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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Hurt/confort/Amitié, tranche de vie.

Acteurs : Quatre, Duo, Trowa, Heero, Relena.

Début d'écriture 25 juillet 2013


Changement

Chapitre quatre


Vendredi à dix-sept heures, Maria-Louisa se présente avec toutes les tenues et les factures qu'elle fera passer en publicité pour qu'ils parlent de son magasin.

Elle savait que Trowa était encore pour six semaines sur L4, puisque le cirque venait d'arriver sur son satellite. Il lui avait dit durant le repas d'hier. Elle espérait qu'il aurait encore envie de la revoir, seulement, elle estimait que ce n'était pas à elle de faire le premier pas. Ce n'était pas convenable pour une jeune femme de faire des avances à un homme.

Et quand elle était un homme, cela ne lui avait pas servi de faire des avances, elle n'avait pas envie de se faire jeter une nouvelle fois.

Alors que Catherine et Laetitia s'extasient sur les tenues aussi bien de travail que du privé, la styliste sent son cœur se serrer dans sa poitrine. Trowa ne la regarde même pas. Est-ce qu'elle aurait dû lui céder hier ? Est-ce qu'il croit qu'il ne l'intéresse pas parce qu'elle l'a légèrement repoussé ?

Quand la saltimbanque la paie, Maria-Louisa est toujours prise entre deux feux, ses convictions et la peur de perdre Trowa.

Non, elle n'allait pas jeter ses principes aux orties, c'est Trowa qui y perdra s'il ne faisait pas un geste vers elle.

Au moment où elle range les housses pour rentrer, elle entend la cible humaine soupirer puis :

-« Je sais que cette semaine ce sera difficile pour vous, mais j'aimerai que vous voyez le spectacle alors que j'ai mon nouveau costume. Dimanche après-midi, cela vous irait ? »

-« Ce sera avec plaisir. » Sourit-elle.

-« Je n'aurai pas beaucoup de temps à vous consacrer après puisqu'on partira. Mais peut-être pourriez-vous choisir un autre restaurant que nous ferions jeudi prochain. »

Maria-Louisa croit que son cœur va exploser tellement il bat vite. Elle essaye de se calmer pour pouvoir répondre posément.

-« Cela doit être faisable après la fermeture du magasin d'aller manger un morceau. »

-« On en reparlera après le spectacle. » Affirme Trowa.

-« Oui, parce que là sans paraître méchante, on doit se préparer pour nos numéros. » Dit Catherine avec un sourire affable.

-« C'est naturel. » Répond la styliste. « J'ai encore du travail avant l'ouverture du magasin demain matin. »

Elle sourit, incline la tête et s'en va. Maintenant qu'elle sait qu'elle a une réelle chance avec Trowa, elle ne doute plus d'avoir utilisé la bonne méthode. Quand elle lui dira la vérité, il ne lui en tiendra pas rigueur, elle en est certaine. Ils allaient vivre heureux jusqu'à la nuit des temps.

Perdu dans ses rêves de bonheur, Maria-Louisa ne voit pas les difficultés. Trowa voyage beaucoup, elle a un magasin. Ils ne se verront pas souvent et surtout en coup de vent.

Il y a un adage qui dit : quand on veut on peut. Mais est-ce qu'ils le voudront ? Qui fera des sacrifices ?

Tout cela, elle n'y pense pas. La vie est belle depuis qu'elle a décidé de devenir une femme, tout va de mieux en mieux dans son univers.

Tout en finissant d'arranger les rayons, elle sourit en pensant à la suite. Elle peut aller le voir certains soirs, il peut venir d'autres. L'argent n'étant pas un problème, elle peut toujours lui offrir des places de navette s'il n'est pas trop orgueilleux pour accepter, mais cela elle sait que non.

µµµ

Tôt le samedi matin, Maria-Louisa ouvre la porte à l'équipe qui doit laver la vitrine pour l'ouverture.

À huit heures trente, elle est fin prête, la couturière et les vendeuses arrivent. Elle fait un dernier briefing.

