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Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K +

Acteurs: Heero, Duo, Wufei, Quatre, Trowa, Hilde.

Début d'écriture le 24/09/2018


Tu avais promis ?

Chapitre huit


17/12/AC245

Au retour du voyage de noces et après un petit crochet de trois jours sur L2 afin de vérifier le bilan du mois de novembre, Duo et Heero peuvent se reposer à Sank.

Yuy prend rendez-vous avec le seul médecin qu'il connaît. Celui de son dossier Gundanium pour lui parler de ses problèmes de mémoire. Avec les fêtes de fin d'année qui approchent, il ne trouve pas de date avant la Saint Sylvestre, mais il veut le voir rapidement. Il ne voudrait pas passer à côté d'un grave problème. Surtout que le dernier examen annuel date d'y a plus de six mois.

Par contre Duo commence directement à Téléservice. D'autres chauffeurs acceptent moins de déplacements ayant des courses à faire pour eux.

02/01/AC246

-« Bonjour docteur », dit-il en s'installant en face de l'homme.

-« Bonjour. Il y a longtemps que vous ressentez ces problèmes de mémoire ? »

-« Comme me rappeler où je me suis rendu la veille ? Non, c'était la première fois et l'unique fois j'avoue. Mais, j'ai l'impression de récupérer moins bien et ça surtout depuis mon mariage, il y a un gros mois. Je n'ai pas voulu alarmer mon mari. »

-« Il s'est passé quelque chose de spéciale ce jour-là ? »

-« J'ai pris ma première cuite », dit-il légèrement honteux.

L'homme en face de lui sourit.

-« Attendre soixante-six ans pour ça, ce n'est pas courant. »

-« Je surveille mes consommations. Comme je l'ai dit à mon mari, j'ai été incapable de savoir combien et ce que j'ai bu. »

-« Vous avez mis ça sur l'euphorie du moment ? »

-« Au départ, oui. Puis je me suis rendu compte que je revenais des courses sans ce pourquoi je rentrais dans le magasin. »

-« Comme quoi ? » insiste le docteur.

-« J'allais chercher du pain et du beurre et je revenais sans le beurre. »

-« Vous ne sortiez que pour ça ? » s'alarme-t-il.

-« Non, je fais les courses en revenant de mon bénévolat souvent. »

-« OK, c'est déjà moins grave. »

Heero soupire de soulagement. C'est bien pour ça qu'il avait si difficile de tout avouer, il avait peur que ça ne cache un grave problème.

-« Nous allons faire néanmoins une IRM du cerveau. Vous connaissez le chemin. Je peux vous intercaler entre deux patients dans une heure ou vous préférez revenir la semaine prochaine ? »

-« Je vais attendre. Sinon j'aurai quinze jours d'angoisses. »

-« Alors, allez-y. Sonnez-moi d'ici une dizaine de jours, j'aurai le résultat de tous vos examens. N'oubliez pas d'aller faire également la prise de sang à jeun demain. »

-« Merci docteur », dit Heero en se levant.

Yuy s'installe dans la salle d'attente après avoir donné son papier, chose qu'il n'a pas réellement l'habitude. Il regarde entrer et sortir les gens de petites portes jusqu'à ce qu'on l'appelle.

-« Vous n'avez pas d'implant métalliques dans le corps, de tatouage ? » demande l'infirmier.

-« Non. »

-« Ôtez vos appareils auditifs, votre chemise par sécurité. Sans vous appareils vous entendez encore ? »

-« Pas bien, mais je lis sur les lèvres. »

-« Dans la machine, ça ne va pas aider. Vous restez la tête droite et vous ne bougez surtout pas. Le bruit ne devrait pas vous incommoder. »

Heero se couche, l'homme apparaît dans son champ de vision et articule.

-« On commence, ne bougez plus. »

Attendre sans être malade, c'est déjà pénible. Attendre sans savoir si on est malade, ça l'est encore plus. Heero commence à comprendre les angoisses qu'a traversées l'homme de sa vie. Il ne veut pas mourir maintenant. Il ne veut pas priver Duo de sa pension. Il ne désire pas lui imposer un malade. Ils avaient des projets : voyager, s'amuser enfin.

Pourquoi est-ce que ça arrive maintenant ? Il essaye de se rassurer en se disant que ce n'est rien.

En sortant de l'appareil, il sait qu'il va avoir une dizaine de jours d'angoisse pour les deux. Seulement, il ne sait rien y changer.

