banniere

Accueil Qui suis-je ? Fanfictions Fictions originales Fictions en commun

Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Policier/ Tranche de vie.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Duo, Wufei, Lady Une.


Chapitre 23


Préférant ne pas abuser de la patience de Lady Une, Heero se rend de suite à son bureau. C'est toujours quand on veut rencontrer des gens qu'on ne croise personne. Yuy râle intérieurement de ne pas pouvoir faire prévenir Duo de sa présence dans le QG.

Il frappe à la porte et tourne son visage vers la secrétaire qui lui fait signe d'entrer au bout d'un petit moment.

-« J'allais vous convoquer. » Commence le Général quand le brun s'arrête devant son bureau. « Si je vous réintègre c'est pour plusieurs raisons. Lieutenant ! Vous pourriez frapper. » Gronde-t-elle.

Le métis tourne la tête vers la porte. Elle ne peut s'adresser à lui et il voit Maxwell venir, son dossier en main pour le claper sur le bureau de Lady Une.

-« Mon Général, ça peut-être un atout pour le service, il a appris le langage des signes maintenant. »

-« C'est vrai ? » Questionne la femme en se tournant vers Heero.

-« Oui, mon Général, avec le père de mon filleul. » Précise-t-il.

-« Bon, vous viendrez dès lundi, vous partagerez le bureau du lieutenant, je n'en ai pas d'autre de toute façon. Il doit être vos oreilles encore quinze jours. Tant que vous n'aurez pas retrouvé l'ouïe, vous êtes assigné au bureau et aux recherches des demandeurs d'asile. C'est pour votre sécurité, vu ce qui vient d'arriver. » Tranche Lady Une.

Maxwell lui donne un petit coup de coude, Yuy tourne seulement les yeux. Il voit que son ami a difficile de garder son impassibilité tellement il est heureux et même un peu fier, il doit croire qu'il vient de faire pencher la balance.

-« Lieutenant, retournez à votre poste. Capitaine, j'ai encore à vous parler. » Ordonne le Général.

Le natté se retourne, lui sourit en vainqueur et s'en va. Un instant de silence se fait puis elle reprend.

-« Yuy, si je vous reprends, c'est pour plusieurs raisons. La première remettre un peu d'ordre dans le service. Ce n'est pas que Maxwell ne travaille pas, mais les autres n'ont pas sa performance, ils n'arrivent pas à préparer ce dossier. » Dit-elle en mettant la main sur celui que Duo a amené tout à l'heure. « Et faire leur travail. Deuxièmement, et c'est la raison du maintien de votre grade de toute façon, ils vont naturellement se tourner vers vous comme auparavant. Troisièmement, pour vous remercier d'avoir réussi, mieux que moi, à ouvrir les yeux de Hilde, qu'elle courrait derrière une cause perdue d'avance. »

Yuy ne s'attendait pas à celle-là. Le voyant écarquiller les yeux, Lady Une s'arrête un moment avant de reprendre.

-« Et dernier point vous expliquerez à Maxwell d'arrêter ses âneries et de me prendre pour plus bête que je ne suis, quand il monte une équipe parallèle, qu'il pense à leur faire prendre leur véhicule personnel. Hilde ne s'intéressant plus à lui, je ne répare plus derrière lui. Les prochaines bêtises seront sanctionnées. Ce serait idiot qu'un remplace l'autre. »

-« Je lui dirai, mon Général. »

-« Rompez, je ne veux plus vous voir traîner dans les couloirs avant lundi. »

Le métis la salue et sort. A côté de la porte du secrétariat, le natté l'attend toujours aussi souriant.

-« Tu es venu à pied ? » Demande le châtain en le voyant en tenue de marche.

-« Oui, je ne venais pas ici. »

-« Et tu allais où ? » Demande Duo en lui faisant un énième sourire.

-« Je ne sais pas. » Avoue Heero en haussant les épaules.

-« Je me disais aussi que ton truc semblait un peu improvisé et pas au point. Et sûrement pas le meilleur moyen de prouver que tu n'avais rien perdu en étant sourd. » Raille Maxwell incapable de garder son sérieux tellement il se sent heureux.

