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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K +

Acteurs: Heero, Duo, Quatre, Trowa, Hilde.

Dernière séquelle de « Malade de toi ».


Attends-moi

Chapitre cinq


Duo est heureux qu'Annie soit occupée avec un client quand il rentre, pas de tracas de ce côté-là. Il doit encore passer devant les rotatives qui tournent à plein régime. Ça lui donne une idée, créer un accident de travail, il l'assumera seul.

Il pousse la porte de chez lui et crie :

— Rodrigo, je suis là !

Personne ne lui répond. Où est-il encore passé ? La tension monte, il doit trouver une solution. Plus il réfléchit, plus il se demande les conséquences d'un tel « accident ». Est-ce que la bande débarquerait ici pour demander des comptes ?

Non, il doit avoir une discussion avec Rodrigo ou Bruce doit l'avoir pour le faire quitter les lieux, lui faire comprendre qu'ils sont repérés et que ça ne marchera pas.

Il est impatient d'avoir plus à faire dans sa maison et de la récupérer aussi. Puis tout un coup, il réalise que la solution est là. Pourquoi tourner autour du pot ? Pourquoi entrer dans son jeu ? Ça ne lui ressemble pas ! Puisqu'il est repéré, il doit le mettre dehors sans préavis. Annie doit le virer, si elle lui a fait signer un contrat. Si elle n'en a pas fait, ça sera encore plus simple. Pourquoi ça a mis tellement de temps à venir ? Il doit réellement vieillir.

Il est prêt à aller discuter avec Annie quand la porte s'ouvre sur le jeune.

— Où étais-tu ?

— Tu n'es pas mon père, papy !

Maxwell sourit de ce sourire qui flanquait la frousse à tout le monde dans le temps.

— Je vois que tu as compris que tu es repéré, fini le moule !

— De quoi tu parles ?

— Je sais que tu es un sudiste. Ça ne marchera pas, vous n'aurez jamais la décharge. Vous êtes déjà surveillé par les Estistes.

— Tu es devenu sénile ! lâche-t-il en secouant la tête.

— Prends tes affaires et tire-toi.

— Tu n'es plus le chef, nulle part, il ne fallait pas partir en laissant tout à des ignorants.

— Elle a trop bon cœur.

— Tu lui as déjà parlé ?

Une alarme se fait dans la tête de Duo. Ce jeune a peut-être raison, il devient sénile, alors il clame en espérant que ça marche :

— Prends tes affaires, tire-toi tant que tu le peux encore.

Un clic se fait, un couteau à cran d'arrêt apparaît dans la main de Rodrigo.

— Qu'est-ce que tu vas lui dire ? Que je suis tombé sur un couteau ?

Maxwell sourit, il l'a eu. Il est pris au piège. Annie ne se laissera pas berner. Elle s'est rendu compte de ses erreurs dès sa colère d'hier, Bruce aussi. Est-ce qu'il a manœuvré ainsi pour rejoindre Heero ? Il ne peut pas y croire. Oui, il souffre de son absence, mais quand il a renoncé au suicide, c'est parce qu'il ne voulait pas imposer à nouveau cette douleur à ses amis si rapidement après la première.

— Tu as perdu, tire-toi

Rodrigo range son arme, ramasse ses affaires et s'en va. Arrivé à la porte, il se tourne vers Duo qui a les bras croisés sur son torse.

— Tu ne t'en sortiras pas comme ça. Sans ton retour, on y arrivait. On l'aura ta décharge.

— Jamais, gardez vos territoires et tout ira bien pour tout le monde.

— Regarde derrière toi quand tu sors !

— Je l'ai toujours fait.

Maxwell hésite à le suivre, mais il veut vérifier maintenant les grillages. Régulièrement, il les secoue pour voir si tout est toujours attaché partout et regarde tous les accès à la décharge. Alors qu'il a déjà inspecté une bonne partie, Bruce arrive à sa hauteur.

— Boris m'a dit que Rodrigo est sorti avec son sac !

— C'était un sudiste. Je l'ai viré de chez moi, il faudra qu'on discute de son implication dans l'entreprise, mais pas ici.

— Je vous remercie, Annie ne m'écoutait pas.

— Elle a du caractère, sourit-il légèrement.

— C'est pour ça que je l'aime, lâche-t-il sur un ton de confidence.

Maxwell reprend son inspection, heureux qu'on n'ait pas touché à la protection externe ni qu'une invasion n'ait été préparée de l'intérieur. Rodrigo devait être le cheval de Troie. Mais quel était le plan ? Les maîtriser, les rallier à la cause des sudistes, attendre une guerre des gangs ? Il souhaite sincèrement que le plan n'était pas de les massacrer de l'intérieur, et surtout que la rivalité entre les gangs n'est pas montée en escalade pendant cette semaine d'hébergement. Il n'est parti que depuis quinze ans, il a l'impression de revenir en enfer.

