banniere

Accueil Qui suis-je ? Fanfictions Fictions originales Fictions en commun

Disclamer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages sont ma propriété et mon invention.

Genre : friendship, romance, hurt/confort.

Rating : T

Acteurs : Heero, Duo, Hilde


La vie c'est parfois quitte ou double.


Duo et Heero trouvent refuge dans un hôtel pas trop loin de la maison de Maxwell. Yuy était tellement heureux qu'il avait eu envie de faire l'amour, c'est même la première chose qu'ils ont faite une fois dans leur chambre.

Pour Duo, tout n'est pas réglé, il y a une nouvelle vie à installer. Heero sentant toujours une tension dans son homme s'installe sur son torse qu'il caresse doucement.

— Et si on prenait un appartement à Sank ?

— Ro', c'est trop loin. Je ne verrai plus jamais ma fille, s'indigne Maxwell.

— Oui, c'est vrai, il lui faudra une chambre, réalise-t-il.

Maxwell sourit et lui embrasse le front.

— Tu crois qu'elle va savoir payer la maison ? Sinon, c'est à elle de partir de chez toi.

— Ro', je vais payer la maison, je ne vais pas déraciner Ondine. Et puis je lui dois bien ça à Hilde, après le coup que je viens de lui faire.

— Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu, mais c'est elle qui n'a plus accepté tes conditions.

— Ne parlons plus de ça. Je chercherai un logement dès demain et tu t'occuperas des rapports.

— Je vois que rien ne change pour moi, sourit Heero.

— Je t'aiderai à préparer la mission, réplique Duo en lui caressant la joue.

— On verra où tu en seras. Il faudra le meubler, à moins que tu ne cherches un meublé, mais ça existe un avec des chambres ?

— Je ne sais pas.

Au moins, il allait pouvoir profiter plus de son homme et ne pas courir derrière les missions pour l'avoir un moment rien qu'à lui.

Au matin, Duo se rend dans une agence, il va devoir prendre un petit appartement et le meubler. Il ne pouvait pas accueillir sa fille dans un studio et il ne voulait pas devoir faire attention à leurs jeux nocturnes s'ils dormaient dans le salon les jours où elle était là.

Rapidement, il trouve son bonheur dans la liste des propositions à moins de deux kilomètres de chez Hilde même si c'est un quartier moins bien coté, ils savent se défendre tous les deux. Avant de signer, il veut savoir si ça convient à son compagnon alors il fait un saut jusqu'à l'hôtel.

— Heero, tu veux venir le visiter avec moi ? demande-t-il en poussant la porte de la chambre.

— Bien sûr, ça va être notre petit nid d'amour, sourit-il.

Il range ses documents, ferme ses fichiers et plaque son PC.

L'appartement est de plain-pied, il comprend deux chambres, une salle de bain, un salon avec un coin salle à manger et une cuisine qui est déjà équipée. Le loyer est élevé, seulement, ils n'ont pas envie d'acheter quelque chose.

Ils signent le bail et décident de se rendre dans un magasin de meuble en kit, ça coûtera moins cher.

Au bout de deux jours, ils peuvent quitter l'hôtel pour s'installer chez eux, il y a bien encore quelques meubles à monter, mais ça les occupera la fin de la semaine. Comme l'appartement est dans un état acceptable, Duo décide qu'il est temps d'aller demander un droit de visite. Il a bien vu sa fille plusieurs fois, mais sans pouvoir la prendre chez lui. Il allait s'en occuper le matin avant de la déposer à la garderie où Hilde la reprenait.

— Ro', demain j'irai voir Ondine pour le droit de visite. On repart quand ?

— Je ne sais pas, je n'ai pas encore eu la nouvelle mission.

— C'est long cette fois ! s'étonne Duo.

— Je trouve aussi, dit-il.

Même s'il ne lui avouera pas que ça aurait toujours pu être ainsi.

Maintenant qu'il avait Duo pour lui, il voyait que l'existence à deux n'était pas si idyllique que ça. Il lui manquait du piquant dans sa vie. De ne pas devoir jouer, ruser pour voler du temps à Hilde. Du coup, son amant devenait moins intéressant. Pourquoi ? Ça avait pourtant été son objectif pendant tellement d'années, il ne se comprenait plus.

