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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K +

Acteurs: Heero, Duo, Quatre, Trowa, Hilde.

Dernière séquelle de « Malade de toi ».


Attends-moi

Chapitre quatre


Samedi 22 février AC 260

Il est deux heures du matin quand ils sortent du port spatial. Ils prennent un taxi jusqu'au parc qu'ils traversent en silence d'un bon pas chacun avec un sac, la casquette vissée sur la tête. Duo n'a pas su dormir durant le trajet comme il l'espérait, alors il en a profité pour régler beaucoup de choses, comme les virements. Il ne sait pas d'où lui vient cette urgence qu'il ressent dans ses tripes d'arranger ses affaires.

Maxwell est heureux de voir la stature imposante de la décharge, il a le souffle court et sent la présence de jeunes derrière lui, il ne peut pas ralentir sans signaler sa faiblesse.

Annie sort ses clefs pour déverrouiller la porte. Une fois à l'intérieur, elle active le code pour signaler que c'est bien elle qui entre. Elle pousse son tonton dans la partie habitation en disant :

— Excuse-moi, je dois désactiver une alarme pour que tu puisses aller chez toi. Ton code est toujours bon pour ta maison, je lui ai juste attribué un pour quand il sort et qu'on ne puisse pas rentrer dans la petite maison quand il n'est pas là. Je voulais lui montrer que je ne le prenais pas pour un menteur et voleur.

— Tu devrais changer les codes au moins une fois la semaine sauf les siens.

— Tonton, tu ne le connais pas, attends avant de juger.

— Je vais dormir sur ton divan, je ne me sens pas apte à faire connaissance à une heure si tardive, ça ne te gêne pas ?

— Non, je t'amène des couvertures et je file au lit, debout dans cinq heures.

— Merci Annie, pour tout.

Dans un buffet, elle sort une grosse couette. Maxwell dépose ses affaires dans un coin pour ne pas gêner. Il ôte sa veste, son pull et son Jeans. Il sort un bas de jogging qu'il passe en guise de pyjama.

— Je passe vite à la toilette. Bonne nuit, Annie.

— Bonne nuit, tonton. Fais comme chez toi.

Il lui sourit et disparaît dans l'habitation pour se préparer pour la nuit. Quand il revient, Annie lui a mis un verre d'eau et laissé une petite lampe allumée. Il s'installe le plus confortablement, remonte la couette et ferme les yeux.

Une fois de plus ses cauchemars le rattrapent. Pourquoi revient-il toujours à l'époque de l'Église Maxwell et des années qui ont suivi ? Il n'aura sûrement jamais la réponse.

À sept heures quart, une petite tornade arrive dans le salon.

— Tonton, je suis trop content que tu sois là.

Maxwell se frotte les yeux, place ses lunettes sur le bout de son nez pour voir Boris se dandiner d'un pied à l'autre. Duo lui ouvre les bras et il s'y jette.

La voix de Laïla le rappelle à l'ordre.

— Maman t'avait dit de le laisser dormir.

— Il dormait pas, riposte le gamin.

— Pas de disputes de grands matins, tranche Bruce. Bonjour, Duo, tu as fait bon voyage ?

— Oui, la salle de bain est libre ?

— Annie est dedans, tu déjeunes avec nous ?

— Ce n'est pas de refus.

Même s'il n'aime pas ça, il vient en tenue de nuit. Il aide Bruce à installer la table. Il discute avec les enfants, c'est vrai que ce repas était rarement partagé quand ils venaient sur L2. D'y penser, Duo sent les larmes monter, ça ne sera pas plus facile ici que chez Heero. Il a eu tellement de choses à faire qu'il n'a pas pu se laisser aller à sa douleur. Il ferme les paupières très forts pour ne pas que les gouttes salées s'échappent. La main de Boris vient sur la sienne pour le réconforter.

— Ça va aller, merci, mon grand.

— Maman, elle dit que dans nos murs, on n'a pas besoin d'être fort, tu peux pleurer tonton, j'ai beaucoup pleuré tonton Heero, affirme Laïla.

— Tu as raison, il me manque tellement.

Deux larmes glissent le long de ses joues. Annie qui arrive vient lui passer les bras autour du cou et lui dit :

— Il nous manque à tous, crois-moi. Il n'est pas facile à oublier, on ne doit pas l'oublier.

— Ce n'est pas mon intention.

— Aller mangez, vous allez donner un coup de main à tonton pour s'installer, lâche Bruce.

