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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Tranche de vie.

Bêta auditrice : Tenshimizu

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Duo, Wufei, Quatre, Relena, Trowa.


La fiancée de Frankenstein


AC 197, le 31 octobre

Par une soirée pluvieuse, une ombre se faufile à travers les buissons qui bordent la résidence Peacecraft. Elle se rend à la fenêtre du rez-de-chaussée donnant sur la chambre d'une jeune fille en déshabillé vaporeux bleu clair assise devant sa coiffeuse, elle peigne sa chevelure blonde, en comptant les coups de brosse.

Arrivé à cent, elle les étale et se sourit. Elle se sent magnifique. Elle a une touche de maquillage léger qui fait très naturel.

Les deux battants de la fenêtre s'ouvrent et la jeune fille sourit de plus belle. Elle se retourne pour accueillir le nouvel arrivant.

-« Tu pourras faire renforcer la garde. Je suis passé sans problème. » Dit Heero de l'autre côté de la fenêtre.

-« Viens, entre. » Dit-elle en souriant et en battant légèrement des paupières.

-« Je n'ai pas le temps, Relena. Je me lève tôt. Si tu veux, je repasse dans à peu près deux mois pour tester à nouveau. » Propose-t-il.

-« Tu es un ange, merci. Pourquoi gardes-tu ce métier minable, tu as bien plus de capacité que ça ! » Lâche-t-elle de façon dédaigneuse.

-« Je n'ai aucun diplôme. Je n'ai pas envie d'aller sur les bancs de l'école. Je m'y sens bien. Dors bien, Relena. »

Et le jeune homme retire au maximum les deux battants et s'en va. Il se faufile à nouveau dans le jardin.

On frappe à la porte de la chambre de la jeune fille.

-« Oui ? »

La porte s'ouvre sur Pagan.

-« Voilà mademoiselle, on a laissé passer monsieur Yuy. La garde a fait attention de ne pas se laisser surprendre. »

-« Merci Pagan. »

µµµ

Pendant ce temps là, Heero marche dans les rues de New Port City, la capitale du Royaume de Sank pour retourner à son appartement. Un F3 au troisième étage d'un immeuble sans ascenseur. La cage d'escalier a la peinture qui s'écaille, les marches craquent, elle sent un peu le moisi. Cependant, Yuy sourit, il va monter vers son paradis, son univers. Il introduit sa clef dans la serrure.

Il allume les lumières, tout s'éclaire, l'appartement est lumineux, la tapisserie est dans les tons pastels, ça le repose, ça l'inspire. Il enlève ses chaussures dans le hall et traverse le couloir. Sur la gauche il y a le salon, sur la droite la cuisine, il continue sur sa droite, il y a sa chambre. Il ouvre la porte de gauche et se laisse envahir par les tableaux aux murs, les ébauches de dessins, c'était sa pièce, là où il avait mis sur toile tout ce qu'il ressentait.

Il se rend à son bureau et prend un bloc, il l'ouvre à l'avant dernière page et commence à dessiner rapidement au crayon noir une forme devant une coiffeuse.

Il est 23h30 quand une silhouette se glisse dans la pièce où Heero se trouve. Elle met ses mains sur les épaules de Yuy pour voir ce qu'il fait.

-« Tu sais qu'elle n'a plus besoin que tu vérifies si la sécurité est suffisante ? J'ai envoyé un Preventer vérifier. »

-« Hn, tu me l'as dit. » Répond distraitement Heero.

-« Ok, en tout cas j'aime ce que tu dessines. » Dit l'homme en venant l'embrasser dans le cou.

-« Je suis resté au moins dix minutes à l'observer pour pouvoir la retranscrire. J'aimais le reflet dans sa chevelure, j'espère pouvoir le faire passer dans la peinture. » Soupire-t-il avant de se mordre la lèvre inférieure.

-« Tu y arriveras. » Rassure l'homme. « Tu viens, il se fait tard pour toi. »

Heero se lève, coupe la lumière et se rend dans la chambre. Il ôte ses vêtements et se glisse dans le lit. Rapidement, son compagnon sort de la salle de bain en boxer pour venir se mettre près de son amant.

-« Quand tu fais les après-midis, je fais une sieste en rentrant du travail. » Précise Yuy en venant se coller au corps dans le lit.

-« Je sais que tu es raisonnable. »

-« Pas d'après Relena. » Soupire à nouveau Yuy.

