envie de me consacrer à ma vie privée pour ne pas me retrouver seule comme toi, lâche Sally.

Noin se lève et s'en va en pleurant. Quand la porte est fermée, Sally se tourne vers Trowa.

— Excuse-moi, j'essaye de la faire réagir, j'ai tenté une autre approche. Tu me donnes dix minutes que je range mes affaires.

— Bien sûr, j'ai mon livre.

Les dix minutes deviennent une demi-heure, il entend sa compagne parler au téléphone, donner des conseils. Il soupire, mais il a toujours su que son travail était important pour sa douce. Quand la porte s'ouvre, Sally apparaît les traits fatigués. Est-ce qu'une promenade en forêt n'est pas de trop ? Puis il décide que non, ça va lui faire du bien de se ressourcer dans la nature. Marcher main dans la main, il n'y a pas meilleure thérapie pour se vider l'esprit.

Trowa regarde sa montre, seize heures trente. Ils souperont en ville.

— Je te ramène à la maison. Je suis claquée, je rêve d'une douche et de me mettre au lit. Tu n'as pas de sacs de courses, qu'est-ce que tu venais faire ? réalise-t-elle.

— Je voulais t'emmener en promenade, mais ton programme est bien aussi, on va s'arrêter chez le traiteur comme ça je n'aurai qu'à réchauffer le repas.

— On ira promener demain, je n'ai pas de chaussures ni de tenue pour une balade en forêt.

Elle avait raison et il n'avait pas pensé à prendre celles de sa compagne, si ce n'était pas un acte manqué, il ne sait ce que c'est.

La soirée romantique dont il avait rêvé n'a pas lieu. Une fois, le repas englouti, Sally est partie se coucher. Après avoir rangé la vaisselle, Trowa se rend dans la chambre des idées pleins la tête, mais en la voyant dormir profondément, il fait machine arrière et se dirige vers le salon pour passer une soirée en solitaire.

Dimanche, Sally se réveille avant son amant et lui propose un petit déjeuner digne de ce nom. Est-ce la culpabilité qui la guide ? En tout cas, elle a envie de lui faire plaisir, elle sacrifiera son après-midi à ranger ses papiers pour l'accompagner en forêt. Seulement, elle réalise aussi que cette relation lui fait prendre du retard dans la gestion parfaite qu'elle a toujours eue de ses dossiers. Elle va devoir trouver une solution.

Tout en déjeunant, elle lui demande :

— Tu préfères que je reste plus tard en semaine ou que je travaille un peu le samedi ?

— Un peu comme hier ? répond-il sur la défensive.

— Oui.

— On aurait à nouveau nos week-ends ?

— Oui.

— Alors, travaille plus en semaine. Je me couche tôt pour me lever aux aurores, on ne se voit pratiquement pas.

Si au début, cela fonctionne, Sally et Trowa profitent des week-ends en tête à tête, même si le médecin a vite repris l'habitude de ne venir chez son amant qu'à partir de vendredi soir.

Au bout d'un mois, Trowa se pointe à l'hôpital samedi matin parce que Sally n'est pas venue au soir. Et qu'il s'inquiète et qu'elle ne répond pas au téléphone. En s'informant à l'accueil, il apprend que sa maîtresse à des rendez-vous jusqu'à onze heures. Il ne sait pas ce qu'il doit faire, il n'est que neuf heures.

Pour finir, il décide de se rendre au marché tout proche et de repasser vers onze heures. Dans la salle d'attente, i nouveau Lucrezia, cette fois, il engage directement la conversation.

— Tu vas mieux ?

Elle lui sourit de façon aguicheuse en faisant du jeu d'épaule tout en lui répondant :

— Quand je te vois, oui.

Trowa est scotché, elle sait pourtant qu'il sort avec Sally.

— Tu as rendez-vous à quelle heure ?

— Je ne prends jamais rendez-vous, elle me case entre deux patients.

Trowa comprend mieux comment sa compagne peut prendre autant de retard dans son planning. La porte s'ouvre, Sally lui sourit. Elle dit au revoir au patient.

— Excuse-moi chéri, j'ai dû déplacer les rendez-vous d'hier à cause d'une urgence. Il était vingt-deux heures quand je suis sortie du bloc, je n'ai pas voulu te téléphoner et te réveiller.

— J'aurai demandé à ma secrétaire de prévenir mon homme si j'en avais un, lâche Lucrezia en relevant le bout de son nez.

— Mais qu'est-ce que tu fais là ? Va-t-en chercher un, lance Sally.

Puis elle se masse les tempes avant d'ajouter :

— Excuse-moi j'ai eu une dure et longue semaine. On peut reporter ta visite, j'ai l'impression parfois que tu passes plus de temps dans cet hôpital que moi.

— Mais j'ai besoin de parler, tu l'as connu aussi, tu comprends ce que je dis et aller parler à un cafetier, ça ne m'a servi à rien, gémit Noin.

Trowa écarquille les yeux devant la méthode thérapeutique de sa compagne, mais il peut comprendre aussi qu'elle soit à bout, elle a l'air très fatiguée.

Sally finit par voir les courses de son homme en dessous de sa chaise.

— Je vois que Trowa est venu me chercher, qu'il a déjà été au marché sans moi. Lucrezia, il va falloir que tu te donnes un coup de pied au cul si tu veux t'en sortir, geindre ne sert à rien.

— Ma vie n'est rien sans lui !

— Tu as bien vécu avant lui et tu vivras encore après lui, mais tu dois le vouloir et pas ressasser le passé et aller de l'avant.