Duo ayant la voiture pour son bénévolat, il lui sonne pour savoir s'il est rentré.

-« Je sors seulement de l'hôpital, où es-tu ? »

-« Je dois aller rechercher quelqu'un au centre de revalidation d'ici une quinzaine de minutes. Je viens de chercher après si tu veux. Et on rentre ensemble. »

-« Le centre est à cinq minutes à pied, je te retrouve là-bas. À tout de suite. »

-« Heero, qu'est-ce qu'il a dit ? »

-« Pour lui rien de grave, il a fait une IRM par sécurité. »

-« Une IRM général ? »

-« Non du cerveau. Mais il n'y a vraiment pas à se tracasser. Il m'a trouvé en bonne santé générale pour soixante-six ans. Il m'a fait faire un test d'effort aussi. Tout est OK. Je me mets en route. Je t'attends au centre. »

Arrivé là-bas, il attend dans la salle d'attente près de la porte, il sourit quand il voit la voiture descendre la rampe et son homme en sortir.

Maxwell lui sourit, lui passe une main sur l'avant-bras avant de se diriger vers une dame dans un fauteuil.

-« Voilà Madame Maréchal, excusez-moi du retard. Mon mari m'a sonné juste au moment où je partais pour me prévenir qu'il avait fini ses examens à l'hôpital. »

-« Vous m'aviez prévenu, vous ne savez pas vous couper en deux non plus. Il faut aller le chercher ? » demande-t-elle en se levant péniblement.

Duo vient directement mettre sa main sous son coude pour l'aider.

-« Non, il est venu ici pour m'éviter un trajet. »

-« Oh, il est adorable », dit-elle.

-« Je trouve aussi », rétorque Maxwell.

Yuy pendant ce temps, s'est rendu à la voiture pour ouvrir la portière passager. Il voit arriver son mari avec la dame qui marche à petits pas en s'appuyant sur une canne. Heero sourit en repensant aux promenades sur la plage avec Caroline au centre de revalidation. C'était après le cancer du poumon de Duo. C'est étrange comme ce souvenir peut-être si frais dans sa mémoire alors qu'il est si loin.

-« Bonjour », dit-il.

-« Bonjour, répond-elle. Je vous prends votre place. »

-« J'irai derrière ne vous tracassez pas. Faites attention à votre tête », ajoute-t-il en mettant sa main au-dessus de l'arc.

Elle lui sourit. Heero prend sa canne pendant qu'elle s'attache et que son mari fait le tour de la voiture pour s'installer au volant. Une fois que tout le monde est à l'intérieur, Yuy referme la porte avant pour s'installer derrière la passagère, il sait qu'il gênera moins son homme pour les manœuvres.

Duo discute avec Madame Maréchal, lui demande les exercices qu'on lui a fait faire. Heero trouve son compagnon touchant dans ce rôle-là.

Arrivé devant l'immeuble, Maxwell se mord la lèvre inférieure, c'est la sortie des écoles, pas moyen de se garer.

-« Mets-toi en double file, reconduit Madame, je refais un tour et je viens te rechercher », ordonne Yuy.

Maxwell enclenche les quatre clignotants, sort de la voiture en s'excusant au type derrière qui montre le poing. Heero aide déjà Madame Maréchal à sortir de la voiture, il tend la canne à son mari.

-« Encore une chance qu'il était avec nous », dit-elle.

-« Il est toujours d'une efficacité à toute épreuve », admet Duo en l'aidant à monter sur le trottoir.

Il y aura encore une marche pour arriver à l'immeuble et deux pour l'ascenseur. Sa responsabilité s'arrêtera là.

-« Ça ira pour faire le reste ? » demande-t-il.

-« Oui, oui, c'est tout plat après. Encore merci et à jeudi prochain. »

Maxwell doit attendre un peu avant de voir arriver la voiture. Heero ralentit pour permettre à son homme de monter à bord et ils repartent.

-« Je serai heureux d'avoir les résultats », lâche Duo maintenant qu'ils sont seuls.

-« Moi aussi. Ça a l'air de te plaire comme activité. »

-« Beaucoup, c'est varié, ça rembourse l'essence. Au moins, la voiture ne pourrit pas au garage. »

-« C'est vrai qu'on fait beaucoup à pieds. »

-« C'est bon pour mon bedon », rigole Duo.

