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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages sont ma propriété et mon invention

Genre : Yaoi. Séquelle de « Nous ne sommes pas des bêtes » et « Que j'ai été bête »

Rating : M

Acteurs : Heero, Duo, Wufei, Trowa, Sally, Lady Une


Ne cherche pas la petite bête.

Chapitre 10


Pour Duo la nuit a été pénible. C'est avec des cernes sous les yeux qu'il se lève au matin pour reprendre le cours de sa vie. Il n'a pas trop le choix. Il doit laisser du temps à Heero pour oublier ce qui lui est arrivé.

Seulement, ne voulant pas que les preuves s'envolent. Il profite de sa pause au travail afin de mener sa petite enquête. Il visionne les caméras de surveillance face à leur immeuble et constate qu'une camionnette blanche se gare début d'après-midi.

Un homme avec un bras en moins et une femme ayant une prothèse à la jambe partant du genou, aident son compagnon à déménager. Lui attend sur le trottoir avec la cage des moineaux dans les mains que le véhicule soit chargé. Il tourne son visage vers la caméra avant de déposer délicatement les oiseaux dans le coffre et il grimpe à l'intérieur.

Maxwell tape le nom qu'il a su lire sur la portière dans un moteur de recherche et découvre que c'est un centre de revalidation avec hébergement à quarante-cinq kilomètres de chez eux ayant très bonne réputation d'après les commentaires sur le livre d'or.

Sachant son homme dans de bonnes mains et ce qu'il lui a dit, il peut lui laisser la distance nécessaire pour soigner ses blessures.

µµµ

Mac Quanally passe Capitaine de la section et il engage de nouvelles recrues dans d'autres sections pour constituer son équipe, bien sûr il garde Louis et Collins.

Le temps passant à la fin de ses séances de kiné, la cuisse de Maxwell ne lui permet pas de reprendre des missions en extérieur. Dès qu'il doit courir, il boite énormément. Il est muté définitivement dans la section recherche et disparition.

Steve essaye d'inviter Duo à participer à sa vie de famille réalisant que son ancien collègue perd de plus en plus de sa joie de vivre. De temps en temps, Maxwell accepte une invitation pour ne pas inquiéter son ami. Seulement, rien n'y fait, il décompte les jours jusqu'au moment où il aura des nouvelles d'Heero. Il y a maintenant cinq mois que son compagnon est parti. Il doit souvent se faire violence pour ne pas vérifier s'il est toujours au centre.

Samedi matin, il a fait le ménage à fond. Wufei lui a sonné pour lui dire qu'il passerait à quatorze heures. Le Chinois lui sonne presque tous les mois afin de prendre de ses nouvelles seulement, il n'a pas toujours le temps de venir passer un peu de temps avec lui.

Il est treize heures quand on frappe à la porte. Maxwell se précipite en rageant un peu de voir qu'une fois de plus sa cuisse l'empêche d'aller aussi vite qu'il voudrait sans boiter.

Il ouvre la porte en grand, un sourire sur les lèvres persuadé de trouver Wufei derrière celle-ci. Il reste médusé en voyant Heero debout dans le couloir. Son ancien compagnon est tout sourire, il a une nouvelle coupe de cheveux beaucoup plus courte qui lui donne un air plus viril qu'avant si c'est possible.

-« J'ai fait le point de ma vie. Je n'allais pas te laisser attendre encore un mois. Je peux entrer ? » Commence Yuy.

-« Oui, viens. Je vais faire du café. Alors tu sais où tu en es ? » Questionne Duo en marchant à ses côtés.

Il constate qu'il ne boite pas lui.

-« Oui, j'ai repris des cours par correspondance. » Expose Heero en s'installant à la table.

Maxwell lance le percolateur qu'il avait préparé pour Wufei puis il vient s'installer en face du métis.

-« Oh, c'est bien ! Et c'est pour faire quoi ? »

-« Aider les personnes amputées à reprendre goût à la vie, à faire des gestes de nécessité, faire ce qu'on a fait pour moi. J'ai commencé à travailler il y a trois semaines dans le centre qui m'a aidé. Et toi, tu as repris le travail, tu es passé capitaine ? »

-« Non, ma cuisse ne le permet pas, c'est Steve qui a repris ta place. J'ai été engagé dans la section recherche et disparition. Le travail me plaît beaucoup. Parfois c'est dur d'annoncer quand on retrouve un cadavre, mais quand on le retrouve sain et sauf cela fait du bien. » Avoue Duo en allant chercher deux tasses pour les remplir.

-« Il n'y a pas l'air qu'il y ait beaucoup de changements dans ta vie. Tu as retrouvé quelqu'un ? » Demande Heero en prenant la tasse qu'on lui tend.

