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facination

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas mais sont à Stephenie Meyer.

Rating : T

Acteurs : Edward, Bella, Emmet, Rosalie, Alice, Jasper, Jessica.

Beta lectrice : Hahn tah yel.

Début d'écriture : 31 janvier 2013.


Elle brise mes rêves.


Alors que toute la famille Cullen est à la cantine comme tous les jours, j'essaye de ne pas avoir mon regard attiré par la fille du shérif. J'émiette consciencieusement un beignet pour donner l'impression que j'ai mangé un peu. Je voudrais l'aborder afin de nouer des contacts, seulement je me vois mal lui demander ce qu'elle lit pour l'instant surtout qu'il y a une tension entre nous.

Quand elle m'aperçoit dans un couloir, elle accoste un autre étudiant ou elle se dépêche d'aller rejoindre sa classe.

Même chasser avec ma famille n'a pas réussi à me l'ôter de l'esprit. Chaque soir quand je pars pour l'observer et que j'arrive au croisement en bas de notre rue, je vois mon père et sa femme tendrement enlacés qui me regardent partir.

Depuis que j'ai passé une si merveilleuse nuit à la regarder dormir, je ne trouve plus d'intérêt à la lecture. Je préfère venir à la tombée de la nuit pour la regarder étudier, faire ses devoirs et dormir.

Qu'est-ce que les autres penseraient si j'osais dire à quoi je passe mes nuits ?

Et à ce moment précis, je n'ai qu'une envie c'est de traverser la cantine pour venir lui parler. Seulement, le seul vrai moment dans la semaine où j'aurai une excuse pour lui adresser la parole reste le cours de sciences naturelles, seulement depuis trois semaines, elle ne me regarde pas. On verra bien tout à l'heure si elle a la même attitude.

µµµ

Même si elle entre en classe avec Jessica, les places sont attribuées, et comme les autres fois, elle s'installe avec un petit air de dégoût.

J'apprécie ce petit côté rancunier. J'ai de toute façon toute l'éternité pour l'amadouer, enfin la vie de Bella.

Aujourd'hui, je vais prendre le risque, je vais lui parler. Au moment où je veux lui demander ce qu'elle lit pour l'instant, je réalise que je ne l'ai jamais vue avec un livre à l'école. Les jeunes actuels ne lisant plus pour le plaisir, je ne peux vraiment pas lui demander cela, je vais passer soit pour un voyeur, soit pour un fou.

C'est avec un profond soupir que je commence à écouter le professeur donner son cours d'une voix monocorde. Même un passionné de sciences finirait par être lassé. Mon esprit a tôt fait de repartir en vadrouille.

Pourquoi cette fille ne me pose que des problèmes ? J'étais si bien tout seul dans mon coin et là plus moyen d'avoir un moment de solitude, même dans mes pensées.

D'un autre côté, je passe moins de temps dans ma famille. Est-ce qu'ils m'en veulent ? Ils n'ont pas l'air. Même si pour l'instant, je ne dois pas vérifier si elle est réglée, dès que je vois arriver sur le parking son vieux pick-up, c'est plus fort que moi, il faut que je la suive pour profiter un peu de son odeur qui est ma drogue.

Comme je n'arrive pas à m'empêcher d'aller veiller sur son sommeil. Comment est-ce qu'elle le prendrait si elle le savait ?

Le cours est interminable, lassant. Encore une chance que j'ai déjà lu la théorie de Darwin pour le plaisir. Néanmoins, je réprime un sourire parce que là au moins le professeur vient de me donner le moyen d'avoir un sujet de discussion avec Bella.

Seulement, elle ne me laisse même pas le temps d'en placer une, elle rassemble ses affaires et attend Jessica en dehors de la classe.

Je me lève pour me mettre derrière elles et tente d'écouter leurs conversations.

-« Tu as le livre ? » Demande Jessica.

-« Non, je vais descendre à Seattle le chercher. »

-« On pourrait y aller ensemble et se faire un cinéma après. » Propose Jessica.

-« Pourquoi pas. »

-« Cela n'a pas l'air de t'emballer. » Réalise son amie.

-« C'est qu'en général le week-end, je discute avec un copain pendant qu'il retape sa moto. » Explique Bella.