Heero lui sourit. Il aime vraiment voir son compagnon rayonner de la sorte.

µµµ

05/01/ AC 246

Dimanche matin, Duo paresse au lit mais moins qu'à l'époque où il travaillait. Tout d'un coup de la cuisine, il entend du bruit de vaisselle cassée.

Heero aime bien venir lui servir le petit déjeuner dans la chambre. Mais en l'entendant pester, Maxwell préfère se lever pour lui donner un coup de main.

Son compagnon est debout au milieu des tasses éparpillées en morceaux.

-« On ira en racheter », lâche Duo devant le regard hébété de son mari.

-« Je ne sais pas comment j'ai fait. J'ai voulu en prendre une, toute la pile est venue avec. »

Maxwell en bas de pyjama a déjà attrapé la brosse pour ramasser tous les morceaux.

-« On prendra des mugs aujourd'hui. Ça nous fera une sortie demain. »

Yuy soupire, enjambe le tas de débris et va chercher la ramassette. Il n'allait pas en plus laisser tout le travail à son compagnon.

Les dégâts réparés, Heero et Duo s'installent à table pour déjeuner. En relevant la tête pour sourire à son mari, bien silencieux, Maxwell constate que le côté gauche de sa bouche est affaissé et qu'un peu de nourriture en sort. Ça n'a pas l'air de le gêner. Délicatement, Duo l'essuie en lui demandant.

-« Tu as mal quelque part ? »

Deux grands yeux bleus ahuris le regardent.

-« Non, je n'ai mal nulle part », finit par dire Heero.

Duo sourit nerveusement, prend son GSM près de lui et compose celui de Sally.

-« Excuse-moi de te déranger, mais je ne sais pas qui joindre d'autres. Je sais que tu es pensionnée. »

-« Je suis toujours médecin, Duo même à septante-neuf ans, sourit-elle. Qu'est-ce qui te tracasse ? »

-« Le côté gauche de la bouche d'Heero et son œil aussi maintenant est affaissé, il bave et ne se rend compte de rien. »

Pour preuve, Heero porte sa main à sa bouche avant de l'essuyer de suite après.

-« Duo, ne panique pas, va lui faire un sac pour l'hôpital, je t'envoie une ambulance, il fait sûrement un AVC. »

-« Mais il a fait des examens jeudi. Il était en parfait santé. »

-« Duo, on perd du temps. Fais ce que je te dis. »

-« Pour combien de jours ? »

-« Cinq »

Maxwell se lève, part vers la chambre pour s'habiller et préparer ce sac. Il y met le livre en cours, celui de mots croisés qu'ils font à deux, son sac à tricot pour s'occuper même s'il doute pouvoir être assez calme pour ça.

Son bagage à la main, il revient dans la cuisine, Heero n'a toujours pas bougé. Il touche régulièrement sa bouche, les yeux de plus en plus paniqués, voyant qu'i chaque fois de la salive.

-« Sally envoie une ambulance, tu veux qu'on descende déjà ? » propose Duo ne sachant plus comment s'occuper.

-« Qu'est-ce que j'ai ? »

-« AVC »

-« Je n'ai pas mal au bras droit, elle doit se tromper. »

-« Il y a quelque chose, Heero. »

Un coup de sonnette les fait sursauter, Maxwell se précipite vers l'interphone pour leur ouvrir puis la porte. Il revient rapidement avec un ambulancier lourdement chargé qui pratique les premiers soins et constatations.

-« C'est bien un AVC. Les premiers symptômes ? »

-« J'ai remarqué sa bouche, il y a une demi-heure », répond Duo.

-« Rien avant ? » demande l'homme en rangeant son matériel.

-« J'ai renversé toutes les tasses, il y a une heure mais je ne sais pas si c'est important », ajoute Heero.

-« En tout cas pas de trouble de la parole. »

-« Il est un rien plus lent que d'habitude en débit », précise Maxwell.

-« On va y aller, je n'ai pas tout ce qu'il faut ici », lâche l'ambulancier.

-« Je peux venir avec vous en ambulance ? » demande Duo.

-« C'est mieux de suivre en voiture, si vous en avez une. Nom du médecin traitant ? »

-« Le docteur Fournir à l'hôpital. Il a fait tout une série d'examen jeudi », ajoute Maxwell.

-« Pour ? » demande l'homme en mettant son sac à dos.