-« Il n'y aura peut-être pas de travaux de couture aujourd'hui. Tant que vous n'êtes pas occupée à cela, il faut circuler dans les rayons, réapprovisionner si nous vendons beaucoup. »

-« Il n'y a pas tellement sur les présentoirs. » Réalise une des vendeuses.

-« J'ai été prise par autre chose. Nous continuerons d'aménager en faisant l'ouverture. Vous êtes prêtes et motivées ? » Demande Maria-Louisa.

-« Oui ! » Répondent les trois autres.

Puis elles partent chercher des affaires dans la réserve, on voit bien qu'il n'y a pas grand monde qui attend derrière la porte. Alors qu'elle se dirige vers celle-ci pour ouvrir, elle voit qu'il y en a seulement deux, c'est déjà pas mal sans publicité et juste la date d'ouverture sur la vitrine.

Pendant que les clientes commencent à regarder, la transsexuelle fait du rangement près de la caisse afin d'être plus rapidement disponible. La boite pour reprendre les cintres est prête, tout est en ordre derrière le comptoir.

Une dame corpulente vient directement la trouver pour des conseils, elle voudrait pouvoir mettre autre chose que des couleurs foncées pour cacher son embonpoint. Il faut dire qu'en dessus de la devanture de Maria-Louisa, il est inscrit : « Conseils pour du sur-mesure à prix du prêt à porter » Et le slogan est inscrit plusieurs fois dans le magasin.

-« Il y a des choses qui vous plaisent dans le magasin que ce soit à votre taille ou pas ? » Interroge la gérante.

-« Je n'ai pas encore regardé. »

-« Choisissez, on regardera pour adapter à moindre coût. » Sourit Maria-Louisa.

-« Je viens vous voir quand je trouve ce que j'aimerai mettre ? »

-« Voilà. »

-« Merci. »

-« Mais de rien, nous sommes là pour cela. » Sourit la transsexuelle.

Le temps passe à la vitesse de l'éclair. Le magasin n'est pas bondé mais il y a toujours au moins une cliente. Chacune à leur tour, les filles prennent une pause pour manger à midi ou décompresser un peu.

Le magasin ouvre de dix heures à dix-huit heures non-stop, six jours sur sept. Il faut bien se préserver pour tenir le coup. Maria-Louisa a toujours estimé qu'un patron ne doit pas faire moins que ses employés s'il voulait être respecté. C'est tout naturellement qu'elle met la main à la pâte.

En fin de journée, elle est vraiment satisfaite, fatiguée mais heureuse. Elle n'a pas trop eu le temps de penser à son prince charmant. Elle regrette un peu de ne pas le voir aujourd'hui, seulement son spectacle en soirée commence quand elle ferme les portes de son commerce.

Elle se console en se disant qu'elle le verra demain.

µµµ

Dimanche est plus pénible pour la jeune femme, même si elle sait qu'elle le retrouvera au soir. Il n'y a pas le travail, elle ne va pas lui tourner autour cela ne se fait pas.

C'est avec impatience qu'elle se prépare pour se rendre au cirque en fin de soirée. Elle se maquille avec soin, met une touche de parfum et s'en va.

Quand elle arrive à la hauteur de la caisse, elle voit que Trowa l'attend devant, elle ne peut s'empêcher de sourire. Elle a une envie folle de courir et de se jeter dans ses bras. Seulement, elle se retient.

-« Viens dans les coulisses. » Lâche Barton.

-« On a le droit ? »

-« On ne se verra pas beaucoup sinon. »

-« Alors, je veux bien. »

Maria-Louisa l'accompagne, elle embrasse Laetitia et Catherine. Elle s'installe là où on lui demande pour ne pas gêner.

Elle est émerveillée de voir la préparation du spectacle. Elle ne s'était pas imaginé qu'il y avait tellement de choses à faire avant de monter sur la piste, tout était si facile à ses yeux avant.

Elle voit Trowa panser les chevaux et les préparer, ainsi que les éléphants, vérifier que la matériel du jongleur est sans défaut et danger, que le filet résistera en cas de chute. Au bout d'une demi-heure, Trowa vient mettre sa main sur son épaule.