-« Je ne savais pas que tu avais un petit copain. »

-« C'est juste un copain. Mais j'aime bien discuter avec lui. Il est indien, il me raconte beaucoup de légendes du coin et c'est fascinant. »

-« Qu'est-ce qui peut-être si fascinant dans notre trou à rat ! » S'étonne Jessica.

-« L'histoire vu du côté des indiens. »

-« Si tu le dis. Cela ne te dis pas plus que cela de descendre en bande à Seattle. »

-« La librairie oui, mais le cinéma me tente moins. » Avoue Bella.

-« Je descendrais en ville avec Angela alors. » Soupire-t-elle.

Je suis vraiment ravi de l'entendre. Je vais pouvoir lui proposer mon livre. Elle sera enchantée de ne pas devoir descendre en ville puisqu'elle aime tellement sa réserve. En plus je dois avoir un livre sur la conquête de l'ouest vu par les indiens, elle sera peut-être heureuse de le compulser puisqu'elle aime tant les indiens et leur histoire.

Ne voulant pas attirer trop l'attention sur moi, je m'éloigne des deux filles, j'ai de toute façon eu mes renseignements.

Avant de partir passer la nuit près de ma belle, je rassemble les deux livres sur mon bureau avec les cahiers et devoirs que je dois mettre dans mon sac demain matin. Je prépare également les vêtements que j'enfilerai en sorant de la douche rapide que je prends après avoir passé la nuit dehors.

Alors que je sors, je réalise que je ne sais même plus si je cherche vraiment à percer le mystère de son cerveau. Je ne crois pas non plus que je cherche encore à en savoir plus sur elle en venant l'espionner puisqu'elle est réglée comme du papier à musique et qu'elle n'a jamais fait autre chose en soirée que ce qu'elle a fait le premier soir de mon observation.

D'un autre côté, j'ai essayé de ne pas y aller et j'ai vraiment ressenti comme une impression de manque, après avoir tourné en rond un petit peu, j'avais fini par sortir pour me diriger vers sa maison. Je ne fais rien de mal en allant l'observant de la sorte.

Le lendemain, alors que je glisse les bouquins dans mon sac, je me demande comment je vais pouvoir présenter ma requête à Bella. Ils n'ont pas cours ensemble de toute la journée. Je n'ai pas trop envie de l'aborder sur le parking de l'école aux yeux de tous et surtout pas de ma famille.

J'ai déjà la sensation d'être la risée des autres, je le vois bien aux sourires moqueurs que font Alice et Jasper. Je crois bien que le fait que je découche toutes les nuits n'est pas passé inaperçu. Et comme en plus, Bella continue de me fuir, cela ne va pas favoriser les choses pour l'aborder discrètement.

Peu avant la pause repas, je vois enfin la jeune fille marcher devant moi. Ce matin, je ne l'ai pas vue sur le parking. Son pick-up était là bien avant que je n'arrive avec ma famille, je n'ai pas voulu passer pour encore plus suspect en commençant à la chercher partout dans l'établissement.

Prenant mon courage à deux mains, j'accélère le pas pour l'appeler avant qu'elle ne rentre dans la cantine.

-« Bella ! »

La jeune fille se retourne et se raidit en se rendant compte que c'est moi qui l'appelle. Je fais les deux derniers pas pour arriver à sa hauteur et là la puissance de son sang me saute au visage comme au premier jour. Ce n'est pas possible, je réalise que je viens de plisser le nez involontairement.

Je sais qu'il n'y a pas vingt-quatre jours, il n'y en a eu que vingt-un depuis qu'elle ne saigne plus. Vu l'odeur du sang, elle doit être proche de l'hémorragie.

-« Si c'est pour te moquer de moi passe ton chemin. » Lâche-t-elle en partant.

Et je reste là les bras ballants. Mon intention n'a jamais été de me moquer d'elle, de lui faire du mal. J'ai été juste pris au dépourvu et la méthode de rapprochement vient de tomber à l'eau.

Si je vais lui proposer mes livres maintenant, moi dans son cas je lui jetterais à la figure.

Est-ce que j'ai mal compté les jours ? Est-ce que c'était vingt-quatre jours à dater du début et non de la fin ?