Quand il était seul dans son bureau, qui serait aussi la chambre d'Ondine, il y réfléchissait. Est-ce qu'il avait déjà été satisfait de ce qu'il avait ? Même quand J le félicitait, il avait l'impression qu'il aurait pu mieux faire. Il avait obtenu que la petite s'appelle Ondine et il ne l'avait pas aimée plus pour autant. Avec le temps, il s'était rendu compte qu'elle lui prenait des moments précieux qu'il aurait pu passer rien qu'avec son homme, il avait fini par la considérer comme une rivale au même titre qu'Hilde. Mais une gamine de deux ans, il ne voyait pas l'intérêt de se mesurer à elle, une victoire n'aurait pas eu de valeur à ses yeux. L'adversaire était bien trop faible.

Duo sonne à la porte de chez Hilde. Il est nerveux, même si les premiers contacts se sont toujours bien passés, ici et va démarrer d'autres démarches qui peuvent perturber sa fille.

— Vous n'êtes pas encore parti ! s'étonne Hilde en voyant qui est là.

— J'aurai aimé avoir Ondine ce week-end, dit-il sans relever.

— Viens, entre. Tu ne trouves pas étrange que vous soyez toujours sur L2 ? dit-elle en lui montrant un fauteuil.

— Un peu, mais ça fait du bien. Ça m'a permis de faire les travaux d'aménagement, répond-il en s'installant en face d'elle.

— Duo tu es intelligent, ça devrait aussi te sauter aux yeux.

— Je ne suis pas là pour parler de ça. Je peux oui ou non ?

— Bien sûr, tu peux venir la chercher vers dix heures et ramène-la-moi dimanche vers dix-huit heures. Il faudra bien qu'on discute d'autres choses.

— Je vais continuer de payer la maison, ne te tracasse pas et les factures qui vont avec l'habitation.

— Merci, dès que tu es ici, si tu veux garder la petite le matin comme avant, il n'y a pas de problèmes à mes yeux.

— Tu n'as même pas l'air de m'en vouloir, soupire-t-il. Heero aurait raison ?

— Tout dépend de ses paroles. Je t'aime Duo. Je t'aimerai sûrement toute ma vie, mais toi tu voulais maintenir quelque chose qui me détruisait. J'ai aimé notre relation à trois, j'ai apprécié Heero sincèrement pour sa générosité, au début. Puis les choses se sont dégradées, je devais penser aussi à Ondine. Je peux continuer à t'aimer à travers elle, puisqu'elle est toi aussi, répond calmement Hilde.

Maxwell regarde ses mains, très mal à l'aise avant de dire d'une petite voix.

— Je suis désolé.

— Il n'y a aucun problème. Tu devais plus être fait pour Heero. Je n'aurais pas dû accepter de revenir il y a trois ans. Si c'était à refaire, je ne le ferais pas. Là, j'aurais peut-être pu t'oublier.

— Hilde !

— Je ne dis pas ça pour te récupérer. Je veux juste être honnête avec toi.

Duo finit par partir sans avoir vu sa fille.

En poussant la porte de son nouveau domicile, il voit Heero venir à lui et tous ses tracas volent en fumée. Non, son amant ne s'éloigne pas, il s'est fait des idées, c'est juste qu'il a toujours été soit avec lui soit avec Hilde, il a perdu l'habitude d'avoir du temps pour lui.

— Lady Une vient d'envoyer une mission, on va repartir.

— Pas avant lundi au moins ? s'alarme Maxwell.

— Tu peux avoir Ondine !

— Oui et ici je ne l'ai pas vue, elle était à la sieste.

Yuy regarde sa montre, il est seize heures.

— Tu le sais pourtant qu'elle dort jusqu'à cette heure-ci. Tu voulais voir Hilde ? accuse Heero.

— Peut-être inconsciemment pour régler les dernières choses.

Heero croise ses bras sur son torse, scrute son amant à la recherche d'une preuve qu'il joue double jeu.

— Ro', on peut rester jusqu'à lundi ?

— Oui, il faut encore la préparer cette mission, mais on part dimanche soir.

— Merci. Elle ne te manque pas à toi Ondine ?

— Non.