-« J'oubliais de plus en plus », répond Heero.

-« Pas de voyage à l'étranger ? » interroge l'ambulancier.

-« Nous revenons d'Afrique et de L2, il y a quinze jours », réplique Duo.

-« Pouvez-vous marcher jusqu'à l'ascenseur ? On va vous réinstaller sur la chaise dedans. Notre brancard ne rentrera jamais dans la cabine. »

-« Je peux essayer. »

Avec l'infirmier et Duo qui le soutiennent chacun d'un côté, Heero se rend jusqu'à la cabine de l'ascenseur d'un pas presque normal.

-« Je vous donne son sac ? » questionne Maxwell.

-« Non, gardez-le, vous allez arriver rapidement. »

-« Sois prudent », insiste Yuy.

-« Toujours au volant. »

-« Je vous renvoie l'ascenseur pour récupérer la chaise. »

-« Merci. Ro' j'arrive dès que je peux. »

-« Passez par l'accueil pour l'inscrire », précise l'ambulancier.

Sur L2, personne n'aurait été sur le pas de la porte comme ici pour savoir ce qui se passait, qui partait en ambulance. Personne ne l'aurait arrêté pour lui demander si c'était grave. Avec beaucoup de calme, Duo arrive encore à répondre qu'il ne sait pas tant qu'il n'aura pas été à l'hôpital.

Il est heureux de descendre directement jusqu'à sous-sol pour prendre la voiture. Comme ce n'est pas encore l'heure des visites, il trouve rapidement pour se garer. Il se présente à l'accueil pour les faire formalités d'inscription.

-« Vous croyez que je peux aller retrouver mon mari aux urgences ? » s'informe-t-il.

-« Ça ne devrait pas posé de problèmes. Voilà, tout est en ordre, vous pouvez vous rendre près de votre mari aux urgences, il est au box trois. Mais demandez avant d'entrer. »

D'un bon pas, toujours le sac à la main, Duo descend jusqu'aux urgences en suivant les flèches. Là-bas, il demande le box trois.

Un médecin en sort justement.

-« Vous êtes ? »

-« Son mari ! »

-« Ah oui, il vous attendait avec impatience. Mais là, on vient de l'envoyer faire un scan pour voir s'il n'y a pas hémorragie cérébrale mais vous pouvez l'attendre, il n'y en a pas pour longtemps. »

-« Qu'est-ce qu'on lui a déjà fait ? »

-« On lui a injecté des activeurs, du plasminogène tissulaire qui vont dissoudre les caillots en intraveineuse. Là, on vérifie pour la mise en place du traitement pour sa sortie. Il avait l'air fort calme, sa tension était bonne juste un rien au-dessus de la moyenne par rapport à son dossier, mais encore en dessous de la norme. »

-« Toute sa vie, on lui a appris à se contenir, à prendre sur lui, à ne rien laisser paraître. »

-« C'est possible que cela aille jouer contre lui à la longue à trop maitriser son corps, on l'use. Mais il est sauvé, vous lui avez sauvé la vie en voyant les petites modifications du quotidien. »

-« Il n'y aura pas de séquelle ? »

-« Normalement non. Je vous laisse l'attendre. Il revient ici avant qu'on ne le transfert pour deux jours en observation dès qu'une chambre est prête. »

Dans la demi-heure, un brancardier pousse Heero sur le lit.

-« On attend le transfert en chambre », dit-il en partant.

-« Tu as meilleure mine », ose Maxwell, une fois qu'ils sont seuls.

-« Je n'ai toujours pas l'impression d'avoir fait un AVC comme on le voit dans les films, comme certains les décrivent quand je fais mon bénévolat. »

-« Chaque corps est différent. »

-« J'espère qu'on va pouvoir continuer à voyager », soupire Heero.

-« Si on ne peut plus, on fera autre chose. »

-« Je t'avais promis », peste Yuy.

-« Tu m'avais promis qu'on voyagerait ensemble, qu'on aurait enfin le temps de se consacrer à nous. Je t'avais bien promis ça il y a neuf mois. J'ai tout repoussé. La vie est faite de changement, du moment qu'on puisse les faire à deux. »

Pourtant Heero reste renfrogné, il avait des rêves avec son homme et voyager en faisait réellement partie. Où, il s'en foutait un peu. En tant que gérant de Média Com, il avait fait des réunions de par le monde et l'Univers, souvent seul. Il voulait montrer ce qu'il avait découvert à son homme. Il aimait la Terre plus que l'espace et si Duo n'avait pas vécu sur L2, jamais il n'y serait retourné vivre, ça il le sait au fond de lui-même.