Enfin rassuré, Duo se calme et se dirige vers sa maison. Il descend l'urne sur la cheminée, c'est là qu'il veut que son homme demeure jusqu'à qu'il puisse le rejoindre.

À midi, il se force à manger une tartine avant de continuer un peu de rangement. Il a reporté le divan-lit en mousse chez sa nièce.

Il est quinze heures quand on frappe à sa porte.

— Oui ?

— C'est Bruce.

Maxwell va jusqu'à la porte, la déverrouille et lui dit en souriant :

— Entre.

Pourtant devant l'air tracassé du père de famille, il le perd.

— Laïla n'est pas rentrée des courses.

— Elle est partie depuis combien de temps ?

— Deux heures maintenant, en général, elle ne met pas plus d'une grosse demi-heure pour les faire.

— Il faut que je parle à Annie.

— Viens, on a fermé le commerce.

D'un bon pas, les deux hommes traversent la décharge, puis le hangar. C'est légèrement essoufflé que Maxwell gravit les escaliers et entre dans le commerce. Annie n'y est pas, alors ils poussent jusqu'au privé. Elle est là à tourner en rond.

— On va la retrouver, calme-toi, commence Duo.

— Tu vas demander à la bande de la chercher ?

— Ça, je ne peux pas, mais les renseignements se monnaient toujours. Annie, Rodrigo, il est engagé ?

— Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans ? lance-t-elle sur la défensive.

Elle sent qu'on va encore lui reprocher cette histoire.

— Chérie, réponds.

— Non, il avait juste un contrat de stage pour valider son année scolaire. C'est surtout avec l'école que j'ai un accord. Mais ce n'est pas la première fois.

— Annie, on ne te reproche rien, insiste son mari.

— D'habitude, c'est aussi toi qui déniches le jeune ? demande Duo.

— Non, réalise-t-elle.

— Qui te l'a présenté ? s'informe Maxwell.

Annie a les yeux qui s'écarquillent avant de dire en pleurant, la tête entre les mains.

— Laïla, je n'ai rien vu venir.

Elle commence à se balancer d'avant en arrière.

— Tu m'as dit qu'il traînait près de la poste, insiste Duo.

— Oui, quand il n'y a pas école, c'est elle qui va à la poste avec Boris. Elle me l'a dit, je l'ai vu et j'ai ressenti le besoin de l'aider, il m'observait quand j'allais à la poste, je voyais de la détresse dans son regard.

— Et ça ne t'a pas semblé bizarre avec tout ce que tu m'as raconté sur L2, accuse Bruce.

— Tu sais bien que Laïla s'éloignait de moi.

— OK, je voulais comprendre. Ne rejetez pas la faute sur l'autre. Si ça se met, ils ont monté le plan, Laïla était heureuse de l'avoir ici ?

— Oui, elle me reparlait, avoue Annie.

— Tu crois que Laïla et Rodrigo auraient monté un plan ? insiste Bruce.

— Non, je crois qu'il y a un moment que vous êtes observés. La bande a saisi une occasion. La crise de l'adolescence est la même partout, sur L2 les gosses sont soit livrés à eux-mêmes, soit très surveillés. J'étais un électron libre, je ne rêvais que de famille, qu'on s'occupe de moi alors que j'avais des responsabilités qui n'étaient pas de mon âge. Ta fille voit ça comme une liberté, elle les voit traîner sans règles, alors qu'il y en a aussi énormément dans les bandes. La mienne a explosé quand j'ai incité les jeunes à travailler à la place de racketter les gens. Prendre la décharge c'est agrandir leur territoire, expose calmement Maxwell.

— Ils ont dragué Laïla ! Elle n'a pas quatorze ans, s'indigne Bruce.

— Ce n'est plus un bébé non plus, je l'ai à peine reconnue, lâche Duo. Elle essaye de se mettre en avant, elle fait attention à ses vêtements maintenant. Je crois qu'elle teste sa féminité aussi, les premiers amours.

— Donc, il faut aller la chercher en zone Sud, clame Bruce en prenant sa veste.

— Tu ne peux pas comme ça, réplique Maxwell.

Il craint pour la vie du père de famille, s'il fonce tête baissée dans un piège. Il y a des endroits à éviter comme dans la zone Est. Il n'est pas certain que le quartier général soit toujours au même endroit qu'à l'époque où il a quitté L2.

— Mais toi bien, espère Annie.

— Je vais aller faire du repérage, mais je ne promets rien. Si ça se met, elle n'est même pas détenue, elle y est allée de son plein gré, pour suivre Rodrigo.

— Et ils peuvent circuler ainsi d'un territoire à l'autre sans problème ? s'étonne Annie.

— En journée, ça n'a jamais posé beaucoup de problèmes, tu as des magasins qui n'existent pas d'une zone à l'autre, un travail à honorer, explique Maxwell.

