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facination

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas mais sont à Stephenie Meyer.

Rating : T

Acteur : Edward, Bella, Emmet, Rosalie, Alice, Jasper, Jessica.

Beta lectrice : Mary D. San, Hahn tah Yhel.

Début d'écriture : 21 janvier 2013.


Elle brise mes règles.


En rentrant chez moi, je me demande si je dois parler de tout cela à mon père. Après un moment de réflexion, je me dis que je préfère y penser seul.

Voulant gagner du temps, je monte dans ma chambre pour faire mes devoirs. Ils sont expédiés à la vitesse de la lumière. Puis, je m'installe sur ma méridienne, les bras sous la tête, le regard rivé au plafond.

Il ne faut plus que j'aie le comportement que j'ai eu aujourd'hui. Si je veux pouvoir étudier cette jeune fille pour tout comprendre, il faut qu'elle ne s'intéresse pas plus à moi et mes pairs que les autres étudiants.

Et pour que je ne sois plus pris au dépourvu par son odeur suave, je dois savoir quand elle va être indisposée à nouveau. Seulement, je ne peux quand même pas aller la trouver pour lui demander.

Un sourire se fait sur mes lèvres en m'imaginant la scène. Il est certain que rien qu'en faisant cela je vais l'intriguer.

-« Et toi, tu as commencé tes règles, il y a combien de jours ? »

Ridicule, je ne suis même pas persuadé que les filles ont ce genre de discussion entre elles.

Est-ce que je peux demander à Alice d'aller lui demander ?

Cela non plus, je n'en ai pas trop envie. Déjà parce que si je lui en parle, elle va le dire à Jasper. Dès que j'aurai commencé à dire ce qui me tracasse, je vais me faire surveiller. Je vais surtout être la risée des autres.

Ils n'ont pas tellement de loisirs, enfin si ils en ont toutes les nuits, ils ont parfois trop de temps pour réaliser ce qu'ils aiment et mes pairs aiment se moquer des autres, c'est un moyen de faire passer le temps. Et quand on a l'éternité devant soi, tous les moyens sont bons.

Même si j'ai la nuit pour penser à mon problème. J'aimerai trouver rapidement une solution pour avoir l'esprit serein. Avant d'avoir été transformé, j'aurais dormi. Parfois, je regrette de ne plus pouvoir me déconnecter ne fusse qu'un moment.

Bien sûr être un vampire a des multiples avantages. Et ce qui me grise réellement, c'est la vitesse et d'avoir des réflexes exacerbés.

Je secoue la tête, ce n'est pas à cela que je dois penser pour le moment. Je dois trouver une solution.

Déjà si je veux pouvoir me préparer à l'esquiver durant cette période, je dois savoir avec précision son cycle. Je vais donc devoir la côtoyer jusqu'au moment où elle n'est plus réglée.

Je dois avoir un calendrier, rien que pour elle, je ne peux pas utiliser celui qui est dans ma chambre sur lequel je marque mes devoirs et autres informations utiles à la famille. C'est déjà une première chose à faire, je dois m'en procurer un nouveau.

Je dois avoir un agenda que je puisse cacher entre deux pulls. Je tiens à garder le plus longtemps possible mon petit secret.

Pour descendre à Seattle, je vais emprunter une des voitures de la famille. Je sais qu'en plus conduire rapidement va également me permettre de déstresser. Je dois encore prévenir que je m'en vais, je le fais en rentrant dans le garage.

-« Je descends en ville ! »

Je choisis ma voiture préférée et me glisse au volant. C'est aussi une des raisons qui me fait aimer Forks, je peux rouler à tombeau ouvert sur les petites routes de campagne désertes.

Bien sûr arrivé aux alentours de Seattle, je m'oblige à ralentir. Je me sens déjà moins sur les nerfs, mon cerveau est resté concentré sur la conduite et j'ai pu mettre mon problème entre parenthèse.

Dans le premier magasin que je croise, je gare la voiture devant et j'entre pour acheter un agenda. Il n'est pas trop gros et je pourrais plus facilement le cacher dans mon tiroir.

De retour chez moi, je ne sais pas faire plus qu'inscrire une marque rouge à la date d'aujourd'hui.

C'est à ce moment précis que je réalise le ridicule de la situation. Pour pouvoir l'éviter à la bonne période, je vais d'abord devoir la côtoyer pour m'assurer des bonnes dates. Je ne peux retenir le rire qui monte en moi d'éclater au grand jour.

