banniere

Accueil Qui suis-je ? Fanfictions Fictions originales Fictions en commun Autres auteurs Liens 

Vous serez tranquille quand je partirai

Publicité pour une assurance décès

Marie-Agnès a plus ou moins soixante ans, c’est le début de l’été, il fait beau, le soleil brille sans brûler. Elle est heureuse de pouvoir à nouveau s’occuper de son jardin maintenant qu’il fait plus chaud. Des gants de jardinier sur les mains pour les protéger, une paire de sécateurs dans la main droite, elle s’active à couper les fleurs mortes et fanées qu’elle met dans un panier pour les déposer sur le compost tout à l’heure. Elle sourit, le printemps a été pluvieux, elle n’a pas pu tellement profiter de l’extérieur de sa maison.

Venant vers elle, son ami Pierre vient d’entrer dans le parc en passant par la barrière sur le côté de sa demeure.

« Bonjour, Marie-Agnès, tu as l’air en pleine forme.

— Oui, je viens de souscrire à une assurance décès chez …, comme ça mes proches seront tranquilles quand je partirai. »

Pierre écoute d’une oreille distraite, tous les soi-disant avantages de cette nouvelle assurance. Il se demande en premier lieu comment d’une simple question sur sa santé, elle peut en être arrivée directement à lui parler de ça. Mais avec elle, c’est vrai qu’il ne faut pas réellement s’étonner. Tu lui demandes si elle a acheté le pain et elle te raconte la vie du village dans lequel ils vivent.

Une autre chose retient son attention, la phrase que son amie vient de dire, même Lapalisse aurait pu la dire. C’est certain que ses proches seront tranquilles une fois qu’elle sera partie. Ce n’est pas qu’elle n’est pas agréable à vivre, elle est souvent serviable, souriante. Mais si on aime la voir arriver pour la chaleur qu’elle dégage, on est aussi content de la voir repartir pour pouvoir se reposer un instant et ne plus être obligé d’écouter ses longs monologues. C’est une chose qu’il faut lui reconnaître, elle aime bien tenir le crachoir en toute circonstance.

C’est sûr que sa famille sera contente aussi qu’elle ne se mêle plus continuellement de leur vie, de donner son avis sur la question même quand on ne lui demande pas. Mais Pierre se dit que les mots ont été mal choisis, elle aurait mieux fait de dire qu’avec son assurance, ses proches n’auront pas à se tracasser de gérer son enterrement. Tout sera réglé par cette société suivant ses volontés, un moyen de diriger une dernière fois son petit monde même les deux pieds dans la tombe. 

À Suivre...

Chap 3 - Chap 5

Si ça vous a plu, il y a

Commentaires