Pour neuf heures, le moment de l'ouverture du magasin, tout le monde est prêt. Pour Maxwell, il est temps de découvrir son colocataire. Annie lui a un peu plus parlé de lui. Il travaille chez elle comme stagiaire et a repris des cours dans une école de la ville. C'est un jeune qu'elle voyait traîner près de la poste en allant porter les commandes. Il faisait la manche et n'obtenait pas grand-chose.

Même s'il n'a rien laissé paraître, demander l'aumône n'a jamais été courant sur L2 et cela l'intrigue encore plus.

Duo préfère reprendre ses marques seul, il part vers sa maison avec son sac de voyage à la main. Les enfants ont leur corvée de samedi matin de toute façon. Faire leur chambre, ranger le linge dans les armoires, Maxwell est heureux de constater qu'Annie inculque l'amour de l'effort à ses enfants.

Arrivé devant sa maison, il frappe à la porte avant d'utiliser sa clef, il est quand même chez lui. L'habitation est bien rangée, ça le rassure, les couvertures sont pliées sur le divan-lit qui a été placé dans un coin du salon changeant toute la disposition qu'il a toujours connu. Sa malle de transport doit arriver dans la journée de lundi, ça va être encore plus petit, mais ce n'est que pour un temps, il la mettra après au pied de son lit comme meuble de rangement, surtout s'il garde un colocataire.

Où est-ce qu'il peut bien être ? Annie lui a dit qu'il ne sait pas sortir de la propriété sans qu'elle le sache. Une alarme siffle quand il circule en dehors de sa maison, elle ne lui a pas signalé et ça le rassure qu'Annie ne lui fasse pas entièrement confiance.

— Hey oh Rodrigo !

Il ne tient pas à se faire agresser non plus. De l'étage, apparaît un gosse d'une quinzaine d'années. Dire qu'il avait cet âge-là quand il est parti à la guerre avec le DeathScythe.

— Bonjour, je rangeais la salle de bain.

— Merci, la maison est bien propre.

— C'est nécessaire, Madame Annie dit qu'une vie rangée est une vie meilleure.

Maxwell lui sourit et dépose son sac sur le sol. Pourquoi a-t-il l'impression que tout est faux dans ce que dit ce gamin. Il vérifiera deux, trois trucs quand il reprendra possession de la maison.

— On va devoir cohabiter quelque temps.

— Oui, monsieur Bruce m'a prévenu, mais c'est votre maison, c'est normal. Désolé pour votre conjoint.

— Merci, je vais déplier mes bagages.

— Si vous avez besoin d'un coup de main, dit-il en descendant les escaliers.

Le jeune se dirige déjà vers la porte de sortie.

— Non, ça ira. Qu'est-ce que tu vas faire ?

— J'ai des courses à faire pour manger la semaine qui vient.

— J'irai aussi tout à l'heure, autant qu'on se gère seul.

Le jeune acquiesce et s'en va.

Pourquoi son surplus de politesse le dérange? La porte fermée sur Rodrigo, Duo va vers la fenêtre pour le regarder partir. Il a la démarche des gars des gangs, il le sent à l'affût. Mais cette attitude de soumission, sa politesse ne colle pas au physique. Dans quoi Annie s'est-elle embarquée ? Il va devoir tirer ça au clair et rapidement. Heero croyait au destin, est-ce que c'est pour ça qu'il est mort ? Pour lui permettre de protéger la famille de sa filleule ?

Maxwell monte à l'étage et vérifie tout, les fenêtres même si elles ne se sont jamais ouvertes, cela est trop risqué sur L2. Les placards pour voir s'il ne planque rien. Bien sûr, il fait attention qu'on ne remarque pas sa fouille. Il ouvre le sac de Rodrigo à côté du divan, tout en sachant qu'il ne trouvera rien. S'il est là pour un plan, il n'a pas laissé de traces où il devrait soulever tous les vêtements et ça se verrait. Il passe bien la main le long des parois dans les poches sans rien trouver de suspect.

Il est temps pour lui de défaire ses affaires pour paraître sans crainte. Il décide de mettre l'urne sur sa table de nuit à la place de la cheminée comme il l'avait imaginé au début. Il veut le garder près de lui pour le préserver. Il soupire, c'est bien la première fois qu'il regrette qu'Heero n'ait pas mis une porte à leur chambre. Encore une chance qu'il y en a une à la salle de bain pour garder la chaleur. Il dépose ses affaires de toilette sur la tablette au-dessus de l'évier. Sur le coin, il y a un petit sac en tissus. Est-ce qu'il ose l'ouvrir ? En a-t-il encore le temps ? Et qui lui a fourni ce genre de chose, on ne peut pas dire que c'est le matériel du parfait petit gars de la rue. Il fait glisser la tirette et voit une boîte à savon, une brosse à dent et à cheveux, du dentifrice. Il y a aussi un rasoir et une bombe à raser, rien de suspect, mais tout récent. Il referme et le déplace sur l'autre côté, ça justifiera le désordre dedans. Pareil pour l'essui qu'il change de place. Il s'attribue le côté gauche et laisse le droit comme il a toujours fait.

