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Disclamer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages sont ma propriété et mon invention.

Genre : friendship, romance, hurt/confort.

Rating : T

Acteurs : Heero, Duo.

Début d'écriture : 26/10/2019


Lie-moi à toi.


Après le coup d'État, Heero s'était occupé de monter la garde de Relena avant de devenir Preventer. Il y avait plus de défi à ses yeux à faire ce métier. Duo avait travaillé un moment dans une entreprise de recyclage avec les Sweepers. Mais il n'y avait pas trouvé assez d'adrénaline. Comme on engageait chez les Preventer, il s'était déplacé à Sank et y avait retrouvé Heero.

Ensemble, ils avaient pris une colocation, ça coûtait moins cher. Un salon, une cuisine et une salle de bain en commun, une chambre pour chacun. Cela faisait six mois que ça fonctionnait sans anicroche.

À dix-neuf ans, Duo estimait qu'il était encore en droit de s'amuser pour tout ce qu'il assumait sur le côté. Et il appréciait beaucoup Heero physiquement et moralement parlant. Il en aurait bien fait son goûter.

Puisque les approches normales ne marchaient pas, ni les œillades ni les sourires, tout en observant Heero faire sa musculation dans le salon, il réfléchissait à une autre façon de faire.

— Arrête ton regard lubrique sur moi, lâche d'un coup Yuy.

Il est au milieu d'une série de poids pour renforcer ses biceps.

— Il n'est pas lubrique, il est intéressé.

— Mais moi pas, dit-il en se retournant.

Heero dépose ses poids sur le portique avant de commencer face à Duo une série d'abdominaux, dos au sol. Chaque fois qu'il se redresse, il voit Duo qui continue de le regarder intensément.

— Tu préfères les femmes ? demande Maxwell un rien déçu.

— Je n'ai pas de préférence. Le sexe entre amis, ce n'est pas pour moi.

— Tu me rassures, tu n'es pas puceau, clame Duo en lui souriant. Ça ne me gêne pas d'être le coup d'une nuit.

Heero se redresse, s'assied et encercle ses jambes de ses bras comme pour se protéger.

— On est coloc, ça ne sera jamais pour une seule nuit. Je ne veux pas.

— OK, OK, ne monte pas sur tes grands chevaux. Je ne te demandais pas en mariage, rassure-toi.

— Non, c'est non !

— D'accord, soupire Duo en partant.

Autant ne pas rester à se laisser tenter.

Yuy se recouche et soupire aussi. Ce n'est pas qu'il n'aime pas Duo, le problème est peut-être bien là. Il est intéressé, seulement dès qu'on le touche, il se bloque, il panique. Il a peur de la douleur qui va suivre. Les séances de torture qu'il a subies quand il a été prisonnier n'y sont pas étrangères. Il sait que Duo ne va pas accepter sa façon dont il voudrait lui faire l'amour. Il estime lui-même que sa pratique n'est pas normale. Mais c'est comme ça qu'il fantasme, qu'il arrive à prendre son plaisir en y pensant. Et ça le met encore plus mal à l'aise de se savoir si déviant. C'est la seule façon pour lui d'arriver à l'extase en se masturbant en imaginant ça et de cette façon avec Duo. Néanmoins, ce n'est pas une chose à demander à quelqu'un d'aussi libre que Maxwell.

µµµ

Les semaines passent, Duo se sent légèrement frustré. Il y a un truc qui cloche avec sa colocation avec Heero. Ce dernier ne fait plus sa gymnastique dans le salon, mais enfermé dans sa chambre. Il ne le voit plus passer en boxer après la douche. Ce n'est pas qu'il a envie de lorgner de façon lubrique pour reprendre l'expression d'Heero. Mais simplement parce qu'il réalise que leur discussion a eu des répercussions sur la façon de vivre de Yuy et qu'elle a entravé ses mouvements.

Le voyant sortir de sa chambre après sa séance de sport, Maxwell l'aborde :

— Ro', on peut parler ?

— J'ai déjà refusé ?

— Non, c'est vrai !

Comme Heero reste devant lui sans dire un mot, Duo soupire et se lance :

— Pourquoi ne fais-tu plus ta muscu dans le salon ?

— Je ne veux pas t'exciter.

— Ro', je sais me contrôler, je ne vais pas te sauter dessus ! s'indigne-t-il.

— Je sais.

— Alors ? demande Duo complètement perdu.

Heero soupire, regarde le mur, croise les bras sur son torse avant de dire :

— Je t'aime beaucoup. J'aime vivre près de toi.

— Mais ?

— Je ne peux pas te donner ce dont tu as besoin, soupire-t-il.

— Et j'ai besoin de quoi ! s'exclame Duo.

Il est frustré de devoir arracher tous les mots à son colocataire. Mais aussi que cela n'avance pas plus vite. Encore plus de savoir qu'il est apprécié, mais que c'est aussi un frein à leur entente du moment.

— De sexe, murmure Yuy.

Maxwell, complètement perdu, cligne des paupières. Il lui a dit qu'il était bi, alors ce n'est pas parce qu'il est un homme. Il lui a dit qu'il avait déjà consommé, alors où est le problème ? Il lui a dit qu'il ne voulait pas d'histoires de cul avec un ami, pour lui le sujet était clos, mais pas pour Heero on dirait. Il devait percer l'abcès, lui poser les questions qui le tracassaient.