Cette réponse est pour Duo une vraie douche froide.

µµµ

Après un an de vie en commun avec Heero, Duo peut le dire, son monde s'est écroulé petit à petit.

Heero râlait et se terrait dans leur chambre dès que la petite était chez eux. À un tel point qu'un bout de deux mois, Duo avait recommencé à la garder chez Hilde le matin quand ils étaient là. Du moins, il avait fait ça jusqu'à ce qu'elle rentre à l'école.

Seulement, il souffrait de ne pas pouvoir la voir autant qu'il aimerait. Si bien que durant les congés scolaires, il la gardait le matin avec énormément de plaisir dès qu'il le pouvait.

Si la première fois qu'il avait eu sa gamine, Heero avait accepté de repousser la mission, la fois suivante, il était parti sans lui. Il avait refermé violemment la porte de leur appartement après lui avoir dit :

— Dès que tu en es débarrassé, tu peux venir me rejoindre, j'ai laissé l'adresse sur le bureau.

La troisième fois, Heero était parti avec un collègue, ne lui laissant pas la possibilité de le rejoindre à la fin de son week-end de garde.

Duo sentait tellement s'éloigner son homme qu'à la quatrième fois, il préfère ramener Ondine en avance et partir directement avec son compagnon. Il faisait des efforts, sacrifiait sa fille, il essayait de sauver son couple autant qu'il avait voulu maintenir son trinôme.

Avec le temps, il commence même à avoir des tensions en mission. Maxwell peut le dire, il n'est pas heureux. D'autant plus qu'il a l'impression que son amant fait exprès de partir quand il a Ondine pour qu'il n'en profite pas et ne puisse pas créer des liens avec elle.

Après un an, il ne sait plus ce qu'il doit faire pour retrouver le bonheur.

Les vacances de Pâques sont bientôt là, Hilde sourit quand Duo sonne à sa porte.

— Je suis contente que tu sois de retour de mission.

— Ah bon !

— Oui, Monica m'a proposé de partir quinze jours en vacances avec elle. Veronica qui devait y aller vient de se casser la jambe. J'allais refuser n'ayant personne pour Ondine.

— Oh et tu pars quand ?

— Vendredi à quatorze heures, il faudra aller chercher Ondine à l'école.

— Pas de problème, je viendrais chercher sa valise jeudi soir et je m'arrangerai pour ne pas partir en mission, sourit Maxwell.

Il est heureux d'avoir sa fille, mais il avait cru à autre chose. Cela lui avait réchauffé le cœur sa petite phrase, cela lui avait fait du bien à son orgueil de voir que quelqu'un était heureux de sa présence. Depuis quand n'avait-il pas ressenti ça ? Il ne saurait pas le dire.

Bien sûr, Duo avait prévenu son amant de cette opportunité en lui signalant qu'il avait déjà accepté. Pour ça, même s'il faisait la tête, il ne lui avait encore jamais dit qu'il ne devait pas la prendre. Jeudi soir, Maxwell va chercher la valise.

Tout heureux, il se présente à l'école afin de la ramener à la maison le vendredi à seize heures. Après le week-end, la gamine aura encore une semaine de classe après elle serait en vacances chez son papa.

Si la période scolaire n'avait pas particulièrement gêné Heero, il profitait de son homme durant la journée et il s'éclipsait dès le retour de l'école dans sa chambre, allant jusqu'à manger à l'extérieur. Il rentrait quand il savait l'enfant au lit afin de profiter de la soirée avec son amant. De toute façon, Yuy avait prévu de partir en mission dès le vendredi soir suivant pour ne pas être incommodé par sa présence. C'est en ces termes qu'il l'avait présenté à son compagnon.

Duo en était resté blessé au plus profond de son cœur, il adorait sa fille tendrement. Pour la voir plus, il serait capable de se faire caserner si ça existait chez les Preventers.

Manque de pot pour Heero la mission s'était terminée beaucoup plus vite qu'il ne l'aurait désiré. Quand il pousse les portes de son appartement, il sait qu'Ondine est encore chez eux pour au moins cinq jours, s'il n'arrive pas à la faire ramener chez sa mère le vendredi.

Le tableau qu'il voit n'a rien pour le faire sourire, son amant est en train de faire un puzzle sur la table basse du salon avec la gamine.

