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Disclamer
: Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j’essaye de ne pas
les
abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre
: friendship, romance. Tranche de vie.
Rating
: K+
Séquelle
:
La coupe est pleine
Acteurs
:
Heero, Duo, Quatre.
Lectrice
01 :
Arlia Eien
Note
de l’auteur :
Pour Mimi Yuy puisqu’elle m’avait demandé la
suite.
Le
petit train de la vie.
AC
207
Un
petit train descend d’Antibes vers Juan-les-pins. Ce n’est pas un vrai
train,
il est fait avec une jeep maquillée en locomotive qui tire trois
remorques
bâchées ressemblant à des wagons pouvant transporter jusqu’à dix
personnes
chacune.
Le
conducteur sourit en voyant l’aubette qui sert à vendre les tickets. Il
va
retrouver celui qui est son compagnon depuis un an maintenant. Duo
n’aurait pas
cru trouver cette stabilité surtout avec tout ce qui lui était arrivé
ces six
dernières années.
Flash Back (AC 201)
Les
choses ont été rapides, un peu comme dans un conte de fées, sauf qu’il
contient
deux princes charmants.
Si
Duo se doutait qu’Heero viendrait le draguer, il ne s’était pas attendu
à un
tel plan de sa part.
Comme
tous les soirs, le natté se trouve dans l’appartement de Winner. Il y
avait une
semaine que le blond avant transmis à Yuy les coordonnées du bateau qui
avait
été à l’origine d’un malaise entre le natté et le métis. Un bateau qui
avait
fait battre le cœur du châtain.
-«
Tu ne m’avais pas dit que tu chercherais le propriétaire de Monlulu ? »
Interroge Maxwell.
Ils
venaient de finir de mettre en commun les données récoltées sur leur
enquête.
-«
Si c’est fait. » Répond le blond en faisant un tas impeccable des
dossiers
qu’ils avaient utilisé pour les déposer sur un coin de sa table de
salon.
Il
allume son portable personnel pour entreprendre son deuxième travail de
la
journée qui lui plait bien moins, mais lui rapporte bien plus.
-«
Pourquoi ne me les as-tu pas données ? » S’indigne le natté en se
redressant
dans son fauteuil.
-«
Parce que quelqu’un me les a demandées avant toi. » Avoue Winner d’une
voix
posée.
-«
En quoi ça la concernait cette personne ? » Peste le châtain.
-«
Elle m’avait promis de te les transmettre. J’ai cru que c’était fait. »
-«
Bin non. » Bougonne Maxwell. « Je suppose que tu ne les as plus ? »
-«
Non, mais aujourd’hui je n’ai pas le temps, je te les referai demain. »
Répond
toujours aussi calmement Quatre.
Mais
au fond de lui, il bouillait un peu. En une semaine, Heero aurait pu
trouver le
temps de les donner à Duo. Encore une chance qu’il avait trouvé
facilement les
coordonnées et que ça ne lui demanderait pas trop de travail de refaire
les
recherches.
Le
natté regarde sa montre, il est 22 heures, il est temps pour lui de
regagner sa
cage à poule.
-«
On se voit demain au bureau ? »
-«
Oui Duo, après ma réunion au siège social de la société. Il faut bien
faire
acte de présence de temps en temps. »
Maxwell
se lève pour rentrer, il avait assez abusé de la gentillesse naturelle
de
Quatre, quand il avait réunion le lendemain, il aimait être tranquille
pour
préparer les choses.
Quand
il arrive chez lui et qu’il introduit la clef dans la serrure, la porte
de son
voisin s’ouvre, Yuy en sort.
-«
Je t’attendais. » Admet le métis.
-«
Pour ? » Questionne le châtain en laissant son geste en suspend.
-«
Pas dans le couloir. »
-«
Viens. »
Duo
ouvre la porte pour l’inviter à entrer chez lui. Heero regarde les murs
peints
en bleu clair. Il y a aussi deux, trois agrandissements de son lieu de
vacances. Ces quelques modifications rendent l’appartement de fonction
minuscule
plus accueillant.