µµµ

Le reste de la nuit, je la mets à profit en étudiant les livres médicaux de mon père, ce que je cherche c'est le fonctionnement du cycle féminin. La lecture a toujours été ma passion et là au moins, il y a l'apprentissage et le plaisir réunis. Je pourrais presque dire que ce n'est que du bonheur.

À l'époque où je n'avais pas encore été transformé, ce n'est pas le genre de sujet qu'on osait aborder avec ses enfants. Mes sœurs vampires n'ont plus ce problème et je me vois mal aller leur demander des renseignements. Ce serait me dévoiler.

Plus d'une fois, lors de ma lecture, je m'étonne. Quand une fille est indisposée au lycée, c'est vrai que l'odeur suave du sang me fait bloquer sa respiration et je passe mon chemin. Je ne me suis jamais tracassé du nombre de jours que je le faisais ni tous les combien de temps cela revenait.

Innocemment, je croyais également que pour toutes les filles et femmes c'était pareil. Je voulais bien admettre que la première fois n'était pas à la même date. Depuis le temps, j'ai pu constater que la mue chez les garçons n'est pas au même âge pour tous.

Seulement autant de différences, je n'en reviens pas. Une fille peut saigner de deux jours à six jours et cela peut revenir tous les vingt-quatre jours jusqu'à tous les quarante pour d'autres.

Dire que sans cette fille, jamais je n'aurais fait toutes ses recherches. Je commençais même par trouver le sujet passionnant.

Alors que je ferme le livre pour le ramener en bas dans la bibliothèque attenante au bureau de mon père. Je deviens de plus en plus impatient de pouvoir commencer mon observation, rassembler des informations.

Qu'est-ce qui m'arrive ? Je ne comprends pas, ce n'est jamais arrivé. Seulement, dès que je ne suis pas occupé, mon esprit retourne continuellement au moment où elle est entrée dans le labo. Je dirais même que cela ressemble à une rengaine qu'on ne peut pas s'ôter de la tête. Oui, c'est cela, c'est exactement cela.

Je suis même impatient de retourner au lycée alors qu'à la fin du cours de science nat, je n'avais qu'une idée mettre de la distance entre nous. Depuis, je me sens comme harponné par l'odeur de son sang, je n'ai jamais ressenti cela. Je ne crois pas que ce soit de l'amour, je connais ce sentiment. Ici, c'est totalement différent. Je sais bien que demain, non tout à l'heure, je n'aurai pas cours avec elle. Seulement, je tiens à la côtoyer un court moment pour savoir si je dois rajouter une marque rouge dans mon agenda.

µµµ

C'est légèrement anxieux que je me prépare pour les cours.

Alors que je parque la voiture sur le parking de l'établissement, je la repère. Elle est là qui sort de son vieux pick-up. Et comme la première fois que je l'ai vue, je suis tout aussi surpris que cela roule encore.

En bande comme toujours, je me dirige avec les autres membres de ma famille vers l'entrée. Et sans en avoir l'air, nous passons devant elle. Je mène la marche. Arrivé à sa hauteur, j'inspire pour que sa fragrance m'arrive aux narines.

Je ne sais pas où j'avais la tête en le faisant, je m'étais imaginé que l'air extérieur masquerait en partie son parfum subtil et là j'ai vraiment présumé de mes forces. Directement, je sens que je ralentis sans pouvoir m'en empêcher afin de profiter plus longtemps de son arôme. Elle est toujours indisposée, c'est certain et elle m'envoûte toujours autant. Je n'arrive plus à ne pas respirer, je veux m'imbiber de son odeur. J'ai envie de plonger en elle pour l'éternité.

Une main se met entre mes omoplates pour m'obliger à garder la cadence. Je jette un rapide regard en arrière pour constater que c'est Alice, elle me fait un clin d'œil.

Est-ce que ma sœur s'est rendu compte de quelque chose ? Plus je m'éloigne de cette fille, plus je reprends pied dans la réalité.

Alors que le cours de littérature commence, je laisse mon esprit dériver. Une nuit n'a pas suffi à comprendre pourquoi elle me rend fou. Je l'ai à nouveau regardée à la dérobée et physiquement elle n'est même pas jolie. Elle ne fait pas partie de la catégorie des filles qui m'attirent, à qui je trouve du charme en temps normal.

Je sais que je devrais mettre de la distance entre nous pour ne pas lui faire du mal seulement, j'ai envie d'être à côté d'elle pour la comprendre, pour savoir tout ce qui n'est pas habituelle en elle.