-« Monsieur Cullen, cela ne va pas ? »

C'est un éducateur qui vient de me poser la question.

-« Je ne suis pas dans mon assiette. Je vais rentrer, vous pouvez prévenir ma sœur ? »

-« Passez par le secrétariat, je m'occupe du reste. »

Je dépose les clefs de la voiture au secrétariat que les autres puissent rentrer. Et j'attends qu'Esmée vienne me chercher, c'est la procédure.

La femme de mon père ne pose pas de questions, elle est juste là, une présence rassurante. Pourtant, j'en ai tellement des questions. Est-ce qu'elle pourrait me renseigner ou vais-je me contenter de livres ?

-« Esmée ? »

-« Oui, Edward. »

-« On doit compter les vingt-quatre jours à dater du début ou de la fin des règles ? » Demandai-je timidement.

-« Du début. »

Je comprends mieux mon erreur. Puisqu'Esmée est disposée à me répondre, je tente une autre question.

-« Une femme est régulière ? »

-« En général, oui. » Répond-elle sans quitter la route des yeux.

-« Tu vas en parler avec papa ? »

-« Je n'ai pas de secret pour lui. Et puis on s'inquiète pour toi. Tu as l'air tout le temps triste. Tu ne me demandes plus d'aller chercher des livres. On dirait que plus rien ne t'intéresse. »

-« Je voudrais tellement qu'on soit amis. » Soupirai-je.

-« On ne peut pas obliger les gens à nous apprécier. Nous faisons peur, nous leur sommes tellement supérieurs. »

-« Parce que nous avons le temps pour nous entraîner. Notre état de vampire nous donne des capacités supérieures. Si nous n'étions pas vampires est-ce qu'on serait tellement supérieurs ? Humain, je n'étais rien, elle humaine à des capacités que je n'ai pas. Bon pas la dextérité, son esprit m'intrigue. » Avouai-je.

-« Et son sang t'affole. » Ajoute Esmée en rentrant la voiture dans le garage.

-« Oui. »

-« Pourquoi n'essayes-tu pas de savoir ce qu'elle aime ? »

-« Je voulais lui proposer des livres, elle aime la lecture. »

Je souris en sortant du véhicule.

-« Il y a le week-end maintenant. Lundi tu as cours avec elle, tu n'auras qu'à lui proposer. » Propose Esmée en sortant élégamment de la voiture.

-« Elle aura eu le temps de l'acheter. »

Je soupire, complètement démoralisé.

-« Les deux ? » Sourit Esmée en sortant du garage.

Je ne peux que rester sur place sans bouger tellement je suis surpris, pourtant je pensais bien que mon père passait par ma chambre pour essayer de comprendre mon comportement sans toutefois m'envahir.

Une chasse est prévue ce week-end, camper va me faire du bien, tout comme être en famille, je serais suffisamment loin d'elle pour ne pas pouvoir y aller la nuit, ne pas tourner dans les environs durant la journée pour savoir ce qu'elle aime, ce qu'elle fait, surtout qu'elle passe beaucoup de temps dans la réserve et si je ne veux pas attirer de problèmes à ma famille, je ne peux pas y entrer.

Alors certains week-ends, il m'arrive de faire les cent pas près de la route qui mène à la réserve, seulement père m'a demandé d'arrêter, les loups-garous deviennent nerveux.

Je pense à tout cela tout en montant dans ma chambre. Je vais déjà préparer mon sac à dos, dès que tout le monde sera rentré, nous partirons.

µµµ

La chasse m'a été profitable, je suis bien mieux disposé pour mon retour à l'école. M'épuiser avec Emett à courir les proies a été un vrai délice, comme de voir Emett debout face à un grizzly, le voir se battre au corps à corps pour que le vampire l'emporte c'est euphorisant.

Je remercie encore ce puma qui a parcouru une grande distance à travers les rocheuses espérant me semer sans succès.

Mon père m'a préparé un certificat pour mon jour d'absence.

J'attends maintenant avec impatience le cours de sciences naturelles, cette fois sachant qu'elle est réglée et que je pourrais toujours le vérifier durant le cours, je n'ai pas ressenti le besoin de l'attendre sur le parking.