-«
Tu veux un cacao chaud ? » Propose Maxwell après avoir fermé la porte.
-«
J’aurai préféré un café. »
-«
Un filtre à cette heure, je n’en bois plus. »
Le
natté met deux poêlons à chauffer sur deux espaces de la taque de
cuisson dans
un coin de sa pièce pour vivre. Dans les cinq minutes, il revient avec
son
cacao et une tasse avec un filtre dessus.
Pendant
ce temps là, le brun avait fini l’inspection de la pièce. Dire qu’ils
se
connaissaient depuis six ans, qu’ils étaient voisins depuis quatre ans
et que
c’était la première fois qu’il mettait les pieds dans l’appartement du
natté.
Ce
dernier était à l’image du jeune homme, chaleureux et discret, sans
fioriture.
Deux, trois bibelots pour égayer mais plus ça aurait fait surchargé.
-«
Assieds-toi. » Invite le châtain en déposant la tasse sur l’unique
table de la
pièce devant une chaise, s’installant sur l’autre.
-«
Je n’ai pas pensé à aménager mes pièces. » Avoue le métis en s’asseyant.
-«
Le gris me tuait, ça me donnait encore moins envie de rentrer. »
-«
Ca fait trois jours que je te guette. Cette fois, j’ai laissé ma porte
entrouverte, tu es le dernier de l’étage à rentrer, pourtant le premier
à
partir du travail. »
-«
J’ai difficile de me remettre dans le bain après mes vacances. » Admet
le natté
en mélangeant le sucre dans son cacao pour le faire fondre.
-«
Je vois ça ! » Lâche platement le brun.
-«
C’est pour me faire des reproches que tu es là ? » Interroge Duo en
soulevant
un sourcil.
-«
Non te faire une proposition. »
-«
Honnête ? » Questionne Maxwell se retenant de sourire.
Duo
avait envie de se faire draguer, qu’il lui montre qu’il y avait un peu
de
sentiments, qu’après un bon moment à deux, il ne se retrouverait pas
seul, il y
avait trop longtemps qu’il se sentait seul.
-«
Pourquoi ça ne serait pas honnête ? » S’informe le brun en mettant son
filtre
sur la soucoupe qui était en dessous du filtre au début.
-«
Tu sais entre ex-terroristes, on ne peut pas dire que tout a toujours
été
honnête. »
Duo
voit que Heero cherche comment remettre son sujet sur le tapis. La
proie avait
envie de jouer avec le chasseur. Maxwell savait Yuy déterminé quand il
croyait
en sa cause, mais est-ce qu’il y croyait un peu, beaucoup ou est-ce que
c’était
juste une idée en l’air ?
-«
Est-ce que ça te dirait de venir une semaine en Australie, entre Noël
et Nouvel
An ? »
Le
natté manque de recracher son cacao chaud qu’il venait de porter à sa
bouche.
Si c’était pour une mission, elle était planifiée bien longtemps à
l’avance !
-«
Tout dépend de la raison. » Admet le châtain quand il avale ce qu’il
avait en
bouche.
-«
Monlulu mouille dans la baie de la Rencontre à cette période là. Le 27
décembre, j’ai obtenu une sortie en mer à son bord. Pour le reste, je
te
laisserai m’apprendre à vivre. » Annonce le brun en portant la tasse à
sa
bouche tout en sondant le châtain du regard.
-«
On a encore droit à des congés ? » S’étonne Duo plus pour ça que pour
le reste
de la proposition.
-«
Bien sûr, une flopée. Lady une nous a seulement obligé à prendre le
minimum
légal pour ne pas se faire taxer dessus. » Rétorque Heero.
-«
C’est tentant. » Admet Maxwell en commençant à mélanger dans son cacao.
-«
Laisse-toi tenter. »
-«
Tout est confirmé ? » S’informe le natté pour gagner du temps et
surtout savoir
si Yuy lui laisse vraiment le choix.