-« Bien sûr que non ! Mon histoire avec toi n'était pas finie ! » S'exclame Maxwell.

Il ne sait pas pourquoi mais il est persuadé qu'il ne va pas aimer la suite alors il préfère s'asseoir.

-« Je crois qu'on n'a jamais été sur la même longueur d'onde ! » Soupire Yuy. « Je t'ai juste promis de te donner des nouvelles maximums dans six mois. D'ailleurs, je suis avec quelqu'un depuis un mois. Je crois que c'est parti pour durer. On a beaucoup de points communs. Merci pour le café, ma pause va se terminer. Je travaille les week-ends aussi mais les journées sont plus courtes. Prends soin de toi ! » Lâche-t-il en se levant.

Duo reste pétrifié à sa place. Quand il entend la porte claquer, il s'effondre sur la table. Il se doutait qu'il devrait reconquérir Heero à leurs retrouvailles, lui faire comprendre qu'il y aurait moyen de reconstruire une nouvelle vie pas forcément la suite de ce qu'il avait vécu, qu'il s'adapterait encore une fois à lui parce qu'il était la personne la plus importante de sa vie et le seul qui pouvait le rendre heureux.

Mais au grand jamais, il n'avait imaginé que Heero profiterait de cette période pour l'exclure de sa vie et la refaire avec quelqu'un d'autre.

Pourquoi s'était-il battu depuis autant de temps si c'était pour être à nouveau seul ? Heero est le seul qu'il aime qu'il aimera, il le sait depuis un moment. Pourquoi avoir fait cette promesse à Lady Une ? Parce que là, il voudrait disparaître, arrêter de souffrir définitivement.

Sa vie n'est que souffrance depuis des années, on lui retire les personnes qui font sa force les unes après les autres dès qu'il trouve une stabilité. Pourtant depuis le temps qu'il côtoyait Heero, il croyait bien qu'ils iraient jusqu'au bout ensemble cette fois, surtout après l'élimination de Trowa.

µµµ

À quatorze heures précises, Wufei frappe à la porte de Duo. Il est surpris de ne pas avoir de réponse dans la minute alors il insiste.

La panique monte un peu dans l'esprit du Chinois, son ami n'est plus le même depuis le départ d'Yuy. Il a toujours peur que Duo ne finisse par faire une bêtise. Il avait très bien compris que son ami aurait été jusqu'à se suicider s'il avait retrouvé Heero mort. Il faut voir comme il s'est mutilé par amour pour protéger leur vie de couple et cela n'a servi à rien.

Wufei en veut vraiment à Heero pour son égoïsme dans cette histoire depuis leur mise en ménage.

Comme il n'a pas de réponse, il frappe plus énergiquement en appelant Duo en secouant la porte. Un Preventer monte les escaliers une clef à la main.

-« Il est là ! Par contre, j'ai vu Heero quitter l'immeuble il y a moins d'une demi-heure. » Dit l'homme en introduisant la clef dans la serrure. « Collins, j'ai la clef pour les oiseaux à l'époque où ils partaient en mission tous les deux. Ils ont oublié de la réclamer et vu l'état de Duo, je n'ai pas voulu lui rendre. »

La porte s'ouvre, Wufei se précipite dans l'appartement pour trouver Duo assis à la table qui regarde sa tasse dans ses mains.

-« Duo ? »

L'homme redresse la tête, avale sa salive avant de dire dans un murmure.

-« Il est parti, il a refait sa vie. Qu'est-ce qu'il était beau ! Il était magnifique, bien dans sa peau, sûr de lui. Je ne lui ai jamais convenu. J'ai gâché quinze ans de sa vie avec mon égoïsme, à le vouloir pour moi. »

Wufei s'assied à la table alors qu'il entend Collins refermer la porte. Chang expulse l'air qu'il a dans les poumons avant de sermonner calmement son ami, cela ne sert à rien de le braquer.

-« Ne dis pas de bêtises ! Vous vous tourniez déjà autour pendant la guerre. Vous êtes fait l'un pour l'autre. C'est lui qui t'a couru après le premier quand toi tu avais déjà fait une croix sur cette relation. Tu m'as dit toi-même que ses autres aventures n'ont jamais duré plus de quinze jours. »

-« Wufei, il a refait sa vie ! Je ne vais pas le poursuivre tout de même, aller détruire un couple ! »

-« Je ne peux que te conseiller d'aller vérifier par toi-même là-bas. Parce que j'ai discuté avec lui au début de la mise en place du dominé-dominant. Il t'aimait à la folie au point de vouloir faire des efforts pour toi. Alors qu'il n'en aurait fait et n'en a jamais fait sauf si ça lui apportait quelque chose. »

-« Ce n'est pas un égoïste ! Il ne l'a jamais été. » S'indigne Maxwell.