La journée de cours me semble interminable. Est-ce que si j'étais rassasié, je résisterais mieux ? Je sais qu'il y a un week-end de chasse prévu. Seulement, elle ne sera sûrement plus indisposée et je veux savoir.

Arrivé à la maison, je sors mon agenda et j'ajoute un point rouge à la date du jour. Quand le crépuscule arrivera, je partirai à la chasse. Maintenant, j'ai besoin de m'occuper l'esprit pour ne pas faire des bêtises, parce que là, je n'ai qu'une envie, c'est de la suivre pour savoir où elle habite, savoir qui elle est. Ce qui est stupide car en plus, je ne sais même pas son nom.

Quand on ne doit pas manger trois fois par jour, on gagne un temps précieux, d'un autre côté, on s'ôte aussi des moments où on se retrouve pour partager un repas et discuter.

Après avoir fait mes devoirs du jour, je constate que le soleil descend de plus en plus, il est temps pour moi de me mettre en mouvement.

Je vais quand même prévenir que je sors parce qu'il ne faudrait pas qu'on me cherche et qu'on s'inquiète pour moi. Alors quand j'ouvre la porte, je lâche.

-« Je vais me promener. »

Silencieusement, je m'enfonce dans la forêt. J'accélère la cadence de mes pas pour me mettre à courir. J'aime cette sensation de vitesse, je fais un crochet pour ne pas passer par la réserve indienne. Je jubile de sentir le vent sur mon visage, voir défiler les paysages autour de moi.

Se faire passer pour un humain est aussi épuisant moralement, je dois continuellement penser à bouger à un certain rythme pour ne pas éveiller l'attention.

Là, dans la forêt, je me sens libre. Soudain sur ma gauche, je sens l'odeur de mon gibier, le prédateur va devenir proie.

Je ralentis ma course, je viens de trouver le puma dans la plaine. Il vient de tuer une biche et il n'a pas l'air d'apprécier se faire déranger durant son repas. Il grogne pour protéger sa pitance.

Cela ne me fait pas peur, je commence à lui tourner autour. La bête me montre ses crocs, tente de m'envoyer un coup de patte.

J'attrape un petit sourire et je ne me laisse pas impressionner. J'aime cette partie de la chasse où nous sommes à arme égale. Si ma victime ne montrait pas de la résistance, le repas serait moins savoureux.

Le puma défend sa proie, c'est sûr qu'il croit que c'est elle que je veux lui prendre.

Tout en tournant autour de lui, je continue de chercher la faille dans la couverture de mon adversaire. Quand la bête réalise qu'elle s'éloigne de la biche, elle se retourne une fraction de seconde et j'en profite pour lancer mon attaque et sauter à la jugulaire du carnivore.

Il est à ma merci, les coups de griffes ne me font pas lâcher prise. Je commence à boire le liquide chaud qui coule dans ses veines avec délectation.

Je bois avidement jusqu'à ce que la bête ne bouge plus et ait perdu toute son essence de vie.

Je laisse les deux dépouilles aux charognards, et je reprends ma course jusqu'à la maison. Maintenant que je n'ai plus soif, je suis prêt pour vérifier si cette jeune fille affole toujours autant mes sens.

J'essaye de rentrer le plus discrètement possible, je préviendrai mon père que je suis rentré quand j'aurai changé de tenue. Celle-ci est en lambeau. Et mon père n'aime pas savoir que ses enfants chassent en solitaire, surtout ceux qui chassent les carnivores aux dents et crocs acérés.

Je suis soulagé, il n'y a personne dans le hall, ni dans le salon, c'est ma chance. Je peux enfin pousser la porte de ma chambre et je trouve mon père installé dans ma liseuse, une pièce de Shakespeare à la main.

-« Qu'est-ce qu'il y a Edward ? Cela fait deux jours que tu disparais sans signaler où tu vas. Esmée et moi sommes fort inquiets. Ton comportement n'est pas normal. »

Moi qui aurais aimé du temps, me voilà au pied du mur. Je réfléchis le plus vite possible à ce que je pourrais bien lui répondre.

-« Edward pourquoi as-tu ressenti le besoin de chasser ? »

-« Pour une expérience. »

-« Il y a quelque chose de dangereux à la clef ? » Insiste Carlisle Cullen.