-«
Tout est organisé. »
Le
brun commence à sentir ses nerfs lâcher. Qu’est-ce qu’il avait mal
analysé pour
que Duo ne soit pas plus enthousiaste ?
-«
Il y a cinq mois jusque là, c’est loin. »
-«
Tu pourras toujours y aller seul. » Propose le métis se rendant compte
de ce
qui peut retenir le jeune homme et la peur qu’il ressent.
-«
Pourquoi ce serait moi, c’est toi qui organise ? » Questionne le
châtain de
plus en plus septique.
-«
C’est toi qui en as surtout envie. »
Maxwell
continue toujours de mélanger son cacao, depuis le temps qu’il le fait
sans
boire, il va en faire du beurre.
-«
Donc j’ai rien à perdre et tout à gagner. »
-«
Je crois aussi. »
-«
Confirme, on verra bien. » Conclut le natté en enlevant la cuillère de
sa tasse
pour boire.
Heero
finit son café alors que Duo commence seulement à boire son cacao, dans
l’attente de la suite. Yuy se lève dépose sa tasse dans l’évier, à côté
de la
taque de cuisson et s’en va.
Maxwell
qui était face au couloir, le regarde partir sans faire un mouvement
pour le
retenir, il n’avait pas été habitué à ne pas devoir donner de
compensation
quand il recevait quelque chose. Mais le natté n’allait pas courir
derrière le
métis pour lui demander ce qu’il devait.
µµµ
Deux
jours plus tard, Yuy vient frapper à la porte du bureau du natté.
-«
Tout est réglé. »
-«
C’est bien. » Répond le châtain sans lever le nez de son portable.
-«
Tu veux souper avec moi ce soir ? » Questionne le brun.
-«
J’avais un bowling prévu. » Admet le natté en relevant la tête
-«
On remettra ça à plus tard. »
Et
le métis se retourne pour partir. Duo écarquille les yeux, il n’a même
pas
insisté. A le repousser tout le temps, il risque qu’il n’y ait jamais
rien
entre eux. Là les mots sortent tout seul de sa bouche.
-«
Mais je suis libre samedi soir. »
-«
Je passe te chercher à 19 heures. »
µµµ
Le
lendemain, le repas se passe bien. Tous deux n’étaient plus des
enfants, ils se
connaissaient depuis un long moment. Leurs vies avaient toujours été
risquées,
ne sachant pas si dans l’heure ils seraient toujours vivants, alors ils
n’ont
pas eu envie de gaspiller du temps précieux.
Après
le repas, ils consomment leur rencontre et leurs sentiments naissants,
sans
oublier de se protéger, ce n’est pas parce qu’ils ont l’habitude du
risque
qu’ils doivent jouer avec leur santé.
Après
ce repas, les rencontres sont devenues fréquentes, il y eut la semaine
en
Australie. Pour les grandes vacances, une semaine en Méditerranée, et
puis une
nouvelle semaine en Australie pour fêter la fin de l’année.
Fin
du Flash Back
Duo
parque son petit train et soupire, c’est vrai que leur histoire avait
été
rapide, peut-être trop rapide. Mais tout avait basculé, il y a deux ans.
Flash Back (AC 205)
C’était
le troisième été qu’ils se retrouvaient dans le même appartement. En
arrivant
devant l’aubette du petit train en ce dernier jour de vacances, Maxwell
voit
une annonce.
Merci
pour votre participation, le petit train effectuera son dernier tour le
30
septembre.
Merci
de vos voyages depuis 170 ans avec nous.
Combien
de fois n’ont-ils pas utilisé le train pour se rendre à Antibes ou
descendre à
Juan-les-pins. Ca lui faisait mal au cœur, décidément, il avait un
amour
particulier pour les machines. Maxwell prend un des prospectus et
retrouve
Heero un peu plus loin.