-« Elle a encore critiqué ta profession ? » S'étonne son compagnon.

-« Oui, pourtant je ne vois pas comment je pourrai faire autre chose. Je ne veux plus tuer. Je n'ai aucun diplôme. Là au moins je suis dehors, ça me laisse du temps pour peindre. »

-« Je sais, je ne critique rien. Je vois que tu es heureux et bien dans ta peau, c'est le principal. En plus, tu fais un travail physique et c'est bien rémunéré. » Sourit l'homme.

-« Duo, je n'ai pas honte de mon métier. »

-« Et de moi ? Que tu ne veux pas lui dire qu'on est ensemble depuis six mois ? » Interroge-t-il un rien sur la défensive.

-« Egoïstement, si je lui dis, je ne pourrais plus me promener dans son parc, il est magnifique. » Ajoute-t-il rêveusement.

-« Le pire, c'est que je crois que Pagan le sait mais se tait aussi. Il n'a pas prévenu quand le Preventer en civil s'est fait prendre. Mais toi, toutes les six semaines tu passes entre les mailles. Et je ne crois pas que tu sois meilleur. Vous agissez en égoïstes Relena et toi ! » Accuse Maxwell.

-« Tu m'en veux ? » Questionne Heero.

-« Bien sûr que non, je sais que ton but c'est son parc, ses fontaines. Elle sait que toi tu ne l'aimes pas. On ne peut pas obliger quelqu'un à aimer une autre personne. »

-« De toute façon, elle ne me permettrait pas de rester éboueur. » Soupire-t-il.

-« Non, tu ne ferais plus rien à part peindre. » Taquine Duo en venant lui donner un baiser dans le cou pour le faire sourire.

-« Je ne veux pas être entretenu. » Baille Heero, il dépose sa main sur le ventre de son compagnon et s'endort presque aussitôt.

Maxwell sourit. Il avait été surpris de voir Yuy à l'arrière du camion poubelle qui circule dans le quartier preventer. Néanmoins, il l'avait trouvé beau, bien dans sa peau.

Quand les hommes étaient passés, la semaine d'après, pour demander leurs étrennes de fin d'année. Maxwell avait été heureux de pouvoir discuter cinq minutes avec lui.

-« Je te croyais sur L2 » Avait dit Heero en prenant le billet de cinq crédits.

-« Et moi au service de Relena. »

-« Non, j'aime faire ça, ça me permet de vivre dehors, de voir des choses et ça me laisse beaucoup de temps libre. »

-« Je vois que tu es mieux dans ta peau. »

-« Je dois y aller. » Dit Yuy en constatant que le camion s'éloignait.

Le lendemain, Heero était venu sonner chez lui avec un calepin pour lui montrer ce qu'il faisait pour passer le temps l'après-midi.

Au fil du temps, Yuy débarquait chez Maxwell, jamais un jour fixe, jamais la même heure. Duo avait fini par souhaiter ses trois petits coups de sonnette, souhaiter les moments passés ensemble à discuter, à regarder les esquisses du métis.

Heero l'avait entraîné à son appartement pour lui montrer les tableaux réalisés à partir des ébauches. Il lui avait aussi montré son blog. « Aux tréfonds de l'âme » où il exposait ses tableaux au public.

Maxwell trouvait qu'il avait un talent fou. On vibrait, on ressentait ce que l'artiste avait voulu faire passer comme message. À moins qu'il n'arrive à le renvoyer à ses propres sentiments.

Pour le jour de l'opération météore, Heero lui avait offert une ébauche les représentants dans les bras l'un de l'autre, le Yuy de l'esquisse ayant une attente marquée dans le regard.

Maxwell l'avait embrassé pour la première fois. Duo devait admettre que c'était son amant qui avait réalisé toutes les concessions pour qu'ils soient ensemble. Heero s'adaptait à son horaire. Quand il était de soirée, Yuy faisait une sieste pour pouvoir rester un peu avec lui. Quand Duo était du matin, il sacrifiait ses promenades qui étaient source d'inspiration. Quand il était de journée, l'éboueur vivait comme il vivait auparavant. La seule chose sur laquelle, Heero n'avait rien voulu céder, c'est son appartement. Même si Yuy dormait parfois dans l'appartement de fonction de Duo, quand les horaires de ce dernier ne lui permettait pas de faire la navette jusqu'à son appartement à la limite de la ville.