— Nous étions si heureux sur Mars ! soupire-t-elle.

— En es-tu si certaine, insiste Sally.

Elle se tourne vers son compagnon et lui dit :

— Tu me laisses cinq minutes et je suis à toi.

Trowa se sent mal pour Lucrezia, mais il est d'accord avec tout ce que Sally vient de dire. Le bonheur n'est pas dans le passé ni le futur, mais le présent. Il voit Lucrezia s'essuyer les yeux et partir en reniflant. Il irait bien prendre un verre avec elle, mais il a envie aussi de retrouver sa compagne qu'il ne voit plus que le week-end et il est déjà bien entamé.

Pourquoi pas la prochaine fois se dit-il au moment où la porte s'ouvre sur Sally sans sa blouse de médecin. Ensemble, main dans la main, ils se dirigent vers le parking.

— Je suis heureuse que tu sois venu me chercher, si tu n'étais pas là, je crois que j'oublierai qu'il y a une vie à l'extérieure.

— Pourtant, c'est ce que tu dis, de ne pas que penser au travail. Pourquoi ne mets-tu pas tes conseils en pratique ? Vu le peu que tu dépenses, tu ne travailles pas pour vivre.

— Je ne fais pas payer tous mes patients. Je pratique parce que j'aime ça aider les personnes qui veulent s'en sortir.

— Pas les gens comme Noin !

— Je te jure que j'ai tout essayé. Elle se complaît dans son malheur. Elle vit dans le passé, elle court derrière un homme qui n'a jamais existé que dans sa tête.

— Est-ce qu'elle sait seulement qu'il a sombré dans l'alcool et la drogue ? demande-t-il en se laissant guider.

Il ne sait pas où elle a garé son véhicule.

— Tu en es sûr ?

— Bien sûr, je suis sorti avec lui après sa sœur, sourit-il.

— C'était quand ?

— Il y a deux ans, dit-il en attendant qu'elle ouvre la voiture.

— Il peut en être sorti.

— Comme il peut toujours y être. Mort, on l'aurait su, je crois, ajoute-t-il en s'installant côté passager.

Il glisse ses courses à ses pieds.

— J'espère que le temps sera toujours aussi beau demain pour aller se promener, dit-elle en mettant le contact.

— Je n'ai pas écouté la météo.

— Enfin, le week-end ! lâche-t-elle en sortant du parking.

Pourtant Trowa n'y entend pas la joie qu'il ressent souvent au moment de quitter le bureau de son boss le vendredi après-midi. Aimer son métier ce n'est pas un mal, c'est même mieux. Depuis son accident, il s'y sent moins heureux peut-être parce qu'il n'est pas encore complètement remis. Il est plus vite épuisé. Sally lui a dit que ça pouvait être dû à l'anesthésie. De laisser le temps à l'organisme d'évacuer tout le produit. Elle n'avait rien trouvé d'alarmant en l'auscultant.

— Qu'est-ce que tu as prévu de bon pour le souper ?

— Rien à vrai dire, j'ai juste acheté des légumes. On peut aller au marché pour le repas ou au restaurant.

— Le restaurant, ça me semble une merveilleuse idée. Il ne reste plus qu'à le choisir.

Les discussions reprennent rapidement pour le déterminer. Sally ayant déjà pris la direction du centre-ville. En passant devant le domicile du médecin, Trowa s'étonne qu'ils ne s'arrêtent.

— J'ai un petit sac dans le coffre, je n'aime pas l'imprévu, lui sourit-elle.

Sally gare sa voiture près de l'allée des restaurants. Ils n'ont pas réussi à choisir, ils vont regarder les menus proposés. En passant devant le chinois, ils constatent que c'est un buffet à volonté alors ils y entrent.

Leurs assiettes devant eux, Trowa et Sally n'ont plus grand-chose à se dire, elle ne peut pas parler de ses patients. Elle ne s'intéresse pas à la botanique, Trowa a depuis longtemps arrêté de lui en parler. Elle n'a pas le temps de lire ni de regarder des films. Il peut toujours lui raconter ses lectures, c'est ce qu'il décide de faire au moins elle sera au courant des dernières nouveautés.

Après le repas, ils rentrent à l'appartement de Trowa. Pendant qu'il range les courses, Sally s'installe dans le divan où elle finit par s'endormir.

Il la regarde un moment en souriant et puis il décide de faire le tour du quartier. Il a besoin de réfléchir. Il peut comprendre qu'elle soit fatiguée, elle a de lourdes responsabilités, des horaires à rallonge. Mais on dirait qu'il n'y a que son travail qui compte. Il a l'air de l'ennuyer, même les propositions de sortie ne l'intéressent plus.

Est-ce qu'il ne devrait pas lui rendre sa liberté ?

Il a pris sa décision, d'un pas énergique, il finit sa promenade. Arrivé au bas de son immeuble, il constate que la voiture de Sally n'est plus là. Il gravit les étages rapidement en espérant qu'on ne vient pas de lui voler. Quand il ouvre la porte, il voit directement que Sally ne dort plus dans le divan, sur la table de la salle à manger, il trouve un papier.

Trowa, merci pour ses belles semaines, l'amour que tu m'as donné.

Je crois que j'ai fait une erreur en m'investissant dans notre couple.

Tu mérites quelqu'un qui a du temps à te consacrer.

Au moins, ils sont d'accord. Sur le papier, il y a sa clef de l'appartement. Trowa ne se sent même pas triste, cette fois.

À Suivre…

Chap 7 - Chap 9

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