C'était peut-être aussi égoïste, mais il voulait vivre ce à quoi il avait renoncé un temps par amour. Maintenant qu'il pouvait se reposer, c'était la maladie que le rattrapait, ce n'était pas juste.

-« Ro', on va certainement pouvoir voyager. Et si on ne peut pas marcher pendant des heures comme en Afrique, on fera d'autres choses. Je t'ai privé de beaucoup de choses pendant quarante-cinq ans, je le sais. J'étais si fatigué durant mes vacances que Sank ça m'était bien suffisant, marcher un peu sur la plage, nager lentement. »

-« Et maintenant, c'est moi qui vais te ralentir », soupire-t-il.

-« On verra ce que dira le médecin à ta sortie de l'hôpital. Tu veux faire un mot croisé en attendant qu'on t'installe en chambre ? »

-« Non, on sera peut-être à peine installé qu'il faudra bouger. »

-« Arrête de râler. J'étais pas un aussi mauvais malade que toi tout de même ? »

-« Ça dépend, la fois où tu es venu pour un examen et que je ne savais même pas que Wufei t'avait déjà quitté, tu as été d'une humeur massacrante. »

-« Je n'étais pas malade ! Du moins, je ne le savais pas encore. »

-« Alors non, tu as toujours été adorable. C'est pour ça que je t'aime. »

-« Monsieur Yuy, on va vous monter en cardiologie », dit une infirmière en entrant.

-« Tu vois, on n'aurait pas eu le temps de faire un mot croisé », sourit Heero.

Même si celui-ci est un rien déformé.

-« C'est une chambre seule ? » demande Duo.

-« C'est ce que vous avez demandé à l'accueil », dit-elle en décalant le lit.

-« Duo, ce n'est pas Sank qui paye cette fois ! » s'alarme Heero alors qu'on le pousse dans le couloir.

-« Et alors, l'argent ce n'est pas fait pour dormir sur un compte en banque. Ton confort est important aussi, rassure Maxwell. Et puis, j'ai un employé qui m'avait pris une très bonne couverture mutuelle à une époque », lâche Duo en marchant à sa hauteur.

-« Je n'étais pas ton employé à l'époque. »

-« J'ai un ami très cher, très précieux que j'ai envie de dorloter maintenant. »

-« Je vais finir par demander des examens pour toi, tu es bizarre. »

Maxwell éclate de rire.

-« Je crois que c'est le stress qui retombe, tu m'as fait une peur bleue », vient lui dire Duo à l'oreille pendant que l'infirmière ouvre la chambre 437.

-« Il peut se lever ? » demande-t-il quand le lit est contre le mur.

C'est une petite chambre avec une table, deux chaises, un canapé transformable en lit et un coin salle de bain, pas aussi luxueux que ce que Duo a eu pour ses hospitalisations, mais pour deux jours ça sera suffisant.

-« Attendez le passage du médecin, s'il doit aller à la toilette qu'il appelle. »

-« Merci, vous pouvez ajouter un deuxième repas pour moi à midi et au soir tous les jours qu'il est là, s'il vous plait. »

-« C'est noté », dit l'infirmière en sortant.

-« Duo, tu ne vas pas t'enfermer avec moi ! » s'indigne Heero.

-« J'ai des engagements prévus lundi et mardi. Mais, je prends mes repas avec toi au moins c'est deux-là », conclut Maxwell.

-« Qu'est-ce que je vais faire de tout ce temps », soupire Yuy.

-« On trouvera bien. Ce n'est que deux jours. Tu as bien réussi à m'occuper, je ne peux pas être plus stupide que toi à ce jeu-là. »

-« Mais tu vas m'abandonner pour tes engagements. »

-« Ce n'est que deux heures lundi et mardi matin. Je serai là pour onze heures. Mais je peux annuler si tu préfères », réalise Duo.

-« Tu vois, je me rends compte que tu me demandes toujours mon avis pour me faire plaisir. J'ai tendance à imaginer ce qui va te faire plaisir et agir en mon âme et conscience. »

-« Je ne suis pas toi. Je ne sais pas ce qui peut réellement te plaire même si depuis le temps j'ai une idée de tes passions, de tes envies. Enfin, en espérant que tu ne fais pas que ce que j'aime », dit-il en lui caressant la joue droite.