µµµ

Le sommeil fuyait Duo, il se tourne légèrement pour regarder l'endormi à ses côtés. Demain, c'était un jour férié, il pourrait paresser au lit, il n'était pas de garde et son homme ne travaillait pas.

Maxwell préférait les ébauches au crayon aux tableaux. Les dessins étaient plus ressemblant, un tableau toujours plus flou. Celui qu'Heero avait fait pour sa déclaration, même si le regard était là, c'était un homme et une femme, il avait inversé les proportions lui ayant cinq centimètres de plus qu'Heero maintenant. Il était persuadé qu'on ne reconnaîtrait plus Relena devant sa coiffeuse quand il aurait créé le tableau.

Depuis peu, on avait fait des offres à Heero pour l'achat de ses tableaux. Celui de la déclaration était parti à 1500 crédits. Au départ son homme n'avait pas voulu le vendre, mais Duo lui avait certifié que pour lui c'était l'ébauche qui lui appartenait, d'ailleurs elle était dans un cadre dans son logement de fonction.

Le vente des tableaux permettait à Yuy de racheter du matériel et de ne pas encombrer sa pièce.

C'est sur ces pensées que le sommeil finit par le rattraper également.

µµµ

Le lendemain, après les obligations dues à son rang et le recueillement aux morts, Relena a rendez-vous avec des anciennes élèves de son école.

Elle était une jeune fille comme les autres malgré son statut. Elle aimait pouvoir discuter de joies simples qui lui étaient si souvent refusées par le travail qu'elle devait effectuer.

Les autres jeunes filles étaient venues pour prendre le thé, les discussions allaient bon train.

-« Alors Relena, est-ce qu'Heero t'a invitée pour le bal de la paix ? » Demande fébrilement une jeune femme blonde.

Elle se rappelait les avoir vu danser ensemble au bal de l'école, même si Relena n'avait pas sa robe de bal, elle les avait trouvés magnifiques.

-« Non, toujours pas, mais il est passé hier soir pour vérifier ma sécurité. » Dit-elle en papillonnant des paupières.

-« Tu devrais grossir un peu, les hommes aiment pouvoir avoir quelque chose en main. » Dit une jeune femme rousse un peu en chair.

-« C'est vrai qu'ils aiment les femmes à poitrine et comme en plus tu es toute menue. » Rétorque une autre.

Relena se regarde, c'est vrai qu'elle pourrait prendre cinq à six kilos, ça ne lui ferait pas de tort. Et puis, elle pourrait se faire mettre des implants mammaires, elle passerait de son bonnet A à un bonnet C, elle attirerait sûrement Heero.

Après Noël, elle irait se faire opérer, elle avait justement une période creuse dans ses meetings. Pour l'instant, c'était trop chargé et ce serait son petit cadeau personnel. Il n'y avait pas de mal à se faire du bien. Si elle ne prenait pas soin d'elle, ce n'étaient pas les autres qui le feraient.

Il faudra aussi qu'elle commence à grignoter entre les repas, les flancs c'était bon et ça passerait tout seul, manger un peu plus de fritures aussi. Elle ne préviendrait personne et reviendrait resplendissante. Elle illuminerait tellement que la prochaine fois, Heero rentrerait dans sa chambre. Ils discuteraient, ils danseraient, ils s'embrasseraient aussi peut-être. Rien qu'à l'idée et en imaginant la scène son cœur s'emballe.

-« Oh, il me semble que tu as des idées merveilleuses. » Dit la première des jeunes filles.

-« Je crois. » Admet Relena sur un ton de confidence.

Les autres jeunes filles l'entourent, les yeux écarquillés d'envie, souhaitant en savoir plus.

-« Non, non, je ne dirais rien. Je vous laisserai la surprise. »

Même si on voyait qu'elles étaient déçues, en jeunes filles de bonnes familles et bien éduquées, elles glissent vers d'autres sujets de discussions.

Quand elles sont toutes parties, Relena cherche après Pagan, qui apparaît comme par magie. Elle lui expose son plan, celui-ci hoche la tête et s'en va pour prendre les renseignements demandés. Du moins regarder où il pourra téléphoner dès demain, un jour férié, il ne trouvera personne pour lui répondre.

µµµ

Dans la semaine, toutes les dispositions étaient prises pour qu'elle puisse se faire opérer la semaine entre Noël et le Nouvel An.

Entre temps, elle commence son régime hautes calories qu'elle ne mange pas devant ses amies qui elles doivent se priver pour ne pas grossir comme des baleines, il lui reste de la décence.