-« Tu ne t'ennuies pas ? »

-« Non, pas du tout, mais je ne vois pas le spectacle. »

-« Juste avant le mien, je te mettrai dans le chapiteau. »

La transsexuelle lui sourit pour toute réponse, elle sent que leurs regards s'accrochent, Trowa s'avance de plus en plus vers ses lèvres sans la quitter des yeux.

Leur premier baiser va avoir lieu quand un saltimbanque l'appelle pour obtenir de l'aide.

Maria-Louisa soupire en le regardant s'éloigner, une petite main vient se mettre sur la sienne.

-« Tu l'auras. Je ne l'ai jamais vu autant accro à une fille. » Révèle Laetitia en lui souriant. « Pourtant, il en a déjà eu pas mal. »

-« Je l'aime beaucoup aussi. » Avoue Maria-Louisa.

-« Ça se voit, tes yeux brillent quand tu le vois apparaitre. J'y vais, je dois monter sur scène. »

µµµ

Trowa dans son nouveau costume est éblouissant. Il est magnifique, il donne un peu l'impression d'être un gangster et plus un bouffon.

Après le spectacle, Barton raccompagne la transsexuelle jusqu'à la billetterie.

-« À jeudi ? » Demande la styliste.

-« Oui, je viens te chercher à dix-huit heures trente. »

-« J'en suis déjà impatiente. »

À nouveau, ils semblent attirés l'un vers l'autre, leurs lèvres sont sur le point de se joindre qu'on appelle Trowa pour qu'il vienne aider pour le démontage du chapiteau et mettre les animaux dans les remorques. Le cirque doit être parti pour minuit s'ils ne veulent pas devoir payer un jour supplémentaire pour l'emplacement.

Il est déjà vingt-deux heures trente, ils n'ont plus de temps à perdre.

µµµ

Maintenant, elle sait qu'elle aura son premier baiser, mais elle ne tient pas à perdre complètement le contrôle. Elle ne veut pas faire l'amour avec lui jeudi. Non, elle tient encore à repousser le moment déjà parce qu'elle n'est pas vraiment en phase avec son nouveau corps. Et surtout parce qu'elle n'a jamais considéré l'amour physique comme un passe-temps mais comme une communion entre deux âmes et deux corps, la preuve de l'amour ultime.

Elle a souvent été horrifiée en entendant ses copines de bancs scolaires dire qu'elles avaient couchés avec l'un ou l'autre et qu'elles ne savaient même pas le prénom du type, qu'elles l'avaient rencontré dans un bar où elles s'ennuyaient.

Elle sait très bien qu'elle ne donnera jamais son corps à n'importe qui même si elle doit avoir des rapports hebdomadaires à vie, si elle veut garder son vagin.

µµµ

Lundi soir au moment de la fermeture, le téléphone sonne, elle hésite un moment puis elle décroche. Un immense sourire se fait sur ses lèvres en entendant la voix de Trowa :

-« Maria, c'est pour te dire que nous sommes arrivés dans l'autre quartier, que nous sommes tous bien installés. »

-« C'est très gentil ! » Sourit-elle.

-« Et j'avais envie d'entendre ta voix. »

-« Tu me manques aussi. » Avoue Maria-Louisa.

-« C'est la première fois que je ressens ça. »

La transsexuelle devient toute légère et en même temps, elle prend peur. N'est-ce pas simplement une tactique pour arriver à ses fins ? Est-ce qu'une fois qu'elle aura cédé, est-ce qu'elle le reverra ?

Une chose est certaine, elle le fera encore un peu patienter et puis il faudra bien tenter sa chance, jouer ce coup de poker pour savoir s'ils peuvent aller plus loin.

La discussion continue encore cinq minutes sur des banalités avant que Trowa n'y mette fin en disant :

-« Je n'ai jamais aimé le téléphone. Je te laisse à demain. »

-« Tu me sonnes demain ? » Interroge-t-elle.

-« Oui. »

Et il raccroche.