Quand je la vois entrer en classe, je retiens un sourire, je vais pouvoir mettre mon plan à exécution. Je vais quand même lui proposé Darwin, on ne sait jamais.

Elle s'installe à côté de moi, le plus loin possible. Elle ne me jette même pas un regard.

Prenant mon courage à deux mains, je sors les deux livres de ma mallette. Le Darwin sur le dessus et je les pousse légèrement vers la jeune fille.

-« Je ne sais pas si tu l'as trouvé. J'ai un exemplaire à la maison. »

-« À quoi joues-tu ? Je n'ai rien besoin venant de toi. Je préfère encore avoir zéro à l'exercice. »

Au moins, elle m'a parlé cette fois, et ses paroles me font mal. La douleur de se faire démembrer et brûler pour disparaître doit ressembler à cela.

Le cours me semble long, Jessica est directement là à la fin pour obtenir des renseignements. Je peux les entendre jacasser sur mon compte.

-« Ce n'est pas parce qu'il est beau comme un Dieu qu'il peut se croire tout permis. » Lâche Jessica.

Je rassemble vite mes affaires pour les suivre.

-« Je le trouve plus étrange que beau. » Avoue Bella.

-« Tu ne crois pas que c'est à cause de ton ressenti ? » Insiste Jessica.

-« Je n'en sais rien, j'ai toujours préféré les bruns musclés. »

-« Jacob. » Ricane l'autre.

-« Oui, j'avoue, je suis attirée par lui. Nous avons tellement de points communs. Et il ne me regarde jamais comme si je le dégoûtais. » Lâche Bella.

Puis elle me jette un regard noir, je préfère ralentir le pas. Je n'ai vraiment pas envie de me la mettre encore plus à dos.

µµµ

Appuyé contre la voiture, j'attends les autres membres de ma famille. J'ai vu partir le vieux pick-up et il prenait la direction de la réserve.

Toute ma bonne humeur accumulée durant le week-end vient de s'envoler.

Le lendemain quand je vois le soleil briller de milles feux, je trouve vraiment que le sort s'acharne contre moi. Comment puis-je aller à l'école, recoller les morceaux si le soleil brille ? Dans les bâtiments cela ne poserait pas de problèmes, seulement, il y a le parking, les cours, les couloirs vitrés. Si je commence à scintiller comme un collier de diamants, cela ne va pas le faire. Je ne vais pas gâcher la vie de toute ma famille parce que je me trouve devant un problème dont je ne trouve pas de solutions.

Je fais des efforts comme je n'en ai jamais fait pour personne et elle ne le voit pas. Elle me traite même comme un moins que rien.

Je lui en veux à la longue de ne pas voir ce que je réalise. Je n'aurais jamais prêté un de mes livres à d'autres élèves, ni même mes feuilles de cours, parce que j'y tiens. Je ne cherche pas à me mêler aux autres pour que notre secret ne soit pas divulgué et avec elle, je n'y fait pas attention. Lui faire plaisir est bien plus important.

µµµ

Durant trois jours, je dois manquer l'école à cause du soleil. Tous les Cullen retournent au lycée avec un certificat pour intoxication alimentaire, ce qui me fait bien sourire. On ne mange jamais la même chose, seulement cela reste le plus plausible pour expliquer que tous les membres de la famille soient absents durant la même période.

Même si je n'ai pas su vérifier si elle était toujours indisposée durant mon absence, j'ai fait des marques rouges dans mon agenda.

Alors que je suis les deux filles, Bella et Jessica, à mon retour pour m'assurer que je dois encore rougir une date dans mon agenda, je les entends.

-« Alors, il a enfin fini de remettre en état la moto ? »

-« Oui, ce week-end, il va m'emmener sur les pistes. J'espère qu'il ne sera pas trop sage. J'ai envie de vitesse. Ce n'est pas avec mon pick-up que cela risque d'arriver. »

-« J'espère pour toi. Ce n'est pas dans mes plaisirs, mais chacun les siens. » Répond Jessica.

Je réalise que j'ai encore une carte à jouer. Je ne peux pas l'emmener sur mon dos pour la griser, seulement mon père va bientôt recevoir une Porsche décapotable. Si elle aime tant la mécanique et la vitesse, je vais lui proposer d'y faire un tour.