Elle est heureuse de pouvoir manger à sa faim et de voir qu'elle prend un peu de poids, des rondeurs.

Elle ne doit pas encore changer sa garde robe, même si elle a déjà fait les boutiques pour s'acheter de nouveaux dessous affriolants.

Pour une fois, au repas de Noël familial, elle peut se resservir d'un morceau de bûche au beurre. Les autres années, elle faisait comme sa mère avait toujours dit de faire.

-« Mange, mais il faut quitter la table en ayant un peu faim. »

Heero et Duo, ainsi que les autres pilotes étaient au bal de la libération qui se donnait chaque année au soir de Noël.

C'était un moment intense pour les garçons, un moment de retrouvaille également. Comme souvent dans des rassemblements massifs, il y a des petits groupes qui se forment, même si Quatre connaît beaucoup plus de monde de part sa participation active à la société de son père. Seulement, il aime pouvoir redevenir lui-même durant un moment et rejoindre les quatre autres ex-pilotes.

Relena passe d'un groupe à l'autre, Dorothy dans son sillage, un agenda électronique en main pour noter ce que lui dit la jeune femme, des nouveaux rendez-vous, des idées de projets.

-« Elle a quelque chose de changé. » Affirme Heero sans la quitter des yeux.

-« Si tu le dis, c'est toi qui la fréquente le plus. » Rappelle Duo.

-« Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Je sais que tu n'es pas Preventer. » Accuse presque Wufei.

-« Éboueur. » Répond Yuy sans quitter Relena du regard.

-« Tu ne veux pas venir dans ma section ? » Insiste Chang.

-« Non. » Répond sèchement Heero.

-« Je dois pouvoir te trouver une place dans la protection informatique. » Propose plus doucement Winner.

-« J'aime ce que je fais. » Rétorque le métis.

Trowa hausse un sourcil et porte son regard sur Duo comme pour l'inciter à trouver un argument.

-« Tu n'as aucune utilité. » Râle le Chinois.

-« Bien sûr que si. Si personne ne ramasse les poubelles, les rats sortent des égouts. Tu n'as qu'à regarder dans le passé les villes qu'on a laissées sans ramassage des immondices durant une longue période. C'est l'armée qui a fini par s'en charger pour éviter les épidémies. » Gronde Heero.

-« Tu vaux mieux que ça ! » Insiste Quatre.

-« Je n'ai aucun diplôme, je n'ai pas envie de m'enfermer dans des salles de classe ou dans des bureaux après. » Expose Yuy le regard noir.

-« Duo ! » Finit par lâcher Winner puisqu'il n'avait pas encore donné son opinion.

-« Il n'y a pas de sot métier, il n'y a que des sottes gens. » Répond le susnommé.

L'orchestre commence à jouer. Heero quitte ses amis pour venir inviter Relena à danser et qu'elle puisse ouvrir le bal, vu qu'elle n'a pas l'air d'avoir de cavalier attitré.

Relena est aux anges. Elle a bien vu que Heero ne l'a pas quittée des yeux. Elle avait demandé discrètement à Dorothy de faire débuter le bal pour voir la réaction du métis. De le voir arriver, elle se disait que son régime fonctionnait, bientôt, ils s'aimeraient ouvertement.

Yuy, lui, estimait pouvoir lui rendre ce service. Il lui avait dit un jour qu'il serait toujours là tant qu'elle aurait besoin de lui et il ne faisait que tenir sa promesse, comme il l'avait expliqué à son amant.

-« Tu es très en beauté. » Dit-il en l'entraînant vers la piste.

-« Merci Heero. » Minaude-t-elle en se laissant tournoyer.

Les trois autres pilotes regardent Maxwell comme s'il était un extraterrestre, le premier à se ressaisir c'est Quatre.

-« Tu aurais pu nous soutenir. » Accuse-t-il.

-« Il est heureux, bien dans sa peau. Il fait ce qu'il a envie de faire pour son bonheur et non pour honorer des missions. La dernière qu'il fait s'est être présent auprès de Relena. Il l'aide à se trouver sans se perdre. » Expose calmement Maxwell.

-« Il me semble que tu en sais des choses sur lui ! » Lâche septique Wufei.

-« Nous sommes en couple depuis sept mois. » Répond Maxwell.

Le morceau de musique touchant à sa fin, Duo quitte le groupe pour danser avec Relena.