-« Je n'ai pas dit cela, il y a beaucoup d'abnégation en lui quand il défend une cause à laquelle il croit. » Rassure le Chinois.

-« Et quelle cause défendrait-il d'après toi ? » Demande intrigué Duo.

-« Ton bonheur ! »

-« Je ne suis heureux que près de lui. » Rappelle-t-il.

-« Je le sais, je le vois. Seulement lui ne s'en rend peut-être pas compte. Est-ce que vous avez eu une vraie discussion depuis cette histoire ? »

-« Non. » Avoue Maxwell.

-« Pour toi, il t'en voulait pour avoir supprimé Barton et vous n'avez jamais percé cet abcès. » Réalise Wufei.

-« Il fuyait puis il a disparu, puis il m'a plaqué. » Résume en soupirant Duo.

-« Va le voir pour discuter et voir de tes yeux ce qui se passe là-bas. Enfin, si tu sais où il est ? »

-« Dans un centre de revalidation au bord de la mer, s'il n'a pas déménagé. Mais pas d'après ce qu'il m'a dit. » Répond-il.

-« Tu as toujours su où il était, avoue. » Sourit Wufei.

Le Chinois se lève pour refaire du café.

-« Oui, du moins s'il ne bougeait pas. J'ai remonté une piste fraîche et j'ai attendu. »

Maxwell se lève également. Il vide sa tasse dans l'évier et la rince. Il prend celle d'Heero pour la mettre dans l'évier, il la lavera tout à l'heure avec le reste de sa vaisselle. Il sort les biscuits qu'il avait achetés pour l'occasion. Wufei a raison, il doit tirer cette histoire au clair pour arriver à tourner la page.

Le reste de l'après-midi se passe mieux qu'elle n'a commencé. Wufei montre les photos de sa fille qui grandit à vue d'yeux. Quand Chang repart, il est rassuré, son ami a meilleur moral, du moins jusqu'à la prochaine crise ou qu'il découvre la vérité.

µµµ

Quand Duo se lève lundi matin, il se prépare pour une longue journée, une longue semaine. Oui, il va observer Heero et samedi, il le confrontera à ses découvertes.

De la plage, il peut facilement épier ce qui se passe dans le centre de revalidation. Il voit passer des jeunes et des moins jeunes sur des chevaux. Ils vont à la limite de la plage dans un sens avant d'aller de l'autre côté où ils finissent par disparaître de sa vue. Il sait qu'ils viennent du centre car ils ont tous un point commun, une partie ou un membre en moins.

Maxwell s'étonne qu'il y ait encore autant d'amputés au point d'avoir un établissement complet, mais c'est vrai que les accidents de la route et du travail font des dégâts.

Alors qu'il se promène à pied sur la plage vers le centre, il voit Heero qui montre à un jeune d'une quinzaine d'années à qui il manque une jambe comment panser un cheval. Même s'il est moins rayonnant que le jour de sa visite, il a l'air moins fermé, plus épanoui.

Il l'observe durant une dizaine de minutes avant de partir pour ne pas signaler sa présence.

En rentrant chez lui, Duo fait une recherche sur internet pour voir le fonctionnement de l'établissement. Les animaux sont là en soutien moral et aussi pour apprendre également aux handicapés qu'ils peuvent encore faire beaucoup de choses tout seul quand on leur apprend les bons gestes. Il y a des chiens, des chats aussi.

En passant certaines sécurités avec ses codes de Preventer, Maxwell arrive au fichier du personnel et voit que Heero y est en stage et formation.

En fouillant encore plus, il trouve l'attribution des chambres et il voit avec souffrance que Heero est bien dans une chambre à deux lits et qu'il y a un second nom masculin.

Son cœur se déchire en deux, même s'il est diminué, que Heero ne se sent plus entièrement un homme, quelqu'un d'autre que lui a réussi à lui donner de la stabilité, cela fait mal aussi à son orgueil.

Seulement, il doit continuer et agir comme il le fait quand il mène une enquête professionnelle, il ne doit pas tirer des conclusions hâtives, il ira vérifier ses doutes et toutes les pistes qu'il a trouvés.

µµµ

Tous les soirs, il emprunte une voiture Preventer pour se rendre près du centre de revalidation. Il y passe deux heures à observer Heero. Mercredi, il le voit partir en randonnée, quand il arrive près de lui, il se cache et l'épie. Il irradie réellement de bonheur sur son cheval, il est en grande discussion avec un homme d'une trentaine d'années.

