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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K +

Acteurs: Heero, Duo, Quatre, Trowa, Hilde.

Dernière séquelle de « Malade de toi ».


Attends-moi

Chapitre deux


Jeudi 20 février AC260

Déjeuner seul ne lui fait pas plus plaisir, il a tendance à regarder tout le temps sur sa gauche tellement, il a pris l'habitude de vérifier qu'Heero n'oubliait rien dans son assiette.

Une fois la table débarrassée, il ouvre son ordinateur et voit que le notaire peut le recevoir à dix heures trente. Il a deux heures pour s'y rendre, les choses avancent plus vite qu'il ne l'aurait imaginé. Il va pouvoir mettre de la distance rapidement sans ses souvenirs. Ils ont été si peu dans la maison de L2 qu'il n'aura pas trop de problèmes pour se l'approprier.

À midi, il se prend un sandwich en ville près de chez le notaire. Tout est réglé pour ses funérailles et ses dernières volontés. L'homme enverra une copie à son notaire de L2 dès qu'il aura rédigé le document final, il sera ainsi couvert aux deux endroits.

Il préfère encore manger sur le banc devant l'immeuble que seul chez lui. Plus le temps passe, plus il aspire à quitter tout ça. Pourtant, il a été heureux durant ces quinze années ici. Même s'il ne sait pas ce qu'il va faire sur L2, il n'a plus aucune envie de demeurer dans cet antre du bonheur.

Après avoir mangé, Maxwell ne peut plus repousser l'échéance, il doit rentrer chez lui, c'est avec un gros soupir qu'il quitte le banc.

En ouvrant la porte de l'appartement, il voit le manteau d'Heero qui y pend toujours. Cela ne sert à rien de repousser ça aussi. Il va jusqu'à la cuisine sort un sac poubelle et rassemble les vêtements d'Heero, lui était resté svelte, il ne rentrera dans aucun des habits de son homme, autant tout donner et faire des heureux. Il déposera les sacs chez les petites sœurs de la Charité en allant à la morgue.

En étant actif, il pense moins. Il est bien interrompu de temps en temps par un voisin qui lui rend visite. Heero l'entraînait avec lui, il disait que cela faisait partie des coutumes de Sank. Sur L2, on laisse les gens avec leur peine puisqu'on ne peut pas la montrer à l'extérieur.

Il a compté sur Annie et les ouvriers pour diffuser la nouvelle sur son satellite. Il sait que personne ne fera le trajet, ça aussi c'est de l'ordre du privé. On partage un peu le bonheur, mais pas trop pour qu'on ne nous le vole pas. Il a eu très difficile de participer aux enterrements des locataires de l'immeuble ayant l'impression d'être un intrus dans leur douleur, il était mal à l'aise de les voir pleurer. Que vont-ils penser que pas une larme ne coule pour sa raison de vivre ?

Arrivé à la morgue après son détour pour déposer cinq gros sacs de vêtements, il y a mis aussi ses t-shirts, ses shorts, il n'en aura plus besoin sur L2. Il a ajouté également une bonne partie du linge de maison, il rachètera ce qui lui manque au fur et à mesure, ça lui coûtera moins cher que de les faire expédier.

C'est le cœur lourd qu'il se dirige vers le cercueil de son homme, il n'y a personne à part la dame qui remplit des papiers. Elle vient directement allumer la bougie et fait le tour des deux autres cercueils. Une fois qu'elle a repris sa place derrière son bureau, Duo met sa main sur le couvercle et il murmure :

— J'espère que tu me pardonneras de ne pas disperser tes cendres près de la mer. Je te promets qu'elles y seront, mais pas tout de suite. Attends-moi mon amour.

Il caresse lentement le bois, retient ses larmes avant de continuer toujours aussi bas :

— Ne m'oublie pas avec tous les gens que tu vas retrouver là-haut. Et fous la paix à Wufei, je ne veux pas la guerre quand je te retrouverai.

C'est en se retournant qu'il trouve Quatre debout appuyé sur sa canne qui attend patiemment qu'il ait fini.

— Excuse-moi, je voulais un peu me recueillir, je croyais que tu n'étais pas encore arrivé, dit-il.

— Si je pouvais, je resterais là tout le temps.

— Ça va aller, rassure-t-il.

— Tu sais que c'est des paroles en l'air. Qu'est-ce que tu en sais ? Est-ce que tu as déjà perdu une personne que tu chérissais plus que tout ?

— Non, je l'admets !

— Excuse-moi, je m'en veux de tellement de choses pour l'instant. Pourquoi je n'ai pas vu qu'il allait si mal ? Pourquoi je n'ai pas entendu qu'il arrêtait de respirer ? J'ai été surpris de le trouver au lit près de moi, lui qui se levait toujours le premier aussi loin que je me rappelle. Quand je lui ai donné un bisou, il était déjà froid.

— Il a eu une belle mort.

— Je me suis fait toutes ses réflexions. J'essaye de m'en convaincre.

Quatre vient lui mettre une main sur l'épaule. Que peut-il rajouter de plus ! Même s'il avait perdu son père, il était en colère contre lui depuis des années, il ne peut pas imaginer sa douleur, il la ressent juste et elle est immense.

Trowa arrive une vingtaine de minutes plus tard accompagné d'une dame un peu enveloppée, les cheveux courts et gris, un regard bleu compatissant. Elle vient prendre directement Duo dans ses bras.

