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Disclamer
: Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye
de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les
autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre
: Policier/ Tranche de vie.
Lectrice
01 : Arlia Eien.
Acteurs
: Heero, Duo, Quatre, Trowa, Sally, Noin.
Chapitre
2
Durant
trois week-ends d'affilées Quatre vient passer une bonne partie de son temps
avec Heero pour lui parler et le soutenir moralement.
Après
trois semaines, Sally ôte les médicaments qui créent le coma artificiel. Elle
attend anxieusement que son patient réponde à l'injection de stimulant qui doit
le sortir de son état.
Une
tête nattée passe par la porte, une interrogation dans le regard.
-«
Entre Duo. » Sourit le médecin, elle s'attendait à le voir arriver quand elle
lui avait expliqué la veille ce qu'elle allait faire aujourd'hui.
-«
Il réagit comment ? » Demande le châtain en s'avançant vers le lit.
-«
Le rythme cardiaque s'est un peu accéléré avant de se stabiliser. Laisse-lui du
temps, il doit analyser la situation avant de savoir s'il peut ouvrir les yeux.
» Expose le médecin devant l'inquiétude dans le regard du natté.
-«
Eh Ro' c'est nous, il n'y a pas de risques. » Commence doucement Maxwell en
s'approchant de la tête du lit. « Il ne risque pas de souffrir ? »
-«
Ses côtes cassées ne sont plus que fêlées. Toutes les contusions ont disparu,
il faut que je le sorte de là pour déterminer les dernières séquelles. Il sera
sous morphine pour le reste. En tout cas, il a une capacité à cicatriser
surprenante. Quelqu'un d'autre, j'aurai dû le maintenir sous coma artificiel au
moins cinq semaines. »
-«
Oui, mais bon, ce n'est pas une raison pour le laisser prendre des risques.
Quelqu'un d'autre serait mort dans les mêmes conditions d'accident. J'ai fait
des simulations sur ordinateur. Il était à deux mètres du véhicule quand
celui-ci a explosé. » Explique Duo en caressant la joue de Yuy sans s'en rendre
compte.
-«
Oui mais il va bien. Il se remet facilement. Quand il sera sorti du coma, je le
garderai encore trois semaines ici, le temps qu'il puisse se déplacer seul.
Dans cinq semaines, il devrait reprendre du service léger. » Affirme Sally en
scrutant ses prompteurs.
Après
dix minutes, la jeune femme reprend.
-«
Il a repris conscience Duo. »
-«
A quoi vois-tu ça ? Il n'a pas bougé, pas cligné des paupières, rien. Je n'ai
rien remarqué. » Certifie le natté.
-«
Les pulsations cardiaques sont un rien plus rapides. » Explique Sally, un
sourire sur les lèvres.
-«
Ro' » Insiste Maxwell en effleurant une nouvelle fois la joue du métis en
scrutant ses traits.
µµµ
Heero
cherche dans sa tête, ses derniers souvenirs n'étaient autres qu'un déclic et
puis l'impression de voler dans les airs, une forte chaleur. Il s'était fracassé
contre un pilon, ça il en était persuadé parce qu'il se rappelait l'avoir vu se
rapprocher dangereusement sans pouvoir agir.
Il
doit se trouver dans un hôpital, ça sent le désinfectant, les médicaments.
Est-ce
qu'il est dans un hôpital ennemi ou ami ? Yuy se donne une frappe mentale,
sûrement ami, même s'il lui reste un doute. Mais pourquoi n'entend-il pas le
bruit des machines ? Il doit être relié à des machines, c'est toujours comme
ça. A moins qu'il ne soit resté dans le coma très longtemps et encore, il
devrait être branché à une machine qui bipe.
Il
a l'impression de ne pas être seul. Oui, il y a deux personnes dans la pièce,
il y a deux odeurs différentes. Elles ne peuvent pas être silencieuses au point
qu'il n'entende pas leurs respirations.