-« Va travailler, j'aurai des choses à t'expliquer au soir. »

-« Tu veux ma voiture ? Tu viens me rechercher. » Propose le natté en mettant déjà sa main dans sa poche de son pantalon.

-« Je l'ai fait dans un sens, je le ferai dans l'autre. »

De la tête, Yuy montre le bureau de son ami.

-« A vos ordres Capitaine. » Lâche Duo avant de disparaître dans son bureau.

C'est nettement mieux dans sa peau que le brun reprend la direction de l'appartement de Maxwell.

µµµ

Lundi, Heero est heureux de reprendre du service, il a passé le week-end chez Gary à s'occuper du bébé, à lui parler.

Il reste quinze jours d'angoisse avant de savoir si l'opération est une réussite. Yuy continue de courir le matin pour aller chercher les croissants de Duo, il court moins longtemps pour être prêt avant que son ami ne se lève. Ils reprenent l'habitude d'aller ensemble au travail et d'en revenir. Heero n'est pas tenu par des missions, mais il se cale sur l'horaire du natté, comme ce dernier se cale sur son envie de venir travailler tôt le matin puisqu'il est plus performant.

Même si Heero est assigné aux recherches pour les demandeurs d'asile, il donne un coup de main pour la nouvelle enquête du natté. C'est la douane qui a demandé cette aide. Depuis quelque temps, en provenance du Pérou, on retrouve de la graisse humaine dans des bouteilles d'eau ou des gros pots. Il a d'abord fallu l'analyser pour en découvrir la composition, et maintenant il faut trouver l'expéditeur ou le receveur, mais la douane a fait choux blancs depuis le début. Les pots ont été découverts dans les soutes de certains cars, sans étiquette, sans que personne ne cille quand on vidait le car.

Pour Maxwell, c'est à nouveau un dossier pourri qu'on lui a refilé. Il ne trouve pas trop de solutions. Sur ses ordres, la douane a fait surveiller l'aéroport tout près de l'entrepôt des cars sans aucun succès.

-« Tu as cherché à quoi pourrait servir cette graisse pour trouver le destinataire ? » Demande Yuy quand il voit son coéquipier se gratter le crâne, puis pianoter nerveusement, soupirer également, il recevait le souffle sur le visage.

-« Non, je vais le faire. »

-« Regarde aussi s'il n'y a pas des disparus dans une région. Elle doit bien venir de quelque part cette graisse. » Réalise tout d'un coup Yuy.

-« Je vais commencer par les disparitions. » Sourit le natté d'avoir peut-être une piste intéressante.

-« Quand j'ai fini ça, je te donne un coup de main. Je ne vais pas aller chercher un nouveau dossier, demain je ne suis pas là. »

-« Après tu pourras t'amuser avec des dossiers comme le mien. » Nargue Maxwell en lui secouant devant le nez.

-« Hn. »

Heero estime que son ami est un rien optimiste et ça depuis le début, pour que sa vie redevienne presque normale, il faut déjà que l'opération réussisse, sinon il lui resterait quoi comme solution ? Duo est tellement confiant. Lui estime qu'il reste une possibilité que ça rate et ça l'angoisse. Il se réjouira une fois sûr pour ne pas tomber de haut. Et s'il n'entend plus jamais ! Est-ce que Lady Une acceptera qu'il reste en place avec les oreilles de Duo en le laissant repartir en mission comme avant qu'elle ne sache ?

La main du châtain vient se mettre sur la sienne, il relève la tête et voit de l'inquiétude dans les orbes indigo.

-« Ca va marcher. »

-« Oui sinon je changerai d'option, je peux suivre des études pour être jardinier. » Répond bravement Yuy.

-« Ca te plairait ? » Questionne Maxwell.

-« Oui, mais pour les loisirs. On pourrait avoir plus de plantes ? » Propose le brun avant de secouer la tête.

Pourquoi parler au pluriel ? Ca ne peut pas rester son appartement. Même si Duo ne s'est jamais absenté en semaine, il ne peut pas continuer ainsi à se demander quand son ami irait voir ses amants, il ne peut pas l'empêcher de vivre normalement. Dès qu'il sera fixé sur son sort, il prendrait un studio. Il fallait qu'il se décide, mais d'un autre côté, il n'a pas envie de quitter l'appartement du natté. Pourtant il doit lui rendre de la liberté d'action puisqu'ils restent tous les deux sur leur position.