De
retour chez lui, après les vacances, le natté prend contact avec les
personnes
qui gèrent le petit train. Il n’avait pas pu sauver DeathScythe, il
avait
volontairement achevé DeathScythe Hells pour que ce genre de
technologie ne
puisse jamais renaître. Pendant qu’eux détruisaient leurs gundams,
Heero
traquait toutes les traces des fichiers de construction semblables via
le net.
Chacun des G-boys retournerait également sur son lieu d’entraînement
pour y
supprimer tous les moyens encore viables pour les reconstruire.
Il
n’aurait pas un yacht comme Monlulu, il n’en aurait jamais les moyens,
mais
après moult discussions avec les anciens propriétaires, il avait
l’argent pour
sauver le petit train s’il le prenait en copropriété avec les anciens
propriétaires, l’achat complet se ferait sur plusieurs années, s’il lui
rapportait assez.
Après
avoir pris sa décision, il décide d’en discuter avec Heero, même s’il
ne
partage pas sa vie au quotidien, surtout parce que c’était impossible
d’habiter
à deux dans un appartement de fonction, qu’ils étaient plus souvent en
mission
qu’à Sank et rarement en même temps. Malgré tout ça, ils se sont juré
fidélité
et ils partagent les vacances et tous les petits moments qu’ils peuvent
grappiller.
µµµ
Duo
avait commencé à exposer son projet quand tout d’un coup Heero se rend
compte
de ce que ça impliquait.
-«
Tu vas donc travailler six mois d’hiver au sein des preventers et les
six mois
d’été à ton petit train ? »
-«
Non Ro’, je quitte Sank, je m’installe là-bas. Je trouverai bien un job
pour l’hiver
et l’été ce sera ça. J’en ai marre de risquer ma vie à tout bout de
champ. J’ai
envie de vivre et non survivre. »
-«
Et nous ? »
-«
Viens avec moi. » Propose le natté c’était la suite de la discussion de
toute
façon.
-«
On a besoin de moi à Sank, je suis utile. » Plaide Yuy.
-«
J’ai besoin de toi. » Rappelle le châtain.
-«
Ce n’est pas le même besoin. » Lâche le brun comme excuse.
Il
quitte l’appartement de Duo pour rentrer chez lui, la peur au ventre.
Il aimait
son amant c’était certain, mais ça n’entrait pas dans sa balance, la
force de
l’amour du natté n’était pas suffisante pour le rassurer et lui faire
oublier
la peur de l’inconnu qui le terrorisait.
C’était
pour ça que Yuy préparait autant ses missions pour ne pas partir sans
repère.
Aussi loin que ses souvenirs le ramènent, il y avait toujours eu
quelqu’un pour
lui donner des ordres, quelqu’un pour lui dire ce qu’il devait faire.
S’il
suivait Maxwell, il n’y aurait rien de programmé, même Duo ne savait
pas où il
allait. Il ne pouvait pas quitter la sécurité pour l’inconnu, même s’il
savait
pouvoir compter sur le natté pour le guider. Il ne voulait pas lui
montrer le
visage de quelqu’un d’apeuré, peu sûr de lui. Il ne voulait pas que Duo
perde
l’estime qu’il avait pour lui. Si les gens n’avaient pas confiance en
lui, il
ne pourrait plus donner le meilleur de lui-même.
Fin
du flash back
Duo
pensait à tout ça en parquant son petit train, son histoire avec Heero
avait
été heureuse, mais il y avait trop d’éléments pour se mettre entre eux
au fil
du temps pour qu’elle puisse bien se finir.
Il
était donc parti seul ici pour construire sa vie et son avenir. Il
avait trouvé
un appartement sous les toits à Juan-les-pins. Ce n’était pas le grand
luxe,
mais ça arrondissait les fins de mois de son propriétaire. Il avait
également
trouvé un emploi de serveur dans un café pour la période de l’hiver, il
donnerait un coup de main au gérant du café-restaurant pour servir les
clients,
remettre en état le matériel pour la bonne saison. Ils travailleraient
à deux
tout l’hiver, les saisonniers étant repartis pour suivre leur étude, le
gérant
ayant son quota de serveur pour la haute saison depuis des années, ça
les
arrangeait tous les deux et puis Duo ferait tourner son petit train
avec le
copropriétaire l’été.