Il s'était installé dans le fauteuil près du lit, à la droite de son homme.

-« Je dois avouer que tu as été mon professeur dans beaucoup de domaines, que j'ai appris à aimer beaucoup de choses grâce à toi. »

Maxwell lui caresse à nouveau la joue et l'embrasse tendrement.

-« Alors qu'est-ce qu'on fait ? » dit-il quand il s'éloigne.

Heero ressent cette phrase après cet accès de tendresse comme une douche froide.

-« Le médecin vient quand ? » interroge Yuy.

-« Tu veux que je me renseigne ? » demande Duo.

-« Oui, j'ai envie de me lever, je ne me sens pas malade. À aucun moment en plus. C'est ça qui me fait le plus rager. »

-« Je vais voir auprès des infirmières », dit-il en se levant.

Comme depuis un moment, il prend appuie sur les accoudoirs du fauteuil, retenant un soupir contre ses articulations légèrement douloureuses quand il doit se remettre en mouvement.

Il sourit à son mari quand il arrive à la porte. Il regarde à droite, à gauche à la recherche d'une infirmière. Ne voyant personne, il se dirige vers la salle au milieu du couloir. Dedans, il y a un homme.

-« Pardon, je suis le mari du patient de la chambre 437, il voudrait savoir quand le médecin passe. »

-« Jamais un dimanche, il y a un problème ? » dit-il en se levant directement.

-« Non, mais on nous a dit d'attendre le passage du médecin pour qu'il puisse sortir du lit. Il a fait un début d'AVC ce matin qu'on a traité rapidement par intraveineuse, il l'a encore », précise Maxwell.

-« Il va devoir attendre. »

-« On ne peut pas mettre sa perf sur un perroquet. Je marche avec lui dans la chambre juste dix minutes pour le calmer. »

-« Un peu de repos ça fait du bien après un AVC. »

-« D'accord, je vais lui dire. Je l'ai vu finir une journée de travail avec une jambe cassée et une clé à molette comme attèle. Je crois que c'est la première fois que je le vois alité », dit-il en repartant.

-« Si pour dormir », rigole l'infirmier.

Maxwell lui sourit et s'en va. Dès qu'il pousse la porte de la chambre 437, Heero lui demande.

-« Alors ? »

-« Le médecin ne vient que demain. Je n'ai pas obtenu un perroquet non plus. À part pour ton coma après ton autodestruction, tu as déjà été alité pour maladie ? » demande Duo en se remettant dans le fauteuil.

-« Drôle de question ! »

-« Existentielle », ricane-t-il.

-« Non, merci d'avoir mis le doigt sur mon agacement. Tu l'as bien fait, je vais y arriver. »

-« Je vais vider ton sac et sortir le mot croisé », dit-il en s'extirpant du fauteuil.

Au bout de dix minutes, Maxwell s'installe dans le lit près de son amant.

-« Mon dieu, ils ont réduit les lits depuis mon hospitalisation », lâche Duo peinant à se mettre convenablement.

-« Je crois qu'on s'est légèrement empâté tous les deux », sourit Heero, heureux de cette proximité.

Jusqu'à midi, ils réalisent des grilles en discutant. L'infirmière sourit de les voir installé, les chaussures de Maxwell devant le lit pour ne rien abîmer.

-« Vous n'allez pas manger dans le lit avec lui », dit-elle.

-« Non, j'irai à table », précise Duo.

-« J'aimerai aller à la toilette avant de manger », lâche Heero.

-« Votre époux peut vous accompagner, mais vous ne sortez pas du lit seul », rétorque-t-elle.

-« Je peux manger à table ? » demande-t-il.

-« Si vous retournez au lit après et au moindre signe de fatigue. »

Avec cette liberté en plus, Heero trouve que la journée passe encore plus vite.

La perfusion est changée régulièrement et le sera encore durant la nuit. C'est à regret que Duo s'en va vers vingt heures.

Demain, il ne pourra pas être là avant onze heures, il a une dame qui fait un suivi de chimiothérapie à conduire à l'hôpital à huit heures et à ramener chez elle. Et un monsieur à neuf heures pour une prise de sang à jeun qui est diabétique et ne peut pas rester seul et conduire dans ses conditions.

À Suivre…

Chap 7 - Chap 9

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