— Je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de le connaître réellement, mais Trowa m'en a dit tellement de bien.

— Merci Charlotte. Il vous aimait beaucoup, il avait toujours un grand plaisir à venir chez vous, répond Duo.

Les discussions reprennent entre les trois amis qui racontent des anecdotes de leurs vies communes, Charlotte les écoute en souriant, posant un regard tendre d'un à l'autre. An se joint à eux vers seize heures.

Deux, trois fois, Duo se lève pour accueillir une personne. Il est assis depuis cinq minutes, une eau pétillante devant lui que lui a servie son filleul quand Relena entre et vient pleurer devant le cercueil en le caressant comme un amant. Duo se crispe de plus en plus. Quatre insiste du regard auprès de Trowa.

— Pourquoi moi ? C'est la meilleure amie de ta femme, murmure-t-il.

Winner se dit que son ami n'a pas tort, il va se lever pour lui parler qu'elle entre dans la pièce où ils sont tous réunis. On pourrait croire que la veuve c'est elle tellement son visage est rempli de larmes.

— Pourquoi veux-tu le brûler ? Tu l'as eu toute ta vie, donne-le-moi, je le mettrai dans le caveau familial. J'ai entendu que tu repartais sur L2, je veillerai sur lui jusqu'à mon dernier souffle.

— C'était ses volontés, Relena, répond calmement Duo.

— Laisse-le-moi maintenant, insiste-t-elle.

— Ce serait une insulte à sa mémoire. Il ne voulait pas de toi de son vivant, ce n'est pas pour te l'abandonner maintenant, réplique-t-il en serrant de plus en plus son verre.

— Tu as toujours été un égoïste, clame-t-elle.

Maxwell écarquille les yeux, son regard devient noir. Il essaye de se calmer. Trowa se lève, vient prendre son ex-femme par le bras et l'entraîne. Les derniers mots que Duo entend sont :

— Il souffre, fous-lui la paix.

— Je souffre aussi, il ne peut pas me le prendre encore une fois.

— Relena, il ne t'a jamais appartenu. Il n'a jamais voulu de toi. Pendant des années, je n'ai pas vu mon ami à cause de toi alors fous le camp et ne vient pas à l'incinération.

— Tu ne peux pas m'empêcher de l'accompagner.

— Non, c'est certain. Mais aie au moins de la compassion une fois dans ta vie. Même nos enfants, tu n'as pas eu l'air de les aimer.

— J'avais mon travail, maintenir la paix.

— Si tu viens demain, j'espère que c'est la dernière fois que je te vois.

— Monsieur, Madame, c'est un funérarium pas un marché, allez discuter dehors.

— Duo a besoin de moi, dit-il simplement en se retournant.

La croque-mort se tourne vers Relena et la raccompagne jusqu'à la porte.

— Duo, je suis réellement désolé.

— Et moi, encore plus pour toi. J'en viens presque à te plaindre d'avoir vécu de la sorte. Encore une chance que tu es là pour tes enfants.

— Marianne n'a plus été chez sa mère depuis qu'elle n'est pas venue voir sa fille à la naissance. Au moins, ils peuvent se confier à Charlotte, sourit-il. Quatre, Heero et toi me faisiez rêver à vivre avec celui ou celle qu'il aimait. Jusqu'à ce qu'elle détruise même l'amour que je lui portais, encore une chance que le destin a mis Charlotte sur mon chemin.

— Il faudra l'épouser alors, ajoute Duo.

— C'est notre intention dans trois mois, vous viendrez ? demande-t-elle d'une petite voix.

— Je n'y manquerai pas. Je reviendrais de L2 spécialement, lui répond-il.

— Alors tu t'es décidé ! lâche Quatre.

— Oui, Annie arrive quand ? demande Maxwell.

— Demain matin, je vais la chercher à dix heures à l'aéroport, répond An.

— Je peux passer vers onze heures trente à ton hôtel ?

— Bien sûr, parrain, tu mangeras avec nous. Elle repart déjà au soir. Tu veux que je regarde s'il y a une place dans sa navette ?

— Tout dépend de l'heure.

— Duo, je crois qu'il faut mieux attendre après le week-end s'il y a des démarches de dernières minutes, intervient Quatre en lui mettant une main sur l'avant-bras.

— Qu'est-ce qu'il peut avoir ? Le funérarium m'a dit que tous les papiers seront faits. Ils ont mon adresse mail. Et je préfère revenir à l'hôtel que rester.

— OK, je regarde ça tout à l'heure et je te dis quoi demain, dit doucement An.

— Messieurs, madame, le funérarium va fermer, dit la croque-mort en entrant dans la pièce.

Tout le monde se lève, Duo se dirige vers le cercueil pour une dernière caresse. Demain, c'est au crématorium qu'il le retrouvera pour ne plus pouvoir le toucher. Il croit bien que c'est ce manque qui le pousse à garder les cendres près de lui.

Il dit au revoir à ses amis avant de repartir vers l'appartement. Il sourit en voyant à nouveau un plat pour le micro-ondes. Il ira la remercier en lui donnant ses quelques réserves.
Demain sera une longue journée, mais aussi un soulagement, il va quitter tous ses souvenirs qui le font tellement souffrir.

À Suivre

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