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La nonne respectable


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Le printemps arrive et cela se sent dans l'air environnant. Les fleurs commencent à sortir dans les jardins qui entourent l'immense bâtiment du couvent. Les oiseaux chantent dans les arbres, le soleil devient de plus en plus chaud.

Comme Esméralda a fini ses devoirs et ses leçons, elle demande l'autorisation d'aller se promener dehors pour s'aérer et profiter des premiers rayons du soleil. Il y a une semaine qu'elle est revenue au couvent des jours heureux après les vacances de Pâques qu'elle a passées chez sa maman et la jeune fille engagée pour la surveiller.

En jeune fille de bonne famille, elle remercie la Sœur Clarence qui lui en a donné l'autorisation de sortir. Dans sa poche, elle a un morceau de viande qu'elle a gardé sur son repas de midi. Lors d'une autre de ses promenades, Esméralda a trouvé dans un cabanon éloigné, une chatte et sa portée de quatre adorables chatons. Elle veut aller leur rendre visite comme elle le fait dès qu'elle a le temps.

Elle met son gilet aux couleurs du couvent et se dirige vers la porte de l'établissement. De toute façon, il n'y a pas besoin de surveiller les enfants, la propriété est grillagée et il y a de lourdes grilles qui en empêchent l'accès de l'extérieur.

C'est au moment du souper que la Sœur Clarence se rend à la porte du bureau de la Mère Supérieure pour y frapper.

« Oui ?

— La jeune Esméralda Garcia n'est plus là ! Nous l'avons appelée et cherchée partout dans la propriété sans succès. Je lui avais donné l'autorisation d'aller se promener, comme le prévoit le règlement après ses devoirs.

— Laissons venir la nuit, elle est plutôt peureuse, elle va sûrement réapparaître.

— Vous ne prévenez pas les parents ? s'étonne Sœur Clarence.

— Pas tout de suite, il en va de la réputation de notre établissement. »

Même si la jeune sœur est un rien surprise par la réponse sans sentiment de la Mère Supérieure, elle ne tient pas aller contre son avis, elle doit avoir plus l'habitude qu'elle de gérer ce genre de situation.

Seulement, la fillette ne réapparaît pas à la nuit tombée, ni le lendemain matin ni le deuxième jour. À la fin du troisième, Sœur Clarence retourne auprès de sa supérieure, de plus en plus inquiète pour elle.

« Ma mère, Esméralda Garcia n'est toujours revenue au dortoir ni en classe.

— Ses parents m'ont appelé, ne vous tracassez plus, ils sont venus la reprendre. J'ai juste oublié de vous prévenir entre temps. » Répond-elle.

Même si elle trouve l'oubli un rien bizarre, la jeune religieuse ne va pas s'inquiéter plus que cela, la Mère Supérieure a beaucoup sur les épaules, ce n'est pas si évident de faire tourner un établissement comme celui-ci avec une quinzaine de sœurs et une soixantaine d'élèves. En plus, Sœur Clarence a fait vœu d'obéissance également. Et sa supérieure n'est pas tenue de la tenir au courant de tout ce qui se passe dans l'établissement.

Pourtant dans la quinzaine, Sœur Clarence s'étonne quand Esméralda reçoit une carte d'anniversaire de son ancienne bonne. N'ayant pas l'adresse des parents de l'enfant, ne voulant pas déranger sa mère supérieure pour une broutille aussi insignifiante, elle ne sait pas faire suivre son courrier à Esméralda. Elle ne sait pas non plus pourquoi elle ne tient pas à retourner le courrier à sa propriétaire. Elle décide simplement de la garder pour si la fillette venait lui rendre visite comme certaines des anciennes élèves.

Une année scolaire vient de passer encore. Sœur Clarence demande aux jeunes filles de son dortoir de retirer les draps et plier les couvertures. Il faut également vider les casiers et préparer les valises pour retourner chez les parents, grands-parents, oncles ou tuteur qui ont la garde de l'enfant. C'est une activité qui se fait dans la joie mais dans le calme. Quand tout est prêt, Sœur Clarence se rend avec sa section jusqu'aux grilles de l'internat.

Une après l'autre, elles lui disent au revoir, adieu pour certaines. Une voiture s'arrête et en sort le père d'Esméralda. Elle lui sourit et regarde vers l'autre portière dans l'espoir d'y voir la gamine.

Seulement, tout bascule pour Sœur Clarence dès que monsieur Garcia ouvre la bouche.

« Où est ma fille ?

— Monsieur Garcia, la Mère Supérieure m'a dit qu'Esméralda était retournée vivre avec vous peu après les vacances de Pâques ! s'exclama-t-elle.

— Bien sûr que non ! Pourquoi aurais-je continué à payer la pension de ma fille un mois sur deux ? » S'indigne l'homme.

Sœur Clarence n'étant pas au courant de l'administratif, elle ne sait pas répondre à cette question, elle se tourne vers Sœur Élisabeth pour lui confier le départ des deux dernières élèves de sa section.

« Veuillez me suivre nous allons éclaircir ce mystère avec la Mère Supérieure. »

L'homme ne mâche pas ses mots, sa colère n'a pas de limites.

« Vous verrez la publicité que je vais vous faire. Vous n'êtes qu'une voleuse, une menteuse, vous auriez dû nous prévenir directement, mais vous avez préféré encaisser nos virements sans rien dire. Je vais prévenir mon ex-femme. Est-ce que vous réalisez le temps qu'on a perdu pour la retrouver ? Si elle est morte, ce sera de votre faute ! » Finit-il par accuser avant de tourner les talons.

Sœur Clarence n'a pas osé bouger. Seulement, elle se demande comment elle n'a pas réalisé plus tôt qu'il y avait eu énormément d'éléments anormaux dans cette disparition. Les affaires d'Esméralda étaient restées dans le dortoir durant quatre jours après que la Mère Supérieure lui ait dit que la jeune écolière était retournée chez ses parents avant que ceux-ci ne disparaissent mystérieusement. La carte d'anniversaire de l'ancienne nourrice aurait dû l'alarmer également. Elle s'était juste dit qu'ils ne l'avaient pas prévenue même si Esméralda aimait énormément Irène au point de lui écrire tous les quinze jours qu'elle ait eu une réponse ou pas.

Elle s'en veut et se sent également complètement responsable du temps perdu. C'est pour cela qu'elle court derrière monsieur Garcia afin de lui parler et s'excuser.

« Je suis désolée de ne pas avoir réalisé plus tôt que ce n'était pas normal de partir ainsi au milieu d'une année scolaire. J'espère que vous la retrouverez rapidement. Je vais prier tous les jours pour que ce soit le plus rapidement possible et qu'elle n'ait rien.

— Merci, Sœur Clarence, Esméralda vous aimait beaucoup, elle me parlait souvent de vous et de votre gentillesse. Je vous tiendrais au courant si nous la retrouvons, en espérant qu'il n'est pas trop tard. »

En quittant l'internat, monsieur Garcia se rend immédiatement chez la police afin de signaler la disparition de sa fille, son ex-femme le rejoint là-bas. Elle est au bord de la crise de nerfs. Elle hurle sur tout le monde, accuse même son ex-mari de ne pas s'être rendu compte plus tôt de cette disparition.

« Et toi, tu payais également, tu aurais pu le voir, tu ne lui écris pas plus que moi, ne viens pas m'accuser de choses que tu ne fais pas non plus » rétorque-t-il froidement.

À Suivre...

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