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Note de l'auteur : Un peu sur le principe des nuits du FOF, je me suis lancé le défi d'écrire la suite de cette histoire avec un mot clef. C'est sûr que ce n'est pas souvent écrit en une heure.

Début d'écriture : 29/12/2015


Chapitre 27


La colère de tout ce que j'aimerais lui dire me consume comme un feu. Je fais des efforts pour apprendre sa langue, je fais des efforts pour m'intégrer. Et lui ne pense qu'à sa façon de voir. Il m'écœure à la longue.

Alors qu'on est presque près de sa famille, je n'en peux plus. Je tire un coup sec sur mon bras. La surprise le fait me lâcher. Il se retourne les yeux écarquillés. Je secoue la tête et je m'éloigne. J'ai besoin de réfléchir.

Teogara qui venait vers nous lui passe un bras autour de l'épaule et l'emmène vers les siens qui se sont regroupés autour d'Aliciana.

Alors que je m'assieds sur une chaise près de l'homme au sablier, je vois ma sœur me regarder tristement mais je n'en peux plus. Je me sens en dehors des choses et des gens.

L'homme au sablier me caresse les cheveux en me parlant doucement. Je ne comprends rien de ce qu'il me dit mais sa voix est rassurante. Pourquoi ceux qui ne sont pas de ma famille sont capables de plus de compassion que ceux qui le sont ?

Là, c'est la colère qui me fait parler, Teogara est de ma famille et il est compatissant.

Tabata après avoir longtemps hésité vient me trouver. J'ai peur pour elle et ce que l'agressivité de mon père pourrait déclencher.

Pourtant, elle me sourit et viens s'installer à côté de moi.

« Ce n'est pas facile hein Albert ?

- Tu vas encore te faire disputer.

- Dans dix jours, je reprendrais le cours de ma vie. Je n'ai été enfermée que trois ans ! Pense à lui qui a perdu quinze ans de sa vie.

- Je fais des efforts. J'essaye d'apprendre mais est-ce qu'il a déjà été dans ma position ? J'ai tout perdu en quatre mois, ma famille, mon pays, ma langue. Je ne comprends plus personne. Je ne peux plus dire ce que je pense et ressens.

- J'ai vu tes efforts. Aliciana aussi, elle le disait tout à l'heure que tu apprenais vite, rassure Tabata.

- Le monde n'est pas plus facile pour les enfants nés en captivités que pour moi. Je vais aussi découvrir beaucoup de choses si nous avions l'électricité et les bus, c'était presque tout. Ce qui roulait c'était pour le transport des gens ou de la nourriture.

- Les choses ont changé pour lui aussi. Il a tout perdu également, sa maison, son emploi.

- Ce n'est pas un décompte des points. Je voudrais qu'il se mette à ma place. Pourquoi je dois toujours m'adapter et que personne ne cherche à me comprendre. Je me tracasse aussi pour ma famille restée là-bas. Elle a favorisé ma fuite.

- Le courrier n'arrive pas là-bas surtout de l'extérieur du pays. Je suis désolée mais tu n'auras plus de nouvelles d'eux. »

Comme Bearigaya arrive près de nous, Tabata se lève mais il la retient. Il lui parle et elle me traduit :

« Je suis désolé, Albert. Personne n'a l'air d'accord avec ma méthode pour t'apprendre notre langue, seulement je ne vais pas revenir en arrière. Si tu es trop perdu, Tabata pourra te faire des traductions. C'est en sautant dans l'eau qu'on apprend à nager. »

Et il s'en va pour me laisser réfléchir. Tabata me sourit et s'éloigne également. Luciano court vers moi avec un livre pour enfants. Je lui ouvre les bras et il s'y jette. L'homme au sablier s'en va avec son étrange fauteuil mais qui est bien pratique.

Est-ce que c'est ainsi qu'Aménia va aussi réussir à se déplacer ? Elle me manque. C'est vrai que ce sera mieux pour elle, elle ne devra plus demander de l'aide ou se traîner sur le sol ce qui met sa peau en feu.

Luciano s'installe sur mes genoux. J'ouvre le livre et j'écarquille les yeux. Il y a beaucoup de dessins que je ne connais pas. Je pousse légèrement Luciano pour qu'il se relève, lui prends la main et me dirige avec lui vers Tabata, parce que je veux comprendre à quoi tout cela sert, pas simplement en avoir le nom en italien.

« Tu peux m'expliquer ce livre ?

- Si tu me dis le mot en italien. »

Mon père n'étant pas loin, je crois comprendre la manœuvre. Je fouille ma mémoire avant de tester un mot. Elle me sourit et le prend de mes mains.

« Oh ! » fait-elle avant de s'asseoir sur un banc. « On va d'abord apprendre les mots en italien. »

Elle dit les mots l'un après l'autre, Luciano et moi nous les répétons pendant une grosse demi-heure. Quand Luciano s'en va parce qu'il se lasse du jeu, elle me sourit :

« Feux rouges, ça sert à réguler la circulation des voitures, tu sais le petit jouet avec quatre roues.

- Mais pourquoi ?

- Quand il y a beaucoup de voitures, il faut des règles, le livre est fait pour apprendre le Code de la route aux enfants. Je l'ai détourné pour apprendre les formes et d'autres choses, dit-elle.

- Pourquoi ?

- Pourquoi détourner ou pourquoi un code de la route ?

- Les deux. »

Je la vois sourire sous le feu de mes questions avant de répondre :

« Parce que tous les panneaux ont une signification, ne pas tourner à droite, ne pas aller du tout par là.

- Même à pied ? m'étonnais-je.

- Non au volant d'une voiture ou un bus, un camion. Et le code est fait pour limiter les accidents. Toutefois, les piétons, ceux qui vont à pied, ont leur code aussi, traverser dans les passages pour piétons. » Dit-elle en italien en le remontrant. « Ils ont leurs feux. » En mettant son doigt sur celui avec un bonhomme rouge et vert.

« Vie pas facile » soupirais-je en répondant exprès en italien.

Mon père nous surveille, il faut qu'il comprenne que je ne cherche qu'à apprendre leurs us et coutumes. De toute façon dans dix jours, Tabata ne sera plus là pour me répondre et m'expliquer les choses en Botergranois. J'étais impatient de connaître le monde, mais j'en avais peur également.

À Suivre…

Chap 26 - Chap 28

Si cela vous a plu, vous pouvez m'envoyer un MP

Merci de signaler pour quelle histoire vous m'écrivez



Fin d'écriture : 14/01/2016

Le mot est feu.

Suivant les mots que je vais tirer ou que vous me proposerez, je vais faire la suite de cette histoire. Je ne sais dans pas non plus où je vais, ni quand la suite arrivera ^_^