-« Ils n'ont pas l'air de personnes amoureuses. » Persifle Chang.

-« Les apparences doivent parfois être maintenues. » Répond Trowa en faisant un clin d'œil à Quatre qui lui sourit tendrement.

Barton remplace Maxwell, Quatre prend la relève. Wufei ne pouvait pas ne pas participer à l'action commune. À cinq, ils partagent les danses avec Relena quand on ne vient pas l'inviter naturellement de manière à ce qu'elle ne fasse pas tapisserie.

µµµ

Dans son lit, Relena fait le bilan de la soirée. Elle n'a jamais autant dansé. Elle n'a jamais eu autant de cavaliers qui tous lui ont dit qu'elle était très en beauté, et elle avait senti qu'ils étaient sincères. Elle était encore plus impatiente de se faire opérer, si tout le monde avait remarqué une petite prise de poids de quatre kilos. Une poitrine plus généreuse ferait tomber Heero dans ses bras. Ils pourront marcher sur une plage les pieds dans l'eau lors d'un coucher de soleil. Ils pourront manger aux chandelles, les yeux dans les yeux. Tout sera parfait, ils seront heureux, discuteront sans jamais se disputer.

Oui, la vie sera magnifique. Dans trois jours, elle entrerait dans la clinique chirurgicale renommée. Sa prochaine sortie officielle sera pour le 14 février, elle enverra une invitation à Heero pour qu'il l'accompagne. Elle lui demanderait de passer trois jours avant la date de manière à le subjuguer.

µµµ

En sortant de la salle d'opération, Relena est conduite dans sa chambre. Une infirmière personnelle reste à son chevet pour surveiller son réveil.

-« Appelez-moi dès qu'elle a repris connaissance. » Insiste le médecin.

-« Oui docteur. » Dit la jeune femme en s'asseyant sur une chaise à côté du lit, elle sort un livre de poche pour lire.

Au bout de deux heures, Relena sort du sommeil. Elle gémit, des larmes coulent le long de sa joue. L'infirmière a déjà appelé le médecin en chef, puis elle introduit la seringue prévue à cet effet comprenant un puissant antalgique.

-« La douleur va bientôt passer. Pour mettre l'implant il faut mobiliser les muscles, c'est comme si vous vous étiez fait un claquage musculaire. » Explique d'une voix douce l'infirmière.

Le médecin, un homme d'une soixantaine d'années, les cheveux gris, des petites lunettes rondes sur le nez entre dans la chambre.

-« Vous nous avez fait une belle peur. » Dit-il avant de lui dire bonjour.

Relena ouvre de grands yeux sans comprendre la raison de son discours.

-« Vous avez fait un arrêt cardiaque, une réaction à l'anesthésie on croit bien. Il faudra éviter d'autres opérations non nécessaires pour que le problème ne se présente plus. » Expose l'homme en lui souriant pour la rassurer.

-« Mais… vous.. avez… pu… poser … les implants. » Arrive-t-elle à baragouiner.

-« Oui, oui, dans six mois, votre poitrine aura sa forme définitive. »

-« C'est long ! » Soupire la jeune femme.

-« Il faut laisser le temps au corps de se reposer et de se reconstruire aussi. Je vous laisse vous reposer. Dès le retrait des drains, nous pourrons envisager votre sortie. »

Doucement, elle replonge dans le sommeil pour se réveiller deux heures plus tard avec une envie pressante. L'infirmière étant toujours à ses côtés, elle lui demande de l'aider pour s'y rendre.

Mais en sortant des commodités, ce que Relena aurait voulu, c'est regarder sa poitrine. Alors elle détache sa blouse et retient un cri. Comment est-ce qu'elle allait pouvoir attirer un homme ? Elle avait des petits tuyaux qui sortaient à divers endroits de sa poitrine, elle n'avait plus d'auréole. Elle n'avait jamais eu une belle poitrine mais était fière de son auréole bien dessinée et son petit mamelon rosé. En se regardant dans la glace, elle se sentait défigurée, laide, hideuse. À ce moment précis, elle se dit qu'elle aurait mieux fait de ne pas écouter ses soi-disant amies. Elles avaient sûrement voulu l'enlaidir par jalousie.

Une larme coule le long de sa joue.

-« Ne pleurez pas mademoiselle, elle sera belle votre nouvelle poitrine, vous verrez, le médecin l'a dit, il faut attendre. Dans deux mois, les cicatrices commenceront à disparaître. » Rassure l'infirmière.