-« Non, je ne crois pas. »

Je suis assez satisfait de mes réponses, elles sont assez vagues pour ne rien dévoiler et elles me permettent de rassurer mon père.

-« Cela a un rapport avec cette nouvelle arrivante à Forks ? Alice m'a dit que ton comportement à l'école a changé depuis qu'elle est là ! »

J'en rage alors j'évite son regard.

-« C'est la fille du shérif Swan, Isabella Swan, tu sais bien qu'il est ami avec Billy et sa tribu, fais attention, pour toi, pour nous. Sinon, tu peux continuer ton expérience. » Finit Carlisle avant de partir.

Je regarde la porte par laquelle père vient de partir, et je cligne plusieurs fois les paupières, puis j'écarquille les yeux. Ainsi c'est la fille du shérif Swan, Je ne savais même pas qu'il avait un enfant.

Intérieurement, je remercie mon père, maintenant, je n'ai plus besoin de la suivre pour savoir où elle habite.

J'ôte mes vêtements abîmés sans arrêter de sourire, les choses se sont mieux déroulées que je n'aurais pu l'imaginer. Je jette dans la poubelle ma chemise seulement je garde le pantalon qui est encore mettable, même s'il est un peu déchiré à la cuisse.

Si je m'écoutais, je me rendrais près de sa maison pour voir ce qu'elle devient, à quoi elle occupe ses soirées. Moi qui n'ai jamais été très curieux de nature, je ne comprends pas ce qui m'anime.

J'admets que j'ai toujours eu la curiosité des livres seulement pas celle des gens, ce qu'ils font de leur vie m'a toujours été indifférent.

C'est certain que je n'ai jamais apprécié me trouver devant un problème sans solution et qu'à ce moment-là, je mets tout en place pour réussir.

Cette fille est pour moi une énigme, déjà que je suis dans l'impossibilité de la sonder et puis son sang qui me rend fou.

Pour qu'elle arrête de me prendre la tête, je m'installe confortablement sur ma méridienne. Je sors mon roman et me plonge dans la lecture.

La nuit file enfin, je suis capable de dévorer un roman par nuit. Il n'y a pas assez de sortie littéraire pour meubler ma passion, encore une chance que j'aime aussi la littérature du 19 ème siècle, les pièces de théâtre.

Au matin du troisième jour, j'attends avec mes pairs que les derniers étudiants arrivent surtout que j'ai remarqué que le vieux pick-up de Bella n'est pas encore sur le parking.

J'aime me mêler à la foule avec le reste du clan Cullen au dernière moment, au moins mon attitude n'est pas suspecte pour les quatre autres.

Bella roule lentement, pour venir se garer près de l'entrée du gymnase, si je veux passer près d'elle, je dois encore attendre avant de bouger de notre coin.

-« Tu nous dis quand on doit partir. » Vient me demander dans mon oreille Alice.

Elle a un sourire taquin sur les lèvres pour bien me rappeler qu'elle est au courant. Jasper doit savoir aussi. Est-ce qu'ils se moquent de moi dans mon dos ?

C'est vrai que je ne suis jamais sorti avec quelqu'un, je n'en ai jamais eu envie. Je suis bien seul et avec ma famille. J'ai ainsi du temps pour la lecture, pour faire les choses quand je le désire sans devoir tenir compte du planning de quelqu'un d'autre, en plus de celui de ma famille. On vit entre nous depuis un moment, même voir les autres en couple ne m'a jamais donné l'envie d'en devenir un.

En réalisant qu'en partant maintenant, je me retrouverai derrière elle, je me mets en mouvement, suivi directement par les autres membres de ma famille. Bien avant mon expérience, j'ai toujours ouvert la marche de notre groupe.

Fort de ma mauvaise expérience d'hier, en arrivant derrière elle. Je ne respire pas à plein poumon. Je prends juste une petite goulée d'air et même rassasier du sang du puma d'hier, son odeur me retourne les sens, met des bulles d'air dans mon cerveau.

Par contre, il faudra que je vérifie tout à l'heure durant le cours de labo, mais je crois bien qu'elle n'est plus indisposée ou du moins qu'elle saigne beaucoup moins.

Seulement dans ce couloir où tout le monde s'active, mes sens en ébullition n'arrivent pas à faire la part des choses.

Les idées qui me traversent ne sont plus de planter mes crocs dans son cou, seulement la serrer dans mes bras, m'enivrer des folies que son parfum me fait ressentir quand elle est près de moi, cela en devient une drogue.