Des
doigts viennent se mettre sur sa joue et la caresser doucement. Heero sent la
panique le gagner. La première personne est tout près et pourtant il ne l'avait
pas entendue. Il a perdu l'ouïe ! Qu'est-ce qu'il a encore perdu ? Qu'est-ce
qu'il allait devenir ?
Il
essaie de se calmer et réfléchir à ce qu'il doit faire, il doit d'abord
déterminer qui sont les personnes présentes dans la pièce, après il pourra
ouvrir les yeux.
Le
brun hume l'air légèrement, peut-être qu'avec les odeurs il pourra les
identifier. En tout cas, la première est tout près, la deuxième est en retrait.
La première, l'odeur lui rappelle le tilleul mélangé au sapin vert, ça doit
être Maxwell, c'est son odeur en tout cas.
Un
rien soulagé d'avoir identifié au moins une personne. Il essaie d'ouvrir les
paupières, il pourra mieux voir l'étendue de ses blessures, il pourra essayer
de bouger les muscles un à un sans risque si Duo est là. Il n'est pas tombé
dans un traquenard.
L'odeur
du natté se déplace pour se rendre de l'autre côté du lit. L'autre odeur bouge,
il sent qu'elle est plus féminine, le fond de teint, un soupçon de déodorant
recouvert par le parfum Ming Shu, c'est Sally, il se sentait complètement
rassuré d'être dans les mains du seul médecin en qui il a confiance.
Il
cligne des yeux pour essayer de stabiliser sa vue, c'est à ce moment qu'il voit
les lèvres de la jeune femme bouger et dire.
-«
Ne panique pas Duo, laisse-lui le temps d'émerger. »
C'était
ce qu'il pensait, l'audition est touchée, mais pour combien de temps ? S'il le
dit, qu'est-ce qu'il deviendra ? Il ne pouvait pas prendre le risque.
-«
Heero, tu m'entends ? Je dois faire une série de tests pour voir l'étendue de
certaines lésions. » Reprend Sally
Yuy
cligne une fois des paupières et fixe à nouveau son médecin. Il aimerait voir
Duo pour se faire une idée de la situation, ses yeux ne mentent jamais, surtout
dans les situations critiques quand il n'est pas en mission.
-«
Tu m'entends ? » Interroge Po.
Le
brun cligne une fois de plus des paupières.
-«
Est-ce que tu peux parler ? On ne t'a pas entubé longtemps, tu devrais. Prends
ton temps. » Rassure-t-elle.
Maxwell
rentre dans son champ de vision.
-«
Quand elle aura fini avec toi, je te raconterai ce qu'on a fait ces dernières
semaines. » Dit-il avant de sourire de toutes ses dents.
-«
Demain, Duo aujourd'hui, il doit se reposer, s'il me fait la batterie de tests,
il sera épuisé après son coma artificiel. » Rappelle la jeune femme.
Le
métis ouvre la bouche et un faible son en sort, il avait peur d'en faire trop.
-«
C'est bien, on commence la série de test. »
Le
médecin lui demande.
-«
Tu sais prendre la main de Duo ? »
Le
brun soulève un rien sa main, son visage tourné vers la jeune femme pour savoir
ce qu'il doit faire après. Il sent la main de Maxwell venir dans la sienne, ce
qui ne plait pas du tout à Sally et elle envoie au natté un regard réprobateur.
-«
Serre-lui la main. Tu sens une pression ? » Demande Po les traits du visage un
rien fermé dans l'attente de la réponse.
-«
Oui, légère, mais je sens. »
-«
Bien, maintenant tu serres un doigt après l'autre. » La jeune femme les voit
bouger lentement. « Très bien. »
Sally
soulève les couvertures, Heero peut constater qu'il a un bandage sur le torse,
que sa jambe droite est plâtrée jusqu'à la cuisse, tandis que la gauche ne
l'est qu'à partir du genou.