Heero pense que comme il a des sentiments pour Duo, ça ne sert à rien d'en vouloir plus, de toute façon Maxwell ne veut pas remettre le sujet sur le tapis. Alors le brun reste avec ses frustrations grandissantes, des idées de vie à deux sans sexe parce qu'il estime qu'il a plus à perdre qu'à gagner.

-« Si tu t'en occupes, on peut avoir plus de plantes comme les jardinières de Wufei. » Propose Duo après avoir remis sa main sur celle de son ami pour attirer son attention.

-« On ne peut rien du tout, il faut que je trouve un appartement. »

-« Tu ne me gênes pas. » Insiste le natté.

-« Je ne peux pas continuer à débarquer chez Gary comme ça, ça doit rester provisoire. » Rétorque le brun en retirant sa main d'en dessous de celle de son ami.

-« Ce n'est pas un vrai ami, s'il n'accepte pas. » Râle Maxwell.

-« Duo ! » S'indigne Heero avant de continuer plus calmement. « Tout le monde n'a pas les mêmes principes. Il fait preuve de beaucoup de tolérance justement. »

-« Si tu le dis. » Persifle le natté.

-« Travaille. » Sourit Heero devant l'air bougon de son collègue.

µµµ

La soirée se passe comme tous les soirs depuis que le métis a repris le travail. Un repas vite préparé à deux en alternance pendant que l'autre passe sous la douche pour se décontracter. Après Duo se met devant la TV, le portable sur les genoux. Si Yuy suit le journal pour avoir au moins les explications du journaliste, après il s'occupe de son herbier ou lit un livre.

Mais aujourd'hui, il n'a goût à rien, le temps ne passe pas, autant aller se coucher.

-« J'y vais. »

-« Déjà ? » S'étonne le Natté.

-« Hn »

-« Tu as rendez-vous à quelle heure ? »

-« 10 heures. » Rétorque le métis.

-« Sms-moi. »

-« Dès que je peux. » Rassure Heero avant de quitter la pièce.

Pourtant, dans le lit le sommeil le fuit. Quand Duo vient se coucher, il fait semblant de dormir en respirant plus lentement et profondément. Et quand la respiration de son ami se fait plus calme, il se retourne pour l'observer et réfléchir en regardant la forme qui se dessine dans la pénombre.

Dès demain, il devra prendre une décision capitale. Duo a envie de le garder près de lui, il veut lui faire ce plaisir pour tout ce qu'il a apporté à sa vie. Odin disait qu'il fallait suivre ses émotions et il essayait de le faire. S'il écoute son cœur, il veut une vraie relation avec Maxwell. Mais si c'est pour souffrir ? Les questions tournent en rond dans sa tête et quand sa minuterie allume sa lampe de chevet, Heero a l'impression qu'il vient de s'endormir et surtout qu'il n'est pas plus avancé dans ses réflexions. Il se retourne pour éteindre sa lampe, il met son Gsm sur alarme vibrante sur 9h, il va essayer de dormir un peu, il le glisse sous son oreiller quand il se retournera il mettra sa main dessus, mais il a envie de faire face à Duo de sentir sa respiration sur son visage pour le bercer.

Quand il se couche, il sursaute en voyant le natté le regarder, le volet n'est pas baissé jusqu'en bas comme à l'habitude de Maxwell et dans la pénombre du jour qui se lève, il distingue nettement les traits de son ami.

-« Tu ne vas pas courir ? » S'étonne le châtain.

-« Je n'ai pas envie. »

Duo avance la main et caresse la joue du métis.

-« Ca va bien se passer, il n'y a qu'un pour cent de malchance. »

-« Hn »

-« Ce n'est pas ça ? »

-« Oui et non. »

-« Pourquoi te tracasses-tu, ça ne va rien changer. » Rassure une nouvelle fois Maxwell.

-« Ca va changer. Duo, je ne peux pas continuer comme ça. »

Le natté soupire, Heero en sent le souffle sur son visage. Il va finir par fâcher son ami à force de remettre le sujet continuellement sur le tapis. Cependant, ce que cette nuit lui a appris, c'est qu'il est arrivé dans un cul de sac qui le rend malheureux et mal dans sa peau.