Je ne connais pas beaucoup de monde qui refuserait une balade dans une belle voiture. Chaque fois que la famille Cullen vient à l'école avec une nouvelle auto, je vois bien que tout le monde tourne autour dès qu'on s'éloigne.

µµµ

Le week-end, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller traîner la journée près de la réserve. Je les ai vus partir sur la moto. Et en voyant Jacob promener sagement la fille du shérif, je ne peux m'empêcher de sourire. Même en trottant, j'aurais couru plus vite.

La dernière semaine de cours avant les congés de printemps arrive. Tous les jours, je vais demander à mon père si la voiture est arrivée.

Durant les congés, Je finis par tourner en rond. Je n'ai pas envie de lire. Je ne peux pas rester des heures près de la maison du shérif, ni de jour, ni de nuit comme d'habitude pour la simple raison que Bella est retournée pour les vacances chez sa mère sous le soleil. Cela aurait été stupide de m'exposer de la sorte et surtout de la suivre.

Comme je n'ai pas réussi à l'émouvoir un peu, je ne suis vraiment pas certain qu'elle revienne. Je ne connais déjà pas la raison de sa venue dans notre village. Sa mère était peut-être hospitalisée et maintenant elle est rétablie.

À force de me faire des films dans la tête, je trouve que le temps ne passe pas. L'éternité a à nouveau un goût amer. Même un orage de printemps ne m'apporte pas le bonheur que j'éprouve d'habitude durant un match de base-ball. Je participe surtout pour faire plaisir aux autres.

Quand la voiture commandée par mon père arrive enfin, je commence à la bichonner, je passe des heures à la contempler, si bien que mon père me propose un soir.

-« Tu peux me l'emprunter. Tu peux même y emmener Bella. Edward, ton attitude n'est pas saine. Tu devrais discuter avec elle, dis-lui tes sentiments. »

-« Père, je n'ai pas de sentiments pour elle. »

-« Je trouve que tu en fais un peu trop pour quelqu'un qui ne t'attire pas. Si tu ne prends pas les devants, elle ne restera pas seule. J'ai entendu dire que Jacob l'aimait beaucoup. » Insiste Carlisle.

-« Elle repousse mes avances. »

-« Esmée m'a expliqué. C'est surtout un effet de circonstance. Dis-lui que tu as l'odorat hyper développé. Tu sais un humain respire plus fort quand son cœur s'emballe. Tu ne peux pas continuer comme cela. Tu dépéris, je n'aime pas te voir dans cet état. »

-« Elle ne va peut-être pas rentrer. »

Sans m'en rendre compte je lâche un soupir de désespoir.

-« Elle va rentrer. Sa mère s'est remariée, Bella n'aime pas son beau-père, c'est pour cela qu'elle est venue ici. » Explique Carlisle.

-« Comment sais-tu tout cela ? »

Je ne le voulais pas, mais je ne peux m'empêcher de m'exclamer et de montrer mon étonnement.

-« Je suis médecin, les gens aiment bien colporter des ragots. On en entend pas mal dans une salle d'attente. C'est une petite communauté, c'est aussi pour cela qu'il faut se méfier. » Rappelle-t-il.

µµµ

À partir de ce soir-là, je pars vérifier si la jeune fille est rentrée. J'ai fait mes calculs, elle a dû être réglée durant son absence.

Le samedi avant la rentrée, la fille du shérif revient. Je prévois d'aller la chercher début d'après-midi avant qu'elle ne se rende à la réserve.

Après avoir demandé l'autorisation à mon père, je sors le véhicule du garage. Je mets la capote car il y a une légère bruine qui tombe depuis ce matin, il ne faudrait pas qu'elle abîme les sièges en cuir.

Je roule vers la maison du shérif et je me gare devant celle-ci. Bella et son père sortent directement avant même que je n'ai pu ouvrir la portière.

-« Je voulais proposer à votre fille de faire un tour. »

-« Papa, je peux ? » Demande excitée la jeune fille.

-« Si, vous ne roulez pas trop vite. »

Bella va chercher son sac et s'engouffre dans la voiture.