Le linge de maison, c'est le sien, mais ça reste logique, il parie qu'Annie lui a fourni le nécessaire de toilette et les vêtements. Mais où sont les siens d'origine, il ne se baladait pas à poils. On connaît les adresses pour s'offrir des fringues et de quoi laver ceux qu'on a, comme les lieux pour manger gratos. Un jeune ne sait pas ne pas faire partie d'une bande. Les solitaires sont repérés et enroulés. Par qui celui-ci a-t-il été approché et pourquoi ?

Alors qu'il réfléchit, la porte s'ouvre sur Rodrigo qui revient avec un sac de course qu'il met directement près de son sac.

— Tu peux utiliser les armoires. Ce qui n'est pas à moi est à toi et vice versa, tente Maxwell.

— C'est plus simple ainsi, je ne vous envahis pas.

— Annie m'a dit que tu travaillais à l'usine, on va donc cohabiter un moment.

Une lueur passe dans les yeux bruns en face de lui. Il a vu juste, ça ne lui plaît pas de travailler, il fait partie des escrocs, de ceux qui profitent des autres. À moins que ça ne soit la cohabitation. En tout cas, il est certain d'être une épine dans son plan. Annie ne le croira pas sans preuve.

— Bon, c'est à mon tour d'aller aux courses.

Il attrape sa veste et se dirige vers la porte. En passant par le commerce, il voit qu'Annie est seule. Elle relève la tête et lui sourit avant de demander :

— Tu as vu Rodrigo, tu en penses quoi ?

Il expulse l'air de ses poumons.

— Pas du bien, il sonne faux.

— Tu vois Annie, tu es allée trop vite, soupire Bruce.

Maxwell ne l'avait pas vu dans la porte de l'habitation.

— Je ne peux pas le remettre à la rue comme ça ! s'indigne-t-elle.

— Non, c'est certain, tu t'attirerais les foudres d'un gang.

Annie écarquille des yeux avant de lâcher :

— Tu te trompes !

— Je suis presque certain que non. En tout cas, je souhaite me tromper. Parle-moi de lui !

— Pas sur le lieu du commerce. Viens ce soir quand les enfants seront au lit, propose Bruce.

Duo lui sourit, il s'est réellement bien adapté à L2, peut-être même mieux qu'Heero qui n'a jamais voulu changer pour se fondre dans la masse. De penser à lui, les larmes affluent dans ses yeux. Bon Dieu, ça ne sera pas plus facile ici, mais il aurait dû s'en douter, il va lui manquer partout. Refaire sa vie ailleurs à son âge, il ne sait pas s'il en aurait la force.

— Tonton, ça va ? s'inquiète Annie.

— Je ne sais pas si ça ira encore un jour, soupire-t-il.

Il ferme les yeux très forts, serre les poings. Annie hésite à venir le prendre dans ses bras quand la porte du commerce s'ouvre. Une jeune fille de quinze ans en haillon, apeurée est derrière.

— Aidez-moi !

Maxwell se retourne comme une fusée pour lui faire face. Est-ce que la mentalité de L2 a tellement changé en quinze ans? Il n'a rien remarqué lors de ses rares venues. Sa tenue n'est pas normale. On masque son état de faiblesse, on ne l'affiche pas.

— Et pourquoi devrions-nous vous aider ? Aide-toi et le ciel t'aidera. Ce n'est pas une Église ici, encore moins l'assistance publique.

La jeune fille à l'air surprise commence à trembler. Elle fait demi-tour et s'enfuit.

Toujours les poings sur les hanches, Maxwell fusille sa petite nièce du regard.

— Mais qu'est-ce que tu as déclenché en hébergeant Rodrigo. Tu en as déjà aidé combien qui passe la porte et comment ? lâche-t-il entre ses dents.

— Tu n'as pas vu son état, tu ne peux pas la laisser dans la rue, s'indigne Annie.

— Combien ? Comment ?

— Deux, trois, argent.

— Être devenue maman a anéanti ton jugement, soupire Duo.

— Tonton !

Bruce intervient pour la première fois réellement.

— Il y a moyen de rattraper tout ça. On ne va pas tout perdre ?

— Oui, il y a moyen. Ne donnez plus que les pains sur les appuis de fenêtres, avant les représailles. Je me charge de savoir de quelle bande provient Rodrigo. Je vais aller voir dans la bande des Estistes si je peux obtenir des informations.