-« Vous êtes sure ? » Interroge-t-elle plaintivement.

-« Oui, j'en ai vu des poitrines à la sortie de l'opération et des plus laides que la vôtre. » Certifie la jeune femme.

-« Merci. » Dit Relena en partant vers son lit après avoir fermé sa blouse pour ne plus voir les dégâts.

µµµ

Si Duo préférait les ébauches que faisaient Heero quand il commençait une peinture, c'était surtout parce qu'elles étaient plus réalistes. Au début, Maxwell avait été très intrigué par une série de tableaux où justement on reconnaissait quelqu'un. Pour l'instant son compagnon travaillait sur cette série, une petite fille devant un arbre de Noël qui ressemblait à s'y méprendre à celui qu'il y avait dans la salle de bal de Relena, comme quoi une fois les danses commencées, il n'avait pas fait qu'observer la jeune femme.

Ici, Duo ne pouvait douter du personnage principal surtout avec le petit chien brun à ses pieds. Chaque chose que Heero appréciait. Il la faisait vivre en peinture à la gamine comme pour lui offrir une vie par peinture interposée puisqu'il lui avait ôté la vraie bien trop tôt. Il y avait eu la rentrée scolaire, une journée à la plage, une promenade dans le parc de Relena sous les cerisiers en fleurs. Ici, Heero devait avoir apprécié la beauté du sapin pour avoir eu envie de lui faire partager ce moment.

Sur un autre chevalet attendait Relena devant son miroir. Pour une fois, on la reconnaissait, comme la petite fille. Yuy voulait lui offrir pour la Saint Valentin, mais Duo avait réussi à le convaincre d'attendre son anniversaire qu'elle n'interprète pas mal son geste.

Fasciné par le tableau de la petite fille, Maxwell sursaute, il n'avait pas entendu son homme arriver.

-« Tu crois que ça lui plairait de vivre une Saint Valentin ? »

-« Je ne sais pas, tout dépend de l'amoureux. » Sourit tendrement Duo.

Depuis le temps, il avait arrêté de vouloir lui faire comprendre qu'elle ne pourrait pas les voir, ni ressentir les émotions qu'il voulait lui faire vivre.

Autant lui laisser expier ses fautes de cette manière, s'il culpabilisait moins quand il lui peignait un avenir.

Depuis peu, Yuy avait mis en entête de son site.

Si un tableau vous intéresse faites-moi une offre, si elle me convient, il sera à vous.

Quand l'œuvre partait, Heero ajoutait sur le tableau, sans l'ôter, Vendu, Il y avait de plus en plus d'amateurs.

La série de la petite fille avait beaucoup de succès.

µµµ

Malgré le problème au moment de l'anesthésie, Relena peut sortir dans les temps avec la longue liste des exigences, tel qu'un soutien-gorge chirurgical à porter jour et nuit durant les deux premiers mois. Des bandelettes pansements collantes à changer dès qu'elles se décollent et ça pendant quatre mois. Relena râle un peu, elle aurait mieux fait de se renseigner convenablement. Elle avait écouté d'une oreille distraite le discours du professeur avant l'opération, bercée par son imagination se voyant au bras d'Heero. Elle avait signé les autorisations sans vraiment les lire, chose qu'elle n'aurait pas fait avec un contrat durant son travail.

Elle avait aussi une ordonnance dans la main de manière à acheter des antalgiques, un antibiotique et un relaxant musculaire.

Son corps allait traiter l'implant comme un intrus. Comme il ne saurait pas le détruire. Il allait construire une membrane afin de l'isoler et de se protéger. Durant toute cette période, elle serait un peu affaiblie. Elle ne pouvait pas faire de sport pendant deux mois, mais ce n'était pas grave puisqu'elle n'en faisait jamais.

Arrivée chez elle, Relena monte sur sa balance et elle soupire, elle avait perdu deux kilos durant son hospitalisation. Il y avait eu le jeûne pour l'opération, puis elle n'avait pas pu se resservir, encore moins grignoter entre les repas. Tous ses efforts anéantis en cinq jours, elle en aurait bien pleuré, surtout qu'elle avait vraiment cru sortir de la clinique avec une belle poitrine, sans douleur.

Quand le médecin lui avait dit qu'elle devait attendre six mois pour qu'elle soit définitive et effectuer les premières retouches ainsi que reconstruire la plaque aréolo-mamelonnaire dans seulement quatre mois(1).