Je suis fou, je le sais, près d'elle le sang finira par devenir le plus fort. Seulement, j'ai envie d'être près d'elle.

C'est une sirène et elle m'a envoûté par le chant de son sang. Je me donne une tape mentale, je n'aurais pas dû lire l'odyssée d'Ulysse cette nuit.

De toute façon, j'ai science naturelle, tout à l'heure, je pourrai vérifier si je dois mettre une croix rouge dans mon agenda, là je bifurque pour me rendre dans ma classe. Mes pairs partent également vers leur cours.

Après la pause de dix heures, il y a enfin sciences. Je m'installe devant ma palliasse et je l'attends.

Quand elle entre, je vois qu'elle regarde autour d'elle. Seulement tout le monde est déjà installé, il ne reste plus que la place à côté de moi. Je réalise qu'elle hésite rien qu'à son regard. Si je n'arrive pas à lire en elle, j'entends Jimmy râler que si Jessica ne s'était pas déjà assise à côté de lui, il lui aurait fait signe.

Est-ce que c'est moi qui la terrorise de la sorte ? Il y a tellement longtemps que je suis ce que les gens pensent comme une seconde nature que cela m'énerve au plus haut point de ne pas savoir. C'est comme si la bande son d'un film tombait en panne au moment de découvrir un assassin, c'est frustrant.

Bella finit par se décider à entrer en classe et s'avance vers moi. Elle s'installe le plus éloigné possible de mon tabouret, j'ai vraiment dû la mettre mal à l'aise l'autre jour.

Depuis qu'elle est entrée dans la classe, j'ai bloqué ma respiration. Comme j'ai pris l'habitude de la croiser plusieurs fois sur la journée, je ne me sens plus autant sur la défensive. L'odeur du sang autre que celui de ses veines est moins présente aussi. Je mettrais quand même une marque rouge dans mon agenda surtout par acquis de conscience.

Dire que je vais sûrement être pris encore au dépourvu dans vingt quatre jours ou plus.

Je ne peux m'empêcher de sourire bêtement à ma réflexion. Depuis qu'elle habite mes pensées parfois j'agis vraiment comme un idiot. Dans vingt-quatre jours, il suffira que je bloque ma respiration pour ne pas me faire assaillir par l'odeur de son sang.

Après, pour essayer de la comprendre, il vaut mieux qu'il y ait une meilleure entente entre nous. Je vais faire attention à mon comportement quand je suis près d'elle. Je dois être moins sur les nerfs.

Est-ce que si je tente une approche, elle va se détendre ? Timidement, je m'approche d'elle. Elle me dévisage comme si j'étais un extraterrestre. Est-ce que Billy lui a déjà dit ce que j'étais ? Est-ce pour cela ?

Durant tout le cours, elle ne se détend pas une fraction de secondes. Quand la sonnerie retentit, elle me rend la monnaie de ma pièce, en rassemblant ses affaires et en partant rapidement.

Je ne peux pas lui en vouloir. Seulement, si elle me fuit, je ne vais pas avoir facile de nouer le contact.

C'est bien la première fois que j'ai envie d'entretenir une relation, même amicale avec un mortel.

Qu'est-ce que je pourrais faire pour démarrer quelque chose ?

Pour cela, je dois mieux la connaître, savoir ce qu'elle aime, rester aux alentours, car si je ne sais pas décrypter son cerveau, il y a tout de même les esprits des autres qui pourront me dire ses intentions et m'aider également.

Au soir, au moment où la nuit commence à tomber, je prends la direction de la porte de sortie.

-« Je sors ! » Dis-je.

Je n'ai pas le temps d'ouvrir la porte que mon père est à côté de moi.

-« Où vas-tu ? »

-« Faire un tour. »

-« Jusqu'où ? » Insiste Carlisle.

-« Aux collines de l'autre côté de la ville. »

-« Qu'est-ce qu'il y a avec elle ? »

Je regarde mes pieds. Je savais que cela arriverait, seulement j'aurai aimé avoir plus de temps. Et si mon père ne voulait pas que je m'y rende, il restait l'autorité de notre petit groupe. Il faut mieux que je lui dise la vérité alors je me lance.

-« Je n'arrive pas à lire son esprit et son sang m'enivre, m'appelle. »

-« Tu as envie de lui faire du mal, son sang est plus fort que ta volonté ? »

-« Non pas dans ce sens là. »

-« Alors, je te laisse faire. » Sourit Carlisle.