— Tu m'as dit que tu n'étais pas puceau, que tu ne voulais pas de sexe entre amis, alors ?

— Viol.

— Oh !

— Dès qu'on m'approche, ça me bloque.

— Tu me laisses approcher, peut-être qu'avec quelqu'un que tu aimes bien, ça ira ?

— Non, j'ai peur quand tu m'approches.

Maxwell en oublie de respirer. Dire qu'il n'avait jamais rien remarqué. Lui qui est en plus très tactile, il n'a pas arrêté de le toucher depuis qu'il le connaît. Là, encore, sa réaction première serait de lui caresser la joue pour lui montrer sa compassion. À le voir, si désespéré, il voudrait le serrer dans ses bras, sans arrière-pensée.

— Je suis désolé Ro'.

Ils restent là sans bouger, à se dévisager. Une tension monte petit à petit entre eux.

Duo avance d'un pas, son regard plongeant dans celui d'Heero. Comme ce dernier ne recule pas, il avance jusqu'à être face à lui.

Il devait essayer, l'excitation du moment pouvant tout dégeler. Doucement, Duo met sa main sur la nuque d'Heero, il caresse légèrement celle-ci. Yuy ne réagit pas, alors il dépose ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. La réaction ne se fait pas attendre. Heero se tend et le repousse.

— Excuse-moi, je voulais savoir, dit Duo en reculant d'un pas.

— Je le voulais aussi. Tu ne vas pas déménager ?

Devant la peur inscrite dans les pupilles d'Heero, Duo répond :

— Non, pas pour le moment.

Mais il n'est pas certain de pouvoir rester des années dans une situation sans issue. Il ne peut pas rester et avoir une vie amoureuse construite avec quelqu'un d'autre.

µµµ

Ils avaient essayé de reprendre leur soirée TV, l'un à côté de l'autre. Cela convenait à Heero, seulement il voyait bien que ce n'était pas le cas de Duo. Chaque fois que par inadvertance Maxwell l'effleurait, en bougeant, il le sentait s'éloigner pour ne pas l'indisposer puisqu'il disait chaque fois « pardon », ce qui n'avait jamais été le cas.

Duo avait fini par se dire que ses soirées ne servaient à rien et il avait repris la direction des boîtes de nuit et ses coups d'un soir durant le week-end.

Heero se sentait désespéré. Il ne supportait pas de voir Duo s'éloigner. Il savait que c'était complètement sa faute. Seulement, il était incapable d'aller au-delà de son blocage, même s'il avait envie de relations sexuelles avec son colocataire, que ses plaisirs solitaires devenaient de moins en moins satisfaisant. Approcher Duo ou un autre l'indisposait au maximum, il y avait trop d'inconnue pour lui permettre de libérer ses sens.

Il en devenait de plus en plus mal dans sa peau. Les semaines passent sans qu'il ne trouve de solutions.

µµµ

À la machine à café, alors qu'il réfléchissait à son enquête, Heero entend deux filles parler d'un roman qu'elles lisent. Elles gloussent, murmurent. Mais ce qui l'intéresse, ce sont surtout les pratiques sexuelles du héros et de savoir qu'il existe des clubs de rencontres ainsi, il n'y avait pas pensé. Enfin surtout parce qu'il croyait être le seul à avoir ce genre de déviance. Alors qu'il boit une gorgée, il se demande si ce ne serait pas la solution. À entendre ses collègues, elles ne seraient pas contre. Enfin, il va devoir faire des recherches, il y a un monde entre ce qu'il y a dans les romans et la réalité.

Dès qu'il rentre après sa journée de travail, il se rend sur son ordinateur et commence à faire des recherches. Il est surpris. Lui qui se croyait seul avec sa sexualité bizarre, il se rend compte qu'il y en a d'autres et bien pire à ses yeux que ce qui le fait fantasmer et arriver au plaisir solitaire.

Durant plusieurs soirées, il parcourt des sites, se connecte à des forums, des groupes. À force de contacts à droite à gauche, il finit par trouver un site suffisamment fermé et aux règles complexes dans lequel il sait qu'il va se sentir en sécurité.

Bien sûr, il est fort nerveux lors de son premier rendez-vous. Est-ce que les choses vont se passer comme décrites ? Est-ce qu'il va réussir à aller au bout ? Est-ce qu'on va lui en vouloir s'il fait machine arrière à la dernière minute ? Il se sait assez fort physiquement pour avoir le dessus sur son adversaire, mais tout de même.

Tout s'était passé comme d'écrit. Il avait été le maître du jeu. Il était sorti de sa séance, ravi et comblé, calmé aussi. Il était heureux d'avoir trouvé une échappatoire pour sa sexualité et des gens qui la partager, qui recherchaient ce que lui pouvait donner et rien de plus.

Il avait confirmé son inscription et payé sa participation pour la personne chargée d'organiser les rencontres.

C'est seulement en voyant Duo le lendemain qu'il se rend compte qu'il ne pourra jamais lui donner ce qu'il veut et qu'il doit arrêter de vouloir l'aimer. Être ami, mais rien de plus et cela le rend malheureux, parce qu'il aime Duo et au fond de son cœur il veut plus qu'une simple amitié avec lui.

À Suivre…

Accueil - Chap 2

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