Au moment où Yuy bouge pour sortir du lit, autant aller courir pour évacuer ses tensions, la main du châtain se met sur son épaule pour qu'il continue à lui faire face.

-« Je prends le risque de te satisfaire. Quand il n'y aura plus cette tension en toi, tout ira mieux. »

-« Ce n'est pas une question de tension, c'est une question de disponibilité, de jalousie. Je ne suis pas prêteur en amour, je m'en rends compte. »

-« A part Wufei, tu n'as pas vu les autres depuis que tu vis ici ou que tu as repris le travail. » Lâche le natté un petit sourire en coin.

-« Il n'y en a pas eu. » Affirme le brun.

-« Bien sûr que si. » Sourit Duo en caressant la joue de Heero.

Yuy cligne plusieurs fois des paupières. Non ce n'est pas possible en quinze jours, il n'a pas quitté Duo, il l'aurait remarqué.

-« Allez laisse-toi faire, tu sais bien que je t'aime, je ne vais pas te faire du mal. » Lâche Maxwell d'une voix suave, le regard aguicheur.

Il tire Heero à lui pour l'embrasser et le caresser, pour le faire fléchir.

Yuy répond au baiser, il a tellement envie de ça depuis si longtemps. Depuis qu'il s'est rendu compte de la raison qui lui donne envie d'avoir une liaison stable, d'arrêter d'aligner les conquêtes et surtout que ce n'est pas que sa surdité qui a déclenché cette envie.

Les mains du natté se font plus insistantes. Dans un éclair de lucidité, Heero repousse un rien Duo en lui disant.

-« Si tu m'aimes pourquoi fais-tu ça ? »

Les yeux indigo se voilent, alors que les mains étaient tendresses sur le dos du métis, elles se posent sur les épaules de Yuy et le repoussent.

Surpris par le revirement de situation et aussi la brusquerie des gestes, aucun geste de Duo n'a eu cette dureté, Heero se redresse pour observer le jeune homme qui s'est mis sur le dos, le visage tourné vers le mur.

-« Duo ! » Appelle craintivement Yuy.

Il ne veut pas céder, aller vers une option qui le ferait souffrir, mais plus que tout il ne veut pas perdre son ami, de s'être fait repousser de la sorte a créé un vide dans son cœur qu'il ne veut plus jamais ressentir.

Mais le châtain ne se retourne pas vers lui pour qu'il puisse le comprendre comme il l'a toujours fait pour communiquer depuis qu'il sait qu'il est sourd. C'est la première fois qu'il constate que le natté coupe la communication. Alors le brun s'assied dans le lit pour essayer de voir son visage, des larmes silencieuses coulent sur les joues du natté.

-« Duo ! » Panique Heero en se demandant ce qui a pu mettre son ami dans cet état là.

Même une arme braquée sur lui et la certitude de mourir bêtement ne l'a jamais fait pleurer, ni la violence des coups, ni les interrogatoires.

-« Duo, ce n'est pas grave. » Essaye Yuy pour avoir une réaction.

-« Ce n'est pas ça. » Admet le châtain en tournant son visage vers son ami après avoir essuyé ses yeux.

-« Alors qu'est-ce qu'il y a ? »

-« Ta phrase m'a fait réaliser quelque chose que j'avais occulté. » Avoue Duo en regardant toujours le plafond.

Yuy le sonde, il ne comprend pas, inconsciemment il caresse la joue du châtain pour l'inviter à parler mais comme rien ne vient, le brun ajoute.

-« Laquelle ? » Parce qu'il en a dit plusieurs depuis un moment.

-« Ce n'est rien, ce n'est pas grave. » Lâche Duo en essayant de repousser les couvertures pour se lever.

Heero met sa main sur le torse du natté et le forcer à rester allongé.

-« Pas cette fois, c'est grave pour te mettre dans cet état. »

-« Ca va passer. » Duo essaye de sourire bravement.

-« Duo ! » Gronde Yuy. « Si je t'ai blessé, je veux le savoir pour que ça ne se reproduise plus. »

Maxwell avance sa main pour caresser la joue du métis.