Il
prenait sa journée de travail à la haute saison à 16heures, ça lui
laissait du
temps pour faire son ménage, des courses, se promener sur la plage,
nager,
profiter un peu de la vie. Puis il conduisait le train de 16 heures à
23
heures. Depuis peu son compagnon le remplaçait à partir de 17 heures à
la vente
des tickets.
Cette
organisation n’était effective que depuis cet été. Pendant un an, Duo
avait
vendu les places en direct pendant qu’il conduisait le train. Comme
l’autre
conducteur engagé par l’ancien propriétaire.
Au
début de cet été, l’amour avait à nouveau frappé à sa porte, l’homme
s’était
présenté au kiosque avec ses valises au moment où le train arrivait.
Une
pause de dix minutes et le train reprendrait la direction d’Antibes.
Flash back (AC 206)
-«
Bonjour. »
-«
Bonjour, un ticket. »
Duo
l’avait donné puis était sorti pour attacher les valises à la place
prévue pour
les bagages et les poussettes à l’arrière de chaque wagon.
-«
C’est agréable comme travail ? » Interroge l’homme pour faire la
conversation.
-«
Très agréable. » Répond Maxwell en vendant les tickets aux autres
passagers.
-«
Tu ne me facilites pas la tâche. » Avoue l’homme en souriant timidement.
-«
C’est toi qui est resté un an sans me donner de nouvelles. » Rétorque
le natté
d’un ton sec, mais souriant en donnant le ticket à une dame d’une
cinquantaine
d’années.
-«
Tu es parti tellement vite. » Rappelle le nouvel arrivant.
-«
J’ai envoyé des mails, des sms, je tombais sur ta boite vocale, je n’ai
pas
coupé les ponts, j’ai seulement arrêté de relancer. »
-«
Je pensais que tu reviendrais quand tu serais trop seul. On était tous
les
trois à Sank. » Se justifie l’homme.
-«
J’aurai dû renoncer à mon bonheur pour le vôtre, ça ne te ressemble
pas. »
S’indigne le châtain.
-«
Je sais c’était égoïste. »
-«
Installe-toi, il faut que j’y aille. »
L’homme
voûte les épaules et prend place, il aurait espéré un accueil plus
chaleureux,
ils avaient été amis, ils avaient partagé beaucoup de choses, c’était
Duo qui
était parti en les abandonnant tous, pas lui.
L’homme
avait à peine regardé les paysages et écouté le commentaire, il
regardait le
natté conduire son train.
Arrivé
à Antibes, Maxwell descend du train et va ouvrir l’aubette pour vendre
les
places. L’homme vient se mettre à côté du kiosque pour pouvoir
discuter, mais
Duo ne l’accoste pas, pourtant il a toujours été chaleureux et
accueillant,
mais c’est vrai qu’il avait oublié ce petit côté rancunier.
L’homme
veut parler mais le châtain lève la main pour le faire taire.
-«
Pourquoi es-tu revenu si c’est pour me faire des reproches ? » Maxwell
voyait
bien au regard de son vis-à-vis que ce qu’il allait dire n’était pas
des plus
tendres.
-«
Parce que je sais maintenant que ma sécurité c’est toi. »
Les
yeux indigo clignotent tellement leur propriétaire est surpris par ce
qu’il
vient d’entendre. L’autre un peu rassuré de le voir de meilleure
composition
reprend la parole.
-«
J’ai donné mon préavis. Est-ce qu’il y a encore une place pour moi dans
ta vie
? »
-«
Tu as donné ton préavis sans savoir si je t’accepterai ? » S’étonne
encore plus
Maxwell, ça ne ressemblait pas au jeune homme.