— Elle est toujours là ! soupire-t-il en guise de bonjour.

— Oui, toi aussi tu m'as beaucoup manqué, lâche Maxwell le regard noir.

— Pardon, tu m'as aussi manqué, dit-il en lui donnant un baiser.

Puis il part vers la cuisine pour se servir une tasse de café. Il revient avec elle et s'installe en face de son compagnon.

— Je suppose qu'elle ne fait plus de sieste.

— Plus à trois ans et demi, Ro'.

Heero soupire, dépose sa tasse sur le guéridon et se lève en disant :

— Il faudra bien attendre ce soir.

— Présenté comme ça, ça ne me donne aucune envie.

Heero attrape son sac de voyage pour le trier et lancer une machine. Duo décide d'aller le retrouver. Il peut comprendre que son amant se sente négligé, il ne lui a pas demandé, il lui a imposé la garde de sa fille.

Maxwell entre dans la buanderie tout sourire pour venir embrasser son amant. Ce dernier met le programme en route, il lâche en râlant :

— Tu aurais pu la garder chez sa mère, comme quand tu y vas le matin.

— On ne se serait pas vu ! Et quand j'y vais, tu pestes ! s'exclame Duo.

— Peut-être, mais au moins, je ne serais pas encombré par elle.

— Ro' c'est ma fille ! J'ai parfois l'impression que tu veux faire le vide autour de moi.

— Je t'aime, c'est normal !

— Non, Ro' ce n'est pas normal, dit-il en quittant la pièce.

Heero entre dans le salon en soupirant, il croit bien qu'il est allé un peu fort cette fois, il va finir par perdre son compagnon.

— On ne va pas se disputer ?

— Je ne te suis plus, Heero. J'ai parfois l'impression d'être un yoyo dans tes mains. Un coup, on est proche, la fois d'après tu t'éloignes ou tu fais tout pour que je m'éloigne.

— Ce n'est pas tout à fait faux, admet-il en s'installant dans le divan.

Maxwell écarquille des yeux, il ne s'attendait pas à ça.

— Quand tu t'éloignes, je peux te reconquérir, sourit Yuy.

— Tu sais que ça casse la confiance à la longue.

— Ne sois pas idiot, ça met du piment.

Duo soupire et se concentre sur sa fille qui fait un coloriage maintenant, elle s'applique à ne pas dépasser.

Heero n'était resté que deux jours avant de décider de repartir.

— C'est une mission pour un, mais si tu viens me retrouver quand elle est partie, ça ne ferait plaisir, dit-il en se pendant au cou de son homme.

— Je verrai, je dois faire le point.

— J'ai besoin de toi ! s'alarme Yuy.

— Alors, reste, lâche Duo comme une bouteille à la mer.

— Je ne peux pas, j'ai déjà accepté la mission.

µµµ

Quand Duo ramène sa fille à sa mère, le dimanche vers dix-heures. Hilde voit bien que le père de son enfant n'est pas au mieux de sa forme.

Ondine s'était jetée dans les bras de sa maman qu'elle n'avait pas vu depuis quinze jours et après un gros câlin, elle était montée dans sa chambre, ses jouets lui avaient manqué également.

— Duo tu veux entrer pour me parler ?

— Tu es gentille Hilde, mais ça va, sourit-il bravement.

— Non, je le vois bien. Il y a eu un problème avec Ondine ?

— Sauf que Heero ne l'aime pas, non pas du tout, elle a été adorable.

— Viens, ne reste pas dehors. Tu sais même quand vous viviez ici, je le savais qu'Heero n'aimait pas notre fille. Il ne s'en occupait jamais, ne la regardait pas. Quand elle a commencé à bouger et qu'elle se dirigeait vers lui, il la fuyait.

— S'il n'y avait que ça. Je suis de plus en plus malheureux, je crois que je vais le quitter. Je me rends compte que j'ai fait la plus grosse erreur de ma vie en partant.

— On va mettre ça sur le compte de la jeunesse, sourit-elle.

— On peut être jeune sans être con, soupire-t-il. J'ai cherché un bonheur que j'avais avant même qu'Heero ne m'embrasse la première fois. J'étais heureux à l'époque et il est venu tout compliquer.