— Pourquoi vous aideraient-ils ? s'informe Bruce.

— Parce qu'ils squattent mon immeuble.

Annie écarquille des yeux devant la découverte, elle cherche du regard son mari et constate qu'il sourit. Il avait toujours pressenti cette autorité naturelle chez l'oncle de sa femme et un grand secret.

— Est-ce qu'Annie n'aurait pas mieux fait de le diriger vers les jeunes de la bande ?

— Elle n'en a pas l'autorité, lui proposer un travail, c'est le plus qu'elle aurait dû faire, mais on en discutera ce soir, vous avez raison, ce n'est ni le lieu ni le moment. Je vais faire des courses, il vous manque quelque chose ?

— C'est le travail de Laïla. Elle ira après ses corvées, soyez prudent, lâche Bruce.

— Toujours.

Maxwell sort sa casquette, l'ajuste et sort. Il n'a pas besoin de beaucoup de choses. Du pain, et un peu de charcuterie pour mettre dessus. Il n'a pas faim, il se sent engourdi depuis le décès de son homme. Il met juste un peu de nourriture dans son ventre pour faire fonctionner sa machine interne.

Mais avant de faire ses courses, il achète deux gros pains ménagers et il se dirige vers le squatte de son ancienne bande. Il n'est pas à trois mètres qu'il se fait aborder.

— Pépé je n'approcherai pas.

— Duo Maxwell, je veux parler au chef.

Il y a un peu de mouvement dans le bâtiment, Maxwell reste debout légèrement provocant. Il espère juste que les informations circulent toujours. Il ne sait même pas qui est le nouveau chef ou si Bertrand est toujours en place. Parfois, ça va vite les changements. Il est un peu rassuré en le voyant apparaître. Est-ce que ce type d'une trentaine d'années est toujours chef ?

Il lui fait signe d'avancer, alors Duo le fait la peur au ventre. Il le suit jusqu'au fin fond du squatte. Un ensemble de meubles s'y trouve, il voit son ancien divan et d'autres meubles lui appartenant à l'époque de son départ. Les lits doivent se trouver à l'étage. Ils sont bien mieux installés que quand il était jeune. Les travailleurs doivent apporter une stabilité avant de prendre leur envol, parce que tous les autres membres, une dizaine sont jeunes ou il vieillit.

Une gamine vient chercher les pains sous un signe de Bertrand.

— Je suis désolé pour ton compagnon, lâche-t-il en guise de bonjour.

Maxwell opine seulement du chef en remerciement.

— Qu'est-ce qui t'amène ici !

— Je crois que ma nièce a fait une bêtise en hébergeant un jeune.

— Et tu n'es plus capable de le mettre dehors, son mari non plus ? Ce que tu as offert au clan n'est pas une raison pour qu'on parte en guerre.

— Il fait bien partie d'un autre clan, soupire-t-il plus pour lui.

— C'est bien, tu n'as pas perdu tes réflexes en vieillissant.

N'empêche qu'il devait savoir si c'était des nordistes ou des sudistes qui essayaient d'agrandir leur territoire en s'emparant du commerce qui est dans une zone tampon depuis la nuit des temps, raison pour laquelle, les clans se battaient pour l'obtenir, mais qui lui avait permis de faire des affaires dans les autres quartiers aussi facilement.

— Vous savez de quel clan ? tente Maxwell.

Un brouhaha s'élève, Bertrand lève la main et le silence se fait.

— Les sudistes. Tu dois régler le problème rapidement.

— Merci, c'est mon intention et ça lui servira de leçon.

— Il y a intérêt sinon je lève la protection, sa vie va devenir un enfer.

— Merci pour elle et sa famille.

Maxwell s'en va. Ainsi Heero avait bien réussi à les mettre sous la protection du clan, son homme le surprendra toujours. Les larmes lui viennent aux yeux, que la vie sans lui va être longue.

Il essaye d'envoyer son cerveau sur un autre problème. Il aurait préféré les nordistes plus agressifs moins malins, mais les nordistes n'auraient jamais imaginé un plan pareil. Il doit le mettre à la porte, mais s'il fait ça simplement, il va déclencher une guerre, finit pour les ouvriers sudistes ou d'ailleurs de traverser le territoire pour venir travailler, même les commerçants vont en subir les conséquences. Comment s'en sortir ? Elle a laissé entrer la racaille dans ses murs.

Il fait ses courses en continuant de réfléchir à ce problème, il a jusqu'au souper et le coucher des enfants pour trouver une solution convenable.

À Suivre…

Chap 3 - Chap 5

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