-«
Je me ferai engager dans la police locale alors et te voir de temps en
temps
sera suffisant pour que je sois bien dans ma peau, comme avant. » Avoue
l’homme
en retenant un soupir.
-«
Mais pas heureux. » Constate le natté.
-«
Je n’avais qu’à saisir ma chance. » Admet-il.
-«
La place est toujours libre Ro’. »
Fin
du flash back
En
voyant son compagnon tirer la tête en vendant les tickets, Duo se
demande si
Heero est tellement heureux près de lui. Pourtant quand leurs regards
se
croisent, Maxwell sait qu’il se sent bien et est satisfait de sa vie.
Le
natté aide une dame à descendre avant de se rendre au kiosque.
-«
A quoi est due cette tête ? »
-«
Tu es en retard. »
-«
Il y avait de la circulation. Si ça t’ennuie de vendre les tickets, on
refait
comme au début. » Propose le châtain.
-«
Et ne pas te voir jusqu’à 23 heures ! » S’indigne Yuy en le fusillant
du
regard. Tous ces gens il préférait les fréquenter que de ne pas voir
son
compagnon pendant sept heures ou juste de loin.
-«
J’ai moins de retard que la fois où je suis tombé en panne d’essence. »
Sourit
Duo pour détendre l’atmosphère.
Les
deux chauffeurs avaient cru que le plein avait été fait par l’autre, du
coup
personne ne l’avait fait, depuis lors et surtout depuis que Duo était
le seul
propriétaire du train, il faisait le plein le soir en le remplissant
avec des
jerricans qu’il était aller chercher en début de journée.
-«
Je n’aime pas entendre les gens râler sur toi. » Avoue Yuy.
Tout
en discutant, Heero continuait de vendre ses tickets aux retardataires,
alors
que les autres personnes s’installent dans le train.
-«
Et puis quand je suis en retard, on n’a pas dix minutes. » Taquine le
natté
sachant que c’était surtout ça qui dérangeait son compagnon.
-«
Aussi. »
-«
Je sais bien que tu préfères l’hiver au moins on travaille ensemble
toute la
journée. »
-«
Oui mais toi l’été, parce que tu es au volant de ta machine. »
-«
Allez, il faut que j’aille poinçonner mes tickets. » Dit Maxwell en
enlevant
ses coudes de l’appui de fenêtre de l’aubette.
Après
avoir fait ça, Duo remonte au volant de sa jeep, fait tinter la cloche,
met la
première et le petit train s’ébranle le long de la croisette.
Heero
referme le volet du kiosque, prend la caisse et traverse la route pour
se
rendre à l’hôtel d’en face qui fait café-restaurant. Il se rend
derrière le bar
pour y glisser la caisse du petit train. Le patron lui met la main sur
l’épaule
et quitte le bar pour aider les serveurs.
Yuy
avait trouvé la place grâce à Maxwell, c’est dans cet établissement que
le
natté travaille en binôme avec le gérant durant tout l’hiver, à deux
ils ont
bien assez de travail surtout qu’il y a bien moins de clients.
Le
brun était venu sans projet, mais il savait Duo installé dans sa vie,
il
partait déjà moins à l’aventure, puis il s’était aussi renseigné, il
pouvait
s’engager dans la police, c’est sûr qu’il devrait recommencer au bas de
l’échelle, ce n’est pas parce qu’il s’appelle Heero Yuy qu’il pouvait
débarquer
dans un autre pays et se faire engager directement comme inspecteur, il
devrait
faire ses preuves. Ici il n’était personne. Mais il devait se rendre à
l’évidence que dresser de procès, vérifier les parcmètres toute la
journée ne
l’intéressait pas beaucoup, circuler sur la croisette pour renseigner
les gens
et intimider les voleurs non plus. Il avait envie de voir s’il pouvait
faire
autre chose que faire régner l’ordre.