-«
Tu vas bouger les orteils d'une jambe. Bien. Maintenant l'autre jambe. » Le
sourire de son médecin rassure le brun.
Elle
remet les couvertures à sa place avant de dire.
-«
On va faire un examen de la vue. »
Le
médecin met son index sur le menton du brun pour l'empêcher de bouger. Puis
elle élève l'index de l'autre main devant les yeux.
-«
Tu suis mon doigt, rien que des yeux. »
Sally
fait passer son doigt de gauche à droite, puis de bas en haut, en diagonal dans
un sens puis dans l'autre.
-«
Bien, je crois que tu as eu beaucoup de chance. D'ici un petit mois, tu pourras
rentrer chez toi, dès que tu auras récupéré de la mobilité qu'on aura enlevé
ton plâtre à gauche et mis un plâtre de marche à droite. » Explique le médecin
sachant très que son patient aime savoir ce genre de détails.
-«
Main droite. » Baragouine Yuy réalisant que Po n'a pas demandé d'examen de ce
côté là.
-«
Elle est encore dans le plâtre, tu avais plusieurs phalanges cassées, ainsi que
le cubitus, mais la dernière radio prouve que ça se consolide bien. »
Voyant
Maxwell s'activer, le brun tourne légèrement son regard pour voir ce qu'il veut
lui dire. Il commence à lui parler de l'enquête, mais Yuy ferme ses yeux
inexorablement. Le natté lui met une main sur l'épaule.
-«
Ro', tu ne veux pas ton résumé ? » S'étonne-t-il quand les yeux bleus se fixent
sur lui.
-«
Fatigué. » Admet le brun en fermant à nouveau les yeux.
µµµ
Sally
sourit en voyant l'expression ahurie du châtain.
-«
Je te l'avais dit. » Rappelle-t-elle.
-«
Je lui en parlerai demain. » Sourit Duo. Tout ça n'était plus à un jour près.
La
résolution de l'enquête était récente et même de la veille. Wufei était passé à
l'hôpital pour dire au-revoir au métis. Il avait laissé ses enquêtes à Pékin
depuis trop longtemps pour prolonger, même s'il savait que Sally sortirait
Heero du coma dans la journée du lendemain.
-«
Je repasse le week-end, si j'ai récupéré mon retard. » C'est sur cette phrase
que Chang avait quitté Sank.
Trowa
demandait des nouvelles régulièrement par mail, mais il attendait que Yuy soit
sorti du coma pour venir lui rendre la première visite.
Quatre
passait à l'hôpital aussi souvent qu'il pouvait, chaque week-end et parfois
dans la semaine quand des réunions l'amenaient dans la région, il pouvait
préparer ses réunions et faire de l'étude boursière aussi bien dans sa navette
que dans son bureau.
µµµ
Quand
Yuy ouvre les yeux, tout est dans le noir, il aurait aimé avoir un réveil, il
se sentait oppressé d'être si peu maître de la situation. Il s'était endormi
avant de pouvoir demander un bilan complet de la situation.
Le
métis bouge la tête à la recherche d'un indice pour savoir l'heure qu'il
peut-être. Il fronce les sourcils en voyant un lit et une forme près de la
fenêtre. Il hume l'air. C'est Maxwell qu'est-ce qu'il fait là ?
S'il
l'appelle et qu'il n'allume pas, il ne saura jamais ce qu'il dit, il ne peut
pas prendre ce risque, parce que s'il prévient Sally et qu'on découvre que
c'est définitif, il ne pourra plus travailler. Alors à quoi servirait-il ? Il
aurait mieux valu qu'il décède que d'avoir une vie vide de sens.
Avec
les rayons de la lune, Heero voit que son bras droit, le long de son corps, est
plâtré, ça part de l'épaule jusqu'au bout des doigts. Levant le bras gauche à
la hauteur de son visage, il voit qu'il est juste plâtré du poignet au coude.
Il tourne son bras de manière à faire bouger ses doigts face à son visage.