La vie de Maria-Louisa finit par se résumer au travail et attendre ce petit coup de fil. Bien sûr, il y a aussi prendre ses médicaments, faire ses exercices et dormir, seulement chaque jour elle est plus heureuse que le précédent.

Jeudi, elle est fébrile. En se levant, elle choisit minutieusement la tenue qu'elle ira enfiler un peu avant la fermeture en demandant à une vendeuse de tenir le commerce seule. Elle tient à être prête quand Trowa apparaitra et ne pas le faire attendre ou devoir le faire monter. Il lui reste une méfiance vis-à-vis des impulsions de son ancien sexe.

Elle sait qu'elle n'a jamais agi comme eux, seulement en les côtoyant, elle a bien vu que certains sont vraiment terre à terre et légèrement obsédés. Elle ne tient pas à se mettre en situation de danger. Elle se rappelle de ses discussions avec les Maganacs certains soirs sous la tente. C'était à celui qui avait sauté le plus de filles.

Il y en avait même un qui avait un livre d'or où il inscrivait le nom de toutes celles qui passaient dans son lit avec la date et l'heure, elle se rappelait très bien qu'une fois sur une journée, il y avait eu trois noms. Il était si fier de son exploit et déjà à l'époque, elle ne pouvait que penser aux sentiments de ses pauvres filles.

Il mettait même une fleur quand il avait volé la virginité d'une d'elles. En tout cas, elle l'avait toujours ressenti de cette manière. Et les entendre la dégoûtait encore plus de ce qu'elle était à l'époque.

µµµ

À dix-huit heures trente tapantes, Trowa sonne à la porte du magasin. Maria-Louisa a fait sa comptabilité en l'attendant. Barton a presque l'air déçu qu'elle soit déjà prête à partir.

-« J'ai choisi un restaurant français, j'espère que tu aimeras. » Dit-elle en fermant la porte du commerce à clef.

-« J'ai passé une partie de mon enfance sur des territoires français. »

-« Oh ! Quand tu étais chez les mercenaires ? » Demande-t-elle en marchant à côté de lui.

Trowa acquiesce, Maria-Louisa avait choisi en connaissance de cause, elle se rappelait clairement les goûts du saltimbanque qu'elle avait côtoyé durant la guerre, elle partait avec une longueur d'avance pour le séduire.

Le repas se passe bien, en silence et courtes discussions. Après le fromage, ils prennent un café et Trowa raccompagne la jeune femme au commerce.

-« Un dernier verre ? » Demande Barton.

-« Il se fait tard, je suis fatiguée. » Ment légèrement Maria-Louisa.

Le saltimbanque s'avance un peu, soulève le menton de la jeune femme et rive son regard à celui de sa vis-à-vis avant d'avancer encore un peu plus. Il dépose ses lèvres sur celles de sa promise.

Maria-Louisa croit qu'elle va s'évanouir tellement son cœur bat sous la tendresse de l'échange, de la caresse de cette langue sur la sienne.

Les mains de Trowa s'activent un peu sur son dos, descendant jusqu'à ses fesses. Elle le laisse faire et approfondit un peu le baiser. Barton la plaque contre lui pour reprendre un peu d'ascendant, puis il s'éloigne le regard fiévreux.

-« Toujours pas de dernier verre ? » Insiste Trowa.

-« Je dois être raisonnable. » Avoue Maria-Louisa toujours accrochée au cou de Trowa. « J'ai des principes, je tiens à les respecter. »

-« Tu me rends fou, Maria. »

-« Je viendrais dimanche. » Dit-elle en s'éloignant.

Elle ouvre la porte et s'engouffre à l'intérieur de son commerce. Elle referme et se dirige vers la porte qui mène à son étage.

Là, elle s'appuie contre la porte verrouillée et sourit comme une damnée. Elle a failli lui dire de monter après le baiser. Tellement, elle avait envie de satisfaire son corps, de découvrir avec lui tout ce qu'elle n'avait jamais connu.

Seulement, elle doit encore tenir.

À Suivre…

Chap 3 - Chap 5

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