Ce n'est pas possible, je crois que je vais défaillir. Comment est-ce que j'ai pu me tromper de date à ce point-là. Pourtant j'en suis sûr d'avoir bien compté vingt-cinq jours. Pour moi, il devait avoir trois ou quatre jours qu'elle avait fini de saigner et à l'odeur, c'est le premier jour de ses règles.

Cette fille va me rendre fou dans tous les sens du terme. Je retiens ma respiration, j'essaye de ne pas avoir l'air dégoûté. Seulement je suis persuadé d'être loin du compte. Surtout dans cet espace confiné. J'ai l'impression que son odeur me rentre dans le corps par tous les pores.

-« Pourquoi m'inviter si je te dégoûte tellement. » Finit par dire Bella.

Je vais bien devoir lui répondre et son parfum enivrant va rentrer par ma bouche, seulement le shérif attend de nous voir démarrer, alors j'enclenche la marche arrière pour partir.

-« Tu ne me dégoûtes pas, tu m'intrigues même. C'est pour cela que j'ai déjà essayé de te faire plaisir avec les livres. »

Je lui avoue tout en retournant la voiture dans la petite allée.

-« Je ne comprends pas ! »

-« J'ai l'odorat hyper développé. C'est l'odeur du sang qui me dérange quand tu es réglée, comme pour l'instant. »

Je me mords la lèvre inférieure en prenant la direction de l'autoroute. J'avais décidé de l'emmener sur un circuit de voitures afin de pousser la Porsche à pleine puissance.

-« C'est humiliant ! Dépose-moi à la réserve. » Gronde Bella.

Je suis vraiment surpris, mais je ne peux pas faire autrement que d'obtempérer. Mes projets tombent à l'eau. Ce n'est pas possible, le sort s'acharne contre moi. Je me parque à l'extérieur de la réserve, je ne tiens pas à amener des problèmes en plus entre ma famille et les loups-garous.

-« S'il te plait Bella. »

-« Non, ne m'adresse plus la parole, ne m'approche plus. »

Elle se précipite dans les bras de Jacob qui venait voir à qui appartenait cette Porsche flambant neuve.

C'est le cœur gros que je reprends la direction de ma maison.

Au soir, je sors pourtant l'observer, c'est plus fort que moi. Je grimpe sur mon arbre et commence à la chercher dans la maison. J'entends qu'on fête quelque chose. Ils sont dans le salon et de mon poste d'observation, je ne vois rien.

Précautionneusement, je descends et m'avance. Je vois Billy, le shérif, Bella et Jacob qui trinquent, les deux adultes à la bière et Bella et Jacob aux jus de fruits.

Qu'est-ce qu'ils peuvent bien fêter ?

Si mon cœur n'était pas déjà arrêté, je crois bien que cela m'aurait tué net. Doucement, Jacob relève le menton de la jeune fille et il dépose ses lèvres sur les siennes.

N'en supportant pas plus, je pars au galop pour aller m'enfermer dans ma chambre.

En voulant tout faire pour ne pas être incommodé par son sang, je me suis pris à un piège, celui de l'intérêt et maintenant que je sais que je l'ai perdue, je sais aussi que je l'aime et que son sang danse sûrement que pour moi. Si je n'avais pas été un vampire, elle aurait été mon âme sœur, seulement si je n'avais pas été un vampire, on n'aurait pas pu vivre ensemble. J'aurai été bien trop vieux pour elle, si pas déjà mort.

C'est certain que je pourrais me battre pour elle, seulement par certain côté ce n'est pas une vie. Et je n'en veux pas pour elle. Elle a l'air si heureuse avec Jacob, je ne l'ai jamais vue aussi bien dans sa peau depuis que je la connais.

La porte s'ouvre sur mon père.

-« Tu es bien tôt ! »

-« Elle est avec ce cabot de Jacob. »

-« Laisse-moi trois jours et nous partons. » Dit Carlisle en venant mettre sa main sur mon épaule.

-« Père ce n'est pas nécessaire. »

-« Pour un temps, je crois que c'est mieux aucun de vous n'a besoin de ce diplôme. »

Je ne peux m'empêcher de sourire. C'est la seule chose que m'a apporté mon état de vampire, une famille pour l'éternité.

Fin

Chap 2 - Accueil

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Fin d'écriture le 26 février 2013