La
lumière s'allume, son premier réflexe c'est de relever la tête vers la porte,
mais ne voyant aucune infirmière rentrer, il regarde vers le lit d'à côté.
-«
Tu as mal Ro' ? » Questionne le natté, la tresse défaite de moitié, il refoule
un bâillement.
-«
Pourquoi es-tu là ? » Interroge le brun un peu sèchement.
-«
J'ai dormi là un jour sur deux, j'avais un homme devant la porte la journée
pour le cas où on aurait voulu s'assurer que tu n'en sortes pas. Wufei faisait
l'autre nuit. » Répond le châtain en se redressant un rien.
-«
Pourquoi es-tu toujours là ? » Demande le métis puisqu'il n'y a plus de risque,
Duo avait bien dit aussi que l'enquête était finie.
Heero
espérait que Maxwell comprendrait la nuance, il avait difficile d'articuler
certains mots, il n'était pas persuadé non plus qu'il y mettait assez de
volume.
-«
Je voulais être là pour ta première nuit en dehors de ton coma. » Admet le
natté en s'asseyant sur son lit.
-«
Le bilan médical ? » Interroge à nouveau le brun, en tout cas Duo le comprenait
à moins qu'il ne lise aussi sur les lèvres et qu'il mette ça sur le compte de
la nuit et ne pas déranger les autres patients.
-«
Oui, tu as eu une commotion cérébrale, deux côtés cassées, trois de froissées.
Les deux bras fracturés, la main droite amochée à cause de ton arme. C'est
surtout le côté droit qui a pris, quelques brûlures superficielles. Des
fractures multiples à la jambe droite et deux fêlures à la jambe gauche. »
-«
Qu'est-ce que c'était ? »
-«
Une charge de trois kilos de dynamite reliée à ta voiture avec un détonateur
minuteur. Il n'en reste rien. Pourquoi n'étais-tu pas dedans ? C'était calculé
pour s'enclencher quand tu aurais refermé la portière m'a dit celui qui devait
déclencher la charge. »
-«
Distributeur, barre caramélisée, mal de tête. » Heero préférait des phrases
courtes pour ne pas prendre de risques. D'un autre côté, il avait pensé un
moment vendre la mèche pour avoir quelqu'un pour l'aider dans sa supercherie.
Son travail c'était toute sa vie. Mais parler, c'était prendre le risque de
tout perdre. Depuis qu'il s'était réveillé, ce problème tournait en rond dans
sa tête.
-«
Ca t'a sauvé la vie. » Affirme le châtain.
Oui,
peut-être mais Heero n'était pas certain que ce soit pour un bien. Mais toutes
ses contusions n'étaient peut-être pas encore résorbées, son audition pourrait
peut-être s'améliorer, alors il allait essayer de voir cette barre caramélisée
au chocolat comme un bien et non une erreur.
-«
Quelle heure ? »
-«
2 heures du matin. »
Heero
avait peur que Maxwell ne coupe la lumière ou décide de se coucher, il avait
besoin de garder le contact visuel pour comprendre le monde qui l'entourait
maintenant.
-«
Ro', je dois me lever dans quatre heures avec le changement de service. On peut
dormir ? » Interroge le natté.
-«
Tu m'amèneras un réveil ? » Questionne le brun en guise de réponse.
-«
Bien sûr, demain après mon service et je te raconterai comment on a trouvé les
coupables et clôturé ton enquête. »
-«
Elle est finie ? » S'étonne Yuy le regard toujours rivé sur le châtain.
-«
Oui, ton attentat et ton enquête étaient liées. Si tu veux, je te le raconte
dans le noir pour t'endormir. » Sourit Duo en se levant pour border Heero. « Tu
n'as pas soif ? Ta perfusion de glucose est presque vide, je te la change et on
dort. » Explique-t-il en prenant une sur le chariot de la chambre.
-«
Tu sais faire ça ? » Questionne le métis en suivant le natté du regard.