Elle préférait ne pas y penser. C'était trop horrible, il allait y avoir de nouveau des douleurs. Il faut souffrir pour être belle, mais parfois, elle se demandait si c'était nécessaire et si ce n'était pas un homme qui avait dit cette phrase. Et puis est-ce que Heero l'aimerait pour ce qu'elle devenait ? Mais il allait l'aimer au final c'était ça le plus important, du moins elle essayait de s'en convaincre pour se motiver.

Elle espérait bien oublier tout ça, et quand Heero l'accompagnerait à tous les galas quand il serait son chevalier servant. Ce ne serait qu'un mauvais souvenir. Mais pour arriver à cet objectif, elle devait reprendre du poids, attraper plus de hanches, plus de fesses aussi. Elle se dirigea vers le frigo pour prendre deux flancs et les mangerait dans son bureau en même temps qu'elle regarderait ce qui s'était passé en son absence. C'était bien de penser à soi, mais elle avait la paix à préserver, elle avait accepté des responsabilités qu'elle ne pouvait pas oublier.

µµµ

Au bout de quatre mois, on lui avait reconstruit les mamelons grâce à des petits lambeaux de peau locale enroulée sur elles-mêmes, une anesthésie locale avait été nécessaire, son cœur s'était à nouveau emballé. Le médecin avait eu peur et lui avait interdit d'avoir d'autres anesthésies, le risque était trop grand.

-« Il me semble que vous avez pris pas mal de poids. » Constate le médecin quand Relena monte sur la balance pour la consultation post-opératoire du quatrième mois.

-« J'étais un peu maigre, je me plais beaucoup plus ainsi. » Affirme-t-elle du ton qu'elle utilise quand elle veut qu'une loi passe.

-« Vous êtes à la limite du surpoids. » Dit-il après avoir rapidement fait le calcul.

-« Je vais faire attention. »

Mais sûrement pas aujourd'hui, ni demain, elle allait fêter son dix-huitième anniversaire, plusieurs fêtes étaient prévues. Elle n'avait pas envie de se priver. Elle voulait voir le regard émerveillé de Heero quand il la verrait apparaître dans sa robe de bal rouge, sa poitrine bonnet D mise fièrement en évidence et qui masquait les cicatrices qu'elle avait toujours sous celle-ci dont elle avait encore très honte. Elle n'avait pas envoyé d'invitation à Heero pour le bal de la Saint-Valentin pour finir, elle ne se sentait pas suffisamment belle à ce moment là pour l'affronter. Mais maintenant elle se sentait resplendissante.

Il faudrait aussi qu'elle refasse sa garde-robe, elle n'entrait plus dans le XS et le S qu'elle mettait depuis qu'elle était adolescente, encore moins dans le M qu'elle avait acheté dernièrement. La femme de Pagan, lui avait prêté des vêtements L quand elle avait constaté que ceux qu'elle mettait d'habitude n'était pas revenus de la blanchisserie, mais elle flottait dedans et ce n'était pas du tout son style, celui-ci était un rien vieillot.

En sortant d'ici, elle irait faire les boutiques et acheter le strict nécessaire en taille M et L, qu'elle ne doive pas encore perdre son temps dans les magasins à refaire sa garde-robe si elle prenait encore un peu de poids.

Elle n'avait rien prévu jusqu'à la fin de la semaine, elle allait vérifier le contenu de son dressing, trier et préparer des lots de vêtements à donner à des associations pour faire de la place pour ses nouvelles acquisitions. Vu sa nouvelle poitrine, il y avait des blouses dans lesquelles elle ne rentrerait plus jamais donc autant faire plaisir à des homes, des associations de sans-abris.

D'un autre côté, cette impression de ne pas avoir faim était agréable. Elle veillerait à ne plus grignoter entre les repas et s'octroyer simplement un dessert chose qu'elle ne faisait jamais auparavant. Ça faisait aussi un moment qu'elle ne se retournait plus sur le regard désapprobateur de sa mère durant les rares repas en famille qu'elle faisait.

On lui confiait la paix dans l'univers, elle était bien capable de faire des bons choix pour elle.

À suivre…

Accueil - Chap 2

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(1) normalement c'est une opération qu'on doit faire six mois après la pose des implants, mais si j'avais gardé la chronologie j'aurai eu un problème dans les dates de l'histoire. ^_^