Avec
le départ de Duo, la vie avait perdu de son attrait et puisqu’il ne
rentrait
pas, au bout d’un an, il n’avait plus vu que cette solution : aller le
retrouver. Surtout que Quatre lui racontait que Maxwell était heureux
de sa
nouvelle vie, autant voir si ça lui conviendrait également.
Dès
le lendemain, Duo l’avait présenté au patron, il n’avait pas vraiment
besoin de
quelqu’un comme ça en plus en pleine saison, mais pour le natté, il
voulait
bien le prendre comme commis.
-«
On peut chercher ailleurs ? » Propose Duo sachant que c’était vraiment
commencer
au bas de l’échelle et que pour l’égo du métis, il y avait mieux.
Yuy
regarde la porte d’entrée et voit le kiosque du petit train.
-«
Non ça me convient, je pourrai te voir passer. »
Le
cafetier avait regardé Maxwell et la façon tendre dont il regardait son
ami.
µµµ
Heero
n’était pas resté longtemps commis, déjà parce que son but c’était de
bien
travailler pour ne pas le rester et puis il savait se rendre
indispensable
rapidement.
Le
barman était bon, mais parfois un peu lent, les serveurs devaient
rappeler une
partie de la commande au moment de partir servir, Heero essayait de
l’aider
discrètement.
-«
Pourquoi ne pointes-tu pas tout quand ils rentrent dans le café en
criant «
Annoncé ». Au moins tu aurais un aide mémoire ? »
-«
Le patron sort les verres, c’est sa méthode. » Répond l’homme en
commençant à
les remplir l’un après l’autre.
-«
Une méthode n’est pas toujours acceptable pour tout le monde, il faut
trouver
la tienne. » Rappelle le brun.
Parfois
en passant près du bar, en voyant les verres manquants, Heero lui
rappelait les
commandes tout en débarrassant les tables autour du bar ou en circulant
quand
il devait vider les poubelles, servir les plats de pain aux tables.
Le
petit manège est vite repéré, et lors des coups de feu, le patron
demande à
Heero d’aider le barman et en constatant son efficacité, l’ancien
barman
devient commis. Celui-ci ne lui en voulait pas, il préférait même
devoir venir
simplement en renfort.
µµµ
Quand
Duo était devenu l’unique propriétaire du petit train, qu’il avait
engagé un
conducteur pour faire la matinée jusqu’à 16 heures et au début de cet
été ils
avaient trouvé leur organisation.
Heero
travaille souvent jusqu’à la fermeture, mais il ne doit être présent
qu’à
partir de 11 heures pour faire son service. Duo se lève le matin pour
la
première vente des tickets à dix heures, il ramène le petit déjeuner et
réveille son homme, après le lui avoir préparé. Ils le prennent
ensemble avant
de descendre jusqu’à l’hôtel pour qu’Heero commence sa journée de
travail. Duo,
entre deux ventes de tickets, aide son compagnon à laver les verres, à
débarrasser parfois les tables.
Ils
étaient au moins ensemble, Duo ne supportant pas l’inactivité, il
préférait
donner un coup de main que de s’asseoir à une table et discuter avec
les
clients habituels jusqu’au moment où il pouvait faire ce qui le rendait
heureux.
Pour
permettre aux deux jeunes gens, un peu d’intimité, c’est le patron de
l’hôtel
qui avait proposé à Heero de vendre les tickets à Juan-les-pins. Ca
permettait
aussi à Duo de lui transmettre le surplus de la caisse qu’il ne se
fasse pas
agresser avec une trop grosse somme comme ça lui était arrivé une fois.
Ce
n’est pas qu’il l’avait donnée, mais si le salaud s’en était pris à un
client
plutôt qu’à lui. C’est certain qu’il aurait donné sa caisse.
Maxwell
sourit en revoyant la tête d’Heero quand il était revenu avec un
foulard pour
masquer les marques de strangulations et sa lèvre fendue.
-«
Lequel est le plus amoché ? » Avait demandé pragmatique Yuy quand il
était
revenu de sa surprise.