Est-ce que ce serait son amant ?

Samedi, Maxwell prend son courage à deux mains, il doit tirer toute cette histoire au clair. Il a eu le temps de voir comment il pourrait entrer dans l'établissement sans se faire repérer. Il connaît le numéro de la chambre, il l'attendra à l'intérieur le temps qu'il faudra.

En passant par la plage, puis les écuries, en accentuant un rien sa claudication, on ne l'arrête même pas quand il entre dans le bâtiment qui mène aux chambres.

Il frappe à celle qu'il sait appartenir à Heero. Il n'a pas de réponse, alors il pousse la porte. Dans un coin près d'un lit, il y a la cage des moineaux japonais.

Il ne va pas se mettre à fouiller la pièce, alors il s'installe sur le lit qu'il croit être celui de son ancien compagnon. Une fois dessus, il sait qu'il a raison, il a son odeur.

La porte s'ouvre après une dizaine de minutes. Heero a un moment d'arrêt en voyant Duo sur son lit, puis il ferme la porte et vient s'installer près de lui.

-« À ce que je vois, tu m'as trouvé. »

-« Je voulais voir de mes yeux si tu étais vraiment heureux ? »

-« Et ? » Questionne Yuy.

-« Le métier à l'air de te convenir. Tu es plus calme, serein. Mais il y a un truc qui cloche, tu ne resplendis pas comme quand tu es venu. » Explique Maxwell en regardant ses mains.

La porte s'ouvre sur un jeune dans les dix-sept ans, il entre, prend quelque chose dans son armoire et ressort en s'excusant.

-« Désolé, je ne savais pas que tu avais de la visite. »

-« Heero, ce n'est pas ton amant ! » S'indigne Maxwell.

-« C'est le jeune que j'ai en garde. Je n'ai pas d'amant. Je ne suis pas persuadé que j'en aurai encore un. Je voulais que tu tires un trait sur moi. »

-« Mais pourquoi ? » S'estomaque Duo.

-« Je voulais te protéger de moi, par amour. » Avoue Yuy avant de soupirer.

-« Ce n'est pas logique ! Tu dis m'aimer, tu me mens pour me protéger mais je peux comprendre ce que tu as vécu ! » S'exclame Maxwell.

-« Je ne crois pas. Nous n'avons pas eu la même vision de ce qui nous est arrivé. J'y ai pris mon pied comme jamais. Ça a commencé après qu'on ait essayé de s'échapper. Alors que Viralit souffrait de subir le chef, les autres s'occupaient de moi à tour de rôle. Stephan pleurait le soir et moi j'espérais en secret d'autres séances même si je savais que ça voulait dire que mon coéquipier allait aussi subir un viol. Quand ils ont été sur le départ, j'ai souhaité qu'ils m'emmènent dans leur fuite pour en avoir encore. Je n'ai même pas pensé à toi une seconde, j'en ai voulu à Stephan d'avoir repoussé le chef parce que tout s'est arrêté. Je ne te mérite pas Duo, même avec ma thérapie, je n'arrive pas à ne pas repenser à cette période comme plaisante. Je vais encore te faire souffrir et cela je ne le veux pas. »

Duo reste sans voix devant toutes les révélations de son ex-compagnon. Cela lui fait mal, surtout de penser qu'il aurait aimé être entraîné dans la fuite des terroristes. Puis il sourit, il était là le problème. Il ne lui en voulait pas pour Trowa, il avait vraiment été stupide. C'est bien vrai ce que lui avait dit Wufei, qu'on ne sait pas se mettre à la place des autres, on peut simplement essayer d'imaginer ce qu'ils ressentent.

Il finit par lâcher un sourire heureux sur les lèvres.

-« J'aurai dû y penser, c'est vrai que c'est ta sexualité. »

-« Je me dégoûte. »

-« Heero la preuve que ta thérapie fonctionne ou que tu as bien réfléchi, c'est justement que tu te dis que ce n'est pas logique pour tout le monde. »

-« Duo, le problème c'est que je ne veux plus jamais te faire souffrir et cela arrivera encore si je laisse l'excitation naître. »

-« Je le comprends, mais si tu me repousses de ta vie tu vas me détruire. C'est de ne pas te voir, de ne pas t'aimer qui me fait le plus souffrir. Tu sais qu'il y a des limites que je ne sais pas franchir et tu les respectes depuis des années. On va y arriver crois-moi. »

-« J'ai peur de ce que je pourrais te faire. » Avoue Heero en lui caressant la joue de sa main droite où il manque l'auriculaire.

-« C'est déjà un bon garde-fou. » Sourit Maxwell avant de l'embrasser.

À Suivre…

Chap 9 - Chap 11

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