— Au moins, ça t'aura permis de savoir ce que tu veux, dit-elle.

— Oui, même si ce n'est peut-être plus réalisable. Je vais te laisser, dit-il en se mettant debout.

— Heero t'attend ?

— Non, il est parti en mission.

— Tu veux rester souper ?

Maxwell hésite, Ondine revient dans le salon et se jette dans ses bras finissant de le décider. Ils mangent ensemble, Hilde raconte son voyage, ce qu'elle a découvert. Duo et Hilde discutent encore tard dans la soirée après avoir couché la gamine pour la nuit.

— Reviens quand tu veux, dit-elle de la porte.

— Je suis désolé pour tout ce gâchis.

— Tu as les cartes en main Duo. Je t'aime, mais je ne supporterai plus de devoir te partager.

En arrivant à son appartement, Maxwell hésite un peu, mais pas longtemps. Il n'ira pas retrouver Heero, il n'en a pas envie, ça lui arrive de plus en plus souvent alors qu'il y a deux ans, il aurait couru le retrouver au bout de l'univers.

Là, il préfère réfléchir à sa vie et ses désirs. Une soirée comme il vient d'en passer avec Hilde à parler de la pluie et du beau temps, des progrès d'Ondine, il n'en a jamais avec Heero. C'est le travail et le cul, cela a toujours été ainsi aussi loin qu'il s'en souvienne depuis qu'ils sont ensemble. Il veut plus.

— Est-ce qu'elle m'a demandé implicitement de revenir ? dit-il tout d'un coup à voix haute.

Est-ce qu'il en a envie ? La réponse est oui. Mais cette fois, il veut lui prouver qu'il n'est pas un égoïste, qu'il peut aussi penser à elle. Alors demain, il ira se présenter à la police de L2 pour voir si elle engage. Sinon, il prendra le premier poste qu'on lui propose et quittera Heero. Il va commencer par descendre dans un hôtel, le temps qu'il faudra pour qu'elle lui fasse confiance.

µµµ

Quand Heero revient, il s'étonne de trouver l'appartement vide. Il avait été très déçu que Duo ne vienne pas le retrouver. Là, il est encore plus contrarié de ne pas le voir à la maison. Puis il sourit, il le perd, il va pouvoir se remettre en chasse derrière lui, le reconquérir.

Il est certainement chez Hilde, c'est là qu'il se rend, elle a fini le travail à cette heure.

Il sonne, elle vient ouvrir rapidement.

— Duo est là ?

— Non, je ne sais pas où il est, mais il ne m'a pas prévenu qu'il n'irait pas chercher Ondine à l'école.

Heero se retourne pour partir. En jetant un regard par au-dessus son épaule, il voit qu'elle le regarde en souriant légèrement. Il se trame quelque chose. Comme il doit attendre une heure et demie avant de pouvoir se rendre à l'école, il rentre chez lui.

Il laisse circuler son regard et réalise qu'il manque certains objets, des bibelots, des cadres. Il va dans la chambre, les vêtements de son homme n'y sont plus, s'il était en mission, il resterait des affaires et il n'irait pas chercher sa fille à l'école.

Pris d'un doute, il téléphone à Lady Une.

— C'est Yuy, Maxwell est sur une affaire ? Il a besoin de moi ?

— Maxwell ne fait plus partie de nos effectifs depuis trois jours. J'attends votre rapport rapidement.

— Je vous l'envoie dans l'heure.

Le sol s'effondre pour Heero. Il doit avoir une discussion avec son amant et le plus vite possible. Encore une chance qu'il a fait son travail dans la navette qui le ramenait sur L2 en vue d'une bonne partie de jambes en l'air avec son compagnon. Parce que là il n'a plus la tête à le rédiger.

Pourtant, il va devoir attendre la sortie des écoles. Est-ce qu'il a déjà emménagé chez Hilde ? Est-ce que c'est pour ça qu'elle souriait ? Il a cru qu'il maîtrisait la situation alors qu'elle lui échappait.

Là, le jeu n'est plus du tout amusant.

µµµ

Il a tourné en rond dans l'appartement jusqu'à l'heure du départ. Il est un des premiers adultes devant l'école. On le dévisage un peu chaque fois qu'il y a de nouveaux parents qui arrivent.