-«
Oui, Sally m'a expliqué puisque les deux infirmières qui t'étaient allouées
n'avaient pas de service de nuit. Au début, c'est Sally qui remontait de la
salle de garde du rez-de-chaussée où elle dormait en cas de problème. Mais je
ne voulais pas qu'elle se fatigue de trop, j'étais dans la pièce autant le
faire, je mets ma montre sonner à deux heures du mat pour la changer. » Répond
le natté en changeant la perfusion.
-«
Tu as fait le vide ! » Réalise le brun.
-«
Bien sûr ! Je ne voulais pas qu'il t'arrive quelque chose. Je n'allais pas
laisser l'accès à des étrangers. » S'indigne Maxwell en retournant près de son
lit. « Tu n'as pas mal ? Sinon j'augmente la dose de morphine. »
-«
Pas mal. »
-«
Tant mieux. Tu veux mon histoire ? » Demande le natté la main sur
l'interrupteur.
-«
Non. »
-«
Dors bien. »
µµµ
Le
lendemain, le natté replie le lit le plus silencieusement possible, il grimace
quand le lit grince au moment d'attacher les liens pour le fermer. Il soupire
légèrement en voyant que ça n'a pas réveillé son ami, sur la pointe des pieds,
il change la perfusion avant de se rendre au bureau des infirmières pour
prévenir Lucrezia qu'il s'en va.
Le
service médical de protection aurait pu partir, mais Sally connaissant son
patient, elle préférait lui mettre des personnes en qui il avait confiance,
Ariane l'ayant déjà soigné dernièrement après une mission qu'il avait réussie,
mais donc il n'était pas sorti indemne.
µµµ
Heero
ouvre les yeux au moment où Lucrezia vient prendre ses constantes après avoir
aidé à la distribution des petits déjeuners.
-«
Bonjour, tu as bien dormi ? »
-«
Hn »
-«
Tout à l'heure, je t'amènerai une boisson, maintenant que tu es réveillé, on va
t'alimenter normalement. Ariane est là aussi. » Explique Noin puisque sa
compagne n'avait pas eu le temps de le mettre au courant.
-«
Hn » Répond une nouvelle fois le brun, pas trop certain d'arriver à faire la
même chose que durant la nuit avec la jeune femme. Il ne savait toujours pas si
Duo avait lu sur ses lèvres ou si c'était parce qu'il arrivait à donner le
change.
-«
Tu n'es pas loquace. Je te mets le bouton d'appel à portée de main. Tu veux que
je t'allume la radio pour ne pas t'ennuyer ? » Propose Lucrezia après avoir
noté les constantes sur la plaque au pied du lit.
-«
Non un livre. »
-«
Je vais demander à Sally si tu y as droit, mais ça ne devrait pas poser de
problème. » Sourit la jeune femme.
-«
Lucrezia, tu peux redresser le lit ? »
-«
Un rien. » Dit-elle en joignant le geste à la parole.
Heero
soupire quand la jeune femme s'en va. Il a réussi sa deuxième épreuve. Si les
gens lui parlent en face, il devrait réussir à suivre les conversations. Noin
lui aurait proposé la télévision, il n'aurait pas dit non, il aurait toujours
pu suivre certaines émissions ou films, mais il n'y en a pas dans la chambre,
ça devait être une chambre à deux lits qu'on lui a octroyée à lui seul.
De
toute façon, il allait devoir gérer ça aussi, ne pas tout savoir lire chez tout
le monde, encore une chance que son côté solitaire l'aide cette fois. Sa
chambre ne sera jamais bondée de visiteurs. Il ne devra pas donner l'impression
d'être un spectateur qui suit un match de tennis.
Avec
un livre, il devra faire attention aussi parce que pris dans sa lecture, il
pourrait rater l'entrée de quelqu'un dans sa chambre. Même s'il peut faire
croire qu'il était absorbé par cette dernière, ça lui ressemblait tellement peu
!