C'est soulagé que je pars en courant. J'aurai pu prendre une voiture, seulement j'ai vraiment envie de me dépenser, de sentir le vent sur mon visage, de me calmer également.

Alors que j'arrive au coin de la propriété, je vois mon père tenir sa femme par la hanche. Ensemble, ils me regardent m'éloigner, un petit sourire complice sur les lèvres.

Est-ce qu'ils ont une explication à toutes mes interrogations ? Est-ce que je ferais mieux de discuter avec eux plutôt que d'agir à ma guise ?

D'un autre côté, j'aime le piment que cela met dans ma vie. Vivre sans défi où est le plaisir et l'attrait.

Après une course folle, j'arrive près de la maison du shérif. À l'odeur, je repère Bella dans la cuisine, elle fait la vaisselle avec son père. Il y a une autre odeur qui me fait plisser le nez, celle de Jacob, ce fils de loup-garou. Je le sens, seulement est-ce que Jacob sait ce qu'il peut être en réalité ?

J'espère qu'il ne va pas rester trop longtemps, même si cela fait partie des choses que je dois apprendre sur la jeune fille. Elle fréquente, Billy et son fils. D'un côté, c'est logique Billy est le meilleur ami du shérif.

Je commence à regarder autour de moi, je dois trouver un endroit d'où je pourrai tout voir sans être vu. Pour finir, je saute dans un arbre et me planque dans le feuillage naissant.

Au bout d'une petite heure, Jacob sort, il regarde dans ma direction. Seulement je vois bien qu'il ne me trouve pas, c'est plus son odorat de cabot qui doit l'avoir prévenu. Maintenant, qu'il est dehors, cela confirme ce que j'avais pressenti, il a les gênes de loup-garou.

Actuellement, elle monte dans sa chambre. Je me positionne mieux sur ma branche et l'observe. À travers le mur, je peux me permettre de respirer son doux effluve qui m'arrive, juste assez pour m'enivrer sans me rendre fou.

Elle s'installe devant son bureau et allume son ordinateur, si loin de tout, elle ne doit pas avoir une bonne connexion. Je la regarde circuler dans la pièce, rassembler ses vêtements et choisir une tenue pour demain. Elle passe son temps à jeter des regards vers la machine, elle fronce des sourcils à chaque fois. Je n'ai pas besoin de mon don pour savoir que cela l'énerve qu'elle ne puisse pas aller sur sa boite mail qui se reflète sur le miroir

En bas le shérif regarde une émission stupide qui l'endort, l'activité de son cerveau me le prouve.

Elle a rassemblé ses affaires pour se rendre à la douche, je vais pouvoir m'approcher pour mieux observer l'intérieur de sa chambre et en connaître plus sur elle puisqu'elle a laissé la lumière allumée.

Ce n'est pas une dingue de la mode, cela je l'avais déjà constaté en la croisant à l'école, toujours en jeans et pulls. Sa garde robe est ouverte, il n'y a pas grand-chose en dehors de pantalon, pulls, deux, trois chemisiers des plus banals sur des cintres. Je ne vois aucune jupe ou robe.

Il y a pas mal de livres éparpillés, au moins on a un point commun.

Un mouvement au loin attire mon attention, c'est elle qui revient, un essuie autour de la poitrine et un autre sur la tête.

À nouveau, je ne lui trouve rien d'extraordinaire. Elle n'est pas vraiment belle, elle n'a pas des formes généreuses comme je les aime.

Je détourne le regard quand elle passe sa chemise de nuit en flanelle, puis je la vois se rendre à l'ordinateur pour consulter ses mails. Elle ramasse son livre pour patienter durant l'ouverture du suivant.

Au moment où elle s'installe dans son lit avec son bouquin, je suis bien obligé de changé de position, si je veux pouvoir mieux pour profiter du spectacle qui s'offre à moi.

Je finis par m'étonner d'entendre les oiseaux commencer à chanter. Je quitte la jeune endormie du regard pour constater que l'aube commence à poindre sous le ciel couvert.

Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai pris autant de plaisir à la regarder dormir que si j'avais lu un bon Jules Vernes.

Je descends prestement de mon perchoir pour rentrer chez moi. Je dois encore changer de vêtements. L'immortalité à des avantages. Pas besoin de se raser et de passer des heures dans la salle de bain. Un coup de gant de toilette et un coup de peigne et c'est bon.

À Suivre…

Chap 1 - Chap 3

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