Heero finit par repérer son homme qui vient du bout de la rue. Il a envie de se précipiter à sa rencontre, se jeter dans ses bras, ça a toujours marché. Il lui sourit et avance dans sa direction. Maxwell ne répond pas à son sourire, il esquive quand il cherche à l'embrasser sur les lèvres. Il marche près de son homme puisqu'il ne s'arrête pas.

— Pourquoi as-tu quitté notre appartement ? demande Heero.

— Je ne suis pas un jouet Heero. On ne vit rien ensemble. J'ai besoin de plus. J'ai envie d'une vie de famille, d'offrir cela à Ondine.

— Alors tu es retourné chez elle, sans me laisser une chance, s'indigne Yuy.

— Je suis à l'hôtel pour l'instant. Je voulais d'abord rompre avec toi, mais ça ne se fait pas par mail ou téléphone. Et tu as eu ta chance, tu n'as pas su la saisir, rétorque froidement Duo le regard rivé sur la sortie.

— Lady Une m'a dit que tu avais démissionné !

— Oui, je commence lundi à la police. Il y a des pauses, mais je rentrerai tous les soirs ou midi, ça me convient mieux.

— Duo, je peux être ton coéquipier ? supplie presque Heero.

Maxwell se tourne vers lui pour la première fois et le dévisage surpris. Est-ce qu'il a envie de ça ? Un peu, mais combien de temps Heero accepterait cette vie ? Il croit bien avoir vu son vrai visage durant cette année. S'il cède maintenant, il est reparti dans un cercle infernal où il va être malheureux, Heero aussi et Hilde encore plus.

— Non, tu vas pouvoir te rapprocher de Sank comme tu le souhaitais.

— Duo, j'ai besoin de toi ! Je t'aime.

— Je ne crois pas ou ta façon d'aimer me détruit, détruit tout.

Ondine arrive vers son père qui l'embrasse, elle fait un signe de la main timide à Heero qui ne lui répond pas.

Duo prend la main de sa fille et l'emmène sans un regard en arrière.

Heero les voit partir. Il ne sait plus ce qu'il doit faire, c'est bien la première fois en quatre ans. Il ne veut pas perdre ou le perdre, non perdre serait plus juste oui. Il gagnera et cette fois il fera attention à donner assez d'amour à Duo pour qu'il ne reparte pas, il est à lui.

Sa décision prise, Heero se rend chez Hilde pour la prévenir. Il sonne et attend. Hilde écarquille des yeux en le voyant.

— Je le récupérai, je ne te laisserai pas gagner, dit-il froidement.

Maxwell apparaît derrière le dos de la jeune femme.

— Heero, tu as perdu ! Je ne suis pas un lot de kermesse. Je ne suis même plus persuadé que tu te serais intéressé à moi si j'avais été seul. Et même si Hilde ne veut pas de moi, je ne reviendrai pas vers toi. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble, je n'y crois plus.

Puis il ferme la porte sur son ancien amant sans un regret. L'attitude d'Heero vient de lui donner envie de vomir.

— Tu l'as quitté ? s'estomaque-t-elle.

— Oui depuis quatre jours, même si je ne lui ai dit que tout à l'heure.

— Si tu veux, tu peux revenir, c'est ta maison. J'attendais depuis un an que tu te rendes compte de son vrai caractère.

— Hilde, ne précipitons pas les choses, reprenons au début, allons à notre rythme. Je me rends compte que je dois aussi regagner ta confiance après tout ce que je t'ai fait. Je ne veux pas que tu puisses regretter un choix fait dans la précipitation.

— Je sais que je ne regretterai pas, je t'aime de trop pour ça. Vivre sans toi a été une torture.

Duo vient lui caresse doucement la joue avant de l'embrasser tendrement. Il ira chercher ses affaires plus tard à l'hôtel et si Hilde le chasse un jour, il n'aura qu'à s'en prendre à lui-même.

La vie n'est pas un jeu et encore moins l'amour

FIN

Chap 3 - Accueil

Si ça vous a plu, vous pouvez m'envoyer un MP

Merci de signaler pour quelle histoire vous m'écrivez

Écriture terminée le 20/10/2019