Au
moins pendant son inactivité, il allait pouvoir mettre au point une stratégie
pour conserver sa place. Son audition n'était qu'un sens, il lui en restait
quatre autres qu'il allait développer.
Peut-être
qu'il pourrait demander son portable, à une main, il pouvait l'utiliser
également.
µµµ
Dans
l'heure, Sally pousse la porte de la chambre. Heero avait eu le temps de faire
un contrôle complet de son état de santé, il ne se sentait pas diminué, il
n'avait pas apprécié d'avoir constaté qu'on lui avait mis une sonde urinaire.
C'est une des premières choses dont il demanderait le retrait.
-«
Excuse-moi pour le retard. Je suis passée par le service de la croix rouge pour
voir quel livre je pouvais te choisir. Il ne faut pas que tu forces. Dès que tu
sens la fatigue apparaître, tu t'arrêtes et tu te reposes. » Dit le médecin en
déposant deux livres sur la table de chevet du côté du bras valide.
-«
Tu peux ôter la sonde ? » S'informe directement le métis.
-«
Je vois que tu as fait ton bilan. Appelle à temps parce qu'il est trop tôt pour
te lever. » Précise Po en enlevant la couverture pour retirer la sonde au brun.
-«
Je pourrais avoir mon portable ? » Questionne Heero quand son médecin a fini.
-«
Attends encore pour ça, et puis le tien ça risque d'être difficile d'après ce
que j'ai compris des discussions entre Wufei et Duo au début de ton
hospitalisation. » Explique le médecin en prenant sa tension.
Yuy
soupire. Qu'est-ce qu'il avait perdu d'autres que sa voiture, son audition et
son portable ? Qu'est-ce qu'il allait encore perdre ? Une main sur son épaule
lui fait réaliser qu'on lui avait certainement parlé et qu'il n'avait pas
répondu. Pour l'instant on peut le mettre sur le compte du choc mais plus tard
?
-«
Je sais, c'est matériel, je suis en vie. » Soupire le brun.
-«
Oui mais je te demandais si tu voulais que je diminue la morphine pour voir si
tu supportes la douleur ? »
-«
Je veux bien que je sois plus vite sur pied. »
-«
Je ne l'enlève pas encore. » Précise le médecin en diminuant la dose à la
pompe.
-«
Si je ne supporte pas, je te préviens. Il est quelle heure ? »
-«
9h30. Je t'amène de l'eau sucrée. Si elle passe, on t'amènera une soupe à midi.
» Explique Sally en partant vers la porte.
-«
Hn »
Heero
attend que le médecin soit sorti et qu'elle lui ait apporté son verre d'eau,
avant de regarder les livres qu'elle lui a apportés. Seulement 9h30, comment
allait-il occuper son temps ? Même s'il se sentait en forme, il n'était pas à
la moitié de ses capacités. C'était surtout le moral qui en avait pris un coup.
Etre dans le silence le plus complet le stressait, il s'était toujours basé sur
son ouïe pour parer au plus pressé. Est-ce qu'il pourrait compenser avec
l'odorat et la vue de façon à ce qu'on ne remarque rien ?
Sally
lui avait choisi des livres intéressants sur les grandes enquêtes de l'étrange,
narrée par Pierre Bellemare, malgré le temps, c'était toujours saisissant, il
en avait déjà lu. Il faut dire que ce n'était pas la première fois que son
médecin était obligée de l'occuper pendant une hospitalisation, elle
connaissait ses goûts à la longue.
Yuy
commence à lire en ouvrant le livre sur sa jambe gauche légèrement repliée, le
calant avec sa main presque valide. Il sait qu'il ne devrait plus être dérangé
jusqu'un peu avant l'heure de midi. Il soupire en réalisant qu'il n'entendra
pas le bruit dans le couloir et qu'en plus il n'avait toujours pas d'heure pour
s'aider.