— C'est un peu comme un couvre-feu ? demande Bruce.

— On peut le dire ainsi, à vingt une heure les règles changent, admet Duo.

— Ramène-la, c'est tout ce qu'on te demande, lâche Annie.

Elle est en colère, mais elle ne sait pas contre qui, elle, sa fille, Duo qui est encore là, Bruce qui a l'air de la juger.

— Je ne peux pas t'affirmer que ce sera aujourd'hui, mais je vous la ramènerai. Il faut que je trouve déjà où chercher.

Annie sent les larmes lui venir encore aux yeux, Boris sort de l'ombre et dit d'une petite voix :

— Je sais où est le quartier général de la zone Sud.

— Et comment sais-tu ça ? demande Bruce en se mettant à sa hauteur.

— Laïla m'y a amené un jour de poste, elle devait amener des médicaments là-bas.

Annie et Bruce se rappellent, ils se sont disputés, il y a deux mois parce que leur réserve avait diminué quand Boris s'était blessé près de la presse, la peur, le manque de moyen pour le soigner avait fait explosé leurs nerfs. C'est Laïla qui avait proposé d'aller vite racheter des bandes, des antidouleurs. Elle y était allée en courant presque.

Pour Maxwell c'est encore pire qu'il n'avait pu l'imaginer, ils sont bien observés, mais leur propre fille est la taupe, il en est certain. Comment tout ça a pu arriver ? Comment les a-t-elle rencontrés au point de jouer le cheval de Troie ?

Bruce amène déjà son portable qu'il allume sur les cartes des rues de L2.

— Boris, dis-nous où c'est ?

Maxwell sourit, lui aurait demandé au gamin de décrire les lieux. Il regarde Boris déplacer son petit personnage dans les rues pour les amener à l'ancienne école des sœurs de la Complaisance.

— Tant qu'il n'est pas trop tard, je vais aller voir sur les lieux. Si Laïla revient, ne lui parlez pas de ce qu'on a découvert.

Annie redresse la tête horrifiée. Bruce lui met une main sur l'épaule pour la soutenir.

— Si elle revient, je t'envoie un SMS.

— Merci.

Maxwell sort son téléphone et le met sur vibreur avant de le glisser dans sa poche. Il enfonce sa casquette sur la tête et part. Il marche comme il l'a toujours fait ici, le visage vers le sol, mais les yeux scrutant tout aux alentours. Il traverse le parc et tourne vers l'école des sœurs de la Complaisance. Duo s'était toujours demandé si l'Église Maxwell avait été la cible aussi parce que le Père Maxwell œuvrait pour l'unité des zones avec les sœurs et y envoyait ses petits orphelins. En y regardant bien, l'orphelinat et l'école ne sont pas si éloignés et les sœurs travaillaient au deux.

En approchant de l'école, Duo ralentit et cherche un endroit pour observer. Il bifurque vers l'antenne de diffusion. Il y a moyen de l'escalader, du moins à son époque, s'il y a toujours l'escalier qui en fait le tour pour la rénovation. Il hésite, il va être à découvert pendant l'escalade et on ne va pas le laisser redescendre.

Et si se faire embarquer dans le QG était la solution pour savoir ce qu'il y a réellement à l'intérieur ? Il regrette un moment ne pas être passé par chez lui pour prendre une arme, mais est-ce qu'il serait encore capable de tenir tête s'il était armé et une vraie menace pour des jeunes dans la fleur de l'âge. Pour beaucoup, ce n'est qu'un vieux bonhomme, oui, mais si Laïla a parlé ?

Il n'a plus de temps à perdre, il doit savoir alors il commence à monter les escaliers en colimaçon. Arrivé à la hauteur du deuxième étage d'un immeuble, il doit admettre qu'il n'a plus la condition d'avant, il commence à perdre son souffle, il s'arrête pour récupérer. Il sourit en pensant à un très vieux film : « L'arme fatale » où le personnage disait dedans : « ce n'est plus de mon âge ces conneries. » C'est réellement le cas. Il doit encore monter un étage et demi pour être plus haut que l'école et du bon côté. Il expulse l'air qu'il a dans ses poumons, accroche la rambarde et reprend son ascension.

Arrivé à la bonne hauteur, il commence à scruter l'intérieur du bâtiment. Il aurait préféré qu'il soit en moins bon état. À part la cour, il n'a pas la possibilité d'observer l'intérieur de l'immeuble. Dans la cour, il n'y a pas de mouvements ni derrière les vitres. Ils n'auraient pas mis des guetteurs c'est étrange ou alors ils se sentent fameusement en sécurité.

Il n'a plus qu'à redescendre. Annie ne va pas apprécier son rapport. Alors qu'il met les pieds sur le sol, il reçoit un coup sur l'arrière de la tête. Il se sent partir, puis c'est le trou noir.

À Suivre…

Chap 4 - Chap 6

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