-«
Lui. »
-«
Tout seul ? »
-«
Bien sûr Ro’, depuis quand les gens bougent quand ils voient une
agression ?
Ils criaient, c’est sûr, mais ça n’aide pas. » Sourit le natté avant de
le
perdre à cause de la douleur.
-«
Je croyais que tu faisais ça parce que moins risqué ? »
Duo
lui donne une tape dans le dos.
-«
Je m’y attendais à celle-là. »
Dès
le lendemain, Heero commence à tenir la vente des tickets jusqu’à 22
heures, la
dernière vente se faisant à Antibes à 22h30.
Depuis
que Heero était venu le retrouver, Duo était parfaitement heureux, même
sa vie
de serveur et cuistot en hiver lui convenait, depuis cet hiver, il
tenait le
café-restaurant à eux deux, le gérant profitant de leur présence pour
se
laisser vivre et partir en voyage. L’été, il retrouvait l’air frais,
quoi qu’on
pourrait plus dire l’air libre, avec la chaleur il était parfois tiède.
La
mécanique, le plaisir de la conduite.
Il
avait proposé à Heero de l’accompagner, parce qu’il savait qu’il ne
serait
pleinement heureux qu’avec le métis près de lui, mais celui-ci avait
refusé,
gâchant une partie de son bonheur. Au moment où Heero était venu le
retrouver,
il pensait sérieusement rentrer à Sank pour chercher une place qui lui
conviendrait mieux, sans redevenir preventers, il voulait simplement
revenir
près de Yuy qui lui manquait de trop. Il lui avait dit un soir où le
métis
râlait de devoir remettre en état le matériel qui servait à faire
diffuser les
commentaires, alors que Duo faisait l’entretien de la jeep.
-«
Mais qu’est-ce que tu as à toujours le couper pour rajouter tes
commentaires ?
» Peste le métis.
-«
C’est le service à la clientèle. Il y avait des japonais dans le train.
»
Précise le natté en remettant de l’eau dans le radiateur.
-«
Tu sais que ceux qui voyagent comprennent l’anglais ! » Grogne le brun
de
devoir encore faire ça à minuit passé, mais demain matin, il n’aura pas
le
temps. Le train étant sur les routes dès 10 heures, c’était avant son
lever.
L’autre
conducteur ne pourra pas faire comme Duo aujourd’hui, conduire et faire
les
commentaires en français et anglais en même temps.
-«
Tu râles mais ça te fait plaisir de le faire. »
-«
Oui bien sûr. Je préfère faire ça que de te tenir dans mes bras dans
notre lit.
»
-«
Ca me manque aussi, Ro’ J’aurai revendu le petit train en octobre
dernier si tu
n’étais pas venu. »
-«
C’est vrai ? » Demande Yuy qui a arrêté de faire ce qu’il faisait pour
essayer
de voir son amant, mais celui-ci à la tête dans le capot.
-«
Bien sûr, alors dis-moi, tu es heureux, sinon on peut repartir à Sank. »
-«
Non, je suis plus heureux ici que là-bas. »
Maxwell
sort la tête du capot, enfin rassuré. Il n’avait pas gâché la vie de
son homme
par égoïsme. Parce qu’il avait eu peur que pour une fois qu’il pensait
à lui
avant les autres, sa décision puisse rendre les autres malheureux, mais
surtout
qu’elle pouvait rendre la personne qui avait plus d’importance que sa
vie mal
dans sa peau.
Au
moins son bonheur est entier maintenant, c’est un appartement qu’ils
ont pas
une cage à poule, avec une chambre qui en est une vrai, une cuisine qui
n’a que
cette fonction ainsi qu’un salon.
En
été, ils travaillent beaucoup, mais en hiver, ils ont le temps de
marcher sur
la plage, nager quand l’eau n’est pas trop froide, penser au peu à eux.
Avant
ils avaient deux semaines par an, maintenant six mois.
OWARI
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