Retournant
le livre sur le lit, le brun regarde dans le tiroir pour voir si son Gsm n'y
serait pas ou sa montre. Mais il n'y a rien dans le tiroir. Le câble de
l'électrode à son annulaire le gène en plus dans ses mouvements.
Quand
il se redresse, Duo est devant lui, il a dur de masquer sa surprise.
-«
Qu'est-ce que tu cherches ? » Interroge le natté, le front plissé.
-«
L'heure. » Avoue le métis.
-«
Tiens, j'ai pris le mien, il y a une lampe dessus pour la nuit. Je me suis
douté que tu avais besoin d'avoir des points de repère. Je reviens fin
d'après-midi pour te donner notre enquête. »
Telle
une tornade, Maxwell est déjà reparti. Il n'y a pas à dire depuis que le natté
est à Sank, il est aux petits soins pour lui, il fait ça discrètement sans être
envahissant, ça en était agréable. Se faire poursuivre par Relena et Dorothy,
pendant la guerre ou juste après durant un certain temps lui donnait l'envie de
partir dans le sens contraire, de ne pas se laisser approcher. Les jeunes
femmes qui auraient tellement voulu qu'ils soient amis lui hérissaient tous les
poils du corps.
Il
préférait la présence calme de Sally ou d'Ariane. Il n'aimait qu'on le mette
sur un piédestal, ni qu'on en fasse un surhomme, ça l'énervait au plus haut
point. Il n'avait rien de particulier qui puisse attirer les gens. Il ne
comprenait pas l'engouement des foules pour sa personne. Tout ce qu'il savait
faire n'était jamais dû qu'à ses modifications génétiques et son entraînement
poussé à l'extrême. Tout le monde dans ces conditions aurait pu en faire
autant, peut-être même mieux. Lui était faible psychologiquement parlant. Il
n'était jamais certain que ce qu'il avançait était juste, alors il recommençait
pour être certain de ne pas faire de fautes. Ca en était presque obsessionnel.
En
tout cas Duo, il l'appréciait pour le considérer comme un être humain qui avait
besoin d'attention et non quelqu'un qui vous portait en avant et vous faisait
progresser.
Tout
à ses réflexions, Heero avait fermé les yeux, c'est l'impression de légèreté
sur ses cuisses qui lui fait ouvrir les yeux brusquement.
-«
Je ne voulais pas te réveiller, juste changer ta perfusion et voir si tu avais
déjà bu. Je dois commander ta soupe. » Dit doucement Lucrezia.
Yuy
tourne son visage sur le réveil, il n'est que 10h30. Le temps ne s'écoule pas.
Dans un coin de son cerveau, Heero enregistre l'information qu'il a intérêt à fermer
les yeux quand il veut réfléchir.
-«
Commande-la, elle passera. Quand enlève-t-on l'électrode qui est à ma main pour
relever les constantes ? Parce que ce n'est pas des plus pratiques pour lire. »
Demande le brun et puis ça pouvait aussi indiquer s'il était en état de veille
ou de somnolence.
Lucrezia
sourit à son patient et l'enlève avant de couper la machine.
-«
Je crois que tu es assez ennuyé avec le câble pour la pompe à morphine. Elle
t'envoie la dose minimum pour ce genre de blessures. Sally m'a dit qu'on
descendrait la dose demain, si tu ne ressens pas de douleur aujourd'hui. »
-«
Et les plâtres ? » Questionne le brun impatient.
-«
La semaine prochaine, on refait des radios et suivant la consolidation, Sally
décidera de ce qu'on refait. Je te laisse, je reviendrai avec la soupe d'ici
une bonne heure. Ne te fatigue pas trop. »
La
porte refermée, Heero se dit qu'il a une heure de tranquillité, il commence à
boire son verre d'eau à petites gorgées pour être certain qu'il passe. Il
voulait être le plus rapidement possible sur pied afin de pouvoir reprendre une
vie la plus normale possible et pour ça, il devait pouvoir s'alimenter
normalement pour reprendre des forces.
A
Suivre…
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