-« Ce n'est pas toi, tu as juste dit ce que j'ai dit à quelqu'un mais lui ne s'est pas arrêté. Moi qui le vénérais, moi qui continue à suivre sa voie, je ne serai jamais mieux que lui. » Expose Maxwell en soupirant plusieurs fois.

-« Duo, je ne comprends rien, ce que je sais c'est que tu es quelqu'un de bien, d'attentionné, de compatissant et si tu suis l'exemple de quelqu'un, il ne devait pas être si mauvais que ça. »

Maxwell sourit, passe une nouvelle fois la main sur la joue du métis.

-« Et toi tu es quelqu'un de formidable, j'ai failli abuser de toi et tu essayes de me remonter le moral. »

-« J'étais consentant, pas très chaud, mais consentant. Sinon tu n'aurais pas eu le dessus. » Certifie Heero.

Il commence à réfléchir en enlevant la main qui maintient le natté couché sur le lit. Il s'assied en tailleur en gardant un œil rivé sur son ami. Il aurait le fin mot de l'histoire sinon ça n'aurait servi à rien toute cette tension. Il faut avoir cette discussion que Wufei lui somme d'avoir. Après il interrogerait Chang pour savoir si c'était à cause de ça. Non, il demanderait à Duo s'il l'a dit à Wufei c'est plus correct de cette façon.

-« Si tu me racontais depuis le début. De qui parles-tu ? » Interroge le brun.

Si Maxwell essaye de se défiler, il l'obligera à discuter.

Ce dernier fuit son regard, il observe la lampe au plafond, soupire une nouvelle fois et se lance.

-« Tu sais que j'ai été élevé dans une bande. »

-« Oui, celle de Solo, tu étais son second d'où ton prénom. »

-« Il y avait des jeunes plus âgés que moi, mais j'étais son préféré, il avait confiance en moi. Quand il allait au travail, je restais près de lui, caché et il m'amenait l'argent qu'il gagnait. S'il était en danger, je devais faire du bruit pour faire croire que quelqu'un arrivait. » Commence à expliquer Maxwell en se replongeant dans ses souvenirs.

Il finit même par s'arrêter un sourire rêveur sur les lèvres.

-« Quel travail faisait Solo ? » Interroge le brun pour le faire continuer.

-« A treize ans et avec la bande à entretenir, il n'a pas eu beaucoup de choix. Il faisait le trottoir. » Reprend Duo toujours le regard sur la lampe.

Yuy écarquille les yeux, son ami aurait assisté pendant tout une période de sa vie son grand frère, son tuteur, se faire sauter dans la rue pour de l'argent, il y a mieux comme exemple et éducation à la vie.

-« La nuit, je dormais dans ses bras. Parfois, je l'entendais pleurer dans mon cou, mais un garçon ça ne pleure pas, alors je ne lui disais pas que je l'avais entendu, je gardais ce secret là, comme celui de la façon dont il gagnait l'argent. Parce qu'il disait toujours aux jeunes qu'il fallait rester digne, ne jamais se soumettre, on pouvait aider, rendre service, mais ne jamais plier ou être dominé or certains de ses clients réguliers avaient de drôles de jeux avec lui. »

Le natté se tait, plongé dans ses souvenirs. Heero voit toutes les expressions passer dans les yeux indigo, de la peur, de la tendresse, tout ce qu'il a vécu n'a pas été noir ça c'est certain. Yuy doit bien admettre également que toutes les règles que dictait Solo, Duo les a toujours appliquées, qu'elles font parties de son caractère. Maintenant il comprend mieux les réticences de son collègue pour la dernière mission et ces pratiques qu'il avait l'air de connaître sur le milieu.

Pourtant le brun n'a pas encore toutes les réponses à ses questions. Il a un peu honte de devoir insister mais il veut des réponses à certaines d'entre elles et aujourd'hui.

-« Et c'est un client qui a abusé de toi ? » Interroge-t-il.

-« Non ! Avant que tu ne me rappelles mes propres paroles, je me souvenais que la première fois qu'on avait uni nos vies c'était moi qui l'avais provoqué pour le soulager d'une certaine tension, parce que je l'aimais plus que tout, qu'il était mon univers. Il était quelqu'un de formidable et que je voulais lui prouver que je l'aimais comme il m'aimait, que nos vies étaient unies, comme nos corps, que je pouvais lui amener du bonheur pour tout ce qu'il subissait pour notre bien. Alors un matin que je le sentais dur contre moi, j'ai reproduit ses gestes pour accueillir les clients, pour l'accueillir et je l'ai prié qu'on ne fasse qu'un. »

Une nouvelle fois Duo s'arrête, son regard se voile, le bonheur s'y inscrit. Yuy sent une pointe de jalousie se faire dans son cœur, Duo a l'air si heureux dans ses souvenirs. Wufei doit avoir raison, il aime un mort et il ne pourra jamais l'atteindre, il ne sera jamais qu'un parmi les autres, puisque Duo ne voulait plus prendre le risque de satisfaire quelqu'un qui l'aime.

Pourtant il voulait ramener Maxwell au présent, l'avoir pour lui et non qu'il reste près de Solo, alors il demande.

-« Mais ce n'est pas comme ça que ça s'est passé ? »

-« Si, mais ce n'était pas la première fois. J'ai eu tellement mal la première fois que je ne voulais plus dormir avec lui, alors il n'a plus voulu s'occuper de moi, j'ai été relégué dans la bande à faire les mêmes tâches que les autres, subir un peu plus de brimades de la part de Manon qui emmenait les autres aider les ferrailleurs pour quelques pièces. Elle répartissait les membres dans des sociétés où elle savait qu'ils avaient besoin de main d'œuvre à bas prix. On devait parfois plier des papiers en quatre pour les mettre dans des enveloppes, plier et coller des cartons pour faire des boites d'allumettes. Pendant ce temps là, on était au chaud souvent. Je n'avais jamais connu ça et c'est vite devenu pesant pour moi. Alors j'ai été m'excuser auprès de Solo qui a accepté de me reprendre avec lui, mais il ne me souriait plus. »

-« Il t'a mis la pression pour que tu recouches avec lui de ta propre initiative ? » Propose Yuy qui n'a pas su s'empêcher de prendre la parole.

-« Oui, mais il a fait plus doucement, il a été plus tendre sauf quand il avait un certain client. Celui de notre première fois. Alors que je le suppliais d'arrêter parce qu'il me faisait mal. Il me disait : 'laisse-toi faire, tu sais bien que je t'aime, je ne vais pas te faire de mal.' Pour finir, je lui ai demandé : 'Si tu m'aimes ? Pourquoi tu fais ça ?' Il m'a mis la main sur la bouche pour ne plus m'entendre, une autre sur le bas ventre pour… »

-« Je me doute de la raison. » Coupe le brun en caressant la joue du natté alors que les larmes recommencent à couler.

-« A chaque fois que ce client venait, il était plus brutal mais je n'ai plus rouspété, je ne voulais pas qu'il m'ignore, qu'il me repousse, qu'il ne m'aime plus. Quand il a été sur son lit de mort, j'étais tout près de lui. Il m'a dit de tout faire pour ne jamais avoir sa vie, d'être celui qui donne, jamais celui qu'on prend, il m'a fait promettre de garder cet accès rien que pour lui. J'ai promis, j'espérai que ça le sauverait. »

-« Tu as raconté tout ça à Wufei ? » Questionne le brun quand il se rend compte que son ami a fini de parler.

-« Non, juste la promesse quand un jour il a voulu aller plus loin en me caressant quand on faisait l'amour. » Répond Maxwell en regardant pour la première fois Heero.

Le brun regarde le natté couper son réveil, le métis est très mal à l'aise par les révélations de son ami, même si ça l'éclaire sur beaucoup de points. Si Duo collectionne les amants c'est plus par peur de ne pas se faire aimer, mais si lui aime quelqu'un d'autre il a peur de souffrir, de se faire manipuler alors pour ne pas revivre les tourmentes de son enfance, il préfère encore masquer ses sentiments. Ca en devient un cercle vicieux, il n'aime pas quand ça devient trop régulier mais il n'aime pas repousser parce qu'il sait ce qu'on ressent.

Ne voyant pas Maxwell se lever, Yuy l'interroge.

-« Il est l'heure de te lever. »

-« Je sais mais je ne vais pas au travail. »

-« Pour ? »

-« Je dois réfléchir à tout ça. » Avoue le châtain.

-« A tout quoi ? » S'étonne le brun.

-« Mon passé, mon avenir. »

Yuy essaye de garder un regard impassible mais alors que Duo veut faire des choix, ça n'arrange pas du tout le métis. Parce qu'il ne veut pas passer à la trappe. Si Duo arrive à masquer ses autres amants, pourquoi ne pourrait-il pas se contenter du moment présent sans penser au lendemain, comme il l'a toujours fait auparavant. Il peut bien prendre ce qu'on veut bien lui donner sans en vouloir plus.

Une légère caresse sur son visage, lui fait baisser les yeux.

-« Je suis toujours partant pour qu'on aille plus loin nous deux, mais pas maintenant. Je veux que tu restes dans cet appartement. Si Gary en a marre de t'héberger, on trouvera une solution avec Wufei. » Rassure Duo.

-« Je peux aller à l'hôtel de temps en temps. » Propose aussi Yuy.

-« Tu ne voulais pas dormir ? » Questionne Maxwell en tendant les bras pour qu'il vienne se coucher près de lui.

-« Je n'ai plus le temps. » Soupire le jeune homme en rajustant son bandana.

-« Ok. »

Duo tend la main pour prendre son Gsm sur la table de nuit et prévenir le travail.

-« Tu veux venir avec moi ? » Demande le métis en se mettant debout.

-« Non, je dois vraiment faire le point. Mais je ne ferai pas de bêtises. » Promet le natté en lui souriant tristement.

-« Je vais chercher ton déjeuner. »

-« Merci, à tout à l'heure. »

Quand Heero revient, Duo est sous la douche, le métis doit partir pour son rendez-vous avant d'avoir revu le natté.

µµµ

C'est nerveusement que Yuy pousse la porte du bâtiment pour la suite de son opération. Le métis regarde autour de lui, il y a beaucoup d'enfants, certains sont avec des orthophonistes pour les aider à reconnaître les sons. Il sait que lui ne devra pas passer par cette étape. Il a déjà entendu, son cerveau va reconnaître rapidement les sons même s'ils sont un peu différents, il y aura juste une adaptation et non un apprentissage comme pour la plupart des enfants présents.

Une jeune femme vient dans son champ de vision.

-« Monsieur Yuy ? »

-« Oui. »

-« Suivez-moi. »

Elle le guide jusqu'à une table, elle sort une oreillette (1) d'un sac à son nom qu'elle branche à un ordinateur.

-« Voilà nous allons commencer. Il y a trente électrodes à tester et à calibrer. Donc on va recommencer trente fois l'expérience. Vous me signalez dès que vous entendez un son et dès qu'il devient gênant. Vous êtes prêt ? »

-« Oui. »

Au bout de quarante-cinq minutes, tous les réglages sont effectués. Lors de sons trop forts une sécurité se met en action pour débrancher les électrodes pendant trois minutes qu'elles ne se détériorent pas et qu'on doive opérer pour les replacer.

-« Voilà, il vous suffit de la glisser autour de l'oreille pendant la journée, pour la nuit vous pouvez la déposer sur la table de nuit. C'est le boîtier qui envoie les sons aux électrodes donc si vous oubliez le boîtier chez vous à une distance de cent mètres, il vous enverra les sons de chez vous. »

-« Merci. »

-« Vous devez revenir tous les ans pour un contrôle. »

-« Ce sera fait. » Affirme Yuy.

-« Au moindre problème, vous venez pendant les heures d'ouverture. » Rappelle la femme.

-« Bien. » Dit le jeune homme en serrant la main de la jeune femme pour partir.

A Suivre…

Chap 22 - Chap 24

Si ça vous a plu, vous pouvez m'envoyer un MP

Merci de me signaler pour quelle histoire vous m'écrivez


(1) Normalement, c'est un boîtier qu'on porte soit autour du cou pour les enfants, soit à la ceinture pour les plus grands, mais je me suis dit qu'avec la miniaturisation à leur époque le boîtier